HISTUIUE r
dureté qu’à l’air , et devient plus aisée à pulvériser . elle forme néanmoins des masses solides qu’il faut broyer sous les pilons d’un bocard, et faire ensuite passer sous une meule pour la réduire enfin en poudre très-fine et bien lavée, qui est alors du plus beau bleu d’azur, et toute préparée pour entrer dans les émaux.
Comme les mines de cobalt sont fort mélangées et très-différentes les unes des autres , et que même l’on donne vulgairement le nom de cobalt à toute mine mêlée de matières nuisibles 1 , et surtout d’arsenic , on e9t forcé de les essayer pour les reconnaître, et s’assurer si elles contiennent en effet le vrai cobalt qui donne au verre le beau bleu. 11 faut dans ces essais rendre les scories fort fluides et très-nettes , pour juger de l’intensité de la couleur bleue que fournit la mine convertie d’abord en chaux et ensuite en verre; on doit donc commencer par la griller et calciner , pour la mettre dans l’état de chaux. Il se trouve, à la vérité, quelques morceaux de minerai où le cobalt est assez pur pour n’avoir pas besoin d’être grillé, et qui donnent leur bleu sans cette préparation; mais ces morceaux sont très-rares, et communément le minerai de cobalt se trouve mêlé d’une plus ou moins grande quantité d’arsenic qu’il faut enlever par la sublimation. Cette opération, quoique très-simple, demande cependant quelques attentions; car il arrive assez souvent que par un feu de grillage trop fort le minerai du cobalt perd quelques nuances de sa belle couleur bleue ; et de même il arrive que ce minerai ne peut acquérir cette couleur, s’il n’a pas été assez grillé pour l’exalter; et ce point précis est difficile à saisir. Les unes de ces mines exigent beaucoup plus de temps et de feu que les autres : ce ne peut donc être que par des essais réitérés et faits avec soin , que l’on peut s’assurer à peu près de la manière dont on doit traiter en grand telle ou telle mine particulière 2.
* La langue allemande a même attaché an mot de cobalt ou cobclt l idée d'un esprit souterrain, malfaisant et malin qui se plait à effrayer et à tourmenter les mineurs ; et comme le minerai de cobalt, à ra:son de l’arsenic qu’il contient, ronge les pieds et les mains des ouvriers qui le travaillent , on a appelé en général cobal to les mines dont l’arsenic fait la partie dominante. Mémoire sur le Cobalt , par M. Saur, dans ceux des Savants étrangers , tome I.
aOn pèse deux quintaux qu’on réduit en poudre grossière; on les met dans un test à rôtir, sous la moufle du fourneau ; on leur donne le degré de chaleur modéré dans le commencement, et de demi-heure en demi-heure on retire le test pour
sATUKLLLE
Dans quelques-unes, on trouve une assez forte quantité d’argent, et même d’or, pour mériter un travail particulier par lequel on en extrait ces métaux. Il faut pour cela ne calciner d’abord la mine de cobalt qu’à un feu modéré; s’il était violent, l’arsenic qui s’en dégagerait brusquement emporterait avec lui une partie de l’argent et de l’or, lequel ne s’y trouve qu’allié avec l’argent L
Mais ces mines de cobalt qui contiennent une assez grande quantité de cet argent mêlé d’or, pour mériter d’être ainsi travaillées, sont trèsrares, en comparaison de celles qui ne sont mêlées que d’arsenic, de fer et de bismuth ; et avant de faire des essais qui ne laissent pas d’être coûteux , il faut tâcher de reconnaître les vraies mi-
refroidir la matière et la mettre en poudre plus line, ce que l'on répète trois et quatre fois, ou jusqu’à ce quelle ne rende plus aucuue odeur d'arsenic.
