Que les bois secs et légers, lorsqu'ils
sont plongés dans l’eau , s’en remplissent en très-peu de temps ; qu'il ne faut, par exemple , qu'un jour à un petit morceau d’aubier pour se remplir d’eau, au lieu qu'il faut vingt jours à un pareil morceau de cœur de chêne ;
1e. Que le bois de cœur de chêne n'augmente que d'une douzième partie de son
poids total, lorsqu'on l'a plongé dans l'eau au
moment qu'on vient de le couper, et qu'il faut même un très-long temps pour qu'il augmente de cette douzième partie en pesanteur ;
130. Que le bois plongé dans l’eau douce la tire plus promptement et plus abondamment que le bois plongé dans l'eau salée ne tire l’eau salée; -
14°. Que le bois plongé dans l’eau s'imbibe bien plus promptement qu'il ne se dessèche à l'air, puisqu'il n'a fallu que douze jours
- aux morceaux des deux premières expérien-
ces pour reprendre dans l'eau la moitié de toute l'humidité qu’ils avaient perdue par le dessèchement en sept ans, et qu’en vingtdeux mois ils se sont chargés d'autant d’'humidité qu'ils en avaient jamais eu; en sorte, qu’au bout de ces vingt-deux mois de séjour dans l’eau , ils pesaient autant que quand on les avait coupés douze ans auparavant ; :
15°. Enfin, que quand les bois sontentièrement remplis d'eau, ils éprouvent, au fond de l’eau, des variations relatives à celles de l'atmosphère, et qui se reconnaissent à la variation de leur pesanteur ; et quoiqu’on ne sache pas bien à quoi correspondent ces variations , on voit cependant en général que le bois plongé dans l’eau est plus humide lorsque l'air est humide, et moins humide
lorsque l'air est sec, puisqu'il pèse constam -
ment plus dans les temps de pluie que dans les beaux temps.