Voyez les Additions de Buffon , page 34* j
SEPTIEME
o 'mes pour nous servir autrement qu’à rejnnoitre leur existence passée. L’invention la formule d’après laquelle les brames culeut les éclipses suppose autant de science e la construction de nos éphéinérides, et rendant ces mêmes brames n’ont pas la ^lindrè idée de là composition de l’univers;
" n’en ont <pie de fausses sur le moment, la grandeur, et la position des plates; ils calculent les éclipses sans en confire la théorie, guidés comme des machi- ; par une gamme fondée sur des formules antes qu’ils ne comprennent pas, et que diablement leurs ancêtres n’ont point inîlées, puisqu’ils n’ont rien perfectionné, qu ils n’ont pas transmis le moindre rayon la science à leurs descendans : ces formune sont entre leurs mains que des méides de pratique; mais elles supposent des moissances profondes dont ils n’ont pas élémens , dont ils n’ont pas même couvé les moindres vestiges , et qui par confient ne leur ont jamais appartenu. Ces illiodes ne peuvent donc venir que de cet jeien peuple savant qui avoit réduit en fordés les mouvemenS des astres , et qui , r une longue suite d’observations , était rvenu non seulement à la prédiction des lipses, mais à la connoissance bien plus Vl l’ficile de la période de six cents ans, et de îs les faits astronomiques que cette con- [issance exige et suppose nécessairement. Je crois être fondé à dire que les brames "jint pas imaginé ces formules savantes ,
| isque toutes leurs idées physiques sont 3ntraires à la théorie dont les formules déndent , et que s’ils eussent compris cette sorie même dans le temps qu’ils en ont eu les résultats , ils eussent conservé la ence, et ne se trouveroient pas réduits auird’hui à la plus grande ignorance, et li- 11 es aux préjugés les plus ridicules sur le tème du monde ; car ils croient que la re est immobile, et appuyée sur la cime me montagne d’or ; ils pensent que la lune éclipsée par des dragons aériens, que planètes sont plus petites que la lune, e. Il est donc évident qu’ils n’ont jamais les premiers élémens de la théorie astromique, ni même la moindre connoissance s principes que supposent les méthodes nt ils se servent. Mais je dois renvoyer à l’excellent ouvrage que M. Bailly vient publier sur l’ancienne astronomie, dans piel il discute à fond tout ce qui est relaà l’origine et au progrès de cette science : verra que ses idées s’accordent avec les ennes ; et d’ailleurs il a traité ce sujet
important avec’une sagacité de génie et une profondeur d’érudition qui méritent des éloges de tous ceux oui s’intéressent au progrès des sciences.
Les Chinois , un peu plus éclairés que les brames, calculent assez grossièrement les éclipses, et les calculent toujours de même depuis deux ou trois mille ans ; puisqu’ils ne perfectionnent rien, ils n ont jamais rien inventé; la science n'est donc pas plus née à la Chine qu’aux Indes. Quoique aussi voisins «pie les Indiens du premier peuple savant, les Chinois ne paroissent en avoir rien tiré; ils n’ont pas même ces formules astronomiques dont les brames ont conservé" l’usage, et qui sont néanmoins les prei, iers et grands monumens du savoir et du I» nheur de l’homme. Jl ne paroi t pas itou pl >s (pie les Chaldéens, les Perses, les Égyptâ us, et les Grecs , aient rien reçu de ce pi emier peuple éclairé ; car, dans ces contre es du Levant, la nouvelle astronomie 11’est dt qu’à l’opiniâtre assiduité des observateurs chaldéens, et ensuite aux travaux des Gr es 1 , qu’on ne doit dater que du temps le la fondation de l’école d’Alexandrie. Néanmoins Cette science étoit encore bien imparfaite après deux mille ans de nouvelle culture, et même jusqu’à nos derniers siècles. Il me paroit donc certain que ce premier peuple, qui avoit inventé et cultivé si heureusement et si long-temps l’astronomie, 11’en a laissé que des débris et quelques résultats qu’on pouvoit retenir de mémoire,, comme celui de la période de six cents ans, que l’historien Josèphe nous a transmise sans la comprendre.
La perte des sciences, cette première plaie faite à l’humanité par la hache de la barbarie , fut sans doute l’effet d’une malheureuse révolution qui aura réduit peut-être en peu d’années l’ouvrage et les travaux de plusieurs siècles; car nous ne pouvons douter que ce premier peuple, aussi puissant d’abord que savant, ne se soit long temps maintenu dans sa splendeur, puisqu’il a fait de si grands progrès dans les sciences , et par conséquent dans tous les arts qu’exige leur étude. Mais il y a toute apparence que quand les terres situées au nord de cette heureuse contrée ont été trop refroidies, les hommes qui les habitoient , encore ignorans, farouches, et barbares, auront reflué vers cette même contrée riche, abondante, et cultivée par les arts; il est même assez étonnant qu’ils s’en soient emparés , et qu’ils y