‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 94 sur 147 · GRÈS · texte numérisé non relu

GRÈS

sables vitreux que par une plus grande décomposition de leurs parties intégrantes, mais qui , pour le premier fonds de leur substance, sont de même nature.

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DES ARGILES ET DES GLAISES

1 L’argile , comme nous venons de 1 avan- 1 jer , doit son origine à la décomposition des ? latieres vitreuses qui, par l’impression des ? lémetis humides , se sont divisées , attéf1 nées, et réduites en terre. Cette vérité est e émontrée par les faits. i° Si l’on examine

■ îs cailloux les plus durs, et les autres 111a-

■ ieres vitreuses exposées depuis long-temps f l’air, on verra que leur surface a blan< lu, 4 jt que dans cette partie extérieure le caillou °!est ramolli et décomposé, tandis (pie l’inférieur a conservé sa dureté, sa sécheresse, “ t sa couleur. Si l’on recueille cette matière ! la 11 elle en la raclant, et qu’on la détrempe | vec de 1 eau, l’on verra que c’est une matière "lui a déjà pris le caractère d une terre spona ieuse et ductile, et qui approche de la nature | e l’argile. 20 Les laves des volcans et de tous ?! os verres factices, de quelque qualité qu'ils "‘bient, se convertissent en terre argileuse *. Ip? Nous voyons les sables des granités et des 111 rès, les paillettes du mica , et même les

I ispes et les cailloux les plus durs, se ramollir, blanchir par I. 'impression de l’air,

I I prendre à leur surface tous les caractères te cette terre; et 1 argile pénétrée par les

U 1. « Une partie des laves de la solfatare près de il [aptes est convertie en argile: il y a des morceaux jj Lit uiie partie est encore lave, et l’autre partie jj St changée en argile... O11 y voit encore des îhorls blancs en forme de grenat , dont quelques-

III iis sont également convertis en argile.... Ce clianlll pment des matières vitreuses en argile par l’in- | rinède de l’acide sulfureux (ou vitriolique) , qui

is a pénétrées, pu quelque façon dissoutes, est f ms doute un phénomène remarquable et très- ^ iléressant pour l’histoire naturelle.» ( Lettres de h Ferber sur la minéralogie , page 209.) m M. Ferber ajoute qu’une partie de cette argile st molle comme une terre, et que l'autre est dure,

, ierreuse, et assez semblable à une pierre à chaux Planche; c’est vraisemblablement cette fausse apparence qui a fait dire à M Fougeroux de Bon- ( jaroy ( Mémoires de l’ Académie des Sciences , année 760) que les pierres de la solfatare étoieul callires. M. Haunlton a fuit la même méprise; mais

I paroi, certain , dit le savant traducteur des Lei~ 'es de Ferber, que le plancher de la solfatare et les

:1 pllines qui l’environnent 11e sont composés que

II je produits volcaniques convertis par les vapeurs u soufre en terre argileuse.

pluies, et mêlée avec le limon des rosées et avec les débris des végétaux , devient bientôt une terre féconde.

Tous les miras, toutes les exfoliaiions du quart/, du jaspe, du fcld-spath, et du schorl, tous les dé rimens des porphyres, des granités et des grès, perdent peu à peu leur sécheresse et leur dureté; il.-> s'atténuent et se ramollissent par l’humidité, et leurs molécules deviennent à la fin spongieuses et ductiles par la même impression des élémens humides. Cet effet, qui se passe en petit sous nos yeux , nous représente funcienne et grande formation des argiles après la première chute des eaux sur* la surface du globe : ce nouvel élément saisit alors toutes les poudres des verres primitifs ; et c’est dans ce temps que se lit la combinaison qui produisit l’acide universel par l’action du feu dont la terre et l’eau étaient également énétrées, puisque la terre étoit encore bm* lanle et l’eau plus (pie bouillante.

L’acide se trouve en effet dans tontes les argiles, et ce premier produit de la combinaison du feu, de la terre, et de l’eau, indique a>se/ clairement le temps de la chute des eaux , et fixe l'époque de ce premier travail ; car aucune des antiques matières vivretises en grandes masses , telles (pie les quartz, les jaspes, ni même les granités, ne comiei.* 1 acide : par conséquent aucune de ces matières antérieures aux argiles n’a été. touchée ni travaillée par l’eau , dont le seul contact etil produit l'acide par la combinai son nécessaire de cet élément avec le feu qui embrasoit encore la terre 2.

2. Cette origine peut seule expliquer la triple affinité de l’acide’ avec le feu, la terre, et l’eau, et sa formation par la combinaison de ces trois élétneus, l’eau n’ayant pu s’unir à la terre vitreuse sans se joindre en meme temps à la portion de feu dont cette terre étoit empreinte ; j’observai de plus l’affinité marquée et .ubsistaele entre les matières vilrescibles et l’acide argileux ou vitriolique, qui , de tous les acides, est le seul qui ait quelque prise sur ces substances : on a tenté leur analyse an moyen de cet acide ; mais cette analyse lie prouvera rien de plus que la grande analogie établie entre le principe acide et la terre vitrescilde , dès le

L’argile seroit donc par elle - même une terre très-pure, si, peu de temps après sa formation , elle n’eût été mêlée , par le mouvement des eaux , de tous les débris des productions qu’elles firent bientôt éclore; ensuite, après la retraite des eaux , toutes les argiles dont la surface étoit découverte reçurent le dépôt des poussières de l’air et du limon des pluies. Il n’est donc resté d’argiles pures que celles qui dès lors se trouvoient recouvertes par d’autres couches , qui les ont défendues de ces mélanges étrangers. La plus pure de ces argiles est la blanche ; c’est la seule terre de cette espèce qui ne soit pas mélangée de matières hétérogènes : c’est un simple détriment du sable quartzeux, qui est aussi réfractaire au feu que le quartz même duquel cette argile tire son origine. La belle argile blanche de Limoges, celle de Normandie , dont on fait les pipes à fumer, et quelques autres argiles pures, quoiqu’un peu colorées, et dont on fait les creusets et pots de verrerie , doivent être regardées comme des argiles pures, et sont à peu près également réfractaires à l’action du feu : toutes les autres argiles sont mélangées de diverses matières qui les rendent fusibles et leur donnent des qualités différentes de celles de l’argile pure ; et ce sont ces argiles mélangées auxquelles on doit donner le nom de glaises.

La nature a suivi pour la formation des argiles les mêmes procédés que pour celle des grès : les grès les plus purs et les plus blancs sont formés par la simple réunion des sables quartzeux sans mélange, tandis que les grès impurs ont été composés de différentes matières mêlées avec ces sables quartzeux et transportées ensemble par les eaux ; de même les argiles blanches et pures ne sont formées que des détrimens ultérieurs des sables du quartz , du grès, et du mica , dont les molécules , très - atténuées par l’eau , sont devenues spongieuses et ont pris la natnre de cette terre , au lieu que les glaises, c’est-à-dire les argiles impures , sont composées de plusieurs matières hétérogènes que l’eau y a mêlées , et qu’elle a transportées ensemble pour en for-

temps où il fut universellement engendré dans cette terre à la première chute des eaux. Ces grandes vues de l’histoire natu-elle confirment admirablement les idées de î’iilùstre Stuhl , qui, de la seule force des analogies , et du nombre des combinaisons où il avoit vu 2 acide vitriolique se travestir et prendre lu forme de presque tous les autres acides, avoit déjà conclu qu’il étoit le principe salin primitif, principal universel. ( Remarque de M. l’abbé Bexon.)

mer les couches immenses qui reeouvren presque partout la masse intérieure du globe Ces glaises servent aussi de fondement e de base aux couches horizontales des pier res calcaires ; et de même qu’on ne trouv que peu de grès purs en comparaison de grès mélangés, on ne trouve aussi que rare ment des argiles blanches et pures, au liei que les glaises ou argiles impures sont uni versellement répandues.

