OT
» gent avec du charbon pur, on n’observe
» pas la moindre décomposition du métal ;
» point de motte, point de plackmall, mème
» après plusieurs heures de chauffe (1).»
Mais un autre point bien plus important ; c'est l'assertion positive que le fond du charbon de terre n'est que de l'argile (2); en sorte que, suivant ce physicien ; tous les naturalistes se sont trompés ; lorsqu'ils ont dit que ces charbons étaient des débris de forêts et d’autres végétaux ensevelis par dés bouleversements quelconques (3); « ILest » vrai, continue-t-il, que la mer Baltique » charrie tous les printemps une quantité » de bois qu’elle amène du nord, et qu’elle » arrange par couches sur les côtes de la » Prusse, qui sont successivement recou- » vertes par les sables; mais ces bois ne » deviendraient jamais charbon de terre, s’il » n'y survenaient pas une substance bitumi- » neuse qui se combine avec eux pour leur » donner cette qualité ; sans cette combi- » naison ils se pourriront et deviendront » terre. » Ceci m'arrête une seconde fois ; car l’auteur convenant que le charbon de terre peut se former de bois et de bitume , pourquoi veut-il que tous les charbons soient composés de terre argileuse ! et ne sufit-il pas de dire que partout où les bois et autres débris de végétaux se seront bituminisés par le mélange de l'acide , ils seront devenus charbons de terre ? Et pourquoi composer cette matière combustible d'un matière qui
. ne peut brûler? N'y at:l pas nombre de
charbons qui brûlent en entier, et ne laissent après la combustion que des cendres même encore plus douces et plus fines que celles du bois (4) ? Il est donc très-certain que ces
(1) Note communiqué par M. le Camus de Limare, le 5 juillet 1780.
(2) Histoire Naturelle du Languