‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 70 sur 147 · WWW · texte numérisé non relu

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elles versent leurs eaux superflues dans les vallées inférieures.

Les murs de glace sont des revêtemens escarpés qui terminent les vallées de glace qui ont une forme aplatie , et qui paroissent de loin comme des mers agitées, dont les flots ont été saisis et glacés dans le moment de leur agitation. Ces murs ne sont point hérissés de pointes déglacés; souvent ils forment des colonnes, des pyramides, et les tours énormes par leur hauteur et leur grosseur, taillées à plusieurs faces, quelquefois hexagones , et de couleur bleue ou pert céladon.

Il se forme aussi sur les côtés et au pied les montagnes des amas de neige qui sont rnsuile arrosés par l’eau des neiges fondues :t recouvertes de nouvelles neiges. L’on voit mssi des glaçons qui s’accumulent en tas, [ni ne tiennent ni aux vallons ni aux monts ïe glace ; leur position est ou horizontale lu inclinée : tous ces amas détachés se nom-

lien t lits ou couches de glaces

jl La chaleur intérieure de la terre mine Plusieurs de ces montagnes de glace par dessus , et y entretient des courans d’eau qui ondent leurs surfaces inférieures ; alors les passes s’affaissent insensiblement par leur propre poids , et leur hauteur est réparée jar les eaux, les neiges et les glaces qui iennent successivement les recouvrir ; ces jffaissemens occasionent souvent des craqueîens horribles ; les crevasses qui s’ouvrent ans l’épaisseur des glaces forment des précipices aussi fâcheux qu’ils sont multipliés, es abîmes sont d’autant plus perfides et jinestes , qu’ils sont ordinairement recouerts de neige : les voyageurs , les curieux , t les chasseurs qui courent les daims, les ^ hamois, les bouquetins, ou qui font la re- ! perche des mines de cristal , sont souvent ipgloutis dans les gouffres, et rejetés sur la Ijirface parles flots qui s’élèvent du fond de J' tps abîmes,

| Les pluies douces fondent promptement les leiges : mais toutes les eaux qui en pro- . (jeûnent ne se précipitent pas dans les abî- »es inférieurs par les crevasses ; une grande , artie se regèle, et, tombant sur la surface f es glaces , en augmente le volume.

fe Les vents chauds du midi , qui régnent " rdinairement dans le mois de mai, sont les " jens les plus puissaus qui détruisent les eiges et les glace ' ; alors leur fonte annonee par le bruissement des lacs glacés , et ar le fracas épouvantable du choc des pierfl » et des glaces qui se précipitent confuséj jent du haut des montagnes , porte de tou-

tes parts dans les vallées inférieures les eaux des torrens , qui tombent du haut des rochers de plus de 1200 pieds de hauteur.

Le soleil n’a que peu de prise sur les neiges et sur les glaces pour en opérer la fonte. L’expérience a prouvé que ces glaces formées pendant un laps de temps 1res long, sous des fardeaux énormes , dans un degré de froid si multiplié et d’eau si pure ; que ces glaces, dis-je, étoient d’une matière si dense et si purgée d’air , que de petits glaçons exposés au soleil le plus ardent dans la plaine pendant un jour entier s’y fondoient à peine.

Quoique la masse de ces glacières fonde en partie tous les ans dans les trois mois de l’été; que les pluies, les vents, et la chaleur, plus actifs dans certaines années, détruisent les progrès que les glaces ont faits pendant plusieurs autres années, cependant il est prouvé que ces glacières prennent un accroissement constant , et qu’elles s'étendent : les annales du pays le prouvent; des actes authentiques le démontrent, la tradition est invariable sur ce sujet. Indépendamment de ces autorités et des observations journalières, cette progression des glacières est prouvé par des forêts de mélèzes qui ont été absorbées par les glaces , et dont la cime de quelques-uns de ces arbres surpasse encore la surface des glacières ; ce sont des témoins irréprochables qui attestent le progrès des glacières , ainsi que le haut des clochers d’un village qui a été englouti sous les neiges , et que l’on aperçoit lorsqu’il se fait des fontes extraordinaires. Cette progression des glacières ne peut avoir d’autre cause que l’augmentation de l’intensité du froid, qui s’accroît dans les montagnes glacées en raison des masses de glaces ; et il est prouvé que, dans les glacières de Suisse, le froid est aujourd’hui plus vif, mais moins long que dans l’Islande, dont les glacières, ainsi que celles de Norwège, ont beaucoup de rapport avec celles de la Suisse.

Le massif des montagnes glacées de la Suisse est composé comme celui de toutes les hautes montagnes : le noyau est une roche vitreuse qui s’étend jusqu’à leur sommet; la partie au dessous, à commencer du point où elles ont été couvertes des eaux de la mer, est composée en revêtement de pierre calcaire , ainsi que tout le massif des montagnes d’un ordre inférieur qui sont groupées sur la base des montagnes primitives de ces glacières ; enfin ces masses calcaires ont pour base dés schistes produits par le dépôt du limon des eaux.