Le caillou qu il faut joindre à cette matière pour en achever l’essai doit être aussi calciné. On choisit le tilex qui devient blanc par la calcination, et qui ne prend point de couleur tannée. On peut lui substituer un quartz bien crist illin ou un sable bien lavé , qu’d faut ainsi calciner. On divise en deux parties égales le cobalt calciné ; à une de ces parties on joint deux quintaux de cailloux ou de sable, et six quintaux de potasse. Apiès avoir mêlé le tout ensemble , on le met dans un creuset d’essai , que l’on place sur l’aire de la forge devant le souf flet ; aussitôt que le chai bon dont on a rempli le foyer formé avec des briques e;t affaissé, et que le creuset est ronge, on peut commencer à souffler, parce qu'on ne risque rien par rapport au soulèvement du flux. Dès qu’on a soufflé près d’une heure , on peut prendre , avec un fil de Ter froid , un essai de la matière en fusion , et si l’on trouve que les scories soieut tenaces et quelles filent, l’essai est achevé ... on le laisse encore au feu pendant quelques minutes. Quand on a cassé le creuset, on prend ces scories, on les broie et on les lave avec soin pour voir la couleur qu'elles donnent.
Si elle est trop intense, on refait un autre essai avec le second quintal de cobalt qu’on a rôti, et l’on y ajoute trois quintaux de cailloux ou de sable Si la couleur des scories de ce second * ssai est encore trop foncée , on répète ces essais jusqu’à ce qu’on ait trouvé la juste proportion du sable et la couleur qu’on veut avoir. C’est par ce moyen qu'on juge de la bonté du cobalt : car s’il cr lore beaucoup de sable ou de cailloux caicinés , il rend par conséquent beaucoup de couleur, et son prix augmente. Schlutter, Traité delà fonte des mines, tome I, pages ‘235 et 236.
* On met quatre quintaux de cobalt dans un vaisseau plat sous la moufle ; on l’agite , sans discontinuer, pendant la calcination; et quand il ne rend plus d’odeur d’arsenic, on le pèse pour connaître ce qu'il a perdu de son poids ; ce déchet va ordinairement à vingt-cinq on vingt-six pour cent; on fait scorifier ce qui reste avec neuf quintaux de plomb grenaille dont on connaît la richesse en argent ; et lorsque les scor.es sont bien fluides , on verse le tout dans le creux demi-sphérique d'une planche de cuivre rouge qu'on a frottée de craie. Les scories étant refroidies , on les détache avec le marteau du culot de plomb , que l’on met à la coupelle ; on connaît par le bouton d’argent qui i es'e sur la coupelle , et dont on a soustrait l’argent des neuf quintaux de plomb, si ce cobalt mérite d'être traité pour fin. Il convient aussi de faire le départ de ce bouton de coupelle , parce qu’onlinairemene l’argent au'on trouve dans le cobalt recèle un peu d’or. Ulem, p.23f.
DES Ml
nés de cobalt , et de les distinguer de celles qui ne sont que des minerais d’arsenic, de fer, etc. ; et si l’on ne peut s’en fier à cette connaissance d’inspection , il ne faut faire que des essais en petit 1 , sur lesquels néanmoins on ne peut pas absolument compter; car dans la même mine de cobalt, certaines parties du minéral sont souvent très-différentes les unes des autres, et necontiennent quelquefois qu’une si petite quantité de cobalt qu’on ne peut en faire usage2.
La substance du cobalt est plus fixe au feu que celle des demi-métaux, même que celle du fer et des autres métaux imparfaits : aussi vienton à bout de les séparer du cobalt en les sublimanteten les volatilisant par des feux de grillage réitérés. La fixité de cette substance approche
4 Pour éviter la dépense des essais en grand, il faut prendre une portion du cobalt que l’on veut essayer. Ou le pulvérise en poudre très-fine; ensuite on le met dans un creuset large d'ouverture que l'on met dans un fourneau.... Il faut que le feu soit assez fort pour tenir toujours le creuset d’un rouge obscur; mais dès que la matière paraît rouge, on l'agite de deux minutes en deux minutes... Entre chaque agitation on souffle dans le milieu du creuset à petits coups serrés avec un soufflet à main , comme on souffle sur l'antimoine qu'on emploie à purifier l'or.... C’est le moyen le plus prompt de chasser la fumée blanche arsenicale, surtout lorsqu’on n'a pas dessein d’essayer dans la suite ce cobalt pour le fin ; car sans le soufflet, l’arsenic serait fort longtemps à s'évaporer. Quand il reste un peu de matière volatile dans le creuset, le cobalt qu’on y a mis parait s’éteindre, et devient obscur; mais il faut continuer à l’agiter jusqu’à ce qu’il ne répande plus de fumée blanche ni d’odeur d’ail ; alors la calcination est finie... Une once de cobalt ainsi calciné se trouve réduite à environ cinq gros. ..
