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de nature entre cet ambre jaune ou sueL^ et l’ambre gris, si ce dernier se trouvi' également dans le sein de la terre et d) la mer : mais jusqu’à ce jour il n’y a qu seul homme qui ait dit qu’on ait trouvé l’ambre gris dans la terre en Russie; né moins , comme l’on n’a pas d’autres ext pies qui puissent confirmer ce fait , et tout l’ambre gris que nous connoisson été ou tiré de la mer ou rejeté par ses fl on doit présumer que c’est dans la mer lement que l’huile et la matière gélatine j dont il est composé se trouvent dans 1’ nécessaire à sa formation. En effet , le f de la mer doit être revêtu d’une très-gra, quantité de substance gélatineuse anim par la dissolution de tous les corps des maux qui y vivent et périssent 1 ; et c >
r. M. de Montbéliard a observé , en travai à l’histoire des insectes , qu’il y a' plusieurs cl d’animaux et insectes marins , tels que les po!
Sou i.
matière gélatineuse doit yêtre tenue dans (Lin élat de mollesse et de fraîcheur , tandis que cette même matière gélatineuse des aninaux terrestres, une fois enfouie dans les
(ouches de la terre , s’est bientôt entièreaent dénaturée par le dessèchement ou le tiélange qu’elle a subi. Ainsi ce n’est que .ans le fond de la mer que doit se trouver ette matière dans son état de fraîcheur : lie y est mêlée avec un bitume liquide ; et ïomme la liquidité des bitumes n’est proluite que par la chaleur des feux souterrains, ;’est aussi dans les mers dont le fond est îhaud comme celle de la Chine et du Jalon, qu’on trouve l’ambre gris en plus grande fuantité; et il paroît encore que c’est à la natière gélatineuse, molle dans l'eau , et qui irend de la consistance par le dessèchement, pie l’ambre gris doit la mollesse qu’on lui ■emarque tant qu’il est dans la mer , et la iropriété de se durcir promptement en se lesséchant à l’air; tout comme on peut :roire que c’est par l’intermède de la partie gommeuse de sa gomme-résine, que le suc- !ûn peut avoir dans les eaux de la mer une Üemi-fluidité.
L’ambre gris , quoique plus précieux que ’ambre jaune, est néanmoins plus abondant ; a quantité que la nature en produit est trèsîonsidérable , et on le trouve presque touours en morceaux bien plus gros que ceux |iu succin, et il seroit beaucoup moins rare s’il ne servoit point de pâture aux animaux. Les endroits où la mer le rejette en plus grande quantité dans l’ancien continent sont es côtes des Indes méridionales, et particulièrement des îles Philippines et du Japon, st sur les côtes du Pégu et de Bengale ; celles de l’Afrique, entre Mozambique et la Iner Rouge , et entre le cap Vert et le royaume le Maroc.
En Amérique , il s’en trouve dans la baie le Honduras , dans le golfe de la Floride, iur les côtes de l’île du Maragnon au Brésil ; et tous les voyageurs s’accordent à
(lire que si les chats sauvages, les sangliers, 3S renards , les oiseaux , et même les poisons et les crabes, n’étoient pas fort riands de cette drogue précieuse, elle seoit bien plus commune. Comme elle est l’une odeur très-forte au moment que la lier vient de la rejeter , les Indiens , les Nègres, et les Américains , la cherchent par 'odorat plus que par les yeux ; et les oiieaux, avertis de loin par cette odeur, arri-
:t autres , dont la chair est parfumée , et il est tout
Biaturel que cette matière soit entrée dans la composition de F ambre gris.
vent en nombre pour s’en repaître et souvent indiquent aux hommes les lieux où ils doivent la chercher. Cette odeur désagréable et forte s’adoucit peu à peu , à mesure que l’ambre gris se sèche et se durcit à l’air. Il y en a de différens degrés de consistance et de coideur différente, du gris, du brun, du noir, et du blanc : mais le meilleur et le plus dur paroît être le gris cendré. Comme les poissons, les oiseaux, et tous les animaux qui fréquentent les eaux ou les bords de la mer, avalent ce bitume avec avidité , ils le rendent mêlé de la matière de leurs excrémens; et celte matière étant d’un blanc de craie dans les oiseaux, cet ambre blanc, qui est le plus mauvais de tous , pourroit bien être celui qu’ils rendent avec leurs excrémens ; et de même l’ambre noir seroit celui que rendent les cétacés et les grands poissons, dont les déjections sont communément noires.