Les masses vitreuses sont des rocs vifs, des granités, des quartz; leurs fentes sont remplies de métaux , de demi-métaux , de substances minérales , et de cristaux.

Les masses calcinables sont des pierres à chaux , des marbres de toutes les espèces en couleurs et variétés, des craies, des gypses, des spaths, et des albâtres, etc.

Les masses schisteuses sont des ardoises de différentes qualités et couleurs a qui contiennent des plantes et des poissons, et qui sont souvent posées à des hauteurs assez considérables : leur lit n’est pas toujours horizontal ; il est souvent incliné, même sinueux , et perpendiculaire en quelques endroits.

L’on ne peut révoquer en doute l’ancien séjour des eaux de la mer sur les montagnes qui forment aujourd’hui ces glacières; l’immense quantité de coquilles qu’on y trouve l’atteste, ainsi que les ardoises et les autres pierres de ce genre. Les coquilles y sont distribuées par familles, ou bien elles sont mêlées les unes avec les autres , et l’on y en trouve à de très-grandes hauteurs.

U y a lieu de penser que ces montagnes n’ont pas formé des glacières continues dans la haute antiquité, pas même depuis que les eaux de la mer les ont abandonnées, quoiqu’il paroisse par leur très-grand éloignement des mers , qui est de près de cent lieues, et par leur excessive hauteur, qu’elles ont été les premières qui sont sorties des eaux sur le continent de l’Europe. Elles ont eu anciennement leurs volcans; il paroît que le dernier qui s’est éteint étoit celui de la montagne de My^senberg, dans le canton deSchwitz; ces deux principaux sommets, qui sont très-hauts et isolés, sont terminés coniquement , comme toutes les bouches de volcan ; et l’on voit encore le cratère de l’un de ces cônes qui est creusé à une grande profondeur.

M. Bourrit , qui eut le courage de faire un grand nombre de courses dans les glacières de Savoie, dit « qu’on ne peut douter de l’accroissement de toutes les glacières des Alpes ; que la quantité de neige qui y est tombée pendant les hivers l’a emporté sur la quantité fondue pendant les étés ; que non seulement la même cause subsiste, mais que ces amas de glace déjà formés doivent l’augmenter toujours plus, puisqu’il en résulte et plus de neige et une moindre

fonte Ainsi il n’y a pas de doute que

les glacières n’aillent en augmentant, et même dans une progression croissante. »

Cet observateur infatigable a fait un grand

DE LA NATURE

nombre de courses dans les glacières ; et en parlant de celle du Glatc fiers ou glacières des Bossons, il dit « qu’il paroit s’augmenter tous les jours; que le sol qu’il occupe présentement étoit, il y a quelques années, un champ cultivé , et que les glaces augmentent encore tous les jours. Il rapporte que l’accroissement des glaces paroit démontré non seulement dans cet endroit , mais dans plusieurs autres; que l’on a encore le souvenir d’une communication qu’il y avoit autrefois de Chamounis à la Val-d’Aost , et que les glaces l’ont absolument fermée; que les glaces en général doivent s’être accrues .en s’étendant d’abord de sommité en sommité, et ensuite de vallée en vallée, et que c’est ainsi que s’est faite la communication des glaces du Mont-Blanc avec celles des autres montagnes et glacières du Yallais et de la Suisse. U paroît, dit-il ailleurs, que tous ces pays de montagnes n’éloient pas anciennement aussi remplis de neiges et de gla-t ces qu’ils le sont aujourd’hui. . . L’on ne date que depuis quelques siècles les désastres arrivés par l’accroissement des neiges; et des glaces , par leur accumulation dansi plusieurs vallées, par la chute des montagnes elles-mêmes et des rochers : ce sont ces accidens presque continuels, et cette aug mentation annuelle des glaces , qui peuvent seuls rendre raison de ce que l’on sait dd l’histoire de ce pays touchant le peuple qu l’habitoit anciennement. »

(Sur la page 280.) |

M. Engel, qui regarde comme impossi ble le passage au nord-ouest par les baie |[ d’Hudson et de Baffin, paroît au contrainl] persuadé qu’on trouvera un passage plu court et plus sur par le noid-est ; et il ajout ij aux raisons assez foibles qu’il en donne, uJtii passage de M. Gmelin, qui , parlant des ter i i|f tatives faites par les Russes pour trouver c de passage au nord-est , dit que « la manièr « « dont on a procédé à ces découvertes fer p « en son temps le sujet du plus grand étori te; « nement de tout le monde, lorsqu’on e b «aura la relation authentique; ce qui dé r « pend uniquement, ajoute- t-il, de la haut > ion volonté de l’impératrice. » « Quel sera don< j ^ dit M. Engel, ce sujet d’étonnement, si ci im n’est d’apprendre que le passage regard; n jusqu’-à présent comme impossible est trè a praticable? Voilà le seul fait, ajoute-t-ii jù qui puisse surprendre ceux qu’on a tâcl Jt d’effrayer par des relations publiées à de sein de rebuter les navigateurs, etc. »