On met deux gros de ce cobalt calciné dans un petit matras; on y verse une once d’eau- forte, et environ trois gros d’eau commune ; on place le matras sur des cendres très- chaudes .. l’eau-forte se chargera de la partie colorante, si ce minéral en contient, et prendra en une heure ou deux de digestion, une couleur cramoisi sale; c'est la couleur que lui donne toujours le cobalt propre à faire l’azur, surtout s’il tient du bismuth. S’il ne contient pas de parties colorantes, elle restera blanche ; s il tient du cuivre, elle prendra une couleur verte....
Pour tirer la matière bleue du smalt, prenez cent grains de ce cobalt calciné, deux cents grains de sable bien lavé , deux centsgrainsde sel de soude purifié, et vingt à vingt-cinq grains de borax calciné. Après avoir bien mêlé ces matières dans un petit creuset d'essai bien bouché, mettez ce creuset sur l’aire d'une forge, ou encore mieux dans un petit fourneau de fonte carré.... Faites agir le soufflet pendant une bonne demiheure. Il n’y aura aucune effervescence si le cobalt a été bien calciné; laissez ce creuset un demi-quart d’heure dans le feu après la parfaite fusion , sans souffler, pour donner le temps à la mitière vitrifiée de se rasseoir : retirez le creuset et le mettez refroidir à l’air; cassez-le quand il sera froid , vous trouverez toute la matière vitrifiée en un verre bleu-foncé si ce ctbalt a donné une couleur rouge à l’eau forte, ou au moins '•'.e couleur de feuille-morte. Traité de la fonte des mines de Schlutter, tome I, page 238.
2 Une manière courte d'éprouver si une mine de cobalt four- !illa ,le beau bleu, c’est de la fondre dans un creuset avec deux 1 u trois lois son poids de borax, qui deviendra d’un beau bleu ■ ie cobalt sst de bonne qualité. Voyez l’Encyclopédie, article
t'EHAlIX.
de la fixité de for et de l’argent; car le régule de cobalt n’entre pas dans les pores de la coupelle , en sorte que si l’on expose à l’action du feu sur une coupelle un mélange de plomb et de cobalt, le plomb seul pénètre les pores de la coupelle en se vitrifiant, tandis que le cobalt réduit en scories reste sur la coupelle ou est rejeté sur ses bords : ces scories de eobalt étant ensuite fondues avec des matières vitreuses, donnent le bleu qu’on nomme saffre ; et lorsqu’on les mêle à parties égales avec falkali et le sable vitrescible, elles donnent l’émail bleu qu’on appelle smalt.
Le régule de cobalt peut s’allier avec la plupart des substances métalliques; il s’unit intimement avec 1 or et le cuivre, qu il rend aigres et cassants : on ne l’allie que difficilement avec l’argent 1 , leplomb, et même avec l’arsenic, quoique ce sel métallique se trouve toujours mêlé par sa nature dans la mine de cobalt. Il en est de même du bismuth, qui se refuse à toute union avec le régule de cobalt; et quoiqu’on trouve souvent le bismuth mêlé dans les mines de cobalt, il ne lui est point uni d’une manière intime, mais simplement interposé dans la mine de cobalt sans le pénétrer; et au contraire, lorsque le cobalt est une fois joint au soufre par l’intermède des alkalis, son union avec le bismuth est si intime, qu’on ne peut les séparer que par les acides, tandis qu’en même temps le cobalt ne contracte avec le soufre qu’une trèslégère union, et qu’on peut toujours les séparer l’un de l’autre par un simple feu de torréfaction qui enlève le soufre et le réduit en vapeurs.
Le mercure qui mouille si bien l’or et l’argent ne peut s’attacher au cobait ni s’y mêler par la trituration aidée même de la chaleur : ainsi la fixité du régule de cobalt, qui est presque égale à celle de ces métaux, n’influe point sur son attraction mutuelle avec le mercure.