Et comme l’on a trouvé de l’ambre gris dans l’estomac et les intestins de quelques cétacés , ce seul indice a suffi pour faire naître l’opinion que c’étoit une matière animale qui se produisoit particulièrement dans le corps des baleines , et que peut-être c’étoit le sperme, etc.; d’autres ont imaginé que l’ambre gris étoit de la cire et du miel tombés des côtes dans les eaux de la mer et ensuite avalés par les grands poissons, dans l’estomac desquels ils se convertissoient en ambre , ou devenoient tels par le seul mélange de l’eau marine ; d’autres ont avancé que c’étoit une plante comme les champignons ou les truffes , ou bien une racine qui croissoit dans le terrain du fond de la mer ; mais toutes ces opinions ne sont fondées que sur de petits rapports ou de fausses analogies. L’ambre gris, qui 11’a pas été connu des Grecs ni des anciens Arabes, a été, dans ce siècle, reconnu pour un véritable bitume par toutes ses propriétés ; seulement il est probable, comme je l’ai insinué, que ce bitume, qui diffère de tous les autres par la consistance et l’odeur, est mêlé de quelques parties gélatineuses ou mucilagineuses des animaux et des végétaux , qui lui donnent cette qualité particulière: mais l’on 11e peut douter que le fond et même la majeure partie de sa substance ne soit un vrai bitume.
Il paroît que l’ambre gris mou et visqueux tient ferme sur le fond de la mer, puisqu’il ne s’en détache que par force dans le temps de la plus grande agitation des eaux; la quantité jetée sur les rivages, et qui reste après la déprédation qu’en font
MINERAUX
les animaux, démontre que c’est une production abondante de la nature, et non pas le sperme de la baleine, ou le miel des abeilles, ou la gomme de quelque arbre particulier. Ce bitume, rejeté, ballotté par la mer, remplit quelquefois les fentes des rochers contre lesquels les flots viennent se briser. Robert Lade décrit l’espèce de pêche qu’il en a vu faire sur les côtes des îles Lucaies; il dit que l’ambre gris se trouve toujours en beaucoup plus grande quantité dans la saison où les vents régnent avec le plus de violence, et que les plus grandes richesses en ce genre se trouvoient entre la petite île d’Éleuthère et celle de Harbour, et que l’on ne doutoit pas que les Bermudes n’en continssent encore plus. « Nous commençâmes , dit-il , notre recherche par l’ile d’Éleuthère, dans un jour fort calme, le 14 de mars, et nous rapportâmes ce même jour douze livres d’ambre gris. Celte pêche ne nous coûta que la peine de plonger nos crochets de fer dans les lieux que notre guide nous indiquoit, et nous eussions encore mieux fait si nous eussions eu des filets.... L’ambre mou se plioit de lui-même, et embrassoit le crochet de fer avec lequel il se laissoit tirer jusque dans la barque: mais, faute de filets, nous eûmes le regret de perdre deux des plus belles masses d’ambre que j’aie vues de ma vie ; leur forme étant ovale, elles ne furent pas plutôt détachées, que, glissant sur le crochet, elles se perdirent dans la mer.... Nous admirâmes avec quelle promptitude ce qui
n’étoit qu’une gomme mollasse dans le sein
de la mer prenoit assez de consistance en un quart d’heure pour résister à la pression de nos doigts : le lendemain , notre ambre gris étoit aussi ferme et aussi beau que celui
qu’on vante le plus dans les magasins de l’Europe.... Quinze jours que nous employâmes à la pêche de l’ambre gris ne nous en rapportèrent qu’environ cent livres. Notre guide nous reprocha d’être venus trop tôt ; il nous pressoit de faire le voyage des Bermudes, assurant qu’il y enavoit en plus grande quantité.... qu’on en avoit tiré une masse de quatre-vingts livres pesant; ce qui cessa de m’étonner lorsque j’appris , dit ce voyageur , qu’on en avoit trouvé sur les côtes de la Jamaïque une masse de cent quatre-vingts livres.»
Les Chinois, les Japonois, et plusieurs autres peuples de l’Asie, ne font pas de l’ambre gris autant de cas que les Européens ; ils estiment beaucoup plus l’ambre jaune ou succin , qu’ils brûlent en quantité par magnificence , tant à cause de la bonne odeur que sa fumée répand, que parce qu’ils croient cette vapeur très-salubre et :»ei même spécifique pour les maux de tête et fer les affections nerveuses.
L’appétit véhément de presque tous les animaux pour l’ambre gris n’est pas le seul ®/i indice par lequel je juge qu’il contient des p parties nutritives, mucilagineuses, prove- -jan nant des végétaux, ou même des parties te gélatineuses des animaux, et sa propriété, pth analogue avec le musc et la civette , semble confirmer mon opinion. Le musc et la civette sont, comme nous l’avons dit, de pu-.' pi res substances animales ; l’ambre gris ne développe sa bonne odeur et ne rend un excellent parfum que quand il est mêlé de -:fp
musc et de civette en dose convenable : il y a donc un rapport très-voisin entre les parties odorantes des animaux et celles del’am- tel bre gris , et peut-être toutes deux sont-elles de même nature
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