CRAIE
sont également formées de l’entassement de leurs dépouilles ». Et combien dut être encore plus immense le nombre de ces ouvriers du vieil Océan dans le fond de la mer universelle, lorsqu’elle saisit tous les principes de fécondité répandus sur le globe animé de sa première chaieur !
Sans cet e réflexion, pourrions-nous soutenir la vue vraiment accablante des masses de nos montagnes calcaires , entièrement: composées de celte matière toute formée des dépouilles de ces premiers habitaus de la mer? Nous en voyons à chaque pas les prodigieux amas ; nous en avons ci- jà recueilli mille preuves 2 : chaque contrée peut en offrir de nouvelles, et les articles suivans les confirmeront encore par un plus grand développement
Nous commencerons par la craie , non qu’elle soit la plus commune ou la plus noble des substances calcaires, mais parce que de ces matières , qui toutes également tirent leur origine des coquilles, la craie doit en être regardée comme le premier détriment dans lequel cette substance cocjuilh-u.se est encore toute pure, sans mélange d’autre matière, et sans aucune de ces nouvelles formes de cristallisation spalhique que la stillation des eaux donne à la plupart des pierres calcaires; car, en réduisant des coquilles en
1. Cette multitude d’ües basses et de bancs sur lesquels se perdit le navigateur Roggewein , ont été revus et reconnus par MM. Byron cl Cook; toutes ces liés ne sont soutenues que par des bancs de corail , élevés du fond de la mer jusqu’à sa surface. Ce fuit étonnant a été si bien vu par ces bons observateurs , qu’on ne peut le révoquer en doute. Voyez de plus toutes les relations des navigateurs, sur les sondes tombées sur des rochers de coquîliages, et sur les cables et grelins des ancres coupés contre les récifs de madrépores et de coraux.
2. Voyez tous les articles de la Théorie de la terre et des /'retires, sur les carrières et les montagnes composées de coquillages et autres dépouilles des productions marines.
>. Voyez eu particulier tes articles de la Pierre calcaire et du Marbre.
hvrvos. II,
MINERAUX
poudre, on aura une matière semblable à celle de la craie pulvérisée.
Il a donc pu se former de grands dépôts de ces poudres de coquilles, qui sont encore aujourd’hui sous cette forme pulvérulente , ou qui ont acquis avec le temps de la consistance et quelque solidité : mais les craies sont en général ce qu’il y a de plus léger et de moins solide dans ces matières calcaires , et la craie la plus dure est encore une pierre tendre; souxent, au lieu de se présenter en masses solides, la craie n’est qu’une poussière sans cohésion, surtout dans ses couches extérieures. C’est à ces lits de poussière de craie qu’on a souvent donné le nom de marne : mais je dois avertir, pour éviter toute confusion , que ce nom ne doit s’appliquer qu’à une terre mêlée de craie et d’argile, ou de craie et de terre limoneuse, et que la craie est au contraire une matière simple, produite par le seul détriment des substances purement calcaires.
Ces dépôts de poudre coquilleuse ont formé des couches épaisses et sou vent tresétendues, comme on le voit dans la province de Champagne, dans les falaises de Normandie, dans l’Ile-de-France, à la Roche- Guyon, etc. ; et ces couches composées de poussières légères, ayant été déposées les dernières, sont exactement horizontales, et prennent rarement de l’inclinaison, même dans leurs lits les plus bas, où elles acquièrent plus de dureté que dans les lits supérieurs. Cette même différence de solidité s’observe dans toutes les carrières anciennement formées par les sédimens des eaux de la mer. La masse entière de ces bancs calcaires étoit également molle dans le commencement; mais les couches inférieures, formées avant les autres, se sont consolidées ; les premières ; et en même temps elles ont reçu par infiltration toutes les particules pierreuses que l’eau a détachées et entraînées des lits supérieurs. Cette addition de substance a rempli les intervalles et les pores des pierres inférieures, et a augmenté leur densité et leur dureté à mesure qu’elles se formoient et prenoient de la consistance par la réunion de leurs propres parties. Cependant la dureté des matières calcaires est toujours inférieure à celle des matières vitreuses qui n’ont point été altérées ou décomposées par l’eau. Les substances coquilleuses dont les pierres calcaires tirent leur origine sont, par leur nature, d’une consistance plus molle et moins solide que les matières vitreuses ; mais quoiqu’il n’y ait point de pierres calcanes aussi dures que le quartz ou les jaspes,
quelques-unes, comme les marbres, le so néanmoins assez pour recevoir un beau po La craie même, la plus durcie, n’est si ceptible que du poli gras que prennent i matières tendres, et se réduit au moine effort en une poussière semblable à la pc dre des coquilles; mais quoiqu’une grau partie des craies ne soit en effet que le c bris immédiat de la substance des coquill on ne doit pas borner à cette seule cause production de toutes les couches de car qui se trouvent à la surface de la terre : el ont, comme les sables vitreux, une doul origine ; car la quantité de la matière i quilleuse réduite en poussière s’est consitj rablement augmentée par les détrimens les exfoliations qui ont été détachés de surface des masses solides de pierres d caires par l’impression des élémens humid L’établissement local de ces masses calcaf paroît en plusieurs endroits avoir préci celui des couches de craie. Par exemple , grand terrain crétacé de la Cdiam pagne ce mence au dessous de Troyes et finit au d de Rethel ; ce qui fait une étendue d’en ron quarante lieues, sur dix ou douze largeur moyenne; et la montagne de Reij qui fait saillie sur ce terrain, n’est pas! craie, mais de pierre calcaire dure ; il est de même du mont Aimé , qui est ni au milieu de ces plaines de craie , et qui; également composé de bancs de piej dures très-différentes de la craie, et qui s . semblables aux pierres des montagnes situ de l’autre côté de Vertus et de Bergèif Ces montagnes de pierre dure paroisîl-f donc avoir surmonté de tout temps les 1 f lines et les plaines où gisent actuellement il craies , et des lors on peut présumer que r couches de craie ont été formées, du mer en partie, par les exfoliations et les po {' sières de pierre calcaire que les élémens if mides auront détachées de ces montagne et que les eaux auront entraînées dans fl1 lieux plus bas où gît actuellement la crj | Mais cette seconde cause de la producf P des craies est subordonnée à la première | même dans plusieurs endroits de ce gri | terrain crétacé la craie présente sa premi | origine, et paroît purement coquilleu ’f elle se trouve composée ou rempli : de f1 quilles entières parfaitement conserve!1 comme on le voit à Courtagnon et ailleüf en sorte qu’on ne peut douter que l’étab jf semenl local de ces couches de craies nièl 111 de coquilles ne se soit fait dans le sein (I la mer et par le mouvement de ses ea c D’ailleurs on trouve souvent les dépôts 1