‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 50 sur 304 · DE 180, DE · texte numérisé non relu

DE 180, DE

» vivent. » (

» au » tes ’ » leur tig

+ 2 Le

2 103 trouvé qu'il y eût aucune différence entre la température de l’air et Ja taux, c'est qu'ils ont fait leurs observations en mauvaise saison , et qu'ils n’on attention qu’en été lachaleur de l'air est aüssi grande et plus grande que celle del’intérieur d'un arbre, tandis qu'en hiver c’est tout L contraire ; ils ne se sont pas souvenus que les racines ont constamment aû moins le

de la chaleur de la terre qui les environne, et que cette chaleur de l’intérieur de la terre est, pendant tout l'hiver, considérablement plus grande que celle de l'air et de la Surface de la terre refroidie par l’air : ils ne sesont pas rappelé que les rayons du soleil , lombant trop vivement sür les feuilles et sur lese autres parties délicates des végétaux , nonseulement les échauffent , mais les brûlent; qu’ils échauffent de même à un très-grand degré l'écorce et le bois dont ils pénètrent la surface, dans laquelle ils s’amortissent et se fixent : ils n'ont pas pensé que le mouvement seul de la séve, déjà chaude, est une cause nécessaire de chaleur, et que ce mouvement venant à augmenter par l’action du soleil ou d’une autre chaleur extérieure , celle des végétaux doit être d'autant plus grande que le mouvement de leurséveestplus accéléré, ete. Je n’insiste si long-temps sur ce point qu'à cause de son importance ; l’uniformité du plan de la nature serait violée , si, ayant accordé à tous les animaux un degré de chaleur supérieur à celui des matières brutes , elle l'avait refusé aux végétaux , qui , comme les animaux , ont leur espèce de vie.

. Mais ici l'air contribue encore à la chaleur animale et vitale , comme nous avons vu plus haut qu'il contribuait à l'action du feu dans la combustion et la calcination des matières combustibles et calcinables. Les animaux qui ont des poumons , et qui par conséquent respirent l'air, ont toujours plus de chaleur que ceux qui en sont privés ; et plus la surface intérieure des poumons est étendue et ramifiée en un plus grand nombre de cellules ou de bronches, plus, en un mot , ell présente de superficie à l'air que lani

Chaleur des végé-

tire par l'inspiration , plus aussi son sang n. *

devient chaud, et plus il communique de

chaleur à toutes les parties du abreuve ou nourris ; et cette propo

lieu dans tous les animaux connus. Les oiseaux ont, relativement au volume de leur corps , les poumons considérablement plus étendus que l'homme ou les quadrupèdes ; les reptiles, même ceux qui ont de la voix,

Le

(ES comme les grenouilles , n'ont , au lieu de poumons , qu'une simple vessie ; les insectes , qui n’ont que peu ou point de sang , ne pompent V'air que par quelques trachées , etc. Aussi , renant le degré de la température de la térré pour terme de comparaison , j'ai vu que cette chaleur étant supposée de 10 degrés, celle des oiseaux était de p e 33 degrés, celle de quelques quadrupèdes de plus de 31 Z degrés, celle de l'homme de 30 X ou 31 (1), tandis que celle des grenouilles n’est que de 15 ou 16, celle des poissons et des

(1) « À mon thermomètre (dit le doctéttr Mar- 2» tine), où le terme de à congélation est marqué » 32, j'ai trouvé que ma peau, partout où elle était bien couverte, élevait le mercure au degré 96 où Vs. que l'urine nouvellement rendue et reçue dans un vase de la même température qu'elle, est à peine d'un degré plus chaude que la peau , et nous pouvons supposer qu'elle est à peu près au des viscères voisins... Dans les quadrupèdes ordinaires, tels que les chiens, les chats, les brebis, les bœufs, les cochons, etc., la chaleur de la peau élève le thermomètre 4 ou 5 degrès plus haut que dans l’homme , et le porte aux degrés 100, 101, 102, et dans quelques-uns au degré 103, on même un peu plus baut,.... La chaleur des cétacées est égale à celle des quadru- » pèdes..... J'ai trouvé que la chaleur de la peau » du veau marin était proche du degré 102, et calle » de la cavité de l'abdomen environ un degré plus » haut.... Les oiseaux sont les plus chauds de tous » les animaux, et surpassent de 3 on 4 degrés les »

