CALCAIRE
partie de l’année; ces eaux ont peu à peu délayé la terre coulenue dans les intervalles de la masse de ces pierres , qui se présentent actuellement avec tous leurs vides, souvent trop grands pour qu’e les puissent être employées dans la maçonnerie. Ces pierres à grands trous ne peuvent aussi être taillées régulièrement ; elles se brisent sous le marteau , et tiennent ordinairement plus ou moins de la mauvaise qualité de la roche morte , qui se divise par écailles ou en morceaux irréguliers : mais lorsque ces pierres ne sont percées que de petits trous de quelques ligues de diamètre, on les préféré pour bâtir, parce qu’elles sont plus légères, et qu’elles reçoivent et saisissent mieux le mortier que les pierres pleines.
Il y a dans le genre calcaire, comme dans le vitreux, des pierres vives et d’autres qu’on peut appeler mortes, parce qu’elles ont perdu les principes de leür solidité et qu’elles sou! en partie décomposées : ces roches mortes se trouvent le plus souvent au pied des collines, environnent leur base à quelques toises de hauteur et d’épaisseur , au delà desquelles on trouve la roche vive sur le même niveau : ce qui suffit pour démontrer que cette roche aujourd’hui morte éloit jadis aussi vive que l’autre; mais qu’étant exposée aux impressions de l’air, de la gelée, et des pluies, elle a subi les différentes alterations qui résultent de leur action longtemps continuée , et qui tendent toutes à la désunion de leurs parties constituantes, soit en interrompant leur continuité, soit eu décomposant leur substance.
Ou voit déjà que, quoiqu’en général toutes les pierres calcaires aient une première origine commune, et que toutes soient essentiellement de la même nature, il y a de grandes différences entre elles pour les temps de leur formation , et une diversité encore plus grande dans leurs qualités particulières [Vous avons parlé des différens degrés de leur dureté , cpii s’étendent de la craie jusqu’au marbre : la craie, dans ses couches supérieures, est souvent plus tendre que l’argile sèche; et le marbre le plus dur ne l’est jamais autant , à beaucoup près, que le quartz ou le jaspe : entre ces deux extrêmes , ou trouve toutes les nuances du plus ou moins de dureté dans les pierres calcaires , soit de première, soit de, seconde ou de troisième formation ; car, dans ces dernières carrières, on rencontre quelquefois des lits de pierre aussi dure que dans les couches anciennes, comme la pierre de liais , qui se tire dans les environs de Paris, et dont la dureté vient
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de ce qu’elle est surmontée ae p.usieurs bancs d'autres pierres, dont elle a reçu les sucs pétrifîans.
Le plus ou moins de dureté des pierres dépend de plusieurs circonstances, dont la première est celle de leur situation au dessous d’une plus ou moins grande épaisseur d’autres pierres ; et la seconde la finesse des grains et la pureté des matières dont elles sont formées : leur force d’affinité s’étant exercée avec d’autant plus de puissance que la matière étoit plus pure et que les grains se sont trouvés plus fins , c’est à cette cause qu’il faut attribuer la première solidité de ces pierres, et cette solidité se sera ensuite fort augmentée par les sucs pierreux continuellement infiltrés des bancs supérieurs dans les inférieurs. Ainsi c’est à ces causes, toutes deux évidentes, qu’on doit rapporter les différences de la dureté de toutes les pierres calcaires pures ; car nous ne parlons pas encore ici de certains mélanges hétérogènes qui peuvent augmenter leur dureté : le fer, les minéraux métalliques, et l’argile même, produisent cet effet lorsqu’ils se trouvent mêlés avec la matière calcaire en proportion convenable.
Une autre différence qui, sans être essentielle à la nature de la pierre, devient très-importante pour l’emploi qu’on en fait, c’est de résister ou non à l’action de la gelée : il y a des pierres qui , quoique en apparence d’une consistance moins solide que d’autres, résistent néanmoins aux impressions du plus grand froid , et d’autres qui , malgré leur dureté et leur solidité apparente , se fendent et tombent en écailles plus ou moins promptement lorsqu’elles sont exposées aux injures de l’air. Ces pierres gelisses doivent être soigneusement rejetées de toutes les constructions exposées à l’air et à la gelée; néanmoins elles peuvent être employées dans celles qui en sont à l'abri. Ces pierres commencent par se fendre, s’éclater en écailles, et finissent par se réduire avec le temps en graviers et en sables r.
i. M. Dumorey, habile ingénieur et constructeur très-expérimenté, m’a donné quelques remarques sur ce sujet. «J’ai, m’a-t-il dit, constamment observé que les pierres gelisses se fendent parallèlement à leur lit de carrière, et très-rarement dans le sens vertical : celle dont le grain est lisse et luisant est plus sujette à geler que la pierre dont le grain paroit rond , ou plutôt grenu.
« On peut tenir pour certain que plus le grain de la pierre est aplati et luisant dans ses fractures, et plus cette pierre est gelisse : toutes les carrières de Bourgogne que j’ai observées portent ce caractère; il est surtout très-sensible dans celles où il se rouve entre plusieurs bancs gelisses un seul qui
On reconnoîtra donc les pierres gelisse: aux caractères ou plutôt aux défauts que jt, vais indiquer : elles sont ordinairemen moins pesantes 2 et plus poreuses que le , autres ; elles s’imbibent d’eau beaucoup plu aisément : on n’y voit pas ces points brillan qui , dans les bonnes pierres , sont les té j moins du spath ou suc lapidifique dont elle j sont pénétrées ; car la résistance qu elles op posent à faction de la gelée ne dépend pa, seulement de leur tissu plus serré, puisqu’i se trouve aussi des pierres légères et très poreuses qui ne sont pas gelisses , et don la cohérence des grains est si forte que l’ex pansion de l’eau gelée dans leurs inierstice n’a pas assez de force pour les désunir, tan dis que , dans d’autres pierres plus pesante et moins poreuses , cet effet de la gelée es assez violent pour les diviser , et même pou les réduire en écailles et en sables.
Pour expliquer ce fait, auquel peu de geui ont fait attention , il faut se rappeler qui toutes les pierres calcaires sont composée ou des détrimens des coquilles , ou des sa blés et graviers provenant des débris de! pierres précédemment formées de ces même détrimens liés ensemble par un ciment qu n’est lui-même qu’un extrait de ce qu’il y ! de plus homogène et de plus pur dans { matière calcaire : lorsque ce suc Iapidifiqdj en a rempli tous les interstices, la pierre e$ alors aussi dense, aussi solide, et aussi plei4 qu’elle peut l’être; mais quand ce suc lapi difîque , en moindre quantité, n’a fait qdj réunir les grains sans remplir leurs inter! valles, et que les grains eux -mêmes n’on pas été pénétrés de cet élément pétrifiant qu’enfin ils n’ont pas encore été pierre cort é pacte, mais une simple craie ou poussière de coquilles, dont la cohésion est foible l’eau se glaçant dans tous les petits vides â || ces pierres , qui s’en imbibent aisément! o rompt tout aussi aisément les liens de led.ii cohésion , et les réduit en assez peu de tem|| ]
soit exempt de ce défaut, comme on peut l’observe ,l; à la carrière de Saint-Siméon, à la porte d’Aüxerrf et dans les carrières de Givry près Chàlons-sd jj„ Saône, où la pierre qui reçoit te poli gèle, et cett L dont le grain est rond et ne peut se polir ne g«i : point. Je présume que celte différence vient de J* que l’expansion de l’eau gelée se fait plus aisémq entre les interstices des grains de la pierre , qu’éj ne peut se faire entre les lames de celle qui I formée par des couches horizontales très-minces ce qui les rend luisantes et naturellement polie dans leurs fractures. » w1
2. Le poids des pierres calcaires les plus dense n’excède guère deux cen s livres le pied cube>e celui des moins denses cent soixante-quinze livres toutes les pierres gelisses approchent plus de cett ''f dernière limite que de la première.
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i écailles et en sables ; tandis qu’elle ne fait cun effet avec les mêmes efforts contre la rme cohérence des pierres tout aussi pouses , mais dont les grains précédemment itrifiés ne peuvent ni s’imbiber ni se gon- ;r par l’humidité, et qui, se trouvant liés semble par le suc pierreux, résistent, sans désunir, à la force expansive de l’eau qui glace dans leurs interstices.