SIXIEME

11 Je remarque d’abord qu’il faudroil être s en assuré des choses avant de faire à la ,s 1 ion russe cetie imputation. En second lieu, e me paroît mal fondée, et les paroles 11 M. Gmelin pourroient bien signifier tout contraire de l’interprétation que leur donne . Engel, c’est-à-dire qu’on sera fort élonné ■sque l’on saura qu’il n’existe point de ssage praticable au nord-est; et ce qui me nfirme dans cette opinion , indépendament des raisons générales que j’en ai don- :es , c’est que les Russes eux-mêmes n’ont nivellement tenté des découvertes qu’en montant de Kamtschatka , et point du lut en descendant de la pointe de l’Asie, p capitaines Behring et Tschirikow ont,

\ , reconnu des parties de côtes de

Amérique jusqu’au 5qe degré; et ni l’un l’autre ne sont venus par la mer du Nord I long des côtes de l’Asie : cela prouve asz que le passage n’est pas aussi praticable le le suppose M. Engel ; ou , pour mieux re, cela prouve que les Russes savent j’il n’est pas praticable , sans quoi ils eusnt préféré d’envoyer leurs navigateurs par ;tte route, plutôt que de les faire partir s Kamtschatka pour faire la découverte de [Amérique occidentale.

M. Muller, envoyé avec M. Gmelin par fmpératrice en Sibérie, est d’un avis bien fférent de M. Engel : après avoir comparé butes les relations , M. Muller conclut par ire qu’il n’y a qu’une très-petite séparaon entre l’Asie et lAmérique , et que ce étroit offre une ou plusieurs îles qui serpnt de route ou de stations communes aux pbitans des deux conlinens. Je crois cette pinion bien fondée, et M. Muller rassemle un grand nombre de faits pour l’apuyer. Dans les demeuies souterraines des abitans de l’ile Karaga, on voit des poutres fûtes de grands arbres de sapin , que cette le ne produit point , non plus que les terres [je Kamtschatka dont elle est très-voisine : Is habitans disent que ce bois leur vient Par un vent d’est qui l’amène sur leurs côjss. Celles de Kamtschatka reçoivent , du

tême côté ; des glaces que la mer orientale pousse en hiver deux à trois jours de suite : î y voit en certains temps des vols d’oiseaux, (ui , après un séjour de quelques mois , reburnent à l’est , d où ils étoient arrivés. Le (ontinent opposé à celui de l’Asie vers le jord descend donc jusqu’à la latitude de kamtschatka : ce continent doit être celui îe l’Amérique occidentale. M. Muller, après koir donné le précis de cinq ou six voyages tentés par la mer du Nord pour doubler

la pointe septentrionale de l’Asie , finit par dire que tout annonce l’impossibilité de cette navigation et il le prouve par les raisons suivantes : Cette navigation devroit se faire dans un été; or l’iniervalle depuis Archangel à l’Oby, et de ce fleuve aü Jéniséik , demande une belle saison tout entière. Le passage du Waigats a coûté des peines infinies aux Anglois et aux Hollandois . au sortir de ce détroit glacial, on rencontre des iles qui ferment le chemin ; ensuite le continent qui forme un cap entre les fleuves Piasicla e t Chatanga , s’avançant au delà du 76e degré de latitude, est de même bordé d’une chaîne d’iles qui laissent difficilement un passage à la navigation. Si l’on veut s’éloigner des côtes et gagner la haute mer vers le pôle, les montagnes de glaces presque immobiles qu’on trouve au Groenland et au Spitzberg n’annoncént-elles pas une continuité de glaces jusqu’au pôle? Si l’on veut longer les côtes, cette navigation est moins aisée quelle ne l’étoit il y a cent ans ; l’eau de l’Océan y a diminué insensiblement : on voit encore loin des bords que baigue la mer Glaciale les bois qu elle a jetés sur des terres qui jadis lui servoient de rivage; ces bords y sont si peu profonds , qu’on ne pourroit y employer que des bateaux très-plats, qui, trop foibles pour résister aux glaces, ne sauroient fournir une longue navigation, ni se charger des provisions quelle exige. Quoique les Russes aient des ressources et des moyens que n’ont pas la plupart des autres nations européennes pour fréquenter ces mers froides , on voit que les voyages tentés sur la mer Glaciale n’ont pas encore ouvert une route de l’Europe et de l’Asie à l’Amérique ; et ce n’est qu’en partant de Kamtschatka, ou d’un autre point de l’Asie la plus orientale , qu’on a découvert quelques côtes de l’Amérique occidentale.