vous du SW MT 16 x

quadrupèdes , suivant l'expérience que j'en ai faite moi-même sur les canards, les oies, les poules,

les pigeons , les perdrix, les hirondelles ; la boule

du thermomètre placée entre leurs cuisses, le mer » cure s'élevait aux degrés 103, 104 , 105 , 106, » 107.» Le même observateur a reconnu que les chenilles n'avaient que très-peu de chaleur , environ 2 ou 3 degrés au-dessus de l'air dans lequel elles vivent. « Ainsi, dit-il, la classe des animaux froids » est formée par toute la famille des insectes, hor- » mis les abeilles qui font une exception singu- » lière (*}..:-+. J'ai trouvé, par des expériences

(‘) Nota. Je ne sais pas s'il fant faire ici une exe

insectes de LE ou 12, c’est-à-dire la moindre de toutes , et à très-peu près la même que celle des végétaux. Ainsi le degré de chaleur dans l'homme et dans les animaux dépend de la force et de l'étendue des poumons : ce sont les soufllets de la machine animale ; ils en entretiennent et augmentent le feu selon qu'ils sont plus où moins puissants, et que leur vement est plus où moins prompt. La ificulté est de concevoir comment ne di de soufflets (dont la construction est aussi supérieure à celle de nos soufllets d'usage que la nature est audessus de nos arts) peuvent porter l'air sur le feu qui nous anime ; feu dont le foyer parait assez indéterminé , feu qu'on n'a pas même voulu qualifier de ce nom , parce qu'il est sans flammié , sans fumée apparente, et que sa chaleur n'est que très-médiocre et assez uniforme. Cependant , si l’on considère que la chaleur et le feu sont des effets et même des éléments du même ordre , sil'on se rappelle que la chaleur raréfie l'air, et qu’en étendant son ressort elle peut l'affaiblir au point de le rendre sans eflet, on Le a penser que cet air tiré par nos pouue + ; S'y raréfiant beaucoup , doit perdre

on ressort dans les bronches et dans les pe- Utes vésicules où il ne peut pénétrer qu'en très-petit volume , et en bulles dont le ressort déjà très-étendu, sera bientôt détruit

» fréquentes, que la chaleur d'un essaim d’abeïlles élevait le thermomètre qui en était entouré au degré 97, chaleur qui ne cède point à la nôtre. La chaleur des autres animaux d'une vié faible excède peu la chaleur du milieu environnant ; à peine distingue-t-on quelques différences dans les moules et dans les huîtres » très-peu dans les carrelets, les merlans, les merlus et autres poissons à ouies , qui m'ont tous paru avoir À peine un degré de plus que l’eau dé mer dans laquelle ils vivent , et qui était, lors de mon observation, au degré 41. Enfin, il n’y en a guère plus dans les poissons de rivière, et quelques truites que j'ai examinées

RE gb mme

part de nos observateurs, qui prétendent que ces » vière était au degré 8. ,;,, Suivant le résultat de mouches ont aütant de chaleur que les animaux qui plusieurs expériences , j'ai trouvé que les Jimaçons

» respirent, rage que leür ruche est aussi chaude 1 étaient de 2 degrés plus chauds qire.l'obri Suede

nouilles el les tortues de terre m'ont paru avoir quelque chose de plus, et environ 5 degrés de plus que l'air qu'elles respiraient. .... J'ai aussi examiné Ja chaleur d'une carpe et celle d'une anguille, ct j'ai trouvé qu’elles excédaient à peine la chaleur de l'eau où ces poissons vivaient, et qui é au degré 54. » ( Essais sur les thermomètres , art. 8, 39,40, 41, 44, 45, 46 et 47.) “ \

le corps de cé$ animaux : il me semble que cette cha-

< sir ‘intérieur de la ruche n'est point du tout la ne chaque abeille, maïs la somme totale de la chaleur qui s'évapore des mille individus réunis dans € ce où leur m vement continuel doit l'augmeutér encore; et en divisant cette somme générale de chaleur par la quantité particulière de chaleur qui s évapore de chaque individu, on trouverait peut-être que l'abeille n'a pas plus de chaleur qu’une autre mouche.