En observant la composition des pierres ns les couches d’ancienne formation, nous connoîtrons, à n’en pouvoir douter, que s couches , pour la plupart , sont compoes de graviers , c'est-à-dire de débris d’au- ;s pierres encore plus anciennes , et qu’il y a guère que les couches de craie qu’on tisse regarder comme produites immédiament par les détrimens des coquilles. Cette (servation semble reculer encore de beautup la date de la naissance des animaux à quilles, puisque, avant la formation de nos chers calcaires , il existoit déjà d’autres chers de même nature , dont les débris it servi à leur construction ; ces débris ont lelquefois été transportés sans mélange par mouvement des eaux , d’autres fois ils se nt trouvés mêlés de coquilles , ou bien les aviers et les coquilles auront été déposés ir lits alternatifs : car les coquilles sont rament dispersées dans toute la hauteur des mes calcaires; souvent-, sur une douzaine ; ces bancs , tous posés les uns sur les ailes, il ne s’en trouvera qu’un ou deux qui ntiennent des coquilles, quoique l’argile, li d’ordinaire leur sert de base , soit mêlée un très-grand nombre de coquilles disperes dans toute l’étendue de ces couches, ce û prouve que dans l’argile , où l’eau, ayant pas pénétré, n’a pu les décomposer, Ses se sont mieux conservées que dans les uches de matière calcaire, où elles ont été ssoutes et ont formé ce suc pétrifiant qui rempli les pores des bancs inférieurs, et a î les grains de la pierre qui les compose. Car c’est à la dissolution des coquilles et :s poussières de craie et de pierre qu’on >it attribuer l’origine de ce suc pétrifiant; il n’est pas nécessaire d’admettre dans ce juide des qualités semblables à celles des ils, comme l’ont imaginé quelques physiens pour expliquer la dureté que ce suc Jmne aux corps qu’il pénétré ; on pèche Ui jours en physique lorsqu’on multiplie les liuses sans nécessité; car il suffit ici de condérer que ce liquide ou suc pétrifiant n’est ne de beau chargée des molécules les plus jues de la matière pierreuse, et que ces jiolécules , toutes homogènes et réduites à
la plus grande ténuité, venant à se réunir par leur force d’affinité, forment elles-mêmes une matière homogène , transparente , et assez dure , connue sous le nom de spar ou spath calcaire , et que , par la même raison de leur extrême ténuité, ces molécules peuvent pénétrer tous les pores des matières calcaires qui se trouvent au dessous des premiers lits dont elles découlent; qu’enfin et par conséquent elles doivent augmenter la densité et la dureté de ces pierres en raison de la quantité de ce suc qu’elles auront reçu dans leurs pores. Supposant donc que le banc supérieur, imbibé parles eaux, fournisse une certaine quantité de ces molécules pierreuses , elles descendront par stillation et se fixeront en partie dans toutes les cavités et les pores des bancs inférieurs où l’eau pourra les conduire et les déposer; et cette même eau , en traversant successivement les bancs, et détachant partout un grand nombre de ces molécules , diminue la densité des bancs supérieurs, et augmente celle des bancs inférieurs.
Le dépôt de ce liquide pétrifiant se fait par une cristallisation plus ou moins parfaite, et se manifeste par des points plus ou moins brillans, qui sont d’autant plus nombreux que la pierre est plus pétrifiée, c’est-à-dire plus intimement et plus pleinement pénétrée de cette matière spathique; et c’est par la raison contraire qu’on ne voit guère de ces points brillans dans les premiers lits des carrières qui sont à découvert , et qu’il n’y en a qu’un petit nombre dans ces premiers lits lorsqu’ils sont recouverts de sables ou de terres, tandis que, dans les lits inférieurs, la quantité de cette substance spathique et brillante sur passe quelquefois la première matière pierreuse. Dans cet état, la pierre est vive et résiste aux injures des élémens et du temps; la gelée ne peut en altérer la solidité, au lieu que la pierre est morte dès qu’elle est privée de ce suc , qui seul entretient sa force de résistance à l’action des causes extérieures \ aussi tombe-t-elle avec le temps en sables et en poussières qui ont besoin de nouveaux sucs pour se pétrifier.
On a prétendu que la cristallisation en rhombesétoit le caractère spécifique du spath calcaire, sans faire attention que certaines matières vitreuses ou métalliques et sans mélange de substance calcaire sont cristallisées de même en rhombes , et que d’ailleurs, quoique le spath calcaire semble affecter de préférence la figure rhomboïdale , il prend aussi des formes très-différentes ; et nos cristallographes , en voulant emprunter des géomè-
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très la manière dont un rhombe peut devenir un oclaèdre, une pyramide et même une lentille (parce qu il se trouve du spath lenticulaire) , n’ont tait que substituer des combinaisons idéales aux faits réels de la nature. Il en est de cette cristallisation en jrhombes comme de toutes les autres : aucune ne fera jamais un caractère spécifique, parce que toutes varient pour ainsi dire à l’infini , et que non seulement il n’y a guère de formes de cristallisation qui ne soient communes à plusieurs substances de nature différente, mais que réciproquement il y a peu de substances de même nature qui n’offrent différentes formes de cristallisation; témoin la prodigieuse variété de formes des spaths calcaires eux-mêmes : eu sorte qu’il seroit plus que précaire d’établir des différences ou des ressemblances réelles et essentielles par ce caractère variable et presque accidentel.
Ayant examiné les bancs de plusieurs collines de pierre calcaire, j’ai reconnu presque partout que le dernier banc, qui sert de base aux autres et qui porte sur la glaise, contient une infinité de particules spathiques brillantes, et beaucoup de cristallisations de spath en assez grands morceaux ; en sorte que le volume de ces dépôts du suc lapidifique est plus considérable que le volume de la première matière pierreuse déposée par les eaux de la mer. Si l’on sépare les parties spathiques, on voit que l’ancienne matière pierreuse n’est que du gravier calcaire , c’est-à-dire des détrimens de pierre encore plus ancienne que celle de ce banc inférieur , qui néanmoins a été formé le premier dans ce lieu par les sédimens des eaux. Il y a donc eu d’autres rochers calcaires qui ont existé dans le sein de la mer avant la formation des rochers de nos collines , puisque les bancs situés au dessous de tous les autres bancs ne sont pas simplement composés de coquilles , mais plutôt de gravier et d’autres débris de pierres déjà formées ; il est même assez rai e de trouver dans ce dernier temps quelques vestiges de coquilles, et il paroîL que ce premier dépôt des sédimens ou du transport des eaux n’est qu'un banc de sable et de gravier calcaire sans mélange de coquilles, sur lequel les coquillages vivans se sont ensuite établis et ont laissé leurs dépouilles, qui bientôt auront été mêlées et recouvertes par d’autres débris pierreux amenés et déposés comme ceux du premier banc : car les coquilles, comme je viens, de le dire , ne se trouvent pas dans tous les bancs, mais seulement dans quelques-uns; et ces bancs coquilleux sont
pour ainsi dire interposés entre les aut “( bancs, dont ’a pierre est uniquement co llt posée de graviers et de détrimens pierrei m
Par ces considérations tirées de l’i.isp ® tiou même des objets, ne doit-on pas p ce
je n’en ai compté pour la formation de r lsl collines calcaires, puisqu’elles ne sont q !D les décombres immenses de ses premiei I
constructions dans ce genre? Seulement 81 pourroit se persuader que les matériaux r ces anciens rochers, qui ont précédé les n J très , n’avoient pas acquis dans l’eau de P mer la même dureté que celle de nos pii A res, et que, parleur peu de consisiance , '
auront été réduits en sable et transport 1 aisément par le mouvement des eaux ; ma cela ne diminue que de très-peu I én< rm: du temps, puisqu’il a fallu que ces coquii’i ges se soient habitués et qu’ils aient vécu et se soient multipliés sans nombre, ava d’avoir péri sur les lits où leurs dépouid ! gisent aujourd’hui en bancs d’une si grand étendue et en masses aussi proligieus . Ceci même peut encore se prouver par li faits; cai on trouve des bancs entiers , quei quefois épais de plusieurs pieds, compost en totalité d’une seule espece de coquillage, dont les dépouilles sont toutes couchées su la même face et au même niveau. Cette nr gulariié dans leur position, et la présenc d’une eule espèce à l’exclusion de toute les autres, semblent démontrer que ces ce quilles n’ont pas été amenées de loin par Ici eaux, mais que les bancs où elles se trou vent se sont formés sur le lieu même, piiiîi qu’en supposant les coquilles transportées elles se trouveroient mêlées d’autres cot quilles, et placées irrégulièrement en tou sens avec les débris pierreux amenés ei même temps, comme on le voit dans plu sieurs autres couches de pierre. La plupar de nos collines ne sont donc pas formées pai des dépôts successifs amenés par un mouvement uniforme et constant : il faut néces sairement admettre des repos dans ce grauc travail , des intervalles considérables de temps entre les dates de la formation de chaque blanc, pendant lesquels intervalles certaines espèces de coquillages auront habité, vécu, multiplié sur ce banc, et formé ie lit coquilleux qui le surmonte' ; il faut accorder encore du temps pour que d’autres sédi mens de graviers et de matières pierreuses aient été transportés et amenés par les eaux pour recouvrir ce dépôt de coquilles.
