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Re ie DU QUARTZ. 3
Le Quartz est le premier dés verres primitifs ; c’est même la matière première dont on peut concevoir qu'est formée la roche intérieure du globe ; ses appendices extérieurs, qui servent de bases et de noyaux aux plus grandes éminentes dela terre, sont aussi de cette même matière primitive : ces noyaux des plus hautes montagnes se sont trouvés d’abord environnés et couverts des fragments décrépités de ce premier verre , ainsi que des écailles du jaspe, des paillettes du mica et des petites masses cristallisées du feld-spath et du schorl, qui dès-lors ont formé par leur réunion les grandes masses de granite, de porphyre, et de toutes les autres roches vitreuses composées de ces premières matières produites par le feu primitif; les eaux n'ont agi que long-temps après sur ces mêmes fragments et poudres de verre, pour en former les grès, les tales, et lesconvertir enfin par une longue décomposition en argile et en schiste. 11 y a donc eu d’abord , à la surface du globe, des sables décrépités de tous les verres primitifs , et c'est de ces premiérs sables que lés roches vitréuses en grande masse ont été compo: sées ; ensuite ces sables transportés par le mouyernent des eaux, ét réunis par l'intermède de cet élément, ont formé les grès et
les tales ; et enfin ces mêmes sables , par un.
‘long séjour dans l’eau, se sont atténués , ramollis et convertis en argile. Voilà la suite des ältérations et les changements successifs de ces premiers verres; toutes les matières qui en ont été formées avant que leau les eût pénétrées, sont demeurées sèches et du-
res; celles au contraire qui n’ont été pro-
- duites que par l’action de l'éau , lorsque ces -
mêmes verres ont été imbus d'humidité, ont conservé quélque mollesse; car tout ce qui est humide est en même temps mou, c’est-à-
dire moins dur que ce qui est sec ; aussi n'y
at-il de parfaitement solide que ce qui est entièrement sec ; les verres primitifs. et les matières qui en sont composées, elles que les porphyres, les granites, qui toutes ont été produites par le feu, sont aussi dures que sèches ; Les métaux ,»même les plus purs, tels que l'or et l'argent que je regarde aussi
comme des produits du feu, sont de même
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| d'une sécheresse entière (1).
(1) L'expérience m'a démontré que éès métaux ne
Mais toute matière ne conserve sa sécheresse etsa dureté qu'autant qu'elle est à l'abri de l’action des éléments humides , qui dans un temps plus où moins long , la pénètrent , l’altèrent , et semblent quelquefois en changer la nature en lui donnant une forme êxtérieure toute différente de la première. Les cailloux les plus durs, les laves des volcans et ous nos verres factices, se convertissent en terre argileuse par la longue impression de l'humidité de l'air; le quartz et tous les autres verres produits par la nature, quelque durs qu'ils soient, doivent subir la même altération, et se convertir à la longue en terre plus ou moins analogue à l'argile.
Aïnsi le quartz, comme toute autre matière , doit se présenter dans des états différents; le premier en grandes masses dures et sèches, produites Par la vitrification primitive , et telles qu'on les voit au sommet et sur les flancs de plusieurs montagnes ; le second de ces états est celui où le quartz sen présente en petites masses brisées et décré= pitées par le premier. refroidissement; et c'est sous cette seconde forme qu'il est entré dans la composition des granites et de plu- 4 sieurs autres matières vitreuses ; le troisième enfin est celui où ces petiles masses ‘sont | dans un état d’altération ou de décomposi- ; tion , produit par les Vapeurs de la terre où par l'infiltration de l’eau, Le quartz primitif est aride au toucher ; celui qui est altéré par les vapeurs de la terre ou par l’eau, est plus doux ; et celui qui sert de gangue aux mé— taux , est ordinairement onctueux silyena |
SE contiennent aucune humidité dans leur intérieur. Ayant exposé au foyer de mon miroir ardent, à quarante et cinquante pieds de distance , des assiettes d'argent et d'assez larges plaques d'or , je fus d'abord. un peu surpris de les voir fumer long-temps avant de se fondre; cette fumée était assez épaisse pour faire une ombre très-sensible sur le terrain éclairé, comme le miroir, par la lumière du soleil ; elle avait tout l'air d'une vapeur humide > et, s'en tenant à eetté première apparence , on aurait pu penser que ces Mé- | taux contiennent une bonne quantité d'eau; mais ces à mêmes vapeurs étant interceptées, reçues et arrêtées fus. 2} par une plaque d'autre matière , elles l'ont dorée où argentée : ce dernier effet démontre dunc que ces va peurs ; Join d'être aqueuses , sont purement métalli- De ques, et qu'elles ne se séparent de la masse du métal -* que par une sublimation causée par la chaleur du :
foyer auquel il était exposé.