Pour reconnoître par mes yeux dans que ordre sont élablis les dépôts successifs et le différentes couches de ces glaises , j’ai fai faire une fouille 1 à cinquante pieds de pro

i. La ville de Montbard est située au milieu d’u vallon, sur une montagne isolée de toutes parts et ce monticule forme, entre les deux chaînes d montagnes qui bornent ce vallon dans sa longueur deux espèces de gorges : ce fut dans l’une de et gorgés , qui est du coté du midi , qu’au mois d’aoi ! 1774 M. de Buffon fil faire une fouille de cinquanli pieds de profondeur et de six pieds de large e carré. Le terrain où l’on creusa est inculte de temp immémorial, c’est un espace vague qui sert de pt turage ; et quoique ce terrain paroisse à l’œil peu près au niveau du vallon , il est cependâr plus élevé que la rivière qui l’arrose, d’enviro trente pieds, et de huit pieds seulement plus qu’u petit étang qui n’est éloigné de cette fouille que d cinquante pas.

Après qu'on eut enlevé le gazon, on trouva uiî couche de terre brune , d’un pied d’épaisseur sous laquelle étoit une autre couche de terre grasst ductile , d’un jaune foncé et rougeâtre , presqu sans aucun gravier, qui étoit épaisse d’enviro trois pieds.

L’argile étoit stratifiée immédiatement sous ce couches limoneuses, et les premiers lits, qui n’i voient que deux ou trois pouces d’épaisseur, étoiei formés d’une terre grasse d’un gris bleuâtre, ma marbré d’un jaune foncé, de la couleur de la cot che supérieure, ces lits paroissoient exactemei horizontaux, et étoient coupés, comme ceux d carrières , par des fentes perpendiculaires qi étoient si près les unes des autres, qu’il n’y avo pas entre les plus éloignées un demi-pouce de di tance : cette terre étoit très-humide et molle ; on trouva des bélemniles et une très-grande quanti de petits peignes ou coquilles de Saint- Jacques , q n’avoient guère plus d’épaisseur qu’une feuille ( papier, et pas plus de quatre ou cinq lignes < diamètre : ces coquilles étoient cependant lout très-entières et bien conservées, et la plus grani partie étoit adhérente à une matière terreuse q àugmentoit leur épaisseur d’environ une ligne mais cette croûte terreuse, qui n’étoit qu’à la pa tie convexe de la coquille , s’en séparoit en desséchant, et on la distinguoit alors facilement 1 la vraie coquille. On y trouva encore de petiï pétoncles de l’espèce de celles qu’on nomme cunt et ces coquilles étoient placées non pas dans 1 fentes horizontales des couches , mais entre leu . 11 petites stratifications, et elles étoient toutes à pli et dans une situation parallèle aux couches. 11 :|

avoit aussi dans ces mêmes couches des pyrit j vilrioliques ferrugineuses qui étoient aplaties terminées irrégulièrement, et qui n’etoieiil poi ‘ formées intérieurement par des rayons tendant 1 ) 1

DES ARGILES ET DES GLAISES. a3i

fondeur dans le milieu d’un vallon suimonlé les deux côtés par des collines de même flaise , couronnées de rochers calcaires jus-

entre comme elles le sont ordinairement : la coupe e ces terres s’étant ensuite desséchée, les couches moneuses se séparèrent , par une grande gerçure, es couches argileuses.

A huit pieds de profondeur, on s’aperçut d’une etite source d’eau qui avoit son issue du côté de étang dont on a parlé, mais qui disparut le leu- :main : on remarqua qu’à cette profondeur les uches commençoie.nt à avoir une plus grande >aisseur, que leur couleur étoit plus brune , et l’elles n’étoient plus marbrées de jaune in térieument , comme les premières ; cette couleur ne roissoil plus qu’à la superficie, et ne pénétroit ns les couches que de l’épaisseur de quelques ^nes , et les fentes perpendiculaires étoient plus lignées les unes des autres. La superficie des coues parut, à cette profondeur, toute parsemée de illettes brillantes, transparentes, et séléniteuses ;

» paillettes, à la chaleur du soleil , devenoient esque dans l’instant blanches et opaques. Ces uches contenaient les mêmes espèces de coquilles que les précédentes , et à peu près dans la me quantité. On y trouva aussi un grand nomg de racines d’arbres aplaties et pourries , dans quelles les fibres ligneuses étoient encore trèsparentes, quoiqu’il n’y ait point actuellement jrbresdans ce terrain, et jusque là on n’aperçut, îs ces couches, ni sable, ni gravier, ni aucune te de terre.

Depuis huit pieds jusqu’à douze , les couches rgile se trouvèrent encore un peu plus brunes, js épaisses, et plus dures. Outre les coquilles couches supérieures dont on a parlé, il y avoit grande quantité de petites pétoncles à stries L jai circulaires, que les naturalistes nomment ciati , dont les plus grandes n’avoient qu’un ^ jice de diamètre , et qui étoient parfaitement j,, servées entre ces couches ; et à dix pieds de fondeur-, on trouva un lit de pierre très-mince, pé par un grand nombre de fentes perpendicu- ^ es ; et cette pierre, semblable à la plupart des *res argileuses, étoit brune, dure, aigre, et ^ 1 grain très-fin.

.la profondeur de douze pieds jusqu’à seize, | gile étoit à peu près de la même qualité; mais | avoit plus d’humidité dans les fentes horizons , et la superficie étcit hérissée de petits grains ™ peu allongés , brillans , et transparens , qui , js un certain sens , s’exfolioient comme le gypse, ui, vus à la loupe, paroissoient avoir six faees, e me les aiguilles de cristal de roche, mais dont s extrémités étoient coupées obliquement et dans 01 pême sens. Après avoir lavé une certaine quan- J1 ide ces concrétions et leur avoir fait éprouver Ie chaleur modérée , elles devinrent très-blanches ; ’î1 yées et détrempées dans l’eau, elles se durcirent P nptement comme le plâtre, et on reconnut évic" ment que cette matière étoit de véritable pierre '! ulaire, le germe, pour ainsi dire, de la pierre l’el àtre. Comme j’examinois un jour les différentes 11 ères qu’on tiroit de cette fouille, un troupeau 1||S (ochons que le pâtre ramenoit de la campagne

I a près de là , et je ne fus pas peu surpris de

II tout à coup ces animaux se jeter brusquement ’■ 1 la terre de cette fouille la plus nouvellement P-1 ' et la plus molle , et la dévorer avec avidité ;

1 ui arriva encore en ma présence plusieurs fois

rte. Outre les coquillages des premières cou-

qu’à trois ceul cinquante ou quatre cents pieds de hauteur , et j’ai prié un de nos bons observateurs en ce genre de tenir re-

ches, celle-ci contenoit des limas de mer lisses , d’autres limas hérissés de petits tubercules , des tellines, des cornes d’ammon de la plus petite espèce, et quelques autres plus grandes qui avoient environ quatre pouces de diamètre : elles é'toient toutes extrêmement minces et aplaties, et cependant très-entières, malgré leur extrême délicatesse. Il y avoit surtout une grande quantité de béieinnites , toutes conoides , dont les plus grandes avoient jusqu’à sept et huit pouces de longueur ; elles étoient pointues comme un dard à l’une des extrémités, et l’extrémité opposée à leur base étoit terminée irrégulièrement et aplatie comme si elle eût été écrasée ; elles étoient brunes au dehors et au dedans, et formées d’une matière disposée intérieurement en forme de stries transversales ou rayons qui se réunissoient à l’axe de la béleinnite. Cet axe étoit dans toutes un peu excentrique , et marqué , d’une extrémité à l’autre , par une ligne blanche presque imperceptible ; et lorsque la bélemnite étoit d’une certaine grosseur, la base renfermoit un petit cône plus ou moins long, composé d’alvéoles en forme de plateaux, emboîtés les uns dans les autres comme les nautiles, an sommet duquel se terininoit alors la ligne blanche: ce petit cône étoit revêtu, dans toute sa longueur, d’une pellicule crustacée , jaunâtre , et très-mince , quoique formée de plusieurs petites couches , et le corps de la bélemnite, disposé en rayons qui recouvroient le tout, devenoit d’autant plus mince que le petit cône acquéroit un plus grand diamètre. Telles étoient à peu près les bélemnites que l’on trouva éparses dans la terre que l’on avoit tirée de la fouille; ce qui est commun à toutes celles de cette espèce.