Tous les acides minéraux attaquent ou dissolvent le cobalt à l’aide de la chaleur, et ils produisent ensemble différents sels dont quelques-uns sont en cristaux transparents. L’alkali
4 Si l’on fait fondre ensemble deux parties de cobalt avec une partie d’argent , on trouve l’argent au bas et le cobalt au-dessus , simplement attachés l’un à l’autre; cependaut l’argent devient plus cassant, il est d’une couleur plus grue , et le cobalt est d’une couleur plus blanche qu'auparavant. Le régule de cobalt ne peut donc point s’unir au plomb et à l'argent en toutes proportions, mais seulement en petite quantité, chimie métallurgique de Geller, tome I, page 18f
HISTOIRE NATLRELLE
volalil dissout aussi la chaux du cobalt, et cette dissolution est d’un rouge-pourpre : mais en général les couleurs, dans toutes les dissolutions du cobalt, varient non-seulement selon la différence des dissolvants, mais encore suivant le plus ou le moins de pureté du cobalt, qui n’est presque jamais exempt de minéraux étrangers et surtout de fer et d’arsenic, dont on sait qu’il ne faut qu’une très-petite portion pour altérer ou même changer absolument la couleur de la dissolution.
En France, on a reconnu plusieurs indices de mines de cobalt, et on n’aurait pas dû négliger ces minières : par exemple, les mines d’argent d’Almont en Dauphiné contiennent beaucoup de mines de cobalt qu’on pourrait séparer de l’argent. M. de Grignon assure qu’on a jeté dans les décombres de ces mines peut-être plus de cobalt qu’il n’en faudrait pour fournir toute l’Europe de saffre. Le cobalt se trouve mêlé de même avec la mine d’argent rouge à Sainte-Ma rie-aux- Mines en Lorraine 1 , et il y en a aussi dans une mine de cuivre azurée au village d’Ossenback dans les Vosges2 : on n’a fait aucun usage de ces mines de cobalt. M. de Gensanne dit à ce sujet que comme ce minéral devient rare, même en Allemagne, il serait avantageux pour nous de mettre en valeur une mine considérable, qui se trouva entre la Minera et Notre -Dame-de Coral en Roussillon3. 11 y en a une autre trèsabondante et de bonne qualité, que les Espagnols ont fait exploiter avec quelques succès; elle est située dans fa vallée de Gistau4. M. Bow-
4 Les mines de Sainte-Marie-aux-Mines ont donné , il y a quelques années , de la mine de coba't en si grande quantité qu’on avait fait des dépenses nécessaires pour en fabriquer le smalt; mais cette mine de cobalt s'est appauvrie à mesure que celle d’argent a paru , de manière qu’on n'en trouve pas aujourd'hui assez pour fabriquer cette couleur. Mémoire sur le Cobalt, par M. Saur, dans ceux des Savants étrangers, tom. I.
2 Auprès du village d'Ossenback dans les Vosges il y a une mine de cuivre azur; le filon contient peu de mine en cuivre, mais il rend beaucoup de plomb; ce filon est un quartz noir extrêmement dur, parsemé de mine couleur de lapis, avec quantité (le cobalt. Sur l'exploitation des mines, par M. de Gensanne, Mémoires des Savants étrangers , tome IV, page
441 et suivantes.
3 Cette mine est située auprès du ruisseau qui descend de la côte qui fait face au village de la Minera. La veine a plus de deux toises d’épaisseur, et paraît au jour sur plus d'une lieue de longueur ; cette mine est de la même nature que celle de San-Giomen en Catalogne. Histoire Naturelle du Languedoc, par M. de Gensanne, tome TI, page 161.