LA

e … ception pour les abeïlles, comme l'ont fait la plu- ?* Giaient 20 degré 62, pendant que l'eau de la ri= d »

orps de neuf ou »

Le. à nn. 2 Fu 1 ns)

par la chaleur du sang artériel et veineux ; car ces vaisseaux du sang ne sont we des vésicules pulmonaires qui pres s air que par des cloisons si minces ; qu elles laissent aisément passer cet air dans le sang où il ne peut manquer de produire le même effet que sur le feu commun ; parce que le degré de chaleur de ce sang est plus que suffisant pour détruire n entier l'élasticité des articules d'air , les et les entrainer sous are nouvelle form toutes les voies de la circulation. Le feu du corps animal ne difrère du feu commun que du moins au plus ; le degré de chaleur est moindre : dès-lors il n'y 4 point de flamme, parce que les vaeurs qui s'élèvent , et qui représentent la fumée de ce feu , n’ont pas assez de chaleur our s'enflammer ou devenir ardentes, et qu'étant d'ailleurs mêlées de beaucoup de parties humides qu’elles enlèvent avec elles > ces vapeurs ou celte fumée ne peuvent ni s'allumer ni brûler (1). Tous les autres effets om (1) J'ai fait une grande expérience au sujet de l'inflammation de la fumée. J'ai rempli de charbon et conservé à couvert depuis plus de six mois Er de mes fourneaux , qui ont également, 14 pieds de hauteur , et qui ne différent dans leur construcque par les proportions des dimensions en larer parent contenant juste un tiers de plus que Second. J'ai rempli l'un avec 1200 livres de ce pt tee et l’autre avec 800 livres , et j'ai adapté au w s grand un tuyau d'aspiration construit avec un rh de fer, garni de tôle, qui avait 13 pouces en à ur 10 pieds de hauteur; je lui avais donné 13 pouces sur les quatre côtés, pour qu'il remplit - ment l'ouverture supérieure du fourneau , qui RÉ arrée , et qui avait 13 pouces L de toutes ae ge ant de remplir ces fourneaux, on avait pré- AS SM le bas une petite cavité en forme de voûte, Ave ar des boïs secs, sous lesquels on mit le ne ner rt qu'on commença de charger de charpres ps u, qui était d’abord vif, se ralentit À me- MOT # chargeait , cependant il subsista toujours ere 7 Res et lorsque les fourneaux furent remte tier, j'en examinai le progrès et le produit, plis en 5 are et sans y rien ajouter. Pendant les e ju heures , la fumée , qui avait commencé 7" au moment qu'on avait commencé de r, était très-humide ; ce que je reconnaissais Les Ë ar les gouttes d'eau qui paraïssaient sur arret: extérieures du tuyau d'aspiration; et ce les par “éuait encore au bout de six heures que méam t chaud, car je pouvais le toucher aisé- CEA laissa le feu, le tuyau et les fourneaux meops 07 te la nuit dans cet état ; la fumée, conti. endant tou devint si abondante, si épaisse et si — 2e Jendémain ; en arrivant À bn forges, poires , i incendie. L'air était calme ; je crus qu il y avait un

Téonie DE LA TERRE. Tome IL.

quarré S

sans 1 six pr de s'élev

né 105

sont absolument les mêmes : la respiration d'un Petit animal absorbe autant d'air que la lumière d'une chandelle ; dans des vaisseaux fermés , de capacités égales ” l'animal meurt en même temps que la chandelle s'éteint. Rien ne peut démontrer plus évidemment que le feu de l’animal et celui de la chandelle, ou de toute autre matière combustible allumée, sont des feux non-seulement du même ordre, mais d'une seule et même nature, auxquels le secours de l'air est également nécessaire, et qui tous deux se l'approprient de la même manière, l'absorbent comme aliment, l’entrainent dans leur route , ou le déposent , sous une forme fixe, dans les substances qu'ils pénètrent.