En ne considérant la nature qu’en géné-
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i, nous avons dit que soixante-seize mille i d’ancienneté sul'fisoient pour placer la Le de ses plus grands travaux sur le globe •estrc, et nous avons donné la raison ir lacjuelle nous nous sommes restreints ette limite de durée, en avertissant qu'on irroit la doubler, et même la quadrupler ’ou vouloit se trouver parfaitement à ! ;e pour l’explication de tous les phéno- ! les. En effet , lorsqu’on examine eu dép la composition de ces mêmes ouvrages, ( que point de celte analyse augmente la ( ée et recule les limites de ce temps, trop Kjiense pour l’imagination , et néanmoins ) court pour notre jugement, plu reste, la pétrification a pu se faire ji'ond de la nier tout aussi facilement tj lie s opère à la surface de la terre; les a b res qu’on a tirés sous l’eau vers les lit s de Provence, les albcàtres de Malte, (| lierres des Maldives, les rochers cal-», in ps durs qui se trouvent sur la plupart h hauts-fonds dans toutes les mers, sont ili témoins irrécusables de celte pétiificaii] sous les eaux ; le doute de quelques syriens à cet égard étoit fondé sur ce le Je suc pétrifiant se forme sous nos yeux tel la stillation des eaux pluviales dans nos isflnes calcaires, dont les pierres ont acrBj, par un long dessèchement , leur solb su | et leur dureté; au lieu que, dan-. la ri ils présumoient qu’é ant toujours péncipes d’humidité ces mêmes pierres ne île [oient acquérir le dernier degré de leur ro istance. Mais, comme je viens de le dire, le ; présomption est démentie par les faits; iu. a des rochers au fond des eaux tout iis i durs que ceux de nos terres les plus es es ; les amas de graviers ou de coquilles, ro [rd pénétrés d’humidité, et sans cesse oi| lés par les eaux, n ont pas laissé de se ei r avec le temps par le seul rapproche-» J et la réunion de leurs parties solides; mi telles se seront rapprochées , plus elles pi il exclu les parties humides; le suc péive ut, distillant continuellement de haut ces is, aura, comme dans nos rochers teran bs , achevé de remplir les interstices et d jres des bancs inférieurs de ces rochers J narins. On ne doit donc pas être étonné lt j'ouver au fond des mers, à de trèsali les distances de toute terre, de trouver el , avec la soude, des graviers calcaires rd durs, aussi pétrifiés que nos graviers tl I surface de la terre. En général , on g assurer qu’il s’est fait, se fait, et se fera ut une conversion* successive de cots en pierres , de pierres eu grav iers ,
et de graviers en pierres , selon que ces matières se trouvent remplies ou dénuées de cet extrait tiré de leur propre substance, qui seul peut achever l’ouvrage commencé par la force des affinités, et compléter celui de la pleine pétrification.
Et cet extrait sera lui-même d’autant plus pur et plus propre à former une masse plus solide et plus dure, qu’il aura passé par un plus grand nombre de filières ; plus il aura subi de fibrations depuis le banc supérieur, plus ce liquide pétrifiant sera chargé de molécules denses, parce que la matière des bancs inférieurs étant déjà plus dgnse, il ne peut en détacher que des parties de même densité. Nous verrous dans la suite que c’est à de doubles et triples filtrations qu’on doit attribuer l’origine de plusieurs stalactites du genre vitreux ; et quoique cela ne soit pas aussi apparent dans le genre calcaire, on voit néanmoins qu’il y a des spaths plus ou moins purs, et même plus ou moins durs , qui nous représentent les différentes qualités du suc pétrifiant, dont ils ne sont que le résidu, ou, pour mieux dire, la substance même cristallisée et séparée de son eau superflue.
Dans les collines dont les flancs sont ouverts par des carrières coupées à pic , l’on peut suivre les progrès et reeonnoître les formes différentes de ce suc pétrifiant et pétrifié : on verra qu’il produit communément ces concrétions de même nature que la matière à travers laquelle il a filtré; si la colline est de craie et de pierre tendre sous la couche de terre végétale , l’eau , en passant dans cette première couche, et s’in filtrant ensuite dans la craie , en détachera et entraînera toutes les molécules dont elle pourra se charger , et elle les déposera aux environs de ces carrières en forme de concrétions branchues et quelquefois fistuleuses, dont la substance est compose de poudre calcaire mêlée avec de la terre végétale, et dont les masses réunies forment un tuf plus léger et moins dur que la pierre ordinaire. Ces tufs ne sont en effet que des amas de concrétions , où l’on ne voit ni fentes perpendiculaires ni délits horizontaux, où l’on ne trouve jamais de coquilles marines, mais souvent de petits coquillages terrestres et des impressions de plantes , particulièrement de celles qui croissent sur le terrain de la colline même; mais lorsque l’eau s’infiltre dans les bancs d’une pierre plus dure, il lui faut plus de temps pour en détacher des particules , parce quelles sont plus adhérentes el plus denses que
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dans la pierre tendre; et dès lors les concrétions formées par la réunion de ces particules denses deviennent des congélations à peu près aussi solides que les pierres dont elles tirent leur origine ; la plupart seront même à demi transparentes , parce qu’elles ne contiennent que peu de matières hétérogènes en comparaison des tufs et des concrétions impures dont nous venons de parler. Enfin , si l’eau filtre à travers les marbres et autres pierres les plus compactes et les plus pétrifiées , les congélations ou stalactites seront alors si pures , qu’elles auront la transparence du cristal. Dans tous les cas , l’eau dépose ce suc pierreux partout où elle peut s’arrêter et demeurer en repos, soit dans les fentes perpendiculaires, soit entre les couches horizontales des rochers; et, par ce long séjour entre ces couches, le liquide pétrifiant pénètre les bancs inférieurs et en augmente la densité.
On voit, par ce qui vient d’être exposé, que les pierres calcaires ne peuvent acquérir un certain degré de dureté qu’autant qu’elles sont pénétrées d’un suc déjà pierreux ; qu’ordinairement les premières couches des montagnes calcaires sont de pierre tendre, parce qu’étant les plus élevées elles 11’ont pu recevoir ce suc pétrifiant, et qu’au contraire elles l’ont fourni aux couches inférieures. Et lorsqu’on trouve de la pierre dure aux sommets des collines , on peut s’assurer , en considérant le local , que ces sommets de collines ont été, dans le commencement, surmontés d’autres bancs de pierre, lesquels ensuite ont été détruits. Cet effet esi évident dans les collines isolées , elles sont toujours moins élevées que les montagnes voisines ; et , en prenant le niveau du banc supérieur de la colline isolée, on trouvera à la même hauteur, dans les collines voisines, le banc correspondant et d’égale dureté surmonté de plusieurs autres bancs dont il a reçu les sucs pétrifians, et par conséquent le degré de dureté qu’il a conservé jusqu’à ce jour. Nous avons expliqué comment les courans de la mer ont dû rabaisser les sommets de toutes les collines isolées ; et il n’y a eu nul changement, nulle altération, dans les couches de ces pierres depuis la retraite des mers, sinon dans celles où le banc supérieur s’est trouvé exposé aux injures de l’air, ou recouvert d’une trop petite épaisseur de terre végétale. Ce premier lit s’est en effet délité horizontalement et fendu verticalement ; et c’est là d’où l’on tire ces pierres calcaires dures et minces que l’on nomme
laves en plusieurs provinces , et dont on sert, au lieu de tuiles, pour couvrir les mi sons rustiques1 : mais, immédiatement ; dessous de ce lit de pierres minces , on r trouve les bancs solides et épais qui n’o subi aucune altération , et qui sont ence tels qu’ils ont été formés par le transpe et le dépôt des eaux de la mer.
En remontant de nos collines isolées a carrières des hautes montagnes calcaire dont les bancs supérieurs n’ont point (' détruits, on observera partout que ces bar supérieurs sont les plus minces , et que i inférieurs deviennent d’autant plus ép; qu’ils soat situés plus bas. La cause de ce différence me paroît encore simple. Il fg considérer chaque banc de pierre comi composé de plusieurs petits lits stratif les uns sur les autres : or, à mesure q l’eau pénètre et descend à travers les m ses de gravier ou de craie , elle se cha. , de plus en plus des molécules qu’elle détache; et, dès qu’elle est arrêtée par lit de pierre plus compacte, elle dépose s ce lit une partie des molécules dont e étoit chargée, et entraîne le reste dans pores et jusqu’à la surface inférieure de lit , et même sur la surface supérieure lit au dessous. L’épaisseur des deux 1 augmente donc en même temps , et lei surfaces se rapprochent , pour ainsi dit par l’addition de cette nouvelle matièr ènfin ces petits lits se joignent et ne fi ment plus qu’un seul et même lit qui j réunit de même à un troisième lit, en so \ que plus il y a de matière lapidifique am née par la stillation des eaux , plus il fait de réunion des petits lits , dont somme fait l’épaisseur totale de chac banc, et par conséquent cette épaisseur d être plus grande dans les bancs in férié1 que dans les supérieurs , puisque c’est a, dépens de ceux-ci que leurs joints se re î plissent et que leurs surfaces se réur sent.
Pour reconnoître évidemment ce prod du travail de l’eau, il ne faut que fen une pierre dans le sens de son lit de c rière : en la divisant horizontalement , , verra que les deux surfaces intérieures qu : vient de séparer sont réciproquement béi . sées d’un très-grand nombre de petits a i melons qui se correspondent alternat!
i. Il ne faut pas confondre ces pierres calcit J en laves avec les laves de grès feuilleté dont n | avons parlé ci-devant ; et bien moins encore a j les véritables laves volcaniques, qui sont d’une te ; autre nature.