Le capitaine Behring partit du pori d’Awatscha en Kamtschatka îe 4 juin 1741. Après avoir couru au sud-est et remonté au nord est, il aperçut, le 18 du mois suivant, le continent de l’Amérique à 58 degrés 28' de latitude; deux jours après, il mouilla près d’une île enfoncée dans une baie; de là, voyant deux caps, il appela l’un à l’orient Saint-Elie , et l’autre au couchant Saint- Hermogène ; ensuite il dépêcha Chitrou , l’un de ses officiers , pour reconnoître et visiter le golfe où il venoit d’entrer. On le trouva coupé ou parsemé d’îles : une entre autres offrit des cabanes désertes ; elles étoient de planches bien unies et même échancrées. On conjectura que celte île pou-

DES ÉPOQUES DE LA NATURE

voit avoir été habitée par quelques peuples du continent de l’Amérique. M. Sieller, envoyé pour faire des observations sur ces terres nouvellement découvertes, trouva une cave où l’on avoit mis une provision de saumon fumé, et laissé des cordes, des meubles, et des ustensiles : p«!us loin , il vit fuir des Américains à son aspect. Bientôt on aperçut du feu sur une colline assez éloignée : les sauvages sans doute s’y étoient retirés ; un rocher escarpé y couvroit leur retraite.

D’après l’exposé de ces faits, il est aisé de juger que ce ne sera jamais qu’en parlant de Kamtschatka que les Russes pourront faire le commerce de la Chine et du Japon, et qu’il leur est aussi difficile, pour ne pas dire impossible, qu’aux autres nations de l’Europe de passer par les mers du nordest , donl la plus grande partie est entièrement glacée : je ne crains donc pas de répéter que le seul passage possible esl par le nord-ouest, au fond de la baie d’Hudson, et que c’est l’endroit auquel les navigateurs doivent s’attacher pour trouver ce passage si désiré et si évidemment utile.

Comme j’avois déjà livré à l’impression toutes les feuilles précédentes de ce volume, j’ai reçu de la paî t de M. le comte de Schouvaloff, ce grand homme d’état que toute l’Europe estime et respecte; j’ai reçu, dis-je, en date du 29 octobre 1777 , un excellent Mémoire composé par M. de Domascheneff, président de la société impériale de Pétersbourg , et auquel l’impératrice a confié , à juste litre, le département de tout ce qui a rapport aux sciences et aux arts. Cet illustre savant m’a en même temps envoyé une copie faite à la main de la carte du pilote Otcheredin , dans laquelle sont représentées les routes et les découvertes qu’il a faites, en 1770 et 1778, entre Kamtschatka et le continent de l’Amérique. M. de Domascheneff observe dans son Mémoire que cette carte du pilote Otcheredin est la plus exacte de toutes, et que celle qui a été donnée en 1773 par f Académie de Pétersbourg doit être réformée en plusieurs points, et notamment sur la position des îles et le prétendu archipel qu’on y a représenté entre les îles Aïeules ou Aléoules et celles d’Anadir, autrement appelées îles d’Andrien. La carte du pilote Otcheredin semble démontrer en effet que ces deux groupes des îles Aleutes et des îles Andrien sont séparés par une mer libre de plus de cent lieues d’éleudue, M. de Domascheneff assure que la grande carte générale de l’empire de Russie,

qu’on vient de publier cette année 1777 représente exactement les côtes de toute l’ej trémité septentrionale de l’Asie habitée ps les Tschutsrhis. Il dit que cette carte a ét dressée d’après les connoissances les pli récentes acquises par la dernière expéditio du major Pawluzki contre ce peuple. « Cetl côte, dit M de Domascheneff, termine ] grande chaîne de montagnes, laquelle sépai toute la Sibérie de l’Asie méridionale, < finit en se partageant entre la chaîne qi parcourt Kamtschatka et celles qui ren plissent toutes les terres entre les fleuves qr coulent à l’est du Lena. Les îles reconnut entre les côtes de Kamtschatka et celles d l’Amérique sont montagneuses, ainsi qu les côtes de Kamtschatka et celles du conl nent de l’Amérique : il y a donc une cont: nuation bien marquée entre les chaînes d montagnes et ces deux continens, dont lé interruptions, jadis peut-être moins cons dérables , peuvent avoir été élargies par i dépérissement de la roche , par les courar continuels qui entrent de la mer Glacial] vers la grande mer du Sud, et par les c< j tastrophes du globe. »