Les végétaux et la plupart des insectes n'ont, au lieu de poumons , que des tuyaux aspiratoires , des espèces de trachées par lesquelles ils ne laissent pas de pomper tout l'air qui leur est nécessaire ; on le voit passer en bulles très-sensibles dans la séve de la RE et comme le vent ne dissipait pas la fumée , elle enveloppait les bâtiments et les dérobait à ma vue : elle durait déjà depuis vingt-six heures. J'alloi à mes fourneaux , je trouvai que le feu , qui n'était allumé qu'à la partie du bas, n'avait pas augmenté , qu'il se soutenait au même degré; mais la fumée, qui avait donné de l'humidité dans les six premières heures était devenue plus sèche, et paraissait néanmoins tout aussi noire. Le tuyau d'aspiration ne pompait pas davantage ; il était seulement un peu plus chaud ; et la fumée ne formait plus de gouttes sur la surface extérieure, La cavité des fourneaux » qui avait 14 pieds de hauteur, se trouva vide ; au bout des vingt-six heures , d'environ trois pieds ; je les fis remplir, l'un avec 50 et l'autre avec 75 livres de charbon , et je fis remettre tout de suite le tuyau d'aspiration qu'on avait été obligé d'enlever pour charger. Cette augmentation d’aliment n'augmenta pas le feu ni même la fumée; elle ne changea rien à l'état précédent . J'observai le tout pendant huit heures de suite, m'attendant à tout instant À voir paraître la flamme et ne concevant pas pourquoi cette fumée d’un charbon si sec , et si sèche elle-même, qu’elle ne déposait pas la moindre humidité, ne s’enflammait pas d’ellemême après trente-quatre heures de feu toujours subsistant au bas des fourneaux ; je les abandonnai donc une seconde fois dans cet étatyet donnai ordre de n'y pas toucher. Le jour eme 26 heures après les trente-quatre , je trouvai le e brouillard épais, la même fumée noire couvrant mes ments ; et ayant visité mes fourneaux, je vis que le feu d'en était toujours le même, la fumée la même et sans aucune humidité , et que la cavité des fourneaux était vide de 3 pieds 2 pouces dans le plus petit, et de 2 pieds 9 pouees seulement dans le plus grand, auquel était adapté le tuyau d'aspiration : je hi remplis

© vigne : il est non-seulement pompé par les racines , mais souvent même par les feuilles ; il fait partie, et partie très-essentielle, de la nourriture du végétal , qui dès-lors sé l'assimile, le fixe et le conserve. Le petit degré de la chaleur végétale, joint à celui de la chaleur du soleil , suflit pour détruire le ressort de l'air contenu dans la séve , surtout lorsque cet air , qui n'a pu être admis dans le corps de la plante et arriver à la séve qu'après avoir passé par des tuyaux très-serrés ;, se trouve divisé en particules pres infiniment petites , que le moindre degré de chaleur suffit pour rendre fixes, L'expérience confirme pleinement tout ce que je viens d'avancer : les matières animales et végétales contiennent toutes une très. grande quantité de cet air fixe; et c’est en quoi consiste l’un des principes de leur inflammabilité. Touûtes les matières combus-

sense nee

avec cê livres de charbon, et l'autre avec 54 ,set je résolus d'attendre aussi long-temps qu'il serait nécessaire pour savoir si cette fumée ne viendrait pas enfin à s'enflammer, Je passai neuf heures à l'examiner de temps à autre ; elle était très-sèche , très-suflocante , très-sensiblement chaude, mais toujours noire et sans flamme au bout de cinquante-cinq heures, Dans cel état, je la laïssai pour la troisième fois. Le jour suivant , treize heures après les cinquante-cinq, je la retrouvai encore de même , le charbon de mes fourneaux baissé de méme ; et, comme je réfléchissais sur celle consommation de charbon sans flamme, qui était environ moitié dé la consommation qui s'en fait dans le même temps et dans les mêmes fourneaux lorsqu'il y a de la flamme, je commencai à eroire que je pourrais bien user beaucoup de charbon sans avoir de flamme , puisque depuis trois jours on avait chargé trois fois les fourneaux (car j'oubliais de dire que ce jour méme on venait de remplir la cavité vide du grand fourneau avec les 80 livres de charbon, et celle du petit avec 60 livres) ; je les laissai néanmoins fumer eucore plus de cinq heures. Après avoir perdu l'espérance de voir cette fumée s’enflammer d'ellemême , je la vis tout d'un coup prendre feu , et faire une espèce d’explosion dans l'instant méme qu'on lui présenta la flamme légère d'une poignée de paille ; le tourbillon entier de la fumée s’enflamma jusqu'à 8 à 10 pieds de gs et autant de hauteur ; la flamme pénélra la masse du charbon, et descendit dans le même moment bas du fourneau , et continua à brûler de la manière ordinaire; le charbon se consumait une fois plus vite, quoique le feu d'en bas ne parût guère plus animé : mais je suis convaincu que mes fourneaux auraient éternellement fumé, si l’on n'eût pas allumé la fumée ; et rien ne me prouva mieux que la flamme n’est que de la fumée qui brûle , et que la communication du feu ne peut se faire que par la flamme,