DE LA PIERRE CALCAIRE
naient, et qui ont été formés par le dépôt a es stillations de l’eau; la pierre délitée ,ri ans ce sens présente une cassure spathique 0[ lui est partout convexe et concave, et ®Ume ondée de petites éminences, au lieu P91 ue la cassure dans le sens vertical n’offre ucun de ces petits mamelons, mais le grain 91 2ul de la pierre.
rt;| Comme ce travail de l’eau chargée du suc 6 étrillant a commencé de se faire sur les ^ ierres calcaires dès les premiers temps de !4ur formation , et qu’il s’est fait sous les 1® aux par l’infiltration de l’eau de la mer, :el i sur la terre par la stillation des eaux plurales, on ne doit pas être étonné de la !" lande quantité de matière spathique qui 19 h est Je produit : non seulement cette ma- ! ère a formé le ciment de tous les marbres 111 1 des autres pierres dures , mais elle a pénétré et pétrifié chaque particule de la baie et des autres déirimens immédiats :| jes coquilles, pour les convertir en pierre ;
5 le a même formé de nouvelles pierres e' i grandes masses, telles que les albâtres, jamme nous le prouverons dans l’article àivant. Souvent cette matière spathique est accumulée dans les fentes et les cavités es rochers , où elle se présente en petits olumes cristallisés, et quelquefois en blocs •réguliers, qui, parla finesse de leurs grains t le grand nombre de points brillans qu’ils ffrent à la cassure, démontrent leur origine t leur composition toujours plus ou moins ure mesure que cette matière spathique est plus ou moins abondante.
| Ce spath , cet extrait le plus pur des distances calcaires , est donc le ciment de butes les pierres de ce genre, comme le ic cristallin, qui n’est qu’un extrait des lalières vitreuses , est aussi le ciment de mtes les pierres vitreuses de secondé et de ■oisième formation ; mais , indépendamîent de ces deux cimens, chacun ana- )gue aux substances qu’ils pénètrent, et ont ils réunissent et consolident les parties îtégrantes, il y a une autre sorte de gluten u ciment commun aux matières calcaires t aux substances formées des débris de maères vitreuses , dont l’effet est encore plus rompt que celui du suc pétrifiant , calcaire, u vitreux. Ce gluten est le bitume , qui , ès le premier temps de la mort et de la écomposition des êtres organisés , s’est ormé dans le sein de la terre , et a impré- ;né les eaux de la mer , où il se trouve [uelquefois en grande quantité. îl y a de :ertain6s plages voisines des côtes de la Sicile, près de Messine, et de celles de Cadix
en Espagne 1 , où l’on a observé qu’en moins d’un siècle les graviers, les petits cailloux, et les sables, de quelque nature qu’ils soient, se réunissent en grandes masses dures et solides, et dont la pétrification sous l’eau ne fait que s’augmenter et se consolider de plus en plus avec le temps. Nous en parlerons plus en détail lorsqu’il sera question des pierres mélangées de déirimens calcaires et de débris vitreux ; mais il est bon de reconnoître d’avance l’existence de ces trois glutens ou cimens différens, dont le premier et le second , c’est-à-dire le suc cristallin et le suc spathique, réunis au bitume , ont augmenté la dureté des pierres de ces deux genres lorsqu’elles se sont formées sous l’eau. Ce dernier ciment paroît être celui de la plupart des pierres schisteuses , dans lesquelles il est souvent assez abondant pour les rendre inflammables ; et quoique la présence de ce ciment ne soit pas évidente dans les pierres calcaires , l’odeur qu’elles exhalent lorsqu’on les taille indique qu’il est entré de la matière inflammable dans leur composition.
Mais revenons à notre objet principal ; et, après avoir considéré la formation et la composition des pierres calcaires , suivons en détail l’examen des variétés de la nature dans leur décomposition. Après avoir vu les coupes perpendiculaires des rochers dans les carrières, il faut aussi jeter un coup d’œil sur les pierres errantes qui s’en sont détachées , et dont il y a trois espèces assez remarquables. Les pierres de la première sorte sont des blocs informes qui se trouvent communément sur la pente des collines et jusque dans les vallons; le grain de ces pierres est fin et semé de points brillans, sans âucun mélange ni vestige de co-
x. Cadix est situé dans une presqu’île , sur des rochers, où vient se briser la mer. Ces rochers sont un mélange de différentes matières , comme "marbre , quartz , spath, cailloux, et coquilles réduites en mortier avec le sable et le gluten ou bitume de la mer, lequel est si puissant dans cet endroit, que l’on observe dans les décombres qu’on y jette que les briques, les pierres, le sable, le plâtre, les coquilles, etc., se trouvent, après un certain temps , si bien unis et attachés ensemble , que le tout ne paroît qu’un morceau de pierre. ( Histoire naturelle d’ Espagne , par M. Bowles.)
M. le prince de Pignatelli d’Egmont, amateur très-éctairé de toutes les grandes et belles connoissances , a eu la bonté de me donner, pour le Cabinet du Roi, un morceau de cette même nature, tiré sur le rivage de la mer de Sicile, ou cette pétrification s’opère en très-peu de temps. -Fazelli , de Rebus siculis , attribue à l’eau du détroit de Charybde cette propriété de cimenter le gravier de ses rivages.
MINERAUX
quilles : l’une des surfaces de ces blocs est hérissée de mamelons assez longs, la plupart figurés en cannelures et comme travaillés de main d’homme , taudis que les autres surfaces sont unies. On reconnoît donc évidemment le travail de l’eau sur ces blocs, dont la surface cannelée portoit horizontalement sur le banc duquel ils ont été détachés : leur composition n’est qu’un amas de congélations grossières, faites par les stillations de l’eau à travers une matière calcaire tout aussi grossière.
Les pierres de la seconde sorte ne sont pas des blocs informes ; iis affectent au contraire des figures presque régulières. Ces blocs ne se trouvent pas communément sur la pente des -collines ni dans leurs vallons , mais plutôt dans les plaines au dessus des montagnes calcaires, et la substance dont ils sont composés est ordinairement blanche : les uns sont irrégulièrement sphériques ou elliptiques , les au res hémisphériques ; et quelquefois on en trouve qui sont étroits dans leur milieu, et qui ressemblent à deux moitiés de sphere réunies par un collet. Ces sortes de blocs figurés présentent encore la forme de la substance des as trottes , cerveaux de mer , etc., dont ils ne sont que les masses entières ou les fragment; leurs ri. les et leurs pores ont été remplis d'une matière blanche toute semblable a celle de ces productions marines. Les stries et les étoiles que l’on voit à la surface de plusieurs de ces blocs ne laissent aucun doute sur la première nature de ces pierres, qui n’étoient d’abord (pie des masses coqwilleuses produites par les polypes et autres animaux de même genre, et qui, dans la suite, par l’addit.on et la pénétration du suc extrait de ces mêmes substances, sont devenues des pierres solides et même sonores.
La troisième espèce de ces pierres en b’ocs et en débris se trouve, comme la première, sur la pente des montagnes calcaires, et même dans leurs vallons : ces pierres sont plates comme le moellon commun, et presque toujours renflées dans leur milieu, et plus minces sur les bords, comme sont les galets; toutes sont colorées de gris foncé ou de bien dans cette partie du milieu (pii est toujours environnée d’une substance pierreuse blanchâtre, qui sert d’enveloppe à tous ces noyaux colorés1, et qui a été formée
i. Aux bords de l’Albarine , surtout près de Saint-Denis, il y a une immensité de cailloux roulés (qui sont bien de ti-rre calcaire, puisqu’on en fait de très-bonne chaux) ; ils ont une croule blanche à peu près concentrique, et un noyau d’un beau
postérieurement à ces noyaux : néanmoi 11 ils ne paroissent pas être d’une formata aussi ancienne que ceux de la seconde sort car ils ne contienneni point de coquille leur couleur et les points hrillans dont le; substance est parsemée indiquent qu’ils o d’abord été formés par une matière pie reuse, imprégnée de fer ou de quelque ant miuéral qui les a colorés , et qu’après ave été séparés des rochers où ils se sont formé ils ont été roulés et aplatis en forme de g iets, et qu’enfin ce n’est qu’après tous c mouvemens et ces altérations qu’ils ont c saisis de nouveau par le liquide pétrifiai qui les a tous enveloppés séparément, quelquefois réunis ensemble ; car on trou1 de ces pierres à noyau (doré non seulemei en gros blocs, mais même en grands ban de carrières, qui toutes sont situées sur pente et au pied des montagnes ou eolliii
calcaires, dont ces blocs ne sont que les phi
nnniiiiic
Ou trouve encore sur les pentes douce des collines calcaires, dans les champs eu tivés, une grande quantité de pétrification de coquilles et de crustacés entières et bie conservées, que le soc de la charrue a d< tachées et enlevées du premier banc qui g immédiatement sous la couche de terre vi gélale. Cda s’observe dans tous les lieux o ce premier banc est d’une pierre tendre < gelisse. Les morceaux de moellon que le sej enlève se réduisent en gravier et en pouJ sière au bout de quelques années d’expos j tion à l’air, et laissent à découvert les pétri fuations qu'ils contenoient. et qui étoieij auparavant enveloppées dans la matière pie reuse : preuve évidente que ces pétrificalior sont plus dures et plus solides que la rm tiere qui les environnoit , et que la décon position de la ( aquille a augmenté la densil de la portion de celte mat.ere qui en a renj pli la capacité intérieure; car ces pétrifief] lions en forme de coquilles, quoique exp< sées à la gelée et à toutes les injures de l’ai {
gris-bleu. Le hasard ne peut avoir fait que d< fragineiis de blocs mêlés se soient usés et arrond ’ 'concentriquement suivant leurs couleurs • quel peut donc être la formation de ces cailloux? (LettA de M. r.e Montait à M. le comie de Buffon , datée c i Bourg en-Bresse, le 22 septembre 1778.)
•le puis ajouter que, dans presque tous les pay ; dont les collines sont composées de pierres ca ! caires, il se trouve de ces pierres dont l’mtérieu ! plus anciennement formé que l’extérieur, est teii j de gris ou de bleu, tandis que les couches sup< j rieures et inférieures sont blanches; ces pierres soi 1 en moellons plais , et il 11e leur manque, pour re* \ semb'er entièrement aux prétendus cailloux d; Blioue , que d’avoir été roulés.