Mais cette chaîne sous-marine qui joiiiî les terres de Kamtschatka avec celles de l’A I mérique est plus méridionale de 7 ou 8 dd| grés que celle des îles Anadir ou Andrier '. qui de temps immémorial ont servi de pari sage aux Tschutschis pour aller en Amérique I M. de Domascheneff dit qu’il est certai j que cette traversée de la pointe de l’AsiJ au continent de l’Amérique se fait à la ram< | et que ces peuples y vont trafiquer des fe fl railles russes avec les Américains; que 1« jj îles qui sont sur ce passage sont si fréquent tes, qu’on peut coucher toutes les nuits 1 terre, et (pie le continent de l’Amérique oïl les Tschutschis commercent est montagneu t et couvert de forêts peuplées de renards! de martres, et de zibelines, dont ils ran portent des fourrures de qualités et de coi i" leurs toutes différentes de celles de Sibérit] Ces îles septentrionales situées entre les deu ï continens ne sont guère connues que de Tschutschis : elles forment une chaîne enti la pointe la plus orientale de l’Asie et le cou1 tinen.t de 1 Amérique, sous le 64e degré i et celle chaîne est séparée par une mer 01 ' verte de la seconde chaîne plus méridic nale dont nous venons de parler, situé' sous le 56e degré entre Kamtschatka et l’Aj mérique : ce sont les île •> de cette second' chaîne que les Russes et les habitons dj Kamtschatka fréquentent pour la chasse de loutres marines et des renards noirs , dor j

1 SIXIÈME

ourrures sont très-précieuses. On avoit noissance de ces îles, même des plus ntales dans cette dernière chaîne, avant née 1730 : l’une de ces îles porte om du commandeur Behring , une auassez voisine s’appelle Vile Medenoi ; lite on trouve les quatre îles Aleuou Aléoutes, les deux premières situées peu au dessus et les dernières un peu dessous du 55e degré; ensuite on trouve iron au 56e degré les îles Atkhou et Amh , qui sont les premières de la chaîne îles aux Renards, laquelle s’étend vers îord-est jusqu’au 61e degré de latitude : om de ces îles est venu du nombre proieux de renards qu’on y a trouvés. Les x îles du commandeur Behring et de denoi étoient inhabitées lorsqu’on en fit découverte : mais on a trouvé dans les Aïeules, quoique plus avancées vers Tort, plus d’une soixantaine de familles ît la langue ne se rapporte ni à celle de mtschatka ni à aucune de celles de l’Asie entale , et n’est qu’un dialecte de la lan- : que Ton parle dans les autres îles voies de l’Amérique; ce qui sembleroit inuer qu’elles ont été peuplées par les néricains, et non par les Asiatiques.

(Les îles nommées par l’équipage de Behg 17/e Saint- Julien , Saint-Théodore , pf- Abraham , sont les mêmes que celles l’on appelle aujourd’hui les îles Aïeules ; de même l’île de Chommaghin, de Saintilmat, indiquées par ce navigateur, font rtie de celles qu’on appelle îles aux Rerds.

« La grande distance, dit M. de Domaseneff, et la mer ouverte et profonde qui trouve entre les îles Aleutes et les îles aux mards, jointes au gisement différent de 5 dernières, peuvent faire présumer que > îles ne forment pas une chaîne marine ntinue; mais que les premières, avec cel- ; de Medenoi et de Behring, font une chaîne irine qui vient de Kamtschatka , et que iîles aux Renards en représentent une au- 5 issue de l’Amérique ; que Tune et l’aiie de ces chaînes vont généralement se pere dans la profondeur de la grande mer, sont des promontoires des deux conduis. La suite des îles aux Renards, dont telques unes sont d’une grande étendue, l entremêlée d'écueils et de brisans, et continue sans interruption jusqu’au contient de l’Amérique; mais celles qui sont s plus voisines de ce continent sont trèseu fréquentées par les barques des chassurs russes , parce qu’elles sont fort peu-

plées, et qu’il seroit dangereux d’y séjourner. Il y a plusieurs de ces îles voisines de la terre-ferme de l’Amérique, qui ne sont pas encore bien reconnues. Quelques navires ont cependant pénétré jusqu’à l’île de Kadjak , qui est très-voisine du continent de l’Amérique ; Ton en est assuré tant sur le rapport des insulaires que par d’autres raisons : une de ces raisons est qu’au lieu que toutes les îles plus occidentales ne produisent que des arbrisseaux rabougris et rampans , que les vents de pleine merempêchent de s’élever, l’île de Kadjak, au contraire, et les petites îles voisines, produisent des bosquets d’aunes , qui semblent indiquer qu’elles se trouvent moins à découvert, et qu’elles sont garanties au nord et à Test par un continent voisin. De plus, on y a trouvé des loutres d’eau douce, qui 11e se voient point aux autres îles, de même qu’une petite espèce de marmotte, qui paroîl être la marmotte du Canada; enfin Ton y a remarqué des traces d’ours et de loups , et les habitans sont vêtus de peaux de rennes, qui leur viennent du continent de l’Amérique, dont ils sont très-voisins.