Pour savoir dans quelle situation ces bélemnites étoient placées dans les couches de la terre, on en délita plusieurs morceaux avec précaution, et on reconnut qu’elles étoient toutes couchées à plat et parallèlement aux différens lits ; mais ce qui nous surprit , et ce qui n’a pas encore été observé , c’est qu’on s’aperçut alors que l’extrémité de la base de toutes ces bélemnites étoit toujours adhérente à une sorte d’appendice de couleur jaunâtre , d’une substance semblable à celle des coquilles, et qui avoit la forme de la partie évasée d’un entonnoir qui auroit été aplatie, dont plusieurs avoient près de deux pouces de longueur, un pouce de largeur à la partie supérieure, et environ six lignes à l’endroit où ils étoient adhérens à la base de la bélemnite : et en examinant de près ce prolongement testacé ou crustacé, qui est si fragile, qu’on ne peut presque le toucher sans le rompre , je remarquai que cette partie de la bélemnite qu’on n’a pas jusqu’ici connue n’est autre chose que la continuation de la coquille mince ou du têt qui couvre le petit cône chambré dont j’ai parlé ; en sorte qu’on peut dire que toutes les bélemnites qui sont actuellement dans les cabinets d’histoire naturelle ne sont point entières, et que ce que l’on en connoît n’est en quelque façon que l’étui ou l’enveloppe d’une partie de la coquille ou du têt qui renfermoit autrefois l’animal.

Jusqu’à présent les auteurs n’ont pu se concilier sur la nature des bélemnites : les uns , tels que Woodwards ( Histoire naturelle de la terre), les ont regardées comme une matière minérale du genre des talcs; M. Bourguet ( Lettres philosophiques) a

MINÉRAUX

gisire exact de ce qtie cette fouille présenteroit. lia en la bouté de le faire avec la plus grande attention , comme on peut le voir

prétendu qu’elles n’étoient autre chose que des dents de ces poissons qu’on nomme souffleurs , et d’autres les ont prises pour des cornes d'animaux pétrifiées ; mais la vraie forme de la belemuite mieux connue, et surlout cette partie crustacée qui est à sa base lorsqu’elle est entière, pourront peut-être contribuer à fixer les doutes des naturalistes , et à la faire mettre au rang des crustacés ou des coquilles fossiles; ce qui me paroil d’autant plus évident qu’elle est calcinable dans toutes ses parties , comme le tet des oursins et des coquilles , et au même degré rie feu.

Depuis seize pieds jusqu’à vingt, les lits d’argile avoient jusqu’à rl i x pouces d’épaisseur; ils étoient beaucoup plus durs que les précédens , d’une couleur encore plus brune, et toujours coupés par des fentes perpendiculaires , mais plus éloignées les unes ries autres que dans les lits supérieurs : leur superficie étoit d’un jaune couleur rie rouille qui ae pénétroit pas ordinairement dans l’intérieur des couches ; mais , lorsque les stillations des eaux avoient pu y introduire ce te terre jaune qui avoit coloré leur superficie, ou trouvoit souvent, entre leurs- stratifications , ries espèces de concrétions pÿritéuses plates, rondes; d’un jaune brun , d’environ un poucé ou un pouce et demi de diamètre; et qui n’avoient pas un quart de pouce d’épaisseur: -ces sortes de pyrites étoient placées dans les couches , sur la meme ligne, à un pouce on deux de distance, et se communiquant par un cordon cylindrique de même matière, un peu aplati , et de deux a trois lignes d’épaisseur.

A cette profondeur , on continua de trouver , entre les couches . du gypse ou pierre spéculaire , dont les grains étoient plus gros, plus transparens, et plus réguliers; il s’en trouva même des morceaux de la longueur d'un écu , qui étoient formés par des rayons tendant au centre. On commença aussi à apercevoir entre ces couches et dans leurs feules perpendiculaires quelques concrétions de charbon de terre ou plutôt de véritable jayet, sous la forme de petites lames minces, dures , cassantes, très-noires, et très- luisantes ; ces couches contenoient encore à peu près les mêmes espèces de coquilles que les couches supérieures, et on trouva de plus dans cellés-ci quantité de petites pi nues et de peLits buccins. A la profondeur de seize pieds , l’eau se répandit dans la fouille, et elle paroissoit sortir de tonte sa circonférence par de petites sources qui fournissoient dix à onze pouces d’eau pendant la nuit.

A vingt pieds, même quantité d’argile, dont les couches avoient augmenté encore eu épaisseur et en dureté , et dont la couleur étoit plus foncée : elles eontenoient les mêmes espèces de coquilles, et toujours des concrétions de plâtre.

A vingt-quatre pieds , mêmes matières , sans aucun changement apparent; on trouva à cetle profondeur une pimie de près d’un pied de longueur. A vingt-huit pieds, la terre étoit presque aussi dure que la pierre, et on n’aperçut presque plus de gypse ou pierre spéculaire; on en trouva cependant encore un morceau de la longueur de la main: ces couches eontenoient une grande quantité de coquilles fossiles , et surtout différentes espèces de cornes d’a tu mon dont les plus grandes avoient près d’un pied de diamètre.

De vingt-huit pieds à trente-six, mêmes matières

par la noie qu’il m’en a remise, et qui s lira pour donner une idée de la dispovil des différens lits de glaise et de la nati

et de même qualité : à cptte profondeur, on tro un lit de pierres argileuses très-bonnes et d< couleur des couches terreuses, flans lesquelles cessa absolument d’apercevoir du gypse ; il y a-voit cependant encore quelques veines dans l’in rieur de celte pierre, mais qui n’avoient plus transparence de la sélénite ou pierre spéculai Cette pierre contenoit aussi d’autres petites vei de charbon de terre; il s’en sépara même, lu cassant , quelques morceaux de la grandeur d’ei mil cinq ou six pouces en carré, et d’un ch d’épaisseur, parmi lesquels il y en avoit plusit qui étoient traversés de quelques filets d’un ja brillant. Ce lit de pierre avi.it trois ou qui pouces d’épaisseur ; il couvroit toute la fouille étoit coupé, comme les couches ter. ruses , par J fentes perpendiculaires : la terre (pii étoit desso dans l’espace de quelques pieds de profonde étoit un peu moins brune que celle des couo précédentes, et on y apercevoit quelques ve jaunâtres. On trouva ensuite un autre lit de même espèce de pierre sous b quel l’argile è très-noire, très-dure, et remplie de coquilles eon les couches supérieures : plusieurs de ces coq ir étoient revêtues, d’un côté, par une incrusta terreuse, disposée par rayons ou filets brillans les coquilles elles-mêmes brilloient d’une belle i leur d’or, surtout les bélemnifes, qui étoient a la plupart bronzées, particulièrement d’un ç Cette couleur métallique , que les naturalistes' nommée armature , est produite, à mon avis, sti superficie des coquilles fossiles, par des sacs pj. teux dont les stillations des eaux se trouvent cf gées , et l’acide vitriolique ou alumineux qui ni toujours dans la composition des pyrites y fix terre métallique qui sert de base à ces concrétie comme l’alun, dans les teintures , attache la j tière col ante sur les étoffes , de sorte que la di i lut ion d’une pyrite ferrugineuse communique i couleur de rouil'e, ou quelquefois de fer poli, matières qui en sont imprégnées; line pyrite 1 vreuse , en se décomposant, teint en jaune lui! et couleur d’or la .surface de ces mêmes maliè |; et la couleur des talcs dorés peut être attribuée . même cause.

<fn n’a perçut plus, dans la suite, ni plâtre, charbon de terre : l’eau coutiuuoit toujours à si pandré; et l’oinrage ayant été discontinué peni [( huit jours, la fouille étant alors profonde de treiQ six pieds , elle s’éleva à la hauteur de dix , et I; |( qu’on l’eut épuisée pour continuer le IravailJ () ouvriers en trouvoient le matin un peu plusj ■ pied, qui tomboit pendant la nuit au fond * | fouille, de differentes petites sources. li

A quarante pieds de profondeur, ou trouvai L couche de terre d’environ un pied d’épaissrtjj peu près de la couleur des couches précédé* j mais beaucoup moins dure, sur laquelle, a u 1 1 mier coup d’œil., on crovoit apercevoir une i il1* d’impressions de feuilles de (liantes du genJ, capillaires, qui paroissôient former sur cetteS une espèce de broderie d’une couleur moins la , que celle du fond de la couche, dont toutes , feuilles ou petites stratifications portoient d« ^ reilles impressions , en quelque nombre de lï |f qu’on les divisât ; mais, en examinant avec II lion cette espèce de schiste, il me parut que ce |( je prenois d’abord pour des impression? de feu |>(

DES ARGILES ET DES GLAISES

îs matières qui s’y trouvent mêlées, ainsi [ii* des concrétions qni se forment entre les niches ou dans les fentes perpendiculaires fi en divisent la masse.