DE LÀ PIERRE CALCAIRE. . 257
[>nt résisté sans se fendre ni s’égrener, ldis que les autres morceaux de pierre en- ■és du même banc ne peuvent subir une de fois l’action de la gelée sans s’égrener se diviser en écailles. On doit donc dans cas regarder la décomposition de la coille comme la substance spathique qui a pnenlé la densité de la matière pierreuse, îtenue et moulée dans son intérieur, laelle , sans -celte addition de substance ïe de la coquille même, n’auroit pas eu s de solidité que la pierre environnante. :te remarque vient à l’appui de toutes les .ervations par les(|iielles on peut démonr que l’origine des pierres en général, et la matière spathique en particulier, doit e rapportée à la décomposition des colles par l’intermède de l’eau. J’ai de plus ervé que l’on trouve assez communément î espèce de pétrification dominante dans [que endroit, et plus abondante qu’aucune re ; il y aura, par exemple, des milliers cœurs de bœufs ( bucardites ) dans un can- , des milliers de cornes d’ammon dans autre, autant d’oursins dans un troisième, vent seuls, ou tout au plus accompagnés utres espèces en très-petit nombre; ce prouve encore que la matière des bancs se trouvent ces pétrifications n’a pas été mée et transportée confusément par le ivement des eaux , mais que certains collages se sont établis sur le lit inférieur, et après y avoir vécu et s’être multipliés en ad nombre, ils y ont laissé leurs dépouilles, /on trouve encore, sur la pente des cols calcaires , de gros blocs de pierres cales grossières, enterrées à une petite propeur, qu’on appelle vulgairement des res à four , parce qu’elles résistent sans éndre aux feux de nos fours et fourix , tandis que toutes les antres pierres résistent à la gelée et au plus grand froid aeuvent supporter ce même degré de feti s’éclater avec bruit. Communément les res légères , poreuses , et gelisses , peu- , être chauffées jusqu’au point de se coujir en chaux sans se casser, tandis que dus pesantes et les plus dures , sur lesles la gelée ne fait aucune impression, peuvent supporter la première action e même feu. Or notre pierre à four est posée de gros graviers calcaires détachés rochers supérieurs, et qui , se trouvant uverts par une couche de terre végétale, . mt fortement agglutinés par leurs ausans se joindre de près , et ont laissé 3 eux des intervalles que la matière spa- Lte n’a pas remplis. Cette pierre criblée Euffon, II.
de petits vides n’est en effet qu’un amas de graviers durs, dont la plupart sont colorés de jaune ou de rougeâtre , et dont la réunion ne paroît pas s’être faite par le suc spathique ; car on n’y voit aucun de ces points brillans qui le décèlent dans les autres pierres auxquelles il sert de ciment. Celui qui lie les grains de ce gros gravier de la pierre à four n’est pas apparent, et peut-être est-il d’une autre nature ou en moindre quantité que le ciment spathique : on pourrait croire que c’est un extrait de la matière ferrugineuse qui a lié ces grains en même temps qu’elle leur a donné la couleur 1 ; ou bien ce ciment , qui n’a pu se former que par la filtration de l’eau pluviale à travers la couche de terre végétale , est un produit de ces mêmes parties ferrugineuses et pyriteuses provenant de la dissolution des pyrites qui se sont effleuriez par l’humidité dans cette terre végétale ; car cette pierre à four, lorsqu’on la travaille, répand une odeur de soufre encore plus farte que celle des autres pierres. Quoi qu’il en soit, cette pierre à four, dont les grains sont gros et pesans, et dont la masse est néanmoins assez légère par la grandeur de ses vides, résiste sans se fendre au feu où les antres s’éclatent subitement : aussi l’emploie-t-on de préférence pour les âtres des fourneaux , les gueules de four, les contrecœurs de cheminée, etc.
Enfin l’on trouve , au pied et sur la pente douce des collines calcaires, d’autres amas de gravier ou d’un sable plus fin , dans lesquels il s’est formé plusieurs lits de pierres inclinées suivant la pente du terrain , et qui se délitent très-aisément selon cette même inclinaison. Ces pierres ne contiennent point de coquilles , et sont évidemment d'une formation nouvelle; leurs bancs inclinés n’ont guère plus d’un pied d’épaisseur et se divisent aisément en moellons plats, dont les deux surfaces sont unies. Ces pierres parasites ont été nouvellement formées par l’agrégation de ces sables où graviers , et elles ne sont ni dures, ni pesantes, parce qu’elles n’ont pas clé pénétrées du suc pétrifiant, comme les pierres anciennes qui sont posées sous des bancs d’autres pierres,
La dureté, la pesanteur, et la résistance à l’action de la gelée , dans les pierres , dépendent donc principalement de la grande quantité de suc Iapidifique dont elles sont pénétrées ; leur résistance au feu suppose au
î. li me semble qu’on pourroit rapporter à noire pierre à four celle qu’au nomme roussicr en Nor* mandie.
MINÉRAUX
contraire des pores très-ouverts , et même d’assez grands vides entre les parties constituantes : néanmoins plus les pierres sont denses , plus il faut de temps pour les convertir en chaux. Ce n'est donc pas que la pierre à four se calcine plus difficilement que les autres ; ce n’est pas qu’elle ne se réduise également en chaux ; mais c’est parce qu’elle se calcine sans se fendre , sans s’écailler ni tomber en fragmens , qu’elle a de l’avantage sur les autres pierres pour être employée aux fours et aux fourneaux : et il est aisé de voir pourquoi ces pierres en se calcinant ne se divisent ni ne s’égrènent ; cela vient de ce que les vides , disséminés en grand nombre dans toute leur masse, donnent à chaque grain dilaté par la chaleur la facilité de se gonfler, s’étendre, et occuper plus d’espace, sans forcer les autres grains à céder leur place, au lieu que, dans les pierres pleines , la dilatation causée par la chaleur ne peut renfler les grains sans faire fendre la masse en d’autant plus d’endroits qu’elle sera plus solide.
Ordinairement les pierres tendres sont blanches, et celles qui sont plus dures ont des teintes de quelques couleurs; les grises et les jaunâtres, celles qui ont une nuance de rouge , de bleu , de vert , doivent toutes ces couleurs au fer ou à quelque autre minéral qui est entré dans leur composition; et c’est surtout dans les marbres que l’on voit toutes les variétés possibles des plus belles couleurs : les minéraux métalliques ont teint et imprégné la substance de toutes ces pierres colorées dès le premier temps de leur formation; car la pierre rousse même, dont on attribue la couleur aux parties ferrugineuses de la couche végétale , se trouve souvent fort au dessous de cette couche, et surmontée de plusieurs bancs qui n’ont point de couleur. Il en est de même de la plupart des marbres colorés : c’est dans le temps de leur formation et de leur première pétrification qu’ils ont reçu leurs couleurs par le mélange du fer ou de quelque autre minéral ; et ce n’est que dans des cas particuliers et par des circonstances locales que certaines pierres ont été colorées par la stillation des eaux à travers la terre végétale.
Les couleurs, surtout celles qui sont vives ou foncées , appartiennent donc aux marbres et autres pierres calcaires d’ancienne formation ; et , lorsqu’elles se trouvent dans des pierres de seconde et de troisième formation, c’est qu’elles y ont été entraînées avec la matière même de ces pierres par la stillation des eaux. Nous avons déjà parlé de
ces carrières en lieu bas qui se sont fornu aux dépens des rochers plus élevés; les pii res en sont communément blanches , et n’y a que celles qui sont mêlées d’une pet quantité d’argile ou de terre végétale » soient colorées de jaune ou de gris. Ces c rieres de nouvelle formation sont Irès-co mimes dans les vallées et dans le voisim des grandes rivières , et il est aisé d’en i connoitre l’origine et de suivre les progi, de leur établissement depuis le sommet < montagnes calcaires jusqu’aux plaines lesp basses.
On trouve quelquefois dans ces carriè:1 de nouvelle formation des lits d’une pied aussi dure que celle des bancs anciens d< j elle tire son origine; cela dépend, dans J nouvelles carrières comme dans les ancii nés, de l’épaisseur des lits superposés : inférieurs, recevant le suc pierreux des ! supérieurs , prendront tous les degrés dureté et de densité à mesure qu’ils en ront pénétrés; mais les pierres qui se tre vent dans les plaines ou dans les vallées v sines des grandes rivières, disposées en i horizontaux ou inclinés, n’ont été fornu que des sédimens de craie ou de poussin de pierre qui primitivement ont été dé ehés des rochers, et atténués par le moir ment et l’impression de l’eau. Ce sont torrens, les ruisseaux, et toutes les eaux ci! vantes sur la terre découverte , qui < amené ces poudres calcaires dans les vallt et les plaines , et qui souvent y ont m jj des substances de toute nature. On ne troi j jamais de coquilles marines dans ces pieri j mais souvent des coquilles fîuviatiles et ti s restres 1 ; on y a même trouvé des morcea 1 de fer 2 et de bois 3, travaillés de m,|
1. La pierre qu’on tire à peu de distance de Seine, près de l’Lôpital général de Paris, et d j’ai parlé plus liaul , est remplie de petites vis, sont communes dans les ruisseaux d'eau vive : ci pierre de la Seine ressemble à peu près aux piei que Von tire dans les vallées, entre la Saône et Vingeanne, auprès du village de Talmay en Bo gogne. Je cite ce dernier exemple, parce qu’il i montre évidemment que la matière de ces lits pierre a été amenée de loin, puisqu’il n’y a i cune montagne calcaire qu’à environ une lieue , distance.