« On voit , par la relation d’un voyage poussé jusqu’à Tîle de Kadjak, sous la conduite d’un certain Geottof, que les insulaires nomment Atakthan le continent de l’Amérique : ils disent que celte grande terre est montagneuse et toute couverte de forêts ; ils placent celte grande terre au nord de leur île, et nomment l’embouchure d’un grand fleuve, Alaghschak, qui s’y trouve. .. D’autre part, Ton 11e sauroit douter que Behring, aussi bien que Tschirikow, n’ait effectivement touché à ce grand continent , puisqu’au cap Élie , où sa frégate mouilla, l’on vit des bords de la mer le terrain s’élever en montagne continue et toute revêtue d’épaisses forêts : le terrain y étoil d’une nature toute différente de celui de Kamtschitka; nombre de plantes américaines y furent recueillies par Steller. »

M. de Domascheneff observe de plus que toutes les îles aux Renards, ainsi que les îles Aleutes, et celle de Behring, sont montagneuses; que leurs côtes sont, pour la plupart, hérissées de rochers, coupées par des précipices, et environnées d’écueils jusqu a une assez grande distance ; que le terrain s’élève depuis les côtes jusqu’au milieu de ces îles en montagnes fort roides , qui forment de petites chaînes dans le sens de la longueur de charpie île : au reste, il y a eu et il y a encore des volcans dans plusieurs de ces îles, et celles où ces volcans sont

éteints ont des sources d’eau chaude. On ne trouve point de métaux dans ces îles à volcans, mais seulement des calcédoines et quelques autres pierres colorées , de peu de valeur. On n’a d'autre bois dans ces îles que les tiges ou branches d’arbres floitées par la mer, et qui n’y arrivent pas en grande quantité ; il s’en trouve plus sur l’île Behring et sur les Aleutes : il paroît que ces bois flottés viennent, pour la plupart, des plages méridionales ; car on y a observé le bois de camphre du Japon.

Les habitans de ces îles sont assez nombreux ; mais , comme ils mènent une vie errante, se transportant d’une île à l’autre, il n’est pas possible de fixer leur nombre. On a généralement observé que plus les îles sont grandes, plus elles sont voisines de l’Amérique, et plus elles sont peuplées. Il paroît aussi que tous les insulaires des îles aux Bénards sont d’une même nation, à laquelle les habitans des Aleutes et des îles d’Andrien peuvent aussi se rapporter, quoiqu’ils en diffèrent par quelques coutumes. Tout ce peuple a une très grande ressemblance pour les mœurs, la façon de vivre et de se nourrir, avec les Esquimaux et les Groenlandois. Le nom de Kanaghist , dont ces insulaires s’appellent dans leur langue , peut-être corrompu par les marins, est encore très-ressemblant à celui de Karalit , dont les Esquimaux et leurs frères les Groenlandois se nomment. On n’a trouvé aux habitans de toutes ces îles, entre l’Asie et l’Amérique, d’autres outils que des haches de pierre, des cailloux taillés en scalpel , et des omoplates d’animaux aiguisées pour couper l’herbe; ils ont aussi des dards, qu’ils lancent de la main à l’aide d’une palette, et desquels la pointe est armée d’un caillou pointu et artistement taillé : aujourd’hui ils ont beaucoup de ferrailles volées ou enlevées

DE LA NATURE

aux Russes, Ils font des canots et des e: ces de pirogues comme les Esquimaux y en a d’assez grandes pour contenir v personnes; la charpente en est de bois lé recouvert partout de peaux de phoque d’autres animaux marins.

Il paroît , par tous ces faits , que de te immémorial les Tschutschis qui habitei pointe la plus orientale de l’Asie, entr1 55e et le 70e degré, ont eu commerce { les Américains , et que ce commerce t d’autant plus facile pour ces peuples ae tumés à la rigueur du froid, que l’on j faire le voyage, qui n’est peut-être pa.1 cent lieues, en se reposant tous les je d’île en File, et dans de simples canots , < duits à la rame en été, et peut-être su glace en hiver. L’Amérique a donc pu f peuplée par l’Asie sous ce parallèle ; et j semble indiquer que, quoiqu’il y ait auj< d’hui des interruptions de mer entre les s res de ces îles, elles ne faisoient aulrt qu’un même continent, par lequel l’Ain que étoit jointe à l’Asie ; cela semble ii ! quer aussi qu’au delà de ces îles xAnadir; Andrien, c’est-à-dire entre le 70e et le i degré, les deux continens sont absolum réunis par un terrain où il ne se trouve] de mer, mais qui est peut-être entièremi couvert de glace. La reconnoissance de plages au delà du 70e degré est une en: prise digne de l’attention de la grande j veraine des Russies , et il faudroit la c jj fier à un navigateur aussi courageux <1 M. Phipps. Je suis bien persuadé qu’on ti veroit les deux continens réunis; et s’il j est autrement , et qu’il y ait une mer ouvej au delà des îles Andrien , il me paroît c jj tain qu’on trouveroit les appendices de 3 grande glacière du pôle à 81 ou 82 degr j comme M. Phipps les a trouvés à la mè hauteur entre le Spitzberg et le Groenlai j