On voit que je n’admets ici que deux sors d’argiles, I une pure , l'autre impure , à quelle j’applique spécialement le nom de aise , pour qti’oti ne puisse la confondre ec la première; de même qu’il faut distinîer les argiles simples et pures des glaises i argiles mélangées, l’on ne doit pas conndre, comme on l’a fait souvent , l’argile niche avec la marne, qui en diffère essenj lie nient , en ce quelle est toujours plus ou oins mélangée de matière calcaire, ce qui rend plus ou moins susceptible de calciition et d’effervescence avec les acides ; au !ii (pie l’argile blanche résiste à leur action, que, loin de se calciner, elle se durcit au ii. Au reste, il ne faut pas prendre dans i sens absolu la distinction que je fais ici ! l'argile pure et de la glaise ou argile imire : car, dans la réalité, il n’y a aucune gile qui soit absolument pure, c’est-à-dire rfaitemenl uniforme et homogène dans 1 1 tes ses parties. L'argile la plus ductile et i paraît la plus simple est encore mêlée particules q lartzeuses ou d’autres sables reux qui n’ont pas subi toutes les altéra1 ms qu’ils doivent éprouver pour se conrtir en argile. Ainsi la plus pure des ares sera seulement celle qui contiendra le oins de ces sables; mais, comme la submce de l’argile et celle de ces sables vi- *u x est au fond la mèmè, on doit distiller, comme nous le faisons ici, ces argiles nt la substance est simple, de toutes les lises qui toujo 1rs sont mêlées de matières •angeres. Ainsi , tontes les fois qu’une ar-

plantes n’étoit qu’une sorte de végétation minée qui n’ayoit pas la régularité que laisse l’iin- ‘ssinn des plantes sur les terres molles ; cette tière s'enflaminoit daiis le feu, et exhaloil une *ur bitumineuse très-pénétrante : aussi la re- *de t-on ordinairement comme une annonce de la îe de charbon de terre.

Ile quarante à cinquante pieds, on ne trouva is de cette sorte de terre, mais une argile noire mcoup plus dure encore que celle des lits supérieurs , qu’on ne pouvoit arracher qu’a l’aide i coins et de la masse, et qui se levoii en trèsmcïrs lames : cette terre Contenoit beaucoup ins de coquilles que les autres couches, et, uial- \ sa grande dureté, elle s’amollissoit assez prompîent-à l’air, et sVxfo'ioit comme l’ardoise pour- . En ayant mis un morceau dans le feu, elle y ilia jusqu’à ce qu’elie eût été réduite en pousre , et elle exhala une odeur bitumineuse trèste ; mais elle ne produisit cependant qu’une mine Irès-foible. A cette profondeur, on cessa de luser. et l’eau s’éleva peu à peu à la hauteur de nie pieds. ( Mémoire rédigé pur M. JVudault.)

gile ne sera mêlée que d’une petite quantité de particules de quartz , de jaspe, de feldspath, de schorl , et de mica, oit peut la regarder comme pure, parce qu’elle ne contient (pie des matières qui sont de sa même essence; et au coniraiée toutes les argiles mêlées de matières d’essence différente, telles que les substances calcaires, pyriteuses, et métalliques, seront des glaises ou argiles impures.

Ou trouve les argiles pures dans les lieux dont le fond du terrain est de sable vitreux, de quartz, de grès, etc. On trouve aussi de cette argile en petite quantité dans quelques glaises : mais l’origine des argiles blanches qui gisent en grandes masses ou en couches doit être attribuée à la décomposition immédiate des sables quartzeux ; au lieu que les petites masses de cette argile qu’on trouve dans l,i glaise ne sont que des sécrétions de ces mêmes sables décomposés , qui éloienl cou'eutis et mêlés avec les autres matières dans cette glaise, et qui s’en sont séparés par la filtration des eaux.

Il n’y a point de coquilles ni d’autres productions marines dans les masses d’argile blanche , tandis (pie toutes les couches de glaise eu contiennent en grande quantité; ce qui nous démontre encore pour les argiles les mêmes procédés de formation que pour les grès L’argile et le grès pur ont donc egalement été formés par la simple agrégation ou par la décomposition des sables quartzeux , tandis que les grès impurs et les glaises ont été composés de matières mélangées, transportées et déposées par le mouvement des eaux.

Et ce qui prouve encore que l’argile blan che est une terre dont l’essence est simple, et que la glaise est une terre mélangée de matières d'essence différente , c’est que la première résiste à tous nos feux , sans éprouver aucune altération, et même sans prendre de la couleur ; au lieu que toutes les glaises deviennent rouges par l’impression d’un premier feu , et peuvent se fondre dans nos fourneaux; de plus, les glaises se trouvent également dans les terrains calcaires et dans les terrains vitreux, au lieu que les argiles pures ne se rencontrent qu’avec les matières vitreuses ; elles sont donc formées de leurs délrimeus sans autre mélange, et il paroît qu’elles n’ont pas été transpor tées par les eaux , mais produites dans la place même où elles se trouvent , au lieu que toutes les glaises ont subi les altérations que le mélange et le transport n’ont pu manquer d’occasioner.

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1 De la même manière qu’il ne faut pas confondre la marne ni la craie avec l’argile blanche, on ne doit pas prendre pour des glaises les terres limoneuses, qui, quoique grasses et ductiles , ont une autre origine et des qualités différentes de la glaise : car ces terres limoneuses proviennent de la couche universelle de la terre végétale qui s’est for* mée des résidus ultérieurs des animaux et des végétaux; leurs détrimens se convertissent d’abord en terreau ou terre de jardin , et ensuite en limon aussi ductile que l’argile : mais cette terre limoneuse se boursoufle au feu, au lieu que l’argile s’y resserre ; et , de plus , cette terre limoneuse fond bien plus aisément que la glaise même la plus impure.

Il est évident, parle grand nombre de coquilles et autres productions marines qui se trouvent dans toutes les glaises , qu’elles ont été transportées avec les dépouilles des animaux marins, et qu’elles ont été déposées et stratifiées ensemble par couches horizontales dans presque tous les lieux de la terre par les eaux de la mer ; leurs couleurs indiquent aussi qu’elles sont imprégnées de parties minérales, et particulièrement de fer, qui paroît leur donner toutes leurs différentes couleurs. D’ailleurs on trouve presque toujours entre les lits de glaises des pyrites martiales , dont les parties constituantes ont été entraînées de la couche de terre végétale par l'infiltration des eaux , et se sont réunies sous cette forme de pyrites entre les lits de ces argiles impures.

Le fer en plus ou moins grande quantité donne toutes les couleurs aux terres qu’il pénètre. La plus noire de toutes les argiles est celle qu’on a improprement appelée creta nigra fabrilis , et que les ouvriers commissent sous le nom de pierre noire : elle contient plus de parties ferrugineuses qu’aucune autre argile ; et la teinte rouge ou rougeâtre qu’elle prend , ainsi que toutes les glaises , à un certain degré de feu, achève de démontrer que le fer est le principe de leurs différentes couleurs.

Toutes les glaises se durcissent au feu , et peuvent y acquérir une si grande dureté qu’elles étincellent par le choc de l’acier; dans cet état elles sont plus voisines de celui de la liquéfaction, car on peut les fondre et les vitrifier d’autant plus aisément qu’elles sont plus recuites au feu. Leur densité augmente à mesure qu’elles éprouvent une chaleur plus grande; et lorsqu’on les a bien fait sécher au soleil , elles ne perdent ensuite que très-peu de leur poids spécifi-

que , au feu même le plus violent. On observé, en réduisant en poudre une mass d’argile cuite , que ses molécules avoier perdu leur qualité spongieuse , et qu’ellt ne peuvent reprendre leur première ducti lité.

Les hommes ont très-anciennement en ployé l’argile cuite en briques plates pou bâlir, et en vaisseaux creux pour conleni l’eau et les autres liqueurs; et il paroît, pa1 la comparaison des édifices antiques , qu l’usage de l’argile cuite a précédé celui de pierres calcaires ou des matières vitreuses qui , demandant plus de temps et de trava pour être mises en œuvre , n’auront été en ployées que plus tard et moins généralemei que l’argile et la glaise, qui se trouvent pai tout , et qui se prêtent à tout ce qu'on vei en faire.

