DE LA MARNE
grande quantité de nitre. Il en est de me de l’eau des rivières et de la plupart fontaines , au lieu que les eaux pluviales plus pures , et recueillies en plein air c précaution pour éviter tout mélange, ment, après l’évaporation, une poudre •euse très-fine , d’une saveur sensiblement :e, et du même goût que le sel marin. Il est de même de la neige; elle contient >i du sel marin, comme de l’eau de pluie, ; mélange d’autres sels , tandis que les x qui coulent sur les terres calcaires ou étales ne contiennent point de sel marin, s du nitre. Les couches de marnes stratis dans les vallons, au pied des montas , sous la terre végétale , fournissent du •être , parce que la pierre calcaire et la e végétale, dont elles tirent leur origine, contiennent. Au contraire, les pelotes
qui se trouvent dans les fentes ou dans les joints des pierres et entre les lits des bancs calcaires ne donnent, au lieu de nitre, que du sel murin, parce qu’elles doivent leur formation à l’eau pluviale tombée immédiatement dans ces fentes , et que cette eau ne contient que du sel marin, sans aucun mélange de nitre; au lieu que, les craies, les marnes, et les tufs amassés au bas des collines et .dans les vallons étant perpétuellement baignés par des eaux qui lavent à chaque instant la grande quantité de plantes dont la superficie de la terre est couverte et qui arrivent par conséquent toutes chargées et imprégnées du nitre qu’ils^ ont dissous à la superficie de la terre , ces couches reçoivent le nitre d’autant plus abondamment que ces mêmes eaux y demeurent sans écoulement et presque stagnantes.
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DE LA PIERRE CALCAIRE
iA formation des pierres calcaires est l’un plus grands ouvrages de la nature; quelbrute que nous en paroisse la matière , ;t aisé d’y reconuoître une forme d’orgation actuelle , et des traces d’une orgation antérieure, bien plus complète dans parties dont cette matière est originairëît composée. Ces pierres ont en effet été nitivemenl formées du détriment des uilles, des madrépores, des coraux, et ouïes les autres substances qui ont servi iveloppe ou de domicile à ces animaux liment nombreux, qui sont pourvus des mes nécessaires pour cette production de ière pierreuse : je dis que le nombre de inimaux est immense , infini , car l’imaition même seroit épouvantée de leur ntité, si nos yeux ne nous en assuroient en nous démontrant leurs débris réunis grandes masses, et formant des collines, montagnes, et des terrains de plusieurs es d’étendue. Quelle prodigieuse pullum ne doit-on pas supposer dans tous les uaux de ce genre! quel nombre d’eses ne faut-il pas compter , tant dans les uillages et crustacés actuellement exis- > que pour ceux dont les especes ne sub- 'nt plus , et qui sont encore beaucoup » nombreux ! enfin combien de temps et l nombre de siècles n’est-on pas forcé [Imettre pour l’existence successive des et des autres ! Rien ne peut satisfaire
notre jugement à cet égard , si nous n’admettons pas une grande antériorité de temps pour la naissance des coquillages avant tous les autres animaux, et une multiplication non interrompue de ces mêmes coquillages pendant plusieurs centaines de siècles : car toutes les pierres et craies disposées et déposées en couches horizontales par les eaux de la mer ne sont en effet formées que de ces coquilles ou de leurs débris réduits en poudre; et il 11’existe aucun autre agent, aucune autre puissance particulière dans la nature nui puisse produire la matière calcaire, do.:i nous devons par conséquent rapporter la première origine à ces êtres organisés.
Mais dans les amas immenses de cette matière, toute composée des débris des animaux à coquilles , nous devons d’abord distinguer les grandes couches, qui sont d’ancienne formation , et en séparer celles qui , ne s’étant formées que des détrimeus des premières, sont, à la vérité, d’une même nature, mais d’une date de formation postérieure ; et l’on reconnoîtra toujours leurs différences par des indices faciles à saisir. Dans toutes les pierres d’ancienne formation il y a toujours des coquilles ou des impressions de coquilles et de crustacés très- évidentes , au lieu que dans celles de formation moderne il n’y a nul vestige, nulle figure de coquilles. Ces carrières de pierres para-
sites, formées du détriment des premières , gisent ordinairement au pied ou à quelque distance des montagnes et des collines dont les anciens bancs ont été attaqués dans leur contour par l'action de la gelée et de l'humidité : les eaux ont en ni e entraîné et déposé dans les lieux plus bas toutes les poudres et les graviers détachés des bancs supérieurs; et ces débris stratifiés les uns sur les autres par le transport et le sédiment des eaux ont formé ces lits de pierres nouvelles où l’on ne voit aucune impression de Coquilles, quoique ces pierres de seconde formation soient, comme la pierre ancienne, entièrement composées de substance coquilleuse.