2. Le sieur Dumoutier, maître maçon à Par m’a assuré qu’il y a quelques années il avoit tro1 dans un bloc de pierre dite de Saint- Leu, loqm j ne se tire qu’à la surface de la terre, c’est-à-dlj quelques pieds de profondeur, un corps cylindrn qui lui paroissoii être une pétrification, parce-Sj étoit incrusté de matières pierreuses ; mais qi || l’ayant nettoyé avec soin, il reconnut que c’él vraiment un canon de pistolet, c’esî-à-dire du ft j
3. Dans un bloc de pierre de plusieurs pieds longueur sur une épaisseur d’environ un pied i
DE LA PIERRE CALCAIRE
l’homme ; nous avons vu du charbon de mis dans quelques - unes de ces pierres : insi l’on ne peut douter que toutes les carieres en lieu bas ne soient d’une formation ooderne , qu’on doit dater depuis que nos ontinens, déjà découverts, ont été exposés MX dégradations de leurs parties, même les lus solides, par la gelée et par les autres îj lires des élémens humides. Au reste, louîs les pierres de ces basses carrières ne préentent qu’un grain plus ou moins fin, et ès-peu de ces points brillans qui indiquent i présence de la matière spathique : aussi
Int-elles ordinairement plus légères et moins ires que la pierre des hautes carrières, tus lesquelles les bancs inférieurs sont de plus grande densité.
Et cette matière spathique, qui remplit >us les vides et s’étend dans les délits et ms les couches horizontales des bancs de erre , s’accumule aussi le long de leurs lûtes perpendiculaires : elle commence par il tapisser les parois , et peu à peu elle les icouvre d’une épaisseur considérable de niches additionnelles et successives ; elle y rme des mamelons , des stries , des canneres creuses et saillantes , qui souvent desndent d’en haut jusqu’au point le plus bas, 1 elle se réunit en congélations , et finit àr remplir quelquefois en entier la l'ente u séparoil auparavant les deux parties du cher. Cette matière spathique qui s’accu- || ule dans les cavités et les fentes des roiers n’est pas ordinairement du spath pur, ais mélangé de parties pierreuses plus ossières et opaques ; on y reconnoît seuleent le spath par les points brillans qui se nu vent en plus ou moins grande quantité ns ces congélations.
Et lorsque ces points brillans se multi-
inze pouces, tiré des carrières du faubourg Saintirceau à Paris, l’ouvrier tailleur de pierre s’arçut, en la sciant, que sa scie poussoit au ders une matière noire, qu’il jugea être des débris bois pourri. En effet , la pierre ayant été sérée en deux blocs, il trouva qu’elle renfermoit , ns son intérieur, un morceau de bois de près de ux pouces d’épaisseur sur six à sept pouces de igueur, lequel étoit en partie pourri et sans auu indice de pétrification.
plient, lorsqu’ils deviennent plus gros et plus distincts, ils ressemblent par leur forme à des grains de sel marin : aussi les ouvriers donnent aux pierres revêtues de ces cristallisations spathiques le nom impropre de pierres de sel. Ce ne sont pas toujours les pierres les plus dures ni celles qui sont composées de gravier, mais celles qui contiennent une très-grande quantité de coquilles et de pointes d’oursins, qui offrent cette espèce de cristallisation en forme de grains de sel; et l’on peut observer qu’elle paroît être toujours en plus gros grains sur la surface qu’à l’intérieur des pierres, parce que les grains dans l’intérieur sont toujours liés ensemble.
Ce suc pétrifiant qui pénètre les pierres des bancs inférieurs, qui en remplit les ca vités, les joints horizontaux, et les fentes perpendiculaires, ne provenant que de la décomposition de la matière des bancs supérieurs, doit , en se séparant , y causer une altération sensible : aussi remarque-t-on dans la pierre des premiers bancs des carrières qu elle a éprouvé des dégradations; on n’y voit qu’un très-petit nombre de points brillans; elle se divise en petits morceaux irréguliers, minces, assez légers, et qui se brisent aisément. L’eau , en passant par ces premiers bancs , a donc enlevé les élémens du ciment spathique qui lioil les parties de la pierre, et en même temps elle en a détaché une grande quantité d’autre matière pierreuse plus grossière ; et c’est de ce mélange qu’ont été composées toutes les congélations opaques qui remplissent les cavités des rochers : mais lorsque l’eau chargée de cette même matière passe à travers un second filtre en pénétrant la pierre des bancs inférieurs , dont le tissu est plus serré, elle abandonne et dépose en chemin ces parties grossières , et alors les stalactites qu’elle forme sont du vrai spath pur, homogène, et transparent. Nous verrons ci-après que, dans les pierres vitreuses comme dans les calcaires , la pureté des congélations dépend du nombre des filtrations qu’elles ont subies, et de la ténuité des pores dans les matières qui ont servi de filtre.
DE L’ALBATRE
Cet albâtre, auquel les poëtes ont si souvent comparé la blancheur de nos belles, est toute une autre matière que l’albâtre dont nous allons parler; ce n’est qu’une substance gypseuse , une espèce de plâtre très-blanc , au lieu que le véritable albâtre est une matière purement calcaire , plus souvent colorée que blanche , et qui est plus dure que le plâtre, mais en même temps plus tendre que le marbre. Les couleurs les plus ordinaires des albâtres sont le blanchâtre, le jaune , et le rougeâtre ; on en trouve aussi qui sont mêlés de gris, et de brun ou noirâtre : souvent ils sont teints de deux de ces couleurs , quelquefois de trois , rarement de quatre ou cinq. L’on verra qu’ils peuvent recevoir toutes les nuances de couleur qui se trouvent dans les marbres , sous la masse desquels ils se forment.
L’albâtre d’Italie est un des plus beaux ; il porte un grand nombre de taches d’un rouge foncé sur un fond jaunâtre , et il n’a de transparence que dans quelques petites parties. Celui de Malte est jaunâtre mêlé de gris et de noirâtre , et l’on y voit aussi quelques parties transparentes. Les albâtres que les Italiens appellent agates sont ceux qui ont le plus de transparence, et qui ressemblent aux agates par la disposition des couleurs. Il y en a même que l’on appelle albâtre onyx , parce qu’il présente des cercles concentriques de différentes couleurs. On connoît aussi des albâtres herborisés, et ces herborisations sont ordinairement brunes ou noires. Volterra est l’endroit de l’Italie le ulus renommé par ses albâtres; on y en compte plus de vingt variétés différentes par les degrés de ti’ansparence et les nuances de couleurs. Il y en a de blancs à reflets diaphanes, avec quelques veines noires et opaques, et d’autres qui sont absolument opaques et de couleur assez terne , avec des taches noires et des herborisations branch ues.
Tous les albâtres sont susceptibles d’un poli plus ou moins brillant : mais on ne peut polir les albâtres tendres qu’avec des matières encore plus tendres , et surtout avec de la cire ; et quoiqu’il y en ait d’assez durs à Yolterra et dans quelques autres endroits d’Italie, on assure cependant qu’ils le sont moins que l’albâtre de Perse et de quelques autres contrées de l’Orient.
L’on ne doit donc pas se persuader avec le vulgaire que l’albâtre soit toujours blanc, quoique cela ail passé parmi nous en proverbe. Ce qui a donné lieu à cette méprise, c’est que la plupart des artistes , et même quelques chimistes, ont confondu deux matières , et donné, comme les poëtes, le nom à' albâtre à une sorte de plâtre très -tendre et d’une grande blancheur, tandis que les naturalistes n’ont appliqué ce nom d "albâtre qu’à une matière calcaire qui se dissout par les acides et se convertit en chaux au même degré de chaleur que la pierre : les acides ne font au contraire aucune impression sur cette autre matière blanche qui est du vrai plâtre ; et Pline avoit bien indiqué notre albâtre calcaire en disant qu’il est de couleur de miel.
Étant descendu, en 1740, dans les grottes d’Arcy-sur-Cure , près de Yermanton , je pris dès lors une idée nette de la formation de l’albâtre, par l’inspection des gran» des stalactites en tuyaux, en colonnes, et en nappes, dont ces grottes, qui ne paroissent être que d’anciennes carrières, sont incrustées et en partie remplies. La colline dans laquelle se trouvent ces anciennes car- j rières a été attaquée par le flanc à une pe- ! tite hauteur au dessus de la rivière de Cure; et l’on peut juger, par la grande étendue des excavations , de l’immense quantité de pierres à bâtir qui en ont été tirées : on voit en quelques endroits les marques des coups de marteau qui en ont tranché les ! blocs. Ainsi l’on ne peut douter que ces grottes, quelque grandes qu’elles soient, ne doivent leur origine au travail de l’homme; et ce travail est bien ancien, puisque, dans î ces mêmes carrières , abandonnées depuis long-temps , il s’est formé des masses trèsconsidérables , dont le volume augmente encore chaque jour par l’addition de nouvelles concrétions formées, comme les près I mières, par la stillation des eaux ; elles oui filtré dans les joints des bancs calcaires qui surmontent ces excavations et leur servent de voûtes; ces bancs sont superposés hori- j zontalement , et forment toute l’épaisseur et la hauteur de la colline, dont la surface; est couverte de terre végétale : l’eau des ;i pluies passe donc à travers cette couche de terre, et en prend la couleur jaune ou rougeâtre; ensuite elle pénètre dans Iéfc joints
DE L’ALBATRE
et les fentes de ces bancs, où elle se charge des molécules pierreuses qu’elle en détache, et enfin elle arrive au dessous du dernier banc, et suinte en s’attachant aux parois de la voûte, ou tombe goutte à goutte dans l’excavation.
