‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 131 sur 147 · ALCALIS ET LEURS COMBINAISONS · texte numérisé non relu

ALCALIS ET LEURS COMBINAISONS

De la même manière qu’on doit réduire ous les acides au seul acide aérien , ou peut ussi lui ramener les alcalis , en les réduimt tous à l’alcali minéral ou marin; c’est

|"iême le seul sel que la nature nous prémte dans un état libre et non neutralisé : n connoît cel alcali sous le nom de nati on ; se forme contre les murs des édifices , ou îr la terre et les eaux dans les climats lauds. On m’en a envoyé de Suez des morsaux assez gros et assez purs; cependant est ordinairement mêlé de terre calcaire r.

fl Le natron qui nous vient d’Égypte se tire de ux lacs, l’un voisin du Caire, et l’autre à quelaê distance d’Alexandrie ; ces lacs sont secs penint neuf mois de l’année, et se remplissent en ver d’une eau qui découle des éminences voisines: tte eau saline n’est pas limpide, mais troubte et mgeàtre ; les premières chaleurs du printemps la nt évaporer, et le natron se forme sur le sol du c. d’où on le tire en morceaux solides et grisàires ii deviennent plus blancs en les exposant à l’air aur les laisser s’égoutter. On a donné le nom de l mural au natron qui se forme contre les vieux urs : il est ordinairement mêlé d’une grande jiantité de substance calcaire , et dans cet état il t neutralisé.

Ce sel, auquel on a donné le nom d 'alcali minéral, pourroit, comme le nitre, être placé dans le règne végétal, puisqu’il est de la même nature que l’alcali qu’on tire de plusieurs plantes qui croissent dans les terres voisines de la mer, et que d’ailleurs il paroît se former par 1p concours de l’acide aérien, et à peu près comme le salpêtre; mais celui-ci ne se présente nulle part en masses ni même en morceaux solides, au lieu que le natron, soit qu’il se forme sur la terre ou sur l’eau, devient compacte et même assez solide.

Les anciens ont parlé du natron sous le nom de nitre : sur quoi le P. Hardouin se trompe lorsqu’il dit que le nitrum de Pline est exactement la même chose que notre salpêtre ; car il est clair que Pline, sous le nom de nitre, parle du natron, qui se forme, dit-il, dans l’eau de certains lacs d’Éaypte, vers Memphis et Naucratis , et qui a la propriété qu’il lui atlribue de conserver les corps; à sa causticité, augmentée par la falsification qu’eu faisoient dès lors les Égyptiens en y mêlant de la chaux, on le recon-

MINÉRAUX

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noît évidemment pour l’alcali minéral ou fiatron, bien différent du vrai nitre ou salpêtre.

On emploie le natron dans le Levant aux mêmes usages que nous employons la soude, et ces deux alcalis sont en effet de même nature. Nous tirions autrefois du natron d’Alexandrie, où s’en fait le commerce; et si ee sel alcalin étoit moins cher que le sel de soude, 'auquel il peut suppléer, et que nous tirons aussi de l’étranger, il ne fa u droit pas abandonner ce commerce, qui paroit languir.

La plupart des propriétés de cet alcali minéral sont les mêmes que celles de l’alcali fixe végétal, et ils ne different entre eux que par quelques effets qu’on peut attribuer à l’union plus intime de la base terreuse dans l’alcali minéral que dans l’alcali végétal; mais tous deux sont essentiellement de la même nature.

C’est de la cendre des plantes qui contiennent du sel marin que l’on obtient l’alcali fixe végétal en grande quantité; et quoique tiré des végétaux, il est le même que l’alcali minéral ou marin; la différence de leurs effets n’est bien sensible que sur les acides végétaux et sur les huiles , dont ils font des sels de différentes sortes, et des savons plus ou moins fermes.

On obtient donc par la combustion et l’incinération des plantes qui croissent près de la mer, et qui par conséquent sont imprégnées de sel marin, on obtient, dis-je, en grande quantité l’alcali minéral ou sel marin, qui porte le nom de soude, et qu’on emploie dans plusieurs arts et métiers.

On distingue dans le commerce deux sortes de soudes ; la première , qui provient de la combustion des kalis et autres plantes terrestres qui croissent dans les climats chauds et dans les terres voisines de la mer ; la seconde, qu’on se procure de même par la combustion et la réduction en cendres des fucus , des algues , et des autres plantes qui croissent dans la mer même; et néanmoins la première soude contient beaucoup plus d’alcali marin que la seconde ; et ce sel alcali est, comme nous l’avons dit, le même que le natron. Ainsi la nature sait former ce sel encore mieux que l’art : car nos soudes ne sont jamais pures; elles sont toujours mêlées de plusieurs autres sels , et surtout de sel marin; soin eut elles contiennent aussi des parties ferrugineuses et d’autres matières terreuses qui ne sont point salines.

C’est par son alcali fixe que la soude produit tous ses effets : ce sel sert de fondant dans les verreries , et de détergent dans les

blanchisseries; avec les huiles , il forme 1 savons, etc. Au reste, on peut employer soude telle qu’elle est, sans en tirer le s< si l’on ne veut faire que du verre commui mais il la faut épurer pour faire des verr blancs et des glaces. I.e sel marin , dont Pt cali de la soude est presque toujours mêl 11e nuit point à la vitrification, parce qu est très-fusible, et qu’il ne peut que faciliti la fusion dessables vitreux, et entraîner li impuretés dont ils peuvent être souillés. I fiel du verre, qui s’élève au dessus du veri fondu, n’est qu un mélange de ces impureti el des sels.

L’alcali fixe végétal ou minéral doit égj lemenl sa formation au travail de la nalui dans la végétation ; car on le peut tirer égf lement de tous les végétaux, dans lesqitp il est seulement en plus ou moins grand quantité. Ce sel végétal , lorsqu’il est pm se présente sous la forme d’une poudre blai che, mais non cristallisée; sa saveur est J violente et si causique, qu’il biùleroit j cautériserolt la langue si on le goùtoit sai le délayer auparavant dans une grande quai tité d’eau ; il attire l’humidité de l’air t si grande abondance, qu’il se résout en eau Cet alcali qu’on appelle fixe ne l’est néa» moins qu’à un feu très-modéré, car il se vn latilise à un feu violent ; et cela prouve a i sez que la chaleur peut le convertir en aies J volatil, et que tous deux sont au fond de t même essence. L’alcali fixe a plus de pui | sance que les autres sels pour vitrifier I j substances terreuses ou métalliques : il 1 ij fait fondre et les convertit presque toutes e {t verre solide et transparent. St

Les cendres de nos foyers contiennent 1 Ij; l’alcali fixe végétai ; et c’est par ce sel qu’» si les nettoient et détergent le linge par la i« tjfce sive. Cet alcali que fournissent les cendi ;jir des végétaux est fort impur; cependant a]< en fait beaucoup dans les pays où le bejjce est abondant : on le connoît dans les a |tr; sous le nom dépotasse; et quoique impur, |ç est d’un grand usage dans les verrerit fe dans la teinture, et dans la fabrication | salpêtre. |i\

C’est sans fondement qu’un de nos cl j n mistes a prétendu que le tartre ne conti» Ja point d’alcali : cette opinion a été bien lijt futée par M. Bernard. L’alcali fixe se trot I nui tout formé dans les végétaux ; et le tarti j laii: qui n’est qu’un de leurs résidus, ne p> manquer d’en contenir; et d’ailleurs la ! de vin brûlée et réduite en cendres four 1 une grande quantité d’alcali aussi bon ! même plus pur que celui de la soude.

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