‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 41 sur 304 · PREMIÈRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE

ÂTIE. # rs sé convertissent en flamme par le même ours de l'air extéri <

rieur ; et qu'enfin , tant qu'il subsiste dans k TA :

quelques parties capables de rec voir par le secours de l’air ce : mouvement d'expan sion, elles ne cessent de s’en séparer pour sui vre l'air etle feu dans leur route, et Par conséquent se consumer en s'évaporant avec eux.

Il y à de certaines matières , telles que le phosphore artificiel, le pyrophore, la poudre à canon, qui paraissent à la première vue faire une exception à ce que je viens de dire; car elles n'ont pas besoin , pour s'enflammer et se consumer en entier, du secours d’un air renouvelé : leur combustion peut s’opérer dans Jes vaisseaux les mieux fermés ; mais c’est par la raison que ces matières, qu'on doit regarder comme les plus combustibles de toutes, contiennent dans leur substance tout l'air nécessaire à leur combustion. Leur feu produit d'abord cet air et le consume à l'instant; et comme il est en très-grande quantité dans ces matières, il suffit à leur pleine combustion, qui dès-lors n’a pas besoin, comme toutes les autres , du secours d'un air étranger. À Cela semble nous indiquer que la diffé rence la plus essentielle qu'il y ait entre les matières combustibles et celles qui ne le sont pas, c’est que celles-ci ne contiennent que peu ou point de ces matières légères, aériennes , huileuses , mn N du mouvement expansif; où que, si elles en contiennent, elles s'y trouvent fixées et retenues ; en sorte que, quoique volatiles en elles-mêmes , elles ne peuvent exercer leur volatilité toutes les fois que la force du feu n'est pas assez grande pour surmonter la force d'adhésion qui les retient unies aux parties fixes de la matière, On peut même dire que cette induction , qui se tire immédiatement de mes principes , se trouve confirmée

les Corps combustibles

par un grand nombre d'observations bien connues des chimistes et des hyMbicnit

mais ce qui parait l'être moins, et qui cependant en est une conséquence nécessaire, c'est que toute matière pourra devenir volatile dès que l'homme pourra augmenter assez la force expansive du feu pour la rendre supérieure à la force attractive qui-tient unies les parties de la matière que nous appelons fixes ; car, d'une part, il s’en faut bien que nous ayons un feu aussi fort que

nous pourrions l'avoir par des miroirs mieux

conçus que ceux dont on s'est servi jusqu'à ce jour; et, d'autre côté, nous sommes as-

surés que la fixité n’est qu'une qualité re tive , et qu'aucune matière n’est d’une fixi ‘absolue ou invincible, puisque la chaleur dilate les corps les plus fixes. Or, cette dilatation n'est-elle pas l'indice d’un commencement de séparation qu’on augmente avec le degré de chaleur jusqu'à la fusion , et qu'avec une chaleur encore plus grande on augmenterait jusqu'à la volatilisation ?

La combustion suppose quelque chose de plus que la volatilisation : il suffit pour celle. ci que les parties de la matière soient assez divisées , assez séparées les unes des autres pour pouvoir être enlevées par celles de la chaleur ; au lieu que, pour la combustion, il faut encore qu’elles soient d’une nature analogue à celle du feu ; sans cela le mercure, qui est le plus fluide après l'air , serait aussi le plus combustible , tandis que l'ex ience nous démontre que , quoique très-volatil , il est incombustible. Or, quelle est donc l’analogie,, ou plutôt le rapport de nature que peuvent avoir les matières combustibles avec le feu? La matière en général est composée de qüatre substances principales , qu'on appelle éléments : la terre , l'eau , l’air et le feu , entrent tous quatre en plus ou moins graride quantité dans la composition de toutes les matières particulières ; celles où la terre et l'eau dominent seront fixes, et ne pourront devenir que volatiles par l'action de la chaleur; cell ntraire qui contiennent beaucoup ut de feu, seront les seules vraiment combustibles. La grande difliculté qu'il y ait ici, c'est de concevoir nettement comment l'air et.le feu ;tous deux si volatils , peuvent se fixer et devenir parties constiluantes de tous les corps : je dis de tous les corps , car nous prouverons que ; quoiqu'il y ait une plus grande quantité d'air et de feu fixes dans les matières combustibles , et qu'ils y soient combinés d'une manière différente que dans les autres matières , toutes néan-

D ntunent une quantité considérable de ces deux éléments, et que les matières les plus fixes et les moins combustibles sont celles qui retiennent ces éléments fugiifs avec le plus de force. Le fameux phlogistique des chimistes (être de leur méthode plutôt que de la nature ) n'est pas un principe simple et identique, comme ils nous le présentent ; c'est un composé , un produit de l’alliage, ün résultat de la combinaison des deux éléments, de l'air et du feu fixés

dans les corps. Sans nous arrêter donc sur

les idées obscures et incomplètes que pour-

DES MINÉRAUX

rait nous fournir la considération de cet être précaire , tenons-nous-en à celle de nos quatre éléments réels, auxquels les chimistes , avec tous leurs nouveaux principes, seront toujours forcés de revenir ultérieurement,

Nous voyons clairement que le feu en absorbant de l'air en détruit le ressort. Or , il n’y a que deux manières de détruire un ressort : la première , en le comprimant assez pour le rompre; la seconde, en l'étendant assez pour qu'il soit sans effet. Ce n'est pas de la première manière que le feu peut détruire le ressort de l'air , puisque le moindre degré de chaleur le raréfie , que cette raréfaction augmente avec elle, et que l'expérience nous apprend qu'à une très-forte chaleur la raréfaction de Fair est si grande, qu’il occupe alors un espace treize fois plus étendu que celui de son volume ordinaire :

le ressort dès-lors en est d'autant plus faible , et c’est dans cet état qu'il peut devenir fixe et s'unir sans résistance sous cette nouvelle forme avec les autres corps. On entend bien que cet air transformé et fixé n’est point du tout le même que celui qui se trouve dispersé , disséminé dans la plupart des matières , et qui conserve dans leurs pores sa nature entière ; celui-ci ne leur est que mélangé et non pas uni; il ne leur tient que par une trèsfaible adhérence , au lieu que l’autre leur est si étroitement attaché , si intimement incorporé, que souvent on ne peut l'en séparer.

Nous voyons de même que la lumière, en tombant sur les corps , n’est pas, à beaucoup près, entièrement réfléchie, qu'il en reste en grande quantité dans la petite épaisseur de la surface qu’elle frappe; que par conséquent elle y perd son mouvement , s'y éteint, s'y fixe, et devient dès-lors partie constituante de tout ce qu’elle pénètre. Ajoutez à cet air, à cette lumière , transformés et fixés dans les corps, et qui peuvent être en quantité variable ; ajoutez-y , dis-je , la quantité constante du feu que toutesles matières , de quelque espèce que ce soit, possèdent également : cette quantité constante de feu ou de chaleur actuelle du globe de la terre, dont la somme est bien plus grande que celle de la chaleur qui nous vient du soleil, me parait être non-seulement un des grands ressorts du mécanisme ‘de la nature, mais en même temps un élément donttoute la matière du globe est pénétrée; c’est le feu élémentaire, qui, quoique toujours en mouvement expansif , doit , par sa longue résidence dans la matière, et par son choc contre ses parties

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