SEPTIÈME ÉPOQUE

Lorsque la puissance de l’homme a secondé celle de la nature

is premiers hommes témoins des moums convulsifs de la terre, encore réet très-fréquens, n’ayant que les mon- :s pour asiles contre les inondations, és souvent de ces mêmes asiles par le des volcans, tremblans sur une terre rembloit sous leurs pieds, nus d’esprit : corps, exposés aux injures de tous les ens, victimes de la fureur des animaux es, dont ils ne pouvoient éviter de de- \ la proie ; tous également pénétrés du inent commun d’une terreur funeste , egalement pressés parla nécessité, n’ontis très-promptement cherché à se réud’abord pour se défendre par le 110mensuile pour s’aider et travailler de brt à se faire un domicile et des armes? at commencé par aiguiser en forme de jes ces cailloux durs , ces jades , ces pier- ’e foudre , que l’on a crues tombées des ! et formées par le tonnerre , et qui bioins ne sont que les premiers monude l’art de l’homme dans l’état de pure e : il aura bientôt tiré du feu de ces îs cailloux en les frappant les uns cônes autres; il aura saisi la flamme des lus, ou profité du feu des laves brûlanpur le communiquer, pour se faire jour il les forêts, les broussailles; car, avec j&ours de ce puissant élément , il a netft assaini , purifié les terrains qu’il voulabiter; avec la hache de pierre, il a hé, coupé les arbres, menuisé le bois, né ses armes et les instrumens de prefe nécessité. Et après s’être munis de ues et d’autres armes pesantes et défen- I, ces premiers hommes n’ont-ils pas [é le moyen d’en faire d’offensives plus es , pour atteindre de loin? un nerf, un

In d’animal , des fils d’aloès , ou l’écorce e d’une plante ligneuse , leur ont servi >rde pour réunir les deux extrémités p branche élastique dont ils ont fait

Iirc; ils ont aiguisé d’autres petits cailpour en armer la flèche. Bientôt ils it eu des filets , des radeaux , des canots, n sont tenus là tant qu’ils n’ont formé le petites nations composées de quel-

ques familles, ou plutôt de parens issus d’une même famille , comme nous le voyons encore aujourd’hui chez les sauvages , qui veulent demeurer sauvages , et qui le peuvent , dans les lieux où l’espace libre ne leur manque pas plus que le gibier , le poisson , et les fruits. Mais dans tous ceux où l’espace s’est trouvé confiné par les eaux, ou resserré par les hautes montagnes, ces petites nations, devenues trop nombreuses , ont été forcées de partager leur terrain entre elles ; et c’est de ce moment que la terre est devenue le domaine de l’homme : il en a pris possession par ses travaux de culture, et l’attachement à la patrie a suivi de très-près les premiers actes de sa propriété. L’intérêt particulier faisant partie de l’intérêt national , l’ordre, la police, et les lois ont dû succéder , et la société prendre de la consistance et des forces.

Néanmoins ces hommes , profondément affectés des calamités de leur premier état, et ayant encore sous leurs yeux les ravages des inondations , les incendies des volcans , les gouffres ouverts par les secousses de la terre, ont conservé un souvenir durable et presque éternel de ces- malheurs du monde : l’idée qu’il doit périr par un déluge universel, ou par un embrasement général; le respect pour certaines montagnes 1 sur lesquelles ils s’étoient sauvés des inondations; l’horreur pour ces autres montagnes qui lançoient des feux plus terribles que ceux

i. Les montagnes en vénération dans l’Orient sont le mont Carmel et quelques endroits du Caucase ; le mont Pirpangel au nord de l’indostan ; la montagne Pora dans la pi’ovince d’Aracan; celle de Chaq-Pechan à la source du fleuve Sangari , chez les Tartares Mantcheoux , d’où les Chinois croient qu’est venu Fo-hi ; le mont Altay à l’orient des sources du Selinga en Tartarie ; le mont Pécha au nord-ouest de la Chine , etc. Celles qui étoient en horreur étoient les montagnes à volcan , parmi lesquelles on peut citer le mont Ararath , dont le nom même signifie montagne de malheur, parce qu’en effet cette montagne étoit un des plus grands volcans de l’Asie, comme cela se reconnoit encore aujourd'hui par sa forme et par les matières qui environnent son sommet, où l’on voit les cratères et les autres signes de ses anciennes éruptions. (Add. Du/f ,)

DES EPOQUES DE LA NATURE

du tonnerre ; la vue de ces combats de la terre conlre le riel , fondement de la fable des titans et de leurs assauts contre les dieux; l'opinion de l’existence réelle d’un être malfaisant, la crainte et la superstition qui en sont le premier produit; tous ces senti mens fondés sur la terreur se sont dès lors emparés à jamais du cœur et de l’esprit de l’homme : a peine est-il encore aujourd’hui rassuré par l’expérience des temps , par le câline qui a succédé à ces siècles d orages , enfin par la connoissance des effets et des opérations de la nature; connoissance qui n a pu s’acquérir qu’après l’établissement de quelque grande société dans des terres paisibles.

