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tinuait à diminuer , et aurait toujours diminué , Comme je m'en suis assuré en laissant sur pied quelques-uns d’entre eux , si je ne les avais pas fait couper une seconde fois.
Quatre ans se sont écoulés depuis cette seconde coupe, sans qu’il y ait eu de diminution dans l'accroissement , et ces arbres, qui sont plantés dans un terrain qui est en friche depuis plus de vingt ans , et quin'ont jamais été cultivés au pied , ont autant de force, et la feuille aussi verte que les arbres de pépinière : preuvé évidente que la coupe faite à Propos peut suppléer à toute autre cullure. L ,
Les auteurs d'agriculture sont bien éloignés de penser comme nous sur ce sujet ; ils répèlent tous les uns après les autres que , pour avoir une futaie , pour avoir des arbres d'une belle venue , il faut bien se garder de couper le sommet des jeunes plants, et qu'il faut conserver avec grand soin le montant, c'està-dire le jet principal. Ce conseil n'est bon que dans de certains cas particuliers ; mais il est généralement vrai, et je puis l'assurer après un très-grand nombre d’expériences ; que rien n'est plus efficace pour redresser les arbres, et pour leur donner une tige droite et nette, que la coupe faite au pied. J'ai même observé souvent que les futaies venues de graines ou de jeunes plants, n'étaient pas si belles ni si droites que les futaies venues sur les jeunes souches ; ainsi on ne doit pas hésiter à mettre en pratique cette espèce de culture si facile et si peu coûteuse.
Il n’est pas nécessaire d'avertir qu’elle est encore plus indispensable lorsque les jeunes plants ont été gelés, il n'y a pas d'autre moyen pour les rétablir qué de les receper.
On aurait dû , par exemple , receper tous les taillis de deux ou trois ans qui ont été gelés au mois d'octobre 1740 , jamais gelée d'automne n'a fait autant de mal : la seule façon
d'y remédier c’est de couper, on sacrifie trois ans pour n'en pas perdre dix ou douze,
À ces observations générales sur la culture du bois ; qu’il me soit permis de joindre quelques remarques utiles, et qui doivent même précéder toute culture.
Le chène et le hêtre sont les seuls arbres, à l'exception des pins et de quelques autres de moindre valeur, qu’on puisse semer avec succès dans des terrains incultes. Le hètre peut être semé dans des terrains légers, la graine ne peut pas sortir dans une terre
be Étape. :
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DES MINÉRAUX
forte , parce qu'elle pousse au-dehors son enveloppe au-dessus de la tige naissante ; ainsi il lui faut une terre meuble et facile à diviser , sans quoi elle reste et pourrit. Le chêne peut être semé dans presque tous les terrains ; toutes les autres espèces d'arbres veulent être semées en pépinière , et ensuite transpläntées à l’âge de deux ou trois ans.
Il faut éviter de mettre ensemble les arbres qui ne se conviennent pas ; le chêne craint le voisinage des pins, des sapins , des hêtres et de tous les arbres qui poussent de grosses racines dans la profondeur du sol.
En général, pour tirer le plus grand avantage d’un terrain, il faut planter ensemble des arbres qui tirent la substance du fond en poussant leurs racines à une grande profondeur , et d’autres arbres qui puissent tirer leur nourriture Presque de la surface de la terre, comme sont les trembles, les tilleuls , les marseaux et les autres dont les racines s'étendent et courent à quelques pouces seulement de profondeur sans pénétrer plus avant.
Lorsqu'on veut semer du bois ; il faut attendre une année abondante en gl seulement parce qu'ils sont m moins chers , mais encore parce qu'ils ne seront pas dévorés par les oiseaux ,; les mulots et les sangliers , qui, trouvant abondamment à du gland dans les forêts, ne viendront pas attaquer votre semis > ce qui ne manque jamais d'arriver dans des années de disette.
On n'imaginerait pas jusqu’à quel point les seuls mulots peuvent détruire un semis ; j'en 0% avais fait un, il y a deux ans, de quinze à.
seize arpents, j'avais semé au mois de no- à vembre; au bout de quelques jours je m’a- à perçus que les mulots emportaient tous les glands : ils habitent seuls ou deux à deux, ss et quelquefois trois à quatre dans un même trou; je fis découvrir quelques-uns DA :
f de ces + trous , et Je fus épouvanté de voir da a
ns cha- Ccun un demi-boisseau et souvent un boisseau de glands que ces petits animaux avaient ramassés. Je donnai ordre sur-le-champ qu'on dressät dans ce canton un grand nombre de piéges , où ;'pour toute amorce , on mit une “ir <: noix grillée ; en moins de trois semaines de -#,: temps, on m'apporta près de treize cents 4 mulots. Je ne rapporte ce fait que pour faire É voir combien ils sont nuisibles, et par leur nombre et par leur diligence à serrer autant PR
de glands qu'il peut en entrer dans leurs trous. :
ands, noneilleurs et
PET, Le a, ls. IP DS
ARTICLE V. Ré
La La ADDITION AUX OBSERVATIONS PRÉCÉDENTES.
Dans un grand terrain très-ingrat ct mal situé, où rien ne voulait croître, où le chêne, le hêtre et les autres arbres forestiers que J'avais semés n'avaient pu réussir, où tous ceux que j'avais plantés ne pouvaient s élever, parce qu’ils étaient tous les ans saisis par les gelées, je fis planter en 1734 des arbres toujours verts ; savoir, une centaine de petits pins (1), autant d'épicéas et de sapins que j'avais élévés dans des caisses pendant trois ans ; la plupart des sapins périrent dès la première année, et les épicéas dans les années suivantes ; mais les pins ont résisté’, et se sont emparés d'eux-mêmes d’un
assez grand terrain. Dans les quatre ou cinq
premières années leur accroissement était à i ible ; a ni cultivés ni peine sensible; on ne les a ni cultiv
É iè onnés aux soins recepés ; entièrement aband
de la nature, ils ont commencé au bout de dix ans à se montrer en forme de petits buissons ; dix ans apres , Ces buissons ,; devenus bien plus gros , rapportaient des cônes ; dont le vent dispersait les graines au loin; dix ans après , c'est-à-dire au bout de trente ans , ces buissons avaient pris de la tige, et aujourd'hui, en 1774, c'est-à-dire au bout de quarante ans, ces pins forment d'assez grands arbres dont les graines ont peuplé le terrain à plus de cent pas de distance de chaque arbre. Comme ces petits pins venus de graine étaient en trop grand nombre, surtout dans le voisinage de chaque arbre, j'en ai fait enlever un très-grand nombre pour les transplanter plus loin , de manière qu'aujourd'hui ce terrain ; qui contient près de quarante arpents, est entièrement couvert de pins et forme un petit bois toujours vert, dans un grand espace qui de tout temps ai rile.
Déretet aura donc des terres ingrates ï où le bois refuse de croître , et des parties de terrain situées dans des petits vallons en montagne , où la gelée supprime les rejetons des chênes et des autres arbres qui quittent leurs feuilles , la manière la plus sûre et la moins coûteuse de peupler ces terrains , est d'y planter des jeunes pins à vingt ou vingtcinq pas les uns des autres. Au bout de trente ans, tout l’espace sera couvert de pins, et
enr en ntiiegtnment,
(1) Pinus sylvestris genevensis.
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