La glaise forme l’enveloppe de la mass entière du globe; les premiers lits se trot vent immédiatement sous la couche de terr végétale , comme sous les bancs calcaire auxquels elle sert de base : c’est sur cell terre ferme et compacte que se rassembler tous les filets d’eau qui descendent par h fentes des rochers, ou qui se filtrent à te vers la terre végétale. Les couches de glais comprimées par le poids des couches supe rieures , et étant elles-mêmes d’une grand épaisseur, deviennent impénétrables à l’eau qui ne peut qu’humecter leur première sur face ; toutes les eaux qui arrivent à cetl!‘ couche argileuse , ne pouvant la pénétrer suivent la première pente qui se présente et sortent en forme de sources entre le der nier banc des rochers et le premier lit d glaise. Toutes les fontaines proviennent d< eaux pluviales infiltrées et rassemblées si la glaise; et j’ai souvent observé que l’hi midité retenue par cette terre est infinimer favorable à la végétation. Dans les étés U plus secs, comme celui de cette année 177$ les plantes agrestes, et surtout les arbres avoient perdu presque toutes leurs feuillt dès les premiers jours de septembre , dan toutes les contrées dont les terrains sont d | sable , de craie, de tuf, ou de ces malièrd mélangées, tandis que, dans les pays dot 4 le fond est de glaise , ils ont conservé leu * verdure et leurs feuilles. Il n’est pas méfia J nécessaire que la glaise soit immédialemer * sous la terre végétale pour qu’elle puisse pr< * duire ce bon effet; car, dans mon jardin \ dont la terre végétale n’a que trois ou qua j ire pieds de profondeur , et se trouve posé J sur un plateau de pierre calcaire de cir j quante-quatre pieds d’épaisseur , les chai

DES ARGILES ET DES GLAISES. 23

illes élevées de vingt pieds , et les arbres mts de quarante, étoient aussi verts que ux du vallon après deux mois de séchesse , parce que ces rochers de cinquantelatre pieds d’épaisseur, portant sur la glaise, laissent passer par leurs fentes perpendilaires les émanations humides qui rafraîissent continuellement la terre végétale où s arbres sont plantés.

La glaise retient donc constamment à sa perfide une partie des eaux infiltrées dans ; terres supérieures ou tombées par les ites des rochers, et ce n’est que du superde ces eaux que se forment les sources les fontaines qui sourdent au pied des llines. Toute l’eau que la glaise peut adîttre dans sa propre substance , toute celle i peut descendre des couches supérieures x couches inférieures par les petites fen- ; qui les divisent perpendiculairement sont tenues et contenues en stagnation presque is mouvement entre les différons lits de tte glaise; et c’est dans cet état de repos e l’eau donne naissance aux productions térogènes qu’on trouve dans la glaise , et e nous devons indiquer ici.

i» Comme il y a dans toutes les argiles insportées et déposées par les eaux de la îr un très-grand nombre de coquilles, tel- ; que cornes d’ammon , bélemnites , et plu- ;urs autres dépouilles des animaux testas et crustacés, l’eau les décompose et îme les dissout peu à peu ; elle se charge ces molécules dissoutes , les entraîne , et dépose dans les petits vides ou cavités ’elle rencontre entre les lits d’argile : ce pot de matière calcaire devient bientôt e pierre plus ou moins solide, ordinaiment plate et en petit volume. Cette pierre, oique formée de substance calcaire , ne ntient jamais de coquilles, parce qu’elle st composée que de leurs détrimens, trop visés pour qu’on puisse reconnoître les s-tiges de leur forme. D’ailleurs les eaux uviales , en s’infiltrant dans les rochers l'càires et dans les terres qui surmontent s glaises , entraînent un sable de la même tare que ces rochers ou ces terres ; et ce blon calcaire, en se mêlant avec l’argile layée par l’ean, forme souvent des piers mi-pariies de ces deux substances : on commit ces pierres avgtlo-cai caves à leur uleur , qui est ordinairement bleue , brune i noire ; et comme elles se forment entre 3 lits de la glaise, elles sont plates et n’ont lère qu’un pouce ou deux d épaisseur :

tes ne sont séparées les unes des autres te par de petites fentes verticales , et elles

forment une couche mince et horizontale entre les lits de glaise. Ces pierres mixtes sont presque toujours plus dures que les pierres calcaires pures : elles se calcinent plus difficilement et résistent à l’action des acides, d’autant plus qu’elles contiennent moins de matières calcaires.

2° L’on trouve aussi de petites couches de plâtre entre les lits de glaise. Or le plâtre n’est qu’une matière calcaire pénétrée d’acides; et comme il y a dans toutes les glaises , indépendamment des coquilles , une quantité plus ou moins grande de sable calcaire infiltrée par les eaux, et qu’en même temps on ne peut douter que l’acide n’y soit aussi très-abondamment répandu , puisqu’on trouve communément des pyrites martiales dans ces mêmes glaises , il paroît clair que c’est par la réunion de la matière calcaire à l’acide que se produisent les premières molécules gypseuses, qui, étant ensuite entraînées et déposées par la stillation des eaux , forment ces petites -couches de plâtre qui se trouvent entre les lits des glaises.

3° Les pyrites qu’on trouve dans ces glaises sont ordinairement en forme aplatie et toutes séparées les unes des autres , quoique disposées sur un même niveau entre les lits de glaise ; et comme ces pyrites sont composées de la matière du feu fixe, de terre ferrugineuse , et d’acide , elles démontrent dans les glaises non seulement la présence de l’acide, mais encore celle du fer; et en effet les eaux, en s’infiltrant, entraînent les molécules de la terre limoneuse qui contient la matière du feu fixe, ainsi que celle du fer; et ces molécules saisies par l’acide ont produit des pyrites dont l’établissement s’est fait de la même manière que celui des petites couches de plâtre ou de pierre calcaire entre les lits de glaise : la seule différence est que ces dernieres matières sont en petites couches continues et d’égale épaisseur , au lieu que les pyrites sont pelotonnées sur un centre, ou aplaties en forme de galets, et qu’elles n’ont entre elles ni continuité ni contiguïté que par un petit cordon de matière pyriteuse , qui souvent communique d’une pyrite à l’autrë.

4° L’on trouve aussi dans les glaises de petites masses de charbon de terre et de jayet, et de plus il me paroît qu’elles contiennent une matière grasse qui les rend imperméables à l’eau T. Or ces matières hui-

x. C’est probablement par l’affinité de son buila avec les autres huiles ou graisses que la glaise peut s’en imbiber et les enlever sur les étoffes

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leuses ou bitumineuses, ainsi que le jayet et le charbon de terre, ne proviennent que des détrimens des animaux et des végétaux, et ne se trouvent dans la glaise que parce que originairement , lorsqu’elle a été transportée et déposée par les eaux de la mer, ces eaux étoieul mêlées de terres limoneuses, et déjà fortement imprégnées des huiles végétales et animales produites par la pourriture et la décomposition des êtres organisés : aussi plus on descend dans la glaise, plus les couches paraissent être bitumineuses; et ces couches inférieures de la glaise se sont formées en même temps que les couches de charbon de terre, toutes ont été établies par le mouvement et par les sédimens des eaux qui ont transporté et mêlé les glaises avec les débris des coquilles et les détrimens des végétaux.

5° Les glaises ont communément une cou-

c’est cette huile qui la rend pétrissable el douce au toucher; et lorsque cette huile se trouve mêlée avec des sels , elle forme une terre savonneuse telle que la terre à foulon.

leur grise , bleue , brune ou noire , qui < vient d’autani plus foncée, qu’on dcsci plus profondément ; elles exhalent en mê temps une odeur b tumineuse; et lorsqu les cuit au feu , elles répandent au loin deur de l’acide vitriolique. Ces indices pn vent encore qu’elles doivent leur couhl au fer, et que les couches inférieures re vaut les égouts des couches supérieures, teinture du fer y est plus forte et la que tité des acides plus grande ; aussi celte gle des couches les plus basses est-elle non s lement plus brune ou plus noire, ma;s core plus compacte, au point de deve presque au si dure que la pierre. Dans état , la glaise prend les noms de schiste. < d 'antoi.se; et quoique ces deux matières soient vraiment que des argiles durci i connue elles en ont dépouillé la duc ili qu elles semblent aussi avoir acqirs de nu velles qualités, nous avons cru devoir séparer des argiles el des glaises, et en ti ter dans l’article suivant.