El dans ces pierres de formation secondaire on peut encore en distinguer de plusieurs dates différentes , et plus ou moins modernes ou récentes : toutes celles , par exemple, qui contiennent des coquilles fluviatiles, comme on en voit dans la pierre qui se tire derrière 1 Hôpital général à Paris, ont été formées par des eaux vives et courantes, long-temps apres que la mer a laissé notre continent à découvert; et néanmoins la plupart des autres, dans lesquelles ou ne trouve aucune de ces coquihes fluviatiies, sont encore plus récentes. Yoila donc trois dales de formation bien distinctes : la première et plus ancienne est celle de la formation des pierres dans lesquelles on voit des coquilles ou des impressions de coquilles marines, et ces anciennes pierres ne présentent jamais des impressions de coquilles terrestres ou fluviatiies; la seconde formation est celle de ces pierres mêlées de petites vis et limaçons fluviatiies ou terrestres; et ia troisième sera celle des pierres qui , ne contenant aucunes coquilles marines ou terrestres , n’ont été formées (pie des détrimens et des débris réduits en poussière des unes ou des autres.
Les lits de ces pierres de seconde formation ne sont pas aussi étendus ni aussi épais que ceux des anciennes et premières couches dont ils tirent leur origine ; et ordinairement les pierres elles-mêmes sont moins dures , quoique d’un grain plus fin ; souvent aussi elles sont moins pures, et se trouvent mélangées de différentes substances que l’eau a rencontrées et charriées avec la matière de pierre *. Ces lits de pierres nouvelles ne
i. Dans une carrière de cette espèce, dont la pierre est blanche et d’un grain assez fin , située à Condat , près d’Agen, on Irouve non seulement des pyrites , mais du charbon de bois brûlé, qui a conservé sa nature de charbon. Voici ce qne in’en a écrit M. de La Ville de Lacépède, par sa lettre du 7 novembre 1776 '• « La carrière de Condat, autant
sont, dans la réalité, que des dépôts sen j't[ blables à ceux des incrustations, et chacuê iln de ces carrières parasites doit être regardent) comme une agrégation d’un grand nombi ein d’incrustations ou concrétions pierreusej iért superposées et stratifiées les unes sur les at u’i 1res. Elles prennent avec le tenq s plus <j re moins de consistance et de dureté , suivai 11 leur degré de pureté, ou selon les mélangi ? qui sont entrés dans leur composition. Il ® a de ces concrétions, tell s que les albâtre b qui reçoivent le poli ; d’autres qu’on pet ni comparer à la craie par leur blancheur < leur légèreté; d’autres qui ressemblent pki 11 au tuf. Ces lits de pierre de seconde et d « troisième formation sont ordinairement si ta parés les uns des autres par des joinis ci s délits horizontaux assez larges, et qui soi n remplis d’une maiiere pit-rreuse, moins pur " et moins liée, que l’on nomme boiuin , tau c dis que, dans les pierres de première formation, les délits horizontaux sont rempli de spalh. On peut encore remarquer que dans les pierres de première formation, ; y a plus de solidiié, plus d’adhérence en l r les grains, dans le sens horizontal que dan le sens vertical; en sorte qu’il est plus ais de les fendre ou causer verticalement qu'lui rizontalement, au lieu (pie, dans les pierre de seconde <t troisième formation, il est* peu près également aisé de les travailler dan tous les sens. Enfin, dans les pierres d’atî cienne formation, les bancs ont d’autant plu
qu’on en peut juger, occupe un arpent de terre, ej paroit s’étendre à une assez grande profondeur quoiqu’elle n’ait été encore exploitée qu’à celle di j deux ou trois toises: les couches supérieures son] fort minces et divisées par un grand nombre A fentes perpeudicu aires ; elles sont moins dures qu celtes qui sont situées plus bas. Cette pierre ni! contient aucune impression de coquilles , mais elli renferme plusieurs matières hétérogènes, comini du silex entre les couches, et meme dans les fciiàji perpendiculaires, des pyrites qui sont comine in corporées avec la substance de la pierre, et enfin des morceaux de charbon. Vous pourrez, monsieur voir par vous-mème la manière dont ces matièra étrangères y sont renfermées, en jetant les yeui sur les morceaux de pierre que je vais avoir Thon neur de vous envoyer au Jardin du Roi, et qiHt vous m’aviez demandés.... J’ai trouvé aussi da pyrites enchâssées dans fies pierres d’une carrier# voisine de celle de Coudât, ayant la même composition intérieure, et ne contenant point de coquilles; ces deux carrières occupent les deux cotés d’un très-petit vallon qui les sépare, et sont à peu près à la même hauteur.... et toutes deux sont silures au bas de plusieurs montagnes dont les sommets sont composés de pierres calcinables d'ancien* formation , et d’un grain bien moins fin que celui des pierres de Condat , qui seules ont cette hlau» cheur éclatante et cette facilité h recevoir un beau poli qui les font employer à la place du marbre. » '
MINÉRAUX