Ce n'est point en Afrique , ni dans les terres de l’Asie les plus avancées vers le midi, que les grandes sociétés ont pu d’abord se former ; ces contrées étoient encore brûlantes et désertes ; ce n’èst point en Amérique, qui n’est évidemment, à l’exception de ses chaînes de montagnes, qu’une terre nouvelle; ce n’est pas même en Europe, qui n’a reçu que fort tard les lumières de l’Orient, que se sont établis les premiers hommes civilisés , puisqu’avant la fondation de Rome les contrées les plus heureuses de celte partie du monde, telles que l’Italie, la France , et l’Allemagne , n’éloient encore peuplées que d’hommes plus qu’à demi sauvages. Lisez Tacite, sur les mœurs des Germains; c’est le tableau de celles des Hurons, ou plutôt des habitudes de l’espèce humaine entière sortant de l’état de nature. C’est donc dans les contrées septentrionales de l’Asie que s’est élevée la tige des connoissances de 1 homme, et c’est sur ce tronc de l’arbre de la science que s’est élevé le tronc de sa puissance ; plus il a su , plus il a pu ; mais aussi moins il a fait, moins il a su. Tout cela suppose les hommes actifs dans un climat heureux , sous un ciel pur pour l’observer, sur une terre féconde pour la cultiver, dans une contrée privilégiée, à l’abri des inondations, éloignée des volcans, plus élevée et par conséquent plus anciennement tempérée que les autres. Or toutes ces conditions, toutes ces circonstances, se sont trouvées réunies dans le centre du continent de l’Asie , depuis le 40e degré de latitude jusqu’au 55e. Les fleuves qui portent les eaux dans la mer du nord , dans l’Océan oriental , dans les mers du midi et dans la Caspienne, partent également de cette région élevée qui fait aujourd’hui partie de la Sibérie méridionale et de laTartarie. C’est dans cette terre plus élevée, plus solide que les autres , puisqu’elle leur sert de centre , et qu’elle est éloignée de près

de cinq cents lieues de tons les océans’; dans celle contrée privilégiée que s’est fc le premier peuple digne de porter ce 11 digne de tous nos respects, comme créa des sciences, desarls, et de toutes le. stitutions utiles. Cette vérité nous esl és ment démontrée par les monumens de l toire naturelle et par les progrès pre inconcevables de l'ancienne astronoi Comment des hommes si nouveaux 01 pu trouver la période lunisulaire de six < ans '? Je me borne à ce seul fait, quoiq puisse en citer beaucoup d’autres tout merveilleux, et tout aussi constans. Il voient donc autant d’astronomie qu'en s. de nos jours Dominique Casdui , qui le mier a démontré la réalité et l’exacli de cette période de six cents ans ; cou sance à laquelle ni les Chaldéens, n Égyptiens, ni les Grecs, ne sont pas | vés; connoissance qui suppose celle des vemens précis de la lune et de la tenu qui exige une grande perfection dans lei strumens nécessaires aux observations ; ; noissance qui ne peut s’acquérir qu":

avoir tout acquis, laquelle n’étant foi que sur une longue suite de recher* d’éfudes, et de travaux astronomiques.) pose au moins deux ou trois mille an culture à l’esprit humain pour y parv

Ce premier peuple a été très-lieu ri puisqu’il est devenu très-savant ; il a pendant plusieurs siècles, de la paix repos , du loisir nécessaire à cette cul tu l’esprit, de laquelle dépend le fruit de t les autres cultures. Pour se douter de 1 riode de six cents ans , il falloit au r douze cents ans d’observations ; pour 1’ rer comme fait certain, il en a fallu pl double : voilà donc déjà trois mille an tudes astronomiques ; et nous n’en s pas étonnés, puisqu’il a fallu ce mèmet aux astronomes , en les comptant depi Chaldéens jusqu’à nous, pour recom cette période; et ces premiers trois mil d’observations astronomiques n’ont-ili été nécessairement précédés de quelque clés où la science n’étoil pas née? six ans, à compter de ce jour, sont-ils sut pour remonter à l’époque la plus not l’histoire de l’homme, et même pour h vre dans les premiers progrès qu’il £ dans les arts et dans les sciences?

Mais malheureusement elles ont ét< dues , ces hautes et belles sciences; ell nous sont parvenues que par débris tr<

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