L’argue diffère des schistes el de l’ardoise, en ce que ses molécules sont spongieuses el molles; au lieu que les molécules de l’ardoise ou du schiste ont perdu « et te mollesse el celle texture spongieuse qui fait que l’argile peut s’imldber d’eau. Le dessèchement seul de l’argile peut produire cet effet, surtout si elle a été exposée à une longue et forte chaleur, puisque nous avons vu ci-devant qu’eu réduisant cette argile cuite en poudre, on ne peut plus en faire une pâle ductile; mais il me paraît aussi que deux mélanges ont pu contribuer à diminuer cette mollesse naturelle de l’argile et à la convertir en schiste et en ardoise ; le premier de ces mélanges est celui du mica, le second celui du bitume ; car toutes les ardoises et les schistes sont plus ou moins parsemés ou pétris de mica, et contiennent aussi une certaine quantité de bitume , plus grande dans les ardoises , moindre dans la plupart des schistes, et rendue sensible dans tous deux par la combustion.

Ce mélange de mica et cette teinture de

bitume nous montrent la production schistes et des ardoises comine une forn tion secondaire dans les argiles, et mê en fixent l’époque par deux circoustan remarquables. La première est celle mira disséminé, qui prouve que des lors eaux avoient enlevé des particules de la s face des roches vitreuses primitives , et s tout des granités, dont elles transporter les débris; car, dans les argiles pures, il se trouve pas de mica , ou du moins il ; changé de nature par le travail intime l’eau sur les poudres vitrescibles dont a sulté la terre argileuse. La seconde cire stance est celle du bitume dont les ardoi se trouvent plus ou moins imprégnées, qui , joint aux empreintes d’animaux et végétaux sur ces matières , prouve démo trativement que leur formation est pos rieure à l’établissement de la nature vivai dont elles contien tent les débris.

La position des grandes couches, des sel tes, et des lits feuilletés des ardoises, mét encore une attention particulière ; les lits l’ardoise n’ont pas régulièrement une pi

an horizontale: ils sont souvent fort incli- ;s comme ceux des charbons de lerre 1 ; ialogie que l’on doit réunir à celle de la ésence du bi* urne dans les ardoises : leurs uilletsse délitent suivant le plan de cette clinaison; ce qui prouve que les lits ont é déposés suivant la pente du terrain, et e les feuillets se sont formés par le deschement et la retraite de la matière , suint des lignes plus ou moins approchantes j la perpendiculaire.

Les couches des schistes, infiniment plus usidérahles et plus communes que les lits frdoise 2 , sont généralement adossées aux ics des montagnes primitives, et descellât avec elles pour s’enfouir dans les vals et souvent reparoî ire au delà en se reant sur la montagne opposée.

A.pres le quartz et le granité, le schiste la plus abondante des matières solides genre vitreux. Il forme des collines et eloppe souvent les noyaux des monfas jusqu’à une grande hauteur. La plttt des monts les plus élevés n’offrent à r sommet (pie des quartz ou des graniet ensuite, sur leurs pentes et dans s contours, ces mêmes quartz et gras , qui composent le noyau de la inouïe, sont environnés d’une grande épaisde schiste, dont les couches qui cou- 11 la base de la montagne se trouvent Iquefois mêlées de quartz et de granités ichés du sommet.

)n peut réduire tous les différons schisquatre variétés générales : la première, schistes simples qui 11e sont (pie des ar- » plus ou moins durcies, et qui 11e caillent que très-peu de bitume et de mica ; jeeonde, des schistes qui, comme Tarie, sont mêlés de beaucoup de mica , et te assez grande quantité de bitume pour xhaler l’odeur au feu; la troisième, des si es où le bitume est en telle abondance s brûlent à peu près comme les char-

Dans les ardoisières d’Angers, les lits sont |».e perpendiculaires : ils sont aussi fort insà Mèzières, près de Cliarleville ; à Lavugnu, Ifj l’état de Gènes : cependant, en Bretagne , tes ' . ises sont par (its horizontaux , comme les cou- “ de l’argile.

* O11 11’a que deux ou trois bonnes carrières

Cil .oise en France; on n’en connoit qu’une ou , en Angleterre, et une seule en Italie, à La- ■ i, dans les états de Gènes : cette ardoise, quoi- 111 noire, est très-bonne; toutes les maisons de s en sont couvertes, et l'on en revêt l’intérieur es: iilernes, dans lesquelles on conserve t'huile

, , rr à Lacques et ailleurs: l’huile s’y conserve ' x (iue dans les citernes de plomb ou enduites f à ire.

bons de terre de mauvaise qualité; et enfin les schistes pyriteux, qui sont les plus durs de tous dans leur carrière, mais qui se décomposent dès qu’ils en sont tirés , et s’effleurissent à l’air et par l'humidité. Ces schistes mêlés et pénétrés de matière pyriteuse ne sont pas si communs que les schistes imprégnés de bitume; néanmoins on en trouve des couches et des bancs tres-eonsidérables en quelques endroits. Nous verrons dans la suite que cette matière pyrileuse est très-abondante à la surface et dans les premières couches de la terre.

Tous les schistes sont plus ou moins mélangés de particules micacées; il y en a dans lesquels le mica paroit être en plus grande quantité que l’argile3. Ces schistes, ne contenant que peu de bitume et beaucoup de mica , sont les meilleures pierres dont on puisse se servir pour les fourneaux de fusion des mines de fer et de cuivre : ils resislent au feu plus long-temps que le grès, qui s’égrène, quelque dur qu’il soit; ils résistent aussi mieux que les granités, qui se fondent à un feu violent et se convertissent en émail ; et ils sont bien préférables à la pierre calcaire, (pii peut , à la vérité , résister pendant quelques mois à l’action de ces feux, mais qui se réduit en poussière de chaux au moment qu'ils cessent, et (pie l’humiuité de l’air la saisit ; au lieu que les schistes conservent leur nature et leur solidité pendant et après faction de ces feux continuée très- long-temps ; car cette action se borne à entamer leur surface, et il faudroit un feu de plusieurs années pour en altérer la masse à quelques pouces de profondeur.

Les lits les plus extérieurs des schistes, c’est-à-dire ceux qui sont immédiatement sous la couche de terre végétale, se divisent

3. Le maeigno des Italiens est un schiste de cette espèce ; il y en a des collines entières à b'iesoli , près de Florence. « Les couches supérieures de ces carrières de maeigno , dit M. Ferber, sont feuilletées et minces , entremêlées de petites couches argi leuses. » (L’auteur auroit dù dire limoneuses j car je suis persuadé que ces petites couches entremêlées son! de terre végétale, et non d’argile.) « Le maciguo devient plus compacte en entrant dans la profondeur, et ne forme plus qu’une masse ; on en tire de très-grands blocs.... On trouve par-ci par-là , dans le maeigno compacte, des rognons à.’ argile endurcie, et une multitude de petites taches noires , quelquefois même des couches ou veines de charbon de lerre. » (Autre preuve que ce n’est pas de l’argile, mais de la terre végétale ou limoneuse; c’est le bitume de cette terre limoneuse qui a formé les taches noires. ) « 11 y a du maeigno de deux couleurs; le meilleur pour bâtir et le plus durable est celui qui est d’un jaune grisâtre , mélangé d’ocre ferrugineuse.» ( Lettres sur la minéralogie, etc., page 4.)

MINÉRAUX

en grands morceaux qui affectent une figure rhomboïdale, à peu près comme les grès qui sont mêlés de matière calcaire affectent cette même figure en petit : et, dans les lits inférieurs des schistes, cette affectation de figure est beaucoup moins sensible et même ne se remarque plus; autre preuve que la figuration des minéraux dépend des

Îiarties organiques qu’ils renferment; car es premiers lits de schiste reçoivent , par la stillation des eaux, les impressions de la terre végétale qui les recouvre , et c’est pa'r l’action des élémens actifs contenus dans cette terre que les schistes du lit supérieur prennent une sorte de figuration régulière dont l’apparence ne subsiste plus dans les lits inférieurs, parce qu’ils ne peuvent rien recevoir de la terre végétale, en étant trop éloignés et séparés par une grande épaisseur de matière impénétrable à l’eau.