Et celte eau chargée de matière pierreuse forme d’abord, des stalactites qui pendent de la voûte , qui grossissent et s’allongent successivement par des couches additionnelles , et prennent en même temps plus de solidité à mesure qu’il arrive de nouveaux sucs pierreux *. Lorsque ces sucs sont très-abondans, ou qu’ils sont trop liquides , la stalactite supérieure attachée à la voûte laisse tomber par gouttes cette matière superflue, qui forme , sur le sol , des concrétions de même nature, lesquelles grossissent , s’élèvent, et se joignent enfin à la stalactite supérieure , en sorte qu’elles forment par leur réunion une espèce de
x. L’auteur du Traité des pétrifications , qui a vu une grotte près de Neufchàtel , nommée Troisros, a remarqué que l’eau, qui coule lentement par diverses fentes du roc , s’arrête pendant quelque temps en forme de gouttes au haut d’une espèce de voûte formée par les bancs du rocher; là, de pentes molécules cristallines, que l’eau entraîne en passant à travers les bancs, se lient par leurs côtés pendant que la goutle demeure suspendue et y forme de petits tuyaux , à mesure que l’air s’échappe par la partie inférieure dé la petite bulle qu’il formoit dans la goutte d eau : ces tuyaux s’allongent peu à peu en grossissant, par une accession continuelle de nouvelle matière; puis ils se remplissent; de sorte que les cylindres qui en résultent sont ordinairement arrondis vers le bout d’en bas, tandis qu’ils sont encore suspendus au rocher : mais dès qu’ils s’unissent avec les particules cristallines, qui tombent plus vite et forment mi sédiment à plusieurs couches au bas de la grotte, ils ressemblent alors à des arbres qui du bas s’élèvent jusqu’au comble de la voûte.
Ces cylindres acquièrent un plus grand diamètre en bas par le moyen de la nouvelle matière qui coule le long de leur superficie, et ils deviennent souvent raboteux, à cause des particules cristallines qui s’y arrêtent en tombant dessus, comme une pluie menue, lorsque l’eau abonde plus qu’à l’ordinaire dans l’entre-deux des rochers : la configuration intérieure de leur masse, faite à rayons et à couches concentriques , et quelquefois différemment colorées par une petite quantité de terre fine qui s’y mêle et les rend semblables aux aubiers des arbres, jointe aux circonstances dont on vient de parler, peut tromper les plus éclairés.
11 se forme aussi plusieurs autres masses plus ou moins régulières de stalactite dans des cavernes de pierre à chaux et de marbre ; ces masses ne <îiffèrent entre elles, par rapport à leur matière, que par le plus grand ou le moindre mélangé de terre fine de différentes couleurs que l’eau enlève souvent du roc même avec les particules cristallines, ou qu’elle amène des couches de terre supérieures aux roches dans les couches de stalactite. ( Traité des pétrifications , in-4°, Paris, 1742, p. 4 et suiv.)
colonne d’autant plus solide et plus grosse qu’elle s’est faite en plus de temps; car le liquide pierreux augmente ici également le volume et la masse en se déposant sur les surfaces et pénétrant l’intérieur de ces stalactites, lesquelles sont d’abord légères et friables, et acquièrent ensuite de la solidité par l’addition de cette même matière pierreuse qui en remplit les pores; et ce n’est qa’alors que ces masses concrètes prennent la nature et le nom d’albàlre : elfes se présentent en colonnes cylindriques , en cônes plus ou moins obtus , en culs-de-lampe, en tuyaux , et aussi en incrustations figurées contre les parois verticales ou incLnées de ces excavations, et en nappes déliées ou en tables épaisses et assez étendues sur le sol; il paroît même que celte concrétion spathique qui est la première ébauche de l’albàu-e se forme aussi à la surface de l’eau stagnante dans ce grottes, d’abord comme une pellicule mince , qui peu à peu prend de l'épaisseur el de la consistance , et présente par la suite une espèce de voûte qui couvre la cavité ou encore pleine ou épuisée d’eau. Toutes ces masses concrètes sont de même nature ; je m’en suis assuré en faisant tirer et enlever quelques blocs des unes et des autres pour les faire travailler et polir par des ouvriers accoutumés à travailler le marbre : ils reconnurent avec moi que c’était du véritable albâire, qui nedifféroit des plus beaux albâtres qu’en ce qu’il est d’un jaune un peu plus pâle et d’un poli moins vif ; mais la composition de îa matière, et sa disposition par ondes ou veines circulaires , est absolument la même Ainsi tous les albâtres doivent leur origine aux concrétions produites par l’infiltration des eaux à travers les matières calcaires : plus les bancs de ces matières sont épais et durs , plus les albâtres qui en proviennent seront solides à l’intérieur et hrillans au poli. L’albâtre qu’on appelle oriental ne porte ce nom que parce qu’il a le grain plus fin, les couleurs plus fortes, et le poli plus vif que les autres albâtres ; et l’on trouve en Italie , en Sicile , à Malte , et même en France 3, de ces albâtres qu’on peut nom-
2. Lorsque l’on scie transversalement une grosse stalactite ou colonne d’albâtre, on voit , sur la tranche, les couches circulaires dont la stalactite est formée ; mais si on la scie sur sa longueur l’albâtre ne présente que des veines longitudinales, en sorte que le même albâtre paroît être différent, selon le sens dans lequel ou le travaille.
3. On trouve à deux lieues de Mâcon , du côté du midi , une grande carrière d’albàtre très-beau et très-bien coloré, qui a beaucoup de transparence
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mer orientaux par la beauté de leurs couleurs et l’éclat de leur poli : mais leur origine et leur formation sont les mêmes que celles des albâtres communs , et leurs différences ne doivent être attribuées qu’à la qualité différente des pierres calcaires qui en ont fourni la matière. Si cette pierre s’est trouvée dure, compacte, et d’un grain fiu, l’eau ne pouvant la pénétrer qu’avec beaucoup de temps, elle ne se chargera que de molécules tiès-fines et très-denses, qui formeront des concrétions plus pesantes et d’un grain plus fin que celui des stalactites produites par des pierres plus grossières; en sorte qu’il doit se trouver dans ces concrétions, ainsi que dans les albâtres, de grandes variétés, tant pour la densité que pour la finesse du grain et l’éclat du poli.
La matière pierreuse que l’eau détache en s’infiltrant dans les bancs calcaires est quelquefois si pure et si homogène , que les stalactites qui en résultent sont sans couleurs et transparentes, avec une figure de cristallisation régulière ; ce sont ordinairement de petites colonnes à pans, terminées par des pyramides triangulaires, et ces colonnes se cassent toujours obliquement. Cette matière est le spath, et les concrétions qui en contiennent une grande quantité forment des albâtres plus transparens que les autres, mais qui sont en même temps plus difficiles à travailler.
Il ne faut pas bien des siècles , ni même un très-grand nombre d’années , comme on pourroit le croire, pour former des albâtres ; on voit croître les stalactites en assez peu de temps; on les voit se grouper, se joindre, et s’étendre pour ne former que des masses communes, en sorte qu’en moins d’un siècle elles augmentent peut-être du double de leur volume. Étant descendu , en 1769 , dans les mêmes grottes d’Arcy pour la seconde fois, c’est-à-dire dix-neuf ans après ma première visite, je trouvai cette augmentation de volume très-sensible et plus considérable que je ne l’avois imaginé; il n’étoit plus possible de passer dans les mêmes défilés par lesquels j’avois passé en 1740; les routes étoient devenues trop étroites ou trop basses, les cônes et les cylindres s’étoien't allongés; les incrustations s’ étoient épaissies; et je jugeai qu’en supposant égale l’augmentation successive
en plusieurs endroits ; cette carrière est située dans la montagne que l’on appelle So/utrie , dans laquelle il s’est fait un ébouleirient considérable par son propre poids. [Note communiquée par M. Dumorey.)
de ces concrétions, il ne faudroit peut-êtrt pas deux siècles pour achever de remplir U plus grande partie de ces excavations.
L’albâtre est donc une matière qui, st produisant et croissant chaque jour, pourroit , comme le bois , se mettre pour ainsi dire en coupes réglées à deux ou trois siècles de distance; car, en supposant qu’on' fît aujourd’hui l’extraction de tout l’albâtre contenu dans quelques-unes des cavités qui en sont remplies, il est certain que ces mêmes cavités se rempliroient de nouveau d’une matière toute semblable, par les mêmes moyens de l’infiltration et du dépôt des eaux goultières qui passent à travers les couches supérieures de la terre et les joints des bancs calcaires.
Au reste , cet accroissement des stnlac tites, qui est très-sensible et même prompt' dans certaines grottes, est quelquefois trèslent dans d’autres. « Il y a près de vingt ans, dit M. l’abbé de Sauvages, que je cassai plusieurs stalactites dans une grotte où personne n’avoit encore touché ; à peine se sont-elles allongées aujourd’hui de cinq 1 ou six lignes ; on en voit couler des gouttes d’eau chargées de suc pierreux, et le cours n’en est interrompu que dans les temps de sécheresse. « Ainsi la formation de ces concrétions dépend non seulement de la continuité de la stillation des eaux, mais encore de la qualité des rochers et de la quantité de particules pierreuses qu’elles en peuvent : détacher. Si les rochers ou bancs supérieurs ! sont d’une pierre très-dure, les stalactites auront le grain très-fin et seront long-temps à se former et à croître; elles croîtront au contraire en d’autant moins de temps que les bancs supérieurs seront de matières plus tendres et plus poreuses, telles que sont la craie, la pierre tendre, et la marne.
