‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-Hilaire (volume 2)Chapitre 52 sur 304 · F5 LE · texte numérisé non relu

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formait avec l'air qu'un vaste volame de vapeurs, commenca de prendre son état actuel dès que la superficie du globe fut assez refroidie pour ne la plus repousser et dissiper en vapeurs : elle se rassembla donc et couvrit la plus grande partie de la surface terrestre, sur laquelle se trouvant agitée par un mouvement continuel de flux et de reflux, par l'action des vents, par celle de la chaleur, elle commenca d'agir sur les ouvrages du feu; elle altéra peu à peu la superficie des matières vitrifiables ; elle en transrta les débris, les déposa eu forme de sédiments ; elle put nourrir les animaux à coquilles ; elle ramassa leursgdépouilles , duisit les pierres calcaires en forma des collines et des montagnes, qui, se desséchant ensuite, recurent dans leurs fentes toutes les matières minérales qu'elle pouvait dissoudre ou charrier.

Pour établir une théorie générale sur la formation des minéraux , il faut donc commencer par distinguer avec la plus grande attention, Le ceux qui ont été produits par le feu primitif de la terre , lorsqu'elle était encore brûlante de chaleur ; 2° ceux qui ont été formés du détriment des premiers par le

de l'eau ; et troisièmement ceux qui,

dans les volcans ou dans d’autres incendies rieurs au feu primitif, ont une seconde

fois subi l'épreuve d’une violente chaleur. Ces trois objets sont très-distincts , et comprennent tout le règne minéral: en ne les perdant de vue , et y rapportant chaque substance

pas x minérale, on ne pourra guère se tromper sur

son origine et même sur les degrés de sa formation. Toutes les mines que l’on trouve en masse Ou gros filons dans nos hautes montagnes, doivent se rapporter à la sublimation du feu primitif; toutes celles au contraire que l’on trouve en petites ramifications , en filets , en végétations , n'ont été formées que du détriment des premières, entrainé par la stillation des eaux. On le voitévidemment en comparant , par exemple, la matière des mines de ferde Suède avec celle de nos mi-

pes de fer en grains : celles-ci sont l'ouvrage

immédiat de l'eau , et nous les voyons se former sous nos yeux ; elles ne sont point attirables par l’aimant; elles ne contiennent point de soufre , et ne se trouvent que dispersées dans les terres ; les autres sont toutes plus ou moins sulfureuses , toutes attirables par l'aimant, ce qui seul suppose qu'elles ont subi l’action du feu ; elles sont disposées en grandes masses dures et solides ; leur substance est melee d'une grande quantité d’asbeste , autre indice de l’action du feu. Il en est de même des autres métaux : leur ancien fonds vient du feu , et toutes leurs grandes masses ont élé réunies par son action ; mais toutes leurs cristallisations, végétations, granulations, etc., sont dues à des causes secondaires où l'eau a la plus grande part. Jeborne ici mes réflexions sur la conversion dés éléments, parce que ce serait anticiper sur celles qu'’exige en pariiculier chaque substance minérale, et qu’elles seront mieux placées dans les articles de l'histoire naturelle des minéraux.

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