Au reste , le schiste commun ne se délite pas en feuillets aussi minces que l’ardoise, et il ne résiste pas aussi long-temps aux impressions des élémens humides : mais il résiste également à l’action du feu avant de se vitrifier ; et comme il contient une petite quantité de bitume, il semble brûler avantde se fondre, et, comme nous venons de le dire, il y a même des schistes qui sont presque aussi inflammables que le charbon de terre. Ce dernier effet a déçu quelques minéralogistes, et leur a fait penser que le fond du charbon de terre n’étoit, comme celui des schistes , que de l’argile mêlée de bitume , tandis que la substance de ce charbon est , au contraire, de la matière végétale plus ou moins décomposée , et que s’il se trouve de l’argile mêlée dans le charbon , ce n’est que comme matière étrangère : mais il est vrai que la quantité de bitume et de matière pyriteuse est peut-être aussi grande dans certains schistes que dans les charbons de terre impurs et de mauvaise qualité ; il y a même des argiles , surtout dans les couches les plus basses, qui sont mêlées d’une assez grande quantité de bitume et de pyrite pour devenir inflammables; elles sont en même temps sèches et dures à peu près comme le schiste, et ce bitume des argiles et des schistes s’est formé dès les premiers temps de la nature vivante par la décomposition des végétaux et des animaux , dont les huiles et les graisses saisies par l’acide se sont converties en bitumes ; et les schistes, comme les argiles, contiennent ordinairement d’autant plus de bitume, qu’ils sont situés plus profondément , et qu’ils sont plus voisins des veines de charbon auxquel-

les ils servent de lits et d’enveloppe; c lorsqu’on ne trouve pas l’ardoise au desso des schistes, on peut espérer d’y trouv des charbons de terre.

Dans les couches les plus profondes, il a aussi des argiles qui ressemblent aux sch tes et même aux ardoises par l’apparen de leur dureté, de leur couleur et de le inflammabilié : cependant cette argile exp sée à l’air démontre bientôt les différent qui la séparent de l’ardoise; elle n’est y long-temps sans s’exfolier, s’imbiber d’h midité, se ramollir, et reprendre sa quai d’argile ; au lieu que les ardoises , loin s’amollir à l’air, ne font que s’y durcir c vantage, et l’on doit mettre les niauv, schistes au nombre de ces argiles dures. J

Comme toutes les argiles, ainsi que j schistes et les ardoises , ont élé primith ment formées des sables vitreux atténué? décomposés dans l’eau, on ne peut se d penser d’admettre différens degrés de é composition dans ces sables : aussi trou1 t-on dans l’argile des grains encore entio de ce sable vitreux qui ne sont que peu i point altérés ; d’autres qui ont subi un p! grand degré de décomposition. On y trou de même de petits lits de ce sable à de décomposé, et dans les ardoises et ] schistes le mica y est souvent aussi atténij aussi doux au toucher que le talc, en so) qu’on peut suivre les nuances successives cette décomposition des sables vitreux , ji qu’à leur conversion en argile. Les glai: mélangées de ces sables vitreux trop peu c S composés n’ont point encore acquis leur e tière ductilité ; mais , en général , l’arg même la plus molle devient d’autant p] dure qu’elle est plus desséchée et plus i: prégnée de bitume, et d’autant plus feu letée qu’elle est plus mêlée de mica.

Je ne vois pas qu’on puisse attribuer \ d’autres causes qu’au dessèchement et j f mélange du mica et du bitume, cette sécl ij resse des ardoises et des schistes qui se i connoît jusque dans leurs molécules; jii j’imagine que comme elles sont mêlées , particules micacées en assez grande qua jji tité, chaque paillette de mica aura dû atti | l’humidité de chaque molécule d’argile, | que le bitume, qui se refuse à toute huné dité, aura pu durcir l’argile au point de iti changer en schiste et en ardoise : dès IJ | les molécules d’argile seront demeurées! |a ches , et les schistes composés de ces moi t] cules desséchées et de celles du mica auroijal acquis assez de dureté pour être, comme 1 jtii bitumes, impénétrables à l’eau; car, ind §i

idamment de l'humidité que les micas t dû tirer de l’argile, on doit encore obver qu’étant mêlés en quantité dans tous schistes et ardoises , le seul mélange de . particules sèches, qui paroît être moins ime qu’abondant, a du laisser de petits les par lesquels l’humidité contenue dans molécules d’argile a pu s’échapper.

Cetle quantité de mica que contiennent ardoises me semble leur donner quelques )ports avec les talcs ; et si l’argile fait le ids de la matière de l’ardoise , on peut lire que le mica en est l’alliage et lui me la forme : car les ardoises se délitent, nme le talc, en feuilles minces ; elles paripent de sa sécheresse, et résistent de me aux impressions des élémens hudes ; enfin elles se changent également verre brun par un feu violent. L’ardoise ’oît donc participer de la nature de ce •re primitif : on le voit en la considérant entivement au grand jour ; sa surface isente une infinité de particules micacées, utant plus apparentes que l’ardoise est de illeure qualité.

La bonne ardoise ne se trouve jamais is les premières couches du schiste : les (ioisières les moins profondes sont à trente quarante pieds ; celles d’Angers sont à px cents. Les derniers lits de l’ardoise , nme ceux de l’argile, sont plus noirs que premiers ; cette ardoise noire des lits inieurs, exposée à l’air pendant quelque nps, prend néanmoins, comme les autres, (couleur bleuâtre que nous leur commisus et que toutes conservent très-longpps; elles ne perdent cette couleur bleue fie pour en prendre une plus tendre d’un inc grisâtre , et c’est alors qu’elles brillent j tous les reflets des particules micacées relies contiennent, et qui se montrent lutant plus , que ces ardoises ont été anijnnement exposées aux impressions de

L’ardoise ne se trouve pas dans les argiles plies et pénétrées de l’humidité des eaux,

Iis dans les schistes, qui ne sont eux- :mes qne des ardoises grossières. Les miires d’ardoises s’annoncent ordinairement r un lit de schiste noirâtre de quelques lices d’épaisseur, qui se trouve immédianent sous la couche de terre végétale. Ce îmier lit de pierre schisteuse est divisé r un grand nombre de fentes verticales , jlmme le sont les premiers lits des pierres j caires , et l’on peut également en faire du Ipellon : mais ce schiste, quoique assez i r, u’est pas aussi sec que l’ardoise ; il est

même spongieux et se ramollit par l’humidité lorsqu’il y est long-temps exposé. Les bancs qui sont au dessous de ce premier lit ont plus d’épaisseur et moins de fentes ver? ticales; leur continuité augmente avec leur masse à mesure que l’on descend, et il n’est pas rare de trouver des bancs de cette pierre schisteuse de quinze ou vingt pieds d’epaisseur sans délits remarquables. La finesse du grain de ces schistes, leur sécheresse, leur pureté, et leur couleur noire, augmentent aussi en raison de leur situation à de plus grandes profondeurs; et d’ordinaire c’est au plus bas que se trouve la bonne ardoise.

L’on voit sur quelques-uns de ces feuillets d’ardoise des impressions de poissons à écailles , de crustacés , et de poissons mous, dont les analogues vivans ne nous sont pas connus , et en même temps on n’y voit que très-peu ou point de coquilles. C eS deux faits paroissent, au premier coup d’œil, difficiles à concilier, d’autant que les argiles, dont on ne peut douter que les ardoises ne soient au moins en partie composées, contiennent une infinité de coquilles, et rarement des empreintes de poissons. Mais on doit observer que les ardoises, et surtout celles où l’on trouve des impressions de poissons, sont toutes situées à une grande profondeur, et qu’en même temps les argiles contiennent une plus grande quantité de coquilles dans leurs lits supérieurs que dans les inférieurs , et que même , lorsqu’on arrive à une certaine profondeur, on n’y trouve plus de coquilles. D’autre part, on sait que le plus grand nombre des coquillages vivans n’habitent que les rivages ou les terrains élevés dans le fond de la mer, et qu’en même temps il y a quelques espèces de poissons et de coquillages qui n’en habitent que les vallées, à une profondeur plus grande que celle où se trouvent communément tous les autres poissons et coquillages. Dès lors on peut penser que les sédimens argileux qui ont formé les ardoises à cette plus grande profondeur n’auront pu saisir en se déposant que ces espèces , en petit nombre, de poissons ou de coquillages qui habitent les bas-fonds, tandis que les argiles qui sont situées plus haut que les ardoises auront enveloppé tous les coquillages des rivages et des hauts-fonds, où ils se trouvent en bien plus grande quantité r.