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N DES MINÉRAUX. -
aussi qui est cassant, d'autre qui est feuil- . leté ; ete. Mais l'an des caractères généraux du quartz dur, opaque où transparent, est d'avoir la cassure vitreuse , € est-à-dire par ondes convexes et concaves » également polies et luisantes ; et ce caractère très-marqué suflirait pour indiquer que le quartz est un verre, quoiqu'il ne soit pas fusible au feu de nos fourneaux, et qu'il soit moins transparent et beaucoup plus dur que nos verres factices ; indépendamment de sa dureté ; de sa résistance au feu et de sa cassure vitreuse, il prend souvent un quatrième PS est la cristallisation si connue du crista e roche :0r, le quartz dans son premier an c'est-à-dire en grandes masses produites pat le feu , n’est point cristallisé , et ce n'est qu'après avoir été décomposé par l'impression de l'eau , que ses particules prennent , en se réunissant, la forme des prismes du
d + ainsi rtz , dans ce second état, te par er par stillation de ce
4 ‘un ex .
re RTS plus homogène dans sa propre
ce:
pan est en effet de la même nature
que le quartz, il n’en diffère que op sa forme et par sa transparence 5 tous. eux
tés l'un contre l'autre deviennent lumi- 2 tous deux jettent des étincelles par le ps Dé de l'acier, tous deux résistentà Faction de acides , et sont également réfractaires au fèu ; enfin tous deux sont à peu près de la même densité ; et par conséquent leur sub-
; a même. pr aussi du quartz de seconde formation en petites masses opaques et non cristallisées ,, mais seulement feuilletées et trouées, comme si cette matière de quartz eût coulé dans les interstices et les fentes d’une terre molle qui Jui aurait servi de moule; ce quartz feuilleté n’est qu'une stalactite grossière du quartz en masses, et cette stalactite est composée ; comme le grès ; de grains quartzeux qui ont élé déposés et réunis par l'intermède de l'eau. Nous verrons dans la suite que ce quartz troué sert quelquefois de base aux agates et à d’autres matières du même genre.
M. de Gensanne attribue aux vapeurs de la tèrre , Faltération et même la production des quartz qui accompagnent les filons des métaux ; il a fait sur cela de bonnes observalions et quelques expériences que Je ne puis citer qu'avec éloge. Il assure que ces vapeurs, d'abord condensées en concrétions assez molles, se cristallisent ensuite en quartz :
+ Gest, dit-il ; une observation que j'i sui » e gr san de suite a mine de » Cramäillotr, à nches-les - mine ines en
Franche-Comté ; les Eaux qui suintent à
travers les rochexs de cette mine, forment des stalactites au ciel des travaux, étmême sur les bois , qui ressemblent aux glaçons qui pendent aux toits pendant lhiv , et qui sont un véritable Quartz. Les extrémités de ces stalactites, qui n’ont pas encore
SSI» v y ty
substance grenué, cristalline, qu'on écrase facilement entre les doigts ; et comme c'est “un filon de cuivre, il est pas rare, parmi ces stalactites, d'y en‘voir quelques-unes qui forment de vraies malachites d’un très-beau vert. Lorsque les travaux d’une mine ont été abandonnés , et que les puits sont remplis. d'eau, il n'est pas rare de trouver au bout d'un certain temps, la surface de ces puits plus ou moins eouverte d'une espèce de matière blanche cristallisée, qui est un véritable quartz, c'est-àdire un gurhk-cristallisé, J ’aivu de ces concrétions qui ayaient plus d’un pouce d'épaisseur (1). » LR je
Je ne suis point du tout éloigné de ces idées de M. de Gensanne ; jusqu'à lui les
VIRUS Si SOUS" s, y
physiciens n'attribuaient aucune formation
réelle et solide aux vapeurs de la terré, mais ces observations et celles que M. de Lassone a faites sur l'émail des grès, semblent démontrer que dans plusieurs circonstances lés vapeurs minérales prennent une forme solide et même une consistance très-dure.
Il parait donc que le quartz suivant ses.
différents degrés de décomposition et d'atténuation , se réduit en grains et petites lames qui se rassemblent en masses feuilletée, et que cesstillations plus épurées produisent le cristal de roche ; il paraît de même qu'il passe de l'opacité à la transparence par nuances, comme ,on le voit dans plusieurs montagnes , et particulièrement dans celles des Vosges où M. l'abbé Bexon nous assure avoir observé le quartz dans plusieurs états différents , il y a trouvé des quartz opaques ou laiteux, et d’autres transparents ou demitransparents ; les uns disposés par veines et d’autres par blocs, et même par grandes masses, faisant partie des montagnes ; et tous ces quartz sont souvent accompagnés de leurs cristaux, colorés où non colorés.