4 L’Espagnol qui est propriétaire de cette mine a traité de son produit avec des négociants de Strasbourg, qui l’envoient aux fonderies de Wirtemberg.... Il est étonnant qu’aucun particulier des frontières du royaume n’ait pensé jusqu'à présent à enlever aux Allemands la main-d’œuvre de la prépara¬
is dit que cette mine n’a été découverte qu’au commencement de ce siècle’, et qu’elle n’a encore été travaillée qu’à une petite profondeur ; qu’on en a tiré annuellement cinq à six cents quintaux2 : il a joute qu’en examinant cette mine de Gistau, il a reconnu différents morceaux d’un cobalt qui avait le grain plus fin et la couleur d’un gris bleu plus clair que celui de Saxe; que la plupart de ces morceaux étaient contigus à une sorte d’ardoise dure et luisante avec des taches de couleur de rose sèche, et qu’il n’y avait point de taches semblables sur les morceaux de cobalt 3 .
C’est de la Saxe qu’on a jusqu’ici tiré la plus grande partie du saffre qui se consomme en Europe, pour les émaux, la porcelaine, les faïences, et aussi pour peindre à froid et relever par l’empois la blancheur des toiles. La principale mine est celle de Schneberg; elle est trèsabondante et peu profonde : on assure que le produit annuel de cette mine est fort considérable. Il n’est pas permis d’exporter le cobalt en nature, et c’est après l’avoir réduit en saffre, qu’on le vend à un prix d’autant plus haut qu’il y a moins de concurrence dans le commerce de cette sorte de denrée, dont l’Allemagne a pour ainsi dire le privilège exclusif4.
Cependant il se trouve des mines de cobalt en Angleterre, dans le comté de Sommerset. En Suède, la mine de Tannaberg est d’un cobalt blanc qui, selon M. Demeste, rend par quintal trente-cinq livres de cobalt, deux livres de fer, cinquante cinq livres d’arsenic, et huit livres de soufre5.
Nous sommes aussi presque assurés que le cobalt se trouve en Asie et sans doute dans toutes les parties du monde, comme les autres matières produites par la nature ; car le très-beau bleu des porcelaines du Japon et de la Chine démontre que très-anciennement on y a connu et travaillé ce minéral °.
tion de l'azur. Traité de la fonte des mines de Schluttor, tome I, pages 48 et 49
4 Histoire Naturelle d’Espagne, page 398 efsuiv.
2 II y a une mine dans la vallée de Gistau aux Pyrénées espagnoles, dont le cobalt s’est vendu sortant de la terre jusqu'à quarante livres le quintal , pour la fabrique d azur de W irtemberg. Traité de la fonte des mines de Scblutter, tome I , page 236.
3 Histoire Naturelle d’Espagne , par M. Boxvles, page 399.
4 On trouve beaucoup de cobalt enMisnie, en Bohême, dans la vallée de Joachim-Stalli ; il y en a dans le duché de Wirtemberg , dans le Hartz et dans plusieurs endroits de l'Allemagne.
3 Lettres de M. Demeste, tome II, page 144.
6 Quelques personnes prétendent que c est par un mélange
DES M1NEBAUX
Dans les morceaux de mine de cobalt que l’on rassemble dans les cabinets , il s’en trouve de toutes couleurs et de tout mélange , et l’on ne connaît aucun cobalt pur dans sa mine ; il est souvent mêlé de bismuth, et toujours lamine contient du fer quelquefois mélangé de zinc, de cuivre, et même d’argent tenant or; et presque toujours encore la mine est combinée avec des pyrites et beaucoup d’arsenic. De toutes ces matières , la plus difficile à séparer du cobalt est celle du fer : leur union est si intime, qu’on est obligé de volatiliser le fer en le faisant sublimer plusieurs fois par le sel ammoniac, qui l’enlève plus facilement que le cobalt; mais ce travail ne peut se faire en grand.
On voit des morceaux de minerai dans lesquels le cobalt est décomposé en une sorte de céruse ou de chaux. On trouve aussi quelquefois de l’argent pur en petits filets ou en poudre palpable dans la mine de cobalt ; mais le plus souvent ce métal n’y est point apparent, et d’ailleurs il n’y est qu’en trop petite quantité pour qu’on puisse l’extraire avec profit. On connaît aussi une mine noire vitreuse de cobalt , dans laquelle ce minéral est en céruse ou en chaux, qui paraît être minéralisée par l’action du foie de soufre, dans lequel le cobalt se dissout aisément.