Il se trouve aussi , quoique rarement, des poissons pétrifiés dans les substances calcaires au des > sus des montagnes ; mais les espèces de ces poissons ne sont pas inconnues ou perdues, comme celles qui se trouvent dans les ardoises. M* Ferber rap-

MINÉRAUX

Nous ajouterons aux propriétés de l’ardoise que, quoiqu’elle soit moins dure que la plupart des pierres calcaires, il faut néanmoins employer la masse et les coins pour la tirer de sa carrière ; que la bonne ardoise ne fait pas effervescence avec les acides , et qu’aucune ardoise ni aucun schiste ne se réduit en chaux, mais qu’ils se convertissent par un feu violent en une sorte de verre brun , souvent assez spumeux pour nager sur l’eau. Nous observerons aussi qu'avant de se vitrifier ils brûlent en partie, éu exhalant une odeur bitumineuse; et enfin que quand on les réduit en poudre, celle de l’ardoise est douce au toucher comme la poussière de l’argile séchée, mais que cette poudre d’ardoise détrempée avec de l’eau ne reprend pas en séchant sa dureté, ni même autant de consistance que l’argile.

Le même mélange de bitume et de mica qui donne à l'ardoise sa solidité fait en même temps qu’elle ne peut s’imbiber d’eau ; aussi lorsqu’on veut éprouver la qualité d une ardoise, il ne faut qu’en faire tremper dans l’eau le bord d une feuille suspendue verticalement : si l’eau n’est pas pompée par la succion capillaire, et qu’elle n humecte pas l’ardoise au dessus de son niveau, on aura la preuve de son excellente qualité; car les mauvaises ardoises, et même la plupart de celles qu’on emploie à la couverture des bâti mens, sont encore spongieuses et s’imbibent plus ou moins de l'humidité,’ en sorte que la feuille d’ardoise dont le bord est plongé dans l’eau s humectera à plus ou moins de hauteur en raison de sa bonne ou mauvaise qualité. La bonne ardoise peut se polir, et on en fait des tables de toutes dimensions; on en a vu de dix à douze pieds en longueur sur une largeur proportionnée.

Quoiqu’il y ait des schistes plus ou moins durs, cependant on doit dire qu'en général ils sont encore plus tendres (pie l'ardoise, et (pie la plupart sont d’une couleur moins foncée. Ils 11e se divisent pas en feuillets

porte qu’on trouve dans la collection de M. Mor^ni de Vérone le poisson ailé et quelques poissons du Brésil , qui ne vivent ni dans la Méditerranée ni dans le golfe Adrialique ; la pinne marine, tles os d’animaux, des plantes exotiques pétrifiées et imprimées sur un schiste calcaire, toutes tirées de la montagne du Véronois appelée Monle-Bolcu. ( Lettres sur la minéralogie , par M. Fer ber, page 27.)

Observons que ces poissons, dont les analogues vivans existent encore , n’ont été pétrifiés que bien long-temps après ceux dont les espèces sont perdues : aussi se trouvent-ils au dessus des montagnes, tandis que les autres ne se trouvent que dans les ardoises à de grandes profondeurs.

aussi minces que l’ardoise, et néanmoins contiennent souvent une plus grande qua tité de mica: mais l'argile qui en fait fonds est vraisemblablement composée ' molécules grossières, et qui, quoiqu en par desséchées, conservent encore leur quai spongieuse et peuvent s’imbiber d’eau; bien leur mica, plus aigre et moins atiéim n’a pas acquis, en s’adoucissant, cette tt dance à la conformation lalqtieuse ou fer letée qu’il paroit communiquer aux i doises ; aussi lorsqu'on réduit le srhi.-de lames minces, il se détériore à l’air, et peut servir aux mêmes usages (pie l’ardoi, mais on peut l’employer en masses épais pour bâtir.

J’ai dit que les collines calcaires avoié l’argile pour hase, el j'ai entendu non setr meut les glaises ou argiles molles commun mais aussi les schismes ou argiles desséché La plupart des montagnes calcaires s posées sur l’argile ou sur le schiste. « ] montagnes, dit M. Ferber, de la Styrie i 1 > riettre, de toute la Carniole , et jusq Vienne en Autriche, sont formées de c< cites horizontales plus ou moins épaisses (. pierre c lcaire) , entassées les unes sur autres, et uni pour hase un véritable scltii argileux . c’est-à-dire une ardoise bleue noire, ou bien un schiste de eo/v/entéla: de quartz e! de mica, pénétré d’une pel partie d’argile. J ai en, dit il, presque chaque pas I occasion de me convaincre ( ce schiste s’étend sans interruption sous montagnes calcaires: quelquefois même le voit à découvert s'élèverait dessus du de terre; mais lorsqu’il s’est montré pend un certain temps, il s’enfouit de nouv sous la pierre calcaire. »

L’argile, ou sous sa propre forme, ou s celle d ardoise et de schiste, compose di la première terre, et forme les prend < couches tpii aient été transportées, et c posées par les eaux ; et ce fait s’unit à t les autres pour prouver que les matic vitrescibles son! les substances première:! priini ives, puisque l’argile formée de h débris est la première terre qui ait coin la surface du globe. Nous avons vu de ] que c’est dans cette terre que se trouv généralement les coquilles d’espèces anci nés, comme c’est aussi Sur les ardoises (pi voit les empreintes des poissons ineon qui ont appartenu au premier Océan. Aj tons à ce> grands faits une obs rvation : moins imp riante, et qui rappelle a la et l'époque de la formation des com d’atgile et les grands utouveuieus qui b

DES SCHISTES ET DE L’AEDOTSEï

ersoient encore alors la nature ; c’est un grand nombre de ces lits de schistes d’ardoises 11e paroissent s’ètre inclines e par violence, ayatti été déposés sur les l'es des grandes cavernes avant cjue leur issemenl ht pencher les masses dont elles ieni surmontées, tandis que les couches

calcaires, déposées plus tard sur la terre affermie , offrent rarement de l’inclinaisoni dans leurs bancs, qui sont assez généralement horizontaux, ou beaucoup moins inclinés que ne le sont communément les lits des schistes et des ardoises.

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, usQu’rcr nous n’avons parlé que des mae, es qui appart iennent à la première nai î : le quartz, le jaspe, les porphyres, les / lises, produits immédiats du feu primitif; !gres , les argiles, les ardoises, détrimens “pes premières substances, et qui, qttoi- : transportés, pénétrés, figurés par les 11 x, et même mélangés des premières profilons de ce second élément , n’en appar- " tient pas moins à la grande masse pri- ' .ve des matières vitreuses , lesquelles,

1. > cette première époque, composoient ' es le globe entier. Maintenant cousidé- 5 les matières calcaires qui se trouvent li grande quantité et en tant d’endroits cette première surface du globe , et qui e! proprement l’ouvrage de l’eau même Ln produit immédiat. C’est dans cet élét que se sont en effet formées ces sulice:s qui n’existoieiii pas auparavant . qui ''|t pu se produire que par l’intermede de ' 1 , et qui non seulement ont été traits-

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ees, entassees, et disposées par ses Kemens. mais même ont été combi- ! , composées , et produiies dans le sein

fil me1'

j jette production d’une nouvelle substance Ureuse par le moyen de l’eau est un des j étonnans ouvrages de la nature, et en te temps un des plus universels; il lient fj général ion la plus immense peut -être f ille ait enfantée dans sa première l’écon- " : cette génération est celle des coquii- Ij, des madrépores, des coraux, et de Ls les especes qui filtrent le suc pierreux produisent la matière calcaire, sans que 11 autre agent , nulle autre puissance parti- 'Hre de la nature puisse ou ait pu former Ll( j substance. La multiplication de ces . taux à coquilles est si prodigieuse, qu’en 1 oncelant ils élèvent encore aujourd’hui '!! aille endroits des récifs, des bancs, des I s-fonds, qui sont les sommets des e 1- > sous-marines, dont la ba.se et la masse

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