! (1) Hist. nat. du Languedoc, tome 2; pages 28 et
suivantes, À
pris une consistance solide , donnent une
LE à Pr
390 HISTÔIRE NATURELLE
M. Guettard a observé les grands rochers de quartz blancs de Chipelu et d'Oursière (1) en Dauphiné ; et il fait aussi mention des quartz des environs d'Alvard dans eette même province. M. Bowles rapporte que dans le terrain de la Nata en Espagne, ily a une veine de quartz qui sort de la terre , s'étend à plus d’une demi-lieue , etse perd ensuite dans k montagne ; il dit avoir coupé un morceau de ce quartz qui. était à demi-transparent et presque aussi fin que du cristal de roche ; il forme comme une bandé ou ruban de quatre doigts de large, entre deux lisières d'un autre quartz plus obseur ; et le long de cette même veine il se trouve des morceaux de quartz couverts de cristaux réguliers dé couleur de lait (2). M. Guettard a trouvé de cristaux sur le quartz en Auvergne ; la plupart de ces cristaux étaient transparents et quelques-uns étaient opaques , bruns et jaunâtres , ordinairement très-distingués les uns des autres , souvent hérissés de beaucoup d'autres cristaux très-petils , parmi lesquels il y en avait plusieurs d’un
- beau rouge de grenat. Il en a vu de même
sur les bancs de granite ; et lorsque ces cristaux sont transparents et violets , on leur donne en Auvergne le nom d’améthyste, et celui d'émeraude lorsqu'ils sont verts (3). Je dois observer ici, pour éviter toute erreur, que VPaméthyste est en effet un cristal de roche coloré , mais que l'émeraude est une ierre très-différente qu'on ne doit pas mettre au nombre des eristaux , parce qu’elle en diffère essentiellement dans sa composition, l'émeraude étant formée de lames superposées, au lieu que le cristal et l’améthyste sont composés de prismes réunis. Et d'ailleurs cette prétendue émeraude ou cristal vert d'Auvergne, n’est autre chose qu'un spath fluor qui est, à la vérité, une substance vitreuse , mais différente du cristal. On trouve souvent du quartz en gros blocs, détachés du sommet ou séparés du noyau des montagnes ; M. Montel, habile minéralogiste, parle de semblables masses qu'il a vues dans les Cévennes au diocèse d'Alais.
« Ces masses de quartz, dit-il, n’affectent » aucune figure régulière, leur couleur est » blanche , et, comme ils n’ont que peu de
ANA Y et
à js, ‘sur la Minéralogie du Dauphiné, pages 30 145.
(2) Hist. nat. d'Espagne, par M. Bowles, tôme 1er, pages 448 et 449.
(3) Mém. de l'Académie des sciences , année 1759.
Eau 0 > à FA - VE
» gercures , ils n’ont été pénétrés d'aucune » terre colorée ; ils sont opaques, et, quand » on les casse , ils se divisent en morceaux » inégaux, anguleux... La fracture répré- » senteune vitrification ; elle est luisante et » réfléchit les-rayons de lumière , surtout si » c'est un quartz cristallin ; car on en trouve » quelquefois de cette espèce parmi ces gros
» morceaux. On ne voit point de quartz
d’une forme ronde dans ces montagnes, äl » ne s'en trouve que dans’ les rivières
» dans les ruisseaux , et il m'a pris cette » forme qu'à force de rouler dans le sa » ble (4). »
Ces quartz en morceaux arrondis et roulés
que l'on trouve dans le lit et les vallées des rivières qui descendent des grandes montagnes primitives , sont les débris et les restes des veines ou masses de quartz qui sont tombées de la crête et des flancs de £es mêmes montagnes, minées et en partie abat-
tues par le temps: et non-seulement äl se
trouve une très-grande quantité de quartz en morceaux arrondis dans le lit de ces rivières , mais souvent on voit sur les collines voisines, des couches entières composées
ces cailloux de quartz arrondis et roulés par .
les eaux (5); ces collines ou montagnes'infé-
rieures’ sont évidemment de seconde forma
tion; et quelquelois ces quartz roulés SY trouvent mêlés ayec la pierre calcaire ; € tous deux ont également été transportés €t déposés par le mouvement des eaux. | Avant de terminer cet article du quartz; Je dois remarquer que j'ai employé partout dans mes discours sur la Théorie de La terre et dans ceux des Époques de la nature le mot de roc vif, pour exprimer la quartzeuse de l'intérieur du globe et du noyau des montagnes ; j'ai préféré Le nom de roc vif à celui du quartz, parce qu'il présente une idée plus familière et plus étendue; et que cette expression , quoique moins cise, suflisait pour me faire entendre; d'ailleurs j'ai souvent compris sous la dénomination de roc vif, non-seulement le quartz pur, mais aussi le quartz mêlé de mica, les jaspes: porphyres, granites et toutes les roches Witreuses en grandes masses que le feu me pent
calciner, et qui par leur dureté étincellent |
avec l'acier. Les rocs vitreux primitifs difrèra?
DORE EEE Ed dE
(4) Mém. de l'Académie des sciences , année 1762» page 639. ul
(5) Hist. nat. d'Espagne, par M. Bowles, page* 179 et 188.