DE LA PIERRE CALCAIRE
Là D. 0 ?
ou de domicile à ces animaux infiniment nombreux, qui sont pourvus des organes né-
que brute que nous en paraisse la matière, il, cessaires pour cette production de matière
pierreuse ; je dis que le nombre de ces animaux est immense , infini, car l'imagination. mème serait épouvantée de leur quantité , si nos yéux ne nous en assuraient pas en nous démontrant leurs débris réunis en grandes masses , et formant des collines, des montagnes et dés terrains de plusieurs lieues d'étendue. Quelle prodigieuse pullulation ne
DES MINÉRAUX. 6
doit-on pas supposer dans tous les animaux de ce genre ? Quel nombre d’espèces ne fautnil pas compter, tant dans les coquillages et Crustacées actuellement existants, que pour ceux. dont les espèces ne subsistent plus et quisontencore de beaucoup plus nombreux ?
Enfin combien de temps et quel nombre de "siècles n’est-on pas forcé d'admettre pour
l'existence successive des unes et des autres? Rien ne peut satisfaire notre jugement à cet égard, si nous n'admettons pas une grande
« antériorilé de temps pour la naissance des
“coquillages avant Lous les autres animaux, et ER bication non interrompue de ces
mêmes coquillages pendant plusieurs cen-
. Hxines de siècles, car toutes les pierres et . ;
À craies disposes et déposées en couches ho- - rizontales par les eaux de la mer, ne sont en efet formées que de ces coquilles ou de-leurs débris réduits en poudre, et il n'existe aucun autre agent , aucune autre puissance particulière dans la nature , qui puisse produire la
! > matière calcaire dont nous deyons par consé-
pee
. quent rapporter la première origine à ces : êtres organisés.
Mais dans les amas immenses de cette ma-
Hière toute composée des débris des animaux
« à coquilles , nous devons d'abord distingaer
les grandes couches qui sont d'ancienne for-
mation, et en séparer celles qui ne s'étant
formées que des détriments des premières ,
» sont à la vérité d’une même nature, mais
d’üne date de formation postérieure ; et l'on reconnaitra toujours leurs différences par des indices faciles à saisir. Dans toutes les “pierres d’ancienne formation, il y a toujours
= des coquilles ou des impressions de coquilles
et de crustactes très-évidentes , au lieu que dans celles de formation moderne, il n'ya ül vestige, nulle figure de coquilles : ces carrières de pierres parasites, formées du détriment des premières , gisent ordinairement au pied ou à quelque distance des montagnes et des collines, dont les anciens bancs ont été attaqués dans leur contour par l'action de la gelée et de l'humidité ; les eaux ont ensuite entrainé et déposé dans les lieux plus bas. toutes les poudres et les graviers détachés des bancs supérieurs, et ces débris stratifiés les uns sur les autres par le transport et le sédiment des eaux, ont formé ces lits de pierres nouvelles où l’on ne voit aucune impression de coquilles, quoique ces pierres de seconde formation soient comme la pierre ancienne entièrement composées de sub- . stance coquilleuse. | THéonE pe LA TERRE. 7'ome IL.
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