tibles contiennent beaucoup d'air; tous les animaux et les végétaux, toutes leurs parties, tous leurs détriments, toutes les matières qui en proviennent , toutes Îles

substances où ces détriments se trouvent

mélangés , contiennent plus ou moins d'air fixe , et la plupart renferment aussi une certaine quantité d’air élastique. On ne peut douter de ces faits , la certitude est acquise par les pére du docteur Hales , et dont les € es ne me paraissent

pas avoir senti toute la valeur ; car ils auraient reconnu depuis long-temps que l'air

fixe doit jouer en grande partie le rôle de

leur phlogistique ; ils n'auraient pas adopté ce terme nouveau , qui ne répond à aucune

idée précise , et ils n'en auraient pas faitla

base de toutes leurs explications des phénomènes chimiques; ils ne l'auraient pas donné #pour un être identique et toujours le même, puisqu'il est composé d'air et de feu , tantôt dans un état fixe, et tantôt dans celui dé la plus grande volatilité. Et ceux d’entre eux qui ont regardé le phlogistique commé le produit du feu élémentaire ou de la lumière, se sont moins éloignés de la vérité, parce que le feu où la lumière produisent, par le secours de l'air , tous les effets du phlogistique.

Les minéraux, qui, comme les soufres et les pyrites, contiennent dans leur substance

une quantité plus ou moins grande des -détiments ultérieurs des animaux et des.

végétaux, renferment dès-lors des parties combustibles qui ; comme toutes les autres , contiennent plus où moins d'air fixe ; mais toujours beaucoup moins que les substances purement animales ou végétales. On peut également leur enlever cet air fixe par la combustion : on peut aussi le dégager par le

moyen de l'effervescence ; et, dans les ma

tières animales et végétales , on le dégage par la simple fermentation qui, comme la combustion, a toujours besoin d'air pour

s’opérer. Ceci s'accorde si parfaitement-avee

l'expérience, que je ne crois pas devoir insister sur la preuve des faits : je me contenterai d'observer que les soufres et les pyrites ne sont pas les seuls minéraux qu'on doive regarder comme combustibles, qu'il y en à beaucoup d'autres dont je ne finirai point ici l'énumération , parce qu'il suffit de dire que leur degré de combustibilité dépend ordinairement de la quantité de soufre qu'ils contiennent. Tous les minérau* combustibles tirent donc originairement cette propriété , ou du mélange des parties animales

1: E et végétales qui sont incorporées avec EUX ; ou des particules de lumière , de chaleur et d'air, qui, par le laps de temps; se sont fixées dans leur intérieur. Rien , selon moi ,

n'est combustible que ce qui a été formé aleur douce, c'est-à-dire par ces

is combinés dans toutes les le soleil éclaire et vivifie (1), aleur intérieure de

par une ch mêmes élémen substances que ou dans celles que Ja terre fomente et C’est cette chaleur intérieure du globe de la terre que l’on doit regarder comme le vrai feu élémentaire ; et il faut le distinguer de celui du soleil qui ne nous parvient qu’avec la lumière , tandis que l'autre , quoique bien plus considérable , n'est ordinairement que sous la forme d'une chaleur obscure , et que ce n’est que dans quelques circonstances, comme celles de l'électricité, qu'il prend de la lumière. Nous avons déjà dit que cetté chaleur observée pendant grand nombre d'années de suite est trois ou quatre cents fois plus grande en hiver, et vingt-neuf fois plus grande en été dans notre climat que la

