‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 150 sur 235 · PYRITES ET MARCASSITES · texte numérisé non relu

PYRITES ET MARCASSITES

Nous avons déjà parlé de la formation des pyrites martiales 2; mais nous n’avons pas indiqué les différentes et nombreuses concrétions qui proviennent de leur décomposition. Ces pyrites contiennent une plus ou moins grande quantité de fer, et qui fait souvent un quart, un tiers, et quelquefois près d’une moitié de leur masse : le surplus de leur substance est, comme nous l’avons dit, la matière du feu fixé par l’acide vitriolique; et plus elles contiennent de fer, plus elles sont dures et plus elles résistent à l’action des éléments qui peuvent les décomposer. Nos observateurs en minéralogie prétendent s’être assurés que quand la décomposition de ces pyrites s’opère par la voie humide, c’est-à-dire par l’action de l’air et de l’eau , cette altération commence par le centre de la masse pyriteuse, au lieu que si c’est par le feu qu’elles se décomposent, les parties extérieures de la pyrite sont les premières altérées, et celles du

4 La pesanteur spécifique du volfran noir est de 71 193 ; celle du mispickel ou pyrite arsenicale, de 63223 ; celle du tungstein blanc d’Altemberg , de 58025 ; celle du tungstein de Suède , de 49088 ; et celle du volfran doux , de 41180. Tables de M. Brisson.

2 Voyez dans ce volume de la Théorie de la Terre , lustoire des Minéraux , l'article PyriU martiale.

DES MINÉRAUX

centre les dernières. Quoi qu’il en soit , les pyrites exposées à l’air perdent bientôt leur dureté et même leur consistance : elles ne sont point attirables à l’aimant dans leur état primitif, non plus que dans «elui de décomposition ; preuve évidente que , dès leur première formation , le fer qui leur sert de base était lui- même décomposé , et dans un état de rouille ou de chaux produite par l’impression des éléments humides. Les pyrites martiales doivent donc être regardées comme les premières et les plus anciennes concrétions solides du fer, formées par l’intermède de l’eau.

Les pyrites qui se présentent sous une forme cubique et à faces planes contiennent plus de fer, et résistent plus à l’action des éléments humides que les pyrites globuleuses, parce que ces dernières sont composées de moins de fer et des principes du soufre en plus grande quantité que les premières. Toutes ces pyrites, en se décomposant, donnent naissance à plusieurs mines de fer de dernière formation , et produisent les enduits brillants et pyriteux des coquilles, des poissons et des bois enfouis dans la terre.

Lorsque lespyrites martiales sontmêlées d’arsenic en quantité sensible, on leur donne le nom de marcassites. En général, les marcassites, comme les pyrites , ne contiennent le fer que dans son état de rouille ou de décomposition par l'humidité qui a détruit sa propriété magnétique : souvent ces pyrites arsenicales sont mêlées de différents métaux ; et parmi ces marcassites mélangées de différents métaux, on remarque celles qui sont couleur d’or, que l’on trouve en Italie * et au cap Vert.

Dans les marcassites qui contiennent autant ou plus de cuivre que le fer, on peut distinguer la marcassite vitrée de Cramer , qui , quoique assez abondante en cuivre, est néanmoins trèsdifficile à fondre ; et à l’égard des marcassites , plus arsenicales que ferrugineuses, nous renvoyons à ce que nous en avons dit à l’article de l* Arsenic2.

4 Cristallograhie, par M. Rotné de Lisle, article Ma r castile couleur d’or.

* Théorie de la Terre , histoire des Minéraux.

GOi

MINE UE FER l* Y LOTI FORME.

Cette concrétion ferrugineuse est indiquée par nos nomenclateurs sous la dénomination de mine brune hé pathique , parce qu’ordinairement elle est d’un brun rougeâtre ou couleur de foie ; mais ce caractère étant purement accidentel , équivoque , et commun à d’autres mines de fer, il m’a paru qu’on devait désigner celle-ci par une dénomination qui la distingue de toutes les autres : je l’appelle mine de fer pyritiforme 9 parce qu’elle se présente toujours sous la forme de pyrite , et que sa substance n’est en eflet qu’une pyrite qui s’est décomposée sans changer de figure. Ces mines se présentent toutes en petites masses plus ou moins concrètes , et qui conservent encore la forme des pyrites qui néanmoins ont perdu leur solidité, leur dureté, leur pesanteur, et qui se sont, pour ainsi dire, désorganisées et réduites en terre ferrugineuse.

Dans ces mines pyritiformes , comme dans les mines spathiques, la concrétion ferrugineuse se présente sous les formes primitives des pyrites et du spath calcaire ; cependant la formation de ces deux mines est très-différente : la dernière s’opère par une infiltration du fer dissous, qui peu à peu prend la place du spath, au lieu que la mine pyritiforme ne reçoit aucune nouvelle matière, etconserve seulementlamême quantité de fer qu’elle contenait dans son état de pyrite ; aussi ces mines pyritiformes sontelles en général bien moins riches en métal que les mines spathiques.

La forme la plus ordinaire de ces concrétions pyritiformes est en cubes isolés ou groupes , c’est-à-dire la même que celle des pyrites qui ont subi ce changement par la déperdition de l’acide et du feu fixe qu’elles contenaient. Les pyrites arrondies ou aplaties, étant aussi sujettes à cette déperdition par l’impression des éléments humides , peuvent former de même des concrétions ferrugineuses qu’on doit mettre au nombre de ces mines pyritiformes : ni les unes ni les autres ne sont attirables à l’aimant , et aucune n’est assez dure pour faire feu contre I acier.

HISTOIRE NATURELLE

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