La plupart des albâtres se décomposent à l’air, peut-être en moins de temps qu’il n’en faut pour les former. «La pierre dont on se sert à Venise pour la construction des palais et des ; églises est une pierre calcaire blanche qu’on tire d’Istria, parmi laquelle il y a beaucoup j de stalactites d’un tissu compacte, et sou- !j vent d’un diamètre deux fois plus grand |j que celui du corps d’un homme très-gros : !| ces stalactites se forment en grande abondance dans les voûtes souterraines des l montagnes calcaires du pays. Ces pierres f se décomposent si facilement , que l’on vit, il y a quelques années, à l’entablement su- ! périeur de la façade d’une belle église j neuve, bâtie de cette pierre, plusieurs I grandes stalactites qui s’étoient formées j
ÜE L’ALBATRE.
!ln ècessivement par l’égout temeut lent des fil ux qui avoient séjourné sur cet entabie- I ent. C’est de la même manière qu’elles si forment dans les souterrains des niontaur- ies , puisque leur grain ou leur coinposiasi m y res emble *. » Je ne crois pas qu’il ifr il nécessaire de faire observer ici que cette on erre d'istria est une espèce d’albàtre; on Ire voit assez par la description de sa subit! mce et de sa décomposition, es Et lorsqu’une caviié naturelle ou art i fini elle se trouve surmontée par des bancs de es arbre, qui , de toutes les pierres calcaires, es t la plus dense et la plus dure, les cônes étions formées dans cette caviié par Finis; iration des eaux ne sont plus des albâtres, ais de beaux marbres fins , et d’une dureté : esque égale à celle du marbre dont ils tilt ni leur origine, et qui est dune forma- 3ii bien plus ancienne. Ces premiers marges contiennent souvent des coquilles! et autres productions de la mer , tandis que s nouveaux marbres, ainsi que les albàes, n’étant composés que de particules erreuses détachées par les eaux, ne prénient aucun vestige de coquilles, et allai icent par leur texture que leur formaan est nouvelle.
Ces carrières parasites de marbre et albâtre, toutes formées aux dépens des îciens bancs calcaires, ne peuvent avoir us d'étendue que les cavités dans lesquelles n les trouve. On peut les épuiser en assez eu de temps; et c’est par cette raison que plupart des beaux marbres antiques ou moirnes ne se trouvent plus. Chaque cavité patient un marbre différent de celui d’une itre cavité, surtout pour les couleurs , parce ne les bancs des anciens marbres qui surmoniul ces cavernes sont eux-mêmes différeraient colorés, et que l’eau, par son infiltraon, détache et emporte les molécules de ces larbres avec leurs couleurs : souvent elle têle ces couleurs ou les dispose dans un rdre différent; elle les ■ affaiblit ou les iiarge selon les circonstances. Cependant n peut dire que les marbres de seconde
Eirmation sont en général plus fortement lorés que les premiers , dont ils tirent leur igine.
Et ces marbres de seconde formation peunt, comme les albâtres, se régénérer dans > endroits d’où on les a tirés, parce qu’ils
fini formés de même par la stillationdes eaux, aglivi rapporte un grand nombre d’exemiles qui prouvent évidemment que le marin Lettres de M . Ferber, pages 4* et 4?.
bre se reproduit de nouveau dans les mêmes carrières; il dit que l’on voyoil de son temps des chemins très-unis dans des endroits où, cent ans auparavant, il y avoit eu des carrières très-profondes. Il ajoute qu’en ouvrant des carrières de marbre on avoit rencontré des haches, des pics, des marteaux, et d’autres outils renfermés dans le marbre, qui avoient vraisemblablement servi autrefois à exploiter ces mêmes carrières , lesquelles se sont remplies par la suite des temps , et sont devenues propres à être exploitées de nouveau.
On trouve aussi plusieurs de ces marbres de seconde formation qui sont mêlés d’albàtre; et dans le genre calcaire, comme en tout autre , la nature passe par degrés et nuances du mai bre le pins fin et le plus dur à l’albâtre et aux concrétions les plus grossières et les plus tendres.
La plupart des albâtres, et surtout les plus beaux, ont quelque transparence, parce qu’ils contiennent une certaine quantité de spath qui s’est cristallisé dans le temps de la formation des stalactites dont ils sont composés : mais, pour l’ordinaire, la quantité du spath n’est pas aussi grande que celle de la matière pierreuse, opaque, et grossière; en sorte que l’albâtre qui résulte de celte composition est assez opaque, quoiqu’il le soit toujours moins que les marbres.
Et lorsque les albâtres sont mêlés de beaucoup de spath, ils sont plus cassa ns et plus difficiles à travailler, par la raison que celte matière spathique cristallisée se fend, s’égrène très-facilement , et se casse presque toujours en sens oblique; mais au^si ces albâtres sont souvent les plus beaux , parce qu’ils ont plus de transparence et prennent lin poli plus vif que ceux où la matière pierreuse domine sur celle du spath. On a cité dans l’ Histoire de: l’ Académie, des Sciences un albâtre trouvé par M. Puget aux environs de Marseille, qui est si transparent , que, par le poli très-parfait dont il est susceptible, on voit à plus de deux doigts de son épaisseur l’agréable variété de couleurs dont ii est embelli. Le marbre à demi transparent queM. Pallas a vu dans la province d'Lsehski en Tartarie est vraisemblablement un albâtre semblable à celui de Marseille. Il en est de même du bel albâtre de Grenade en Espagne, qui, selon M. Bowles, est aussi brillant et transparent que la plus belle cornaline blanche, mais qui néanmoins est fort tendre, à moitié blanc et à moitié couleur de cire. En général, la transparence dans les pierres calcaires , les marbres, et les albâtres, ne provient que de la matière spathique qui
s’y trouve incorporée et mêlée en grande quantité ; car les autres matières pierreuses tout opaques.
Au reste, on peut regarder comme une espèce d’albàtre toutes les incrustations et même les ostéocoles el les autres concrétions pierreuses moulées sur des végétaux ou sur des ossemens d’animaux. Il s’en trouve de cette dernière espèce en grande quantité dans les cavernes du margraviat de Bareith , dont S. A. S. Mgr le margrave d’Anspach a eu la bonté de m’envoyer la description suivante: « On connoît assez les marbres qui renferment des coquilles ou des pétrifications qui leur ressemblent... mais ici on trouve des masses pierreuses pétries d’ossemens d’une manière semblable; elles sont nées, pour ainsi dire, de la conglutination des fragmens des stalactites de la pierre calcaire grise qui fait la base de toute la chaîne de ces montagnes, d’un peu de sable, d’une substance marneuse, et d’une quantité infinie de fragments d’os. Il y a dans une seule pierre , dont on a trouvé des masses de quelques centaines de livres , un mélange de dents de différentes espèces, de côtes, de cartilages , de vertèbres , de phalanges , d’os cylindriques ; en un mot , des fragmens d’os de tous les membres qui y sont par milliers. On trouve souvent dans ces mêmes pierres un grand os cpii en fait la pièce principale, et qui est entouré d’un nombre infini d’autres; il n’y a pas la moindre régularité dans la disposition des couches. Si l’on versoit de la chaux détrempée sur un mélange d’esquilles, il en naîtroit quelque chose de semblable. Ces masses sont déjà assez dures dans les cavernes... mais lorsqu’elles sont exposées à l’air, elles durcissent au point que, quand on s’y prend comme il faut, elles sont susceptibles d’un médiocre poli. On trouve rarement des cavités dans l’intérieur ; les interstices sont remplis d’une matière compacte que la pétrification a encore décomposée davantage. Je m'en suis à la fin procuré, avec beaucoup de peine, une collection si complète, que je puis présenter presque chaque os remarquable du squelette de ces animaux , enchâssé dans une propre pièce dont il fait l’os principal. En entrant dans ces cavernes pour la première fois, nous en avons trouvé une si grande quantité, qu’il eût été facile d’en amasser quelques charretées.
« Un heureux destin m’avoit réservé à moi et à nies amis , entre autres un morceau de cette pierre osseuse à peu près de trois pieds de long sur deux de large et autant d’épais-
seur. ... La curiosité nous le fit mettre pièces; car il étoil impossible de le fa ^ passer par ces détroits pour le sortir en ■ < tier. Chaque morceau , à peu près de de 5 livres , nous présenta plus de cent fragm< k d’os. . . . l’eus le plaisir de trouver ch !S le milieu une dent canine , longue de qua pouces , bien conservée : nous avons au s trouvé des dents molaires de différentes < I!' pèces dans d’autres morceaux de cette mêi 'l masse 1 . » \
Par cet exemple des cavernes de Bareit s où les ossemens d’animaux dont elle est re: plie se trouvent incrustés et même pénéti 11 de la même matière pierreuse amenée par " stillation des eaux , on peut prendre u idée générale de la formation des ostéocol animales, qui se forment par le même méc nisme que les ostéocoles végétales 2, tell
1. Description des cavernes du margraviat de M reith, par Jean-Frédéric Esper, in-fo/., page 27. |