EE EN ER 7 TP rh (1) Voici une observation qui semble démontrer

e la lumière a plus d'affinité avec les substances combustibles qu'avec toutes les autres matières, On sait que la puissance réfractive des corps transparents est proportionnelle à leur densité : le verre, plus dense que l'eau, a proportionnellement une plus grande force réfringente ; et en augmentant la densité du verre et de l'eau , l’on augmente à mesure leur force de réfraction. Cette proportion s’observe dans utes les matières transparentes , et qui sont en même temps incombustibles. Mais les matières inflammables ; telles que l'esprit de vin, les huiles transparentes » l'ambre, etc. , ont une puissance réfringente plus grande que les autres ; en sorte que "attraction que ces matières exercent sur la lumière, et qui provient de leur masse ou densité, est considérablement augmentée par l'aflinité particulière u’elles ont avec la lumière. Si cela n’était pes, leur force réfringente serait, comme celle de toutes les autres matières ; proportionnelle à leur densité ; mais les matières inflammables attirent plus puissamment Ja lumière, et ce n'est que par celte raison qu'elles ont plus de puissance réfractive que les autres. Le diamant même ne fait pas une exceplion à cette loi ; on doit le mettre au nombre des matières combustibles, on le brûle au miroir ardent : il a avec la lumière autant d'aflinité que les matières inflammables ; car sa puissance réfringente est plus grande qu’elle ne devrait l'être à proportion de + densité, 11 a en même temps la propriété de s'imbiber de la lumière et de la conserver assez long-temps ; les phénomènes de sa réfraction doivent tenir en partie À ces pro-

priétés à

Lo

à L chaleur qui nous vient du soleil : c'esl ung vérité qui peut paraitre singulière, mais qui n’en est pas moins évidemment démontrée (2). Comme nous en avons parlé disertement , nous nous contenterons de remarquer ici que cette chaleur constante et toujours subsistante , entre comme élément dans toutes les combinaisons des autres éléments, et qu’elle est plus que suffisante pour

produire sur l'air les mêmes effets que le

feu actuel ou la chaleur animale; que par conséquent cette chaleur intérieure de la terre détruira l’élasticité de l'air et le. fixera toutes les fois qu'étant divisé en parties trèspetites, ilse trouvera saisi par cette chaleur dans le sein de la terre; que, sous cette nouvelle forme, il entrera comme partie fixe dans un grand nombre de substances , lesquelles contiendront dès-lors des particules d'air fixe et de chaleur fixe, qui sont les premiers principes de la combustibilité : mais ils se trouveront en plus ou moins grande quantité dans les différentes substances , selon le degré d'aflinité qu'ils auront avec elles; et ce degré dépendra beaucoup de la quantité que ces substances contiendront de parties animales et végétales , qui paraissent être la base de toute matière combustible : si elles y sont abondamment répandues ou faiblement incorporées , on pourra toujours les dégager de ces substances par le moyen de la combustion. La plupartdes minéraux métalliques, et même des métaux, contiennent une assez grande quantité de parties combustibles; le zinc, l’antimoine, le fer, le cuivre, etc. , brülent et produisent une flamme évidente et très-vive, tant que dure la combustion de ces parties inflammables qu'ils contiennent : après quoi, si on continue le feu, la combustion finie , commence la calcination pendant laquelle il rentre dans ces matières de nouvelles parties d'air et de chaleur qui s'y fixent, et qu'on ne peut en dégager qu'en leur présentant quelque matière combustible avec laquelle ces parties d'air et de chaleur fixes ont plus d'aflinité qu'avec celles du minéral , auxquelles en € elles ne sont unies que par force, c'estä-dire par l'effort de la calcination. Il me semb ela conversion des substances métalliques en chaux , et leur réduction , pourront maintenant être très-clairement entendues, sans qu'il soit

(2) Voyez le Mémoire de M. de Mairan , dans ceux de l'Académie royale des sciences , année 1765, page

nid —: es he: * LS, RÉ Le Lu

besoin de recourir à des principes secondaires, ou à des hypothèses arbitraires , pour leur explication. La réduction, comme je lai déjà insinué > n'est, dans le réel, qu’une seconde combinaison , par laquelle on dégage les parties d'air et de chaleur fixes que la calcination avait forcé d'entrer dans le métal et de s'unir à sa substance fixe à laquelle on rend en même temps les parties volatiles et combustibles que la première action du feu lui avait enlevées.

