‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 242 sur 304 · PARTIE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

PARTIE EXPÉRIMENTALE

vingt ans après on Jjouira du produit de la coupe de ce bois, dont la Plantation n'aura presque rien coûté, Et quoique la jouissance de cette espèce de culture soit fort éloignée , la très-petite dépense qu'elle suppose , et la satisfaction de rendre vivantes des terres absolument mortes, sont des motifs plus que suflisants pour déterminer tout père de famille et tout bon citoyen à cette pratique utile pour la postérité; l'intérêt de l'État, et à plus forte raison celui de chaque particulier , est qu'il ne reste aucune terre inculte ; celles-ci, qui de toutes sont les plus stériles, et paraissent se refuser à toute culture, deviendront néanmoins aussi utiles que les autres. Car un bois de pins peut rapporter autant et peut-être plus qu'un bois ordinaire, et, en l'exploitant convenablement , devenir un fonds non-seulement aussi fructueux & mais aussi durable qu'aucun autre fonds de bois.

La meilleure manière d'exploiter les taillis ordinaires est de faire coupe nette , en laissant le moins de baliveaux qu'il est possible; il est très-certain que ces baliyeaux font plus de tort à l'accroissement des tullis, plus de perte au propriétaire qu'ils ne donnent de bénéfice, et par conséquent il y aurait de l'avantage à les tous supprimer, Mais, comme l'Ordonnance prescrit d'en laisser au moins seize par arpent, les gens les plus soigneux de leurs bois, ne pouvant se dis- *

penser de cette servitude mal entendue , ont

au moins grande attention à n’en pas laisser davantage , et font abattre à chaque coupe subséquente ces baliveaux réservés, Dans un bois de pins l'exploitation doit se faire tout autrement ; comme cette espèce d'arbre ne repousse pas sur souche ni des rejetons au loin , et qu'il ne se propage et multiplie que par les graines qu'il produit tous les ans, qui tombent au pied ou sont transportées par le vent aux environs de chaque arbre, ce serait détruire ce bois que d'en faire coupe nette ; il faut y laisser cinquante ou soixante arbres par arpent , ou , pour mieux faire encore , ne couper que la moitié ou le tiers des arbres alternativement , c'est-à-dire éclaircir seulement le bois d’un tiers ou de moitié, ayant soin de laisser les arbres qui portent le plus de graines ; tous les dix ans on fera , pour ainsi dire , une demi-coupé , ou même on pourra, tous les ans, prendre dans ce taillis le bois dont on aura besoin : cette dernière manière , par laquelle on Jouit annuellement d'une partie du produit de son

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