Après avoir présenté le grand rôle que l'air fixe joue dans les opérations les plus secrètes de la nature , considérons-le pendant quelques instants , lorsque, sous 14” forme élastique , il réside dans les corps : ses effets sont alors aussi variables que les degrés de

son élasticité ; son action , quoique toujours la même, semble donner des produits différents dans les substances différentes. Pour en ramener la considération à un point de vue général , nous le comparerons avec l'eau et la terre , comme nous l'avons déjà comparé avec le feu ; les résultats de cette comparaison entre les quatre éléments s’appliqueront ensuite aisément à toutes les substances , de quelque nature qu’elles puissent être , puisque toutes ne sont composées que de ces quatre principes réels.

Le plus grand froid connu ne peut détruire le ressort de l'air, et la moindre chaleur suffit pour cet effet ; surtout lorsque ce fluide est divisé en parties très-petites. Mais il faut observer qu'entre son état de fixité et celui de sa pleine élasticité , il y a toutes les nuances des états moyens , et que c’est presque toujours dans quelques-uns de ces états moyens qu'il réside dans la terre et dans l'eau , ainsi que dans toutes les substances qui en sont composées. Par exemple , on ne pourra pas douter que l'eau, qui nous parait une substance si simple, ne contienne une cerlaine quantité d'air qui n’est ni fixe ni

élastique , mais entre la fixité et l'élasticité , si l'on fait attention aux différents phénomènes qu’elle nous présente dans sa congélatiou , dans son unten ; dans sa résistance à toute compression , etc. ; car la physique expériment ous démontre que l'eau est incompressible ; au lieu de s’affaisser et de rentrer en elle-même lorsqu'on la force par la presse ; elle passe à travers les vaisseaux les plus solides et les plus épais. Or, si l'air qu’elle contient en assez grande quantité y était dans son état de pleine élasticité, Veau serait compressible en raison de cette quan-

tité d'air élastique qu'elle contiendrait et qui se Comprimerait. Donc l'air contenu dans l'eau n’y est pas simplement mêlé et n'y conserve pas sa forme élastique , mais y est plus intimement uni dans un état où son ressort ne s’exerce plus d'une manière sensible ; et néanmoins ce ressort n’y est pas entièrement détruit ; car, si l’on expose l'eau à la congé-

lation, on voit cet air Sortir de son intérieur et se réunir à sa suce bulles élastiques :

ceci seul suflirait pour prouver que l'air n’est pas contenu dans l’eau sous sa forme ordinaire , puisqu'étant spécifiquement huit cent cinquante fois plus léger, il serait forcé d'en sortir par la seule nécessité de la prépondérance de l'eau ; il est donc évident que l'air contena dans l'eau n'y est pas dans son élat ordinaire , c'est-à-dire de pleine élasticité ; et en même temps il est démontré que cet état dans lequel il réside dans l’eau n'est pas celui de sa plus grande fixité, où son ressort, absolument détruit, ne peut se rétablir que Le la combustion , Puisque la chaleur ou le froid peuvent également le rétablir. 11 suffit de faire chauffer ou geler de l'eau pour que l'air qu’elle contient reprenne son élasticité

l'eau , puisqu'il ne peut forme élastique ; Muls aussi il ne intimement uni

même façon ; que si lu à l'air son élasticité, l’autre doit la détruire : et J avoue que , pour l'ordinaire : le froid et

le chaud produisent des effets différents :

mais dans la substance Partic considérons , ces deux Causes sées donnent le même effet ; on Pourra le concevoir aisément en faisant attention à la chose même et au rapport d ces, L'on sait que l’eau > Soit gelée, soit bouillie > reprend l'air qu'elle avait perdu dès qu’elle se liquéfie ou qu’elle se refroidit : le degré d’aflinité de l'air avec l’eau dépend donc en grande partie de celui de sa température ; ce degré, dans son état de liquidité,

ulière que nous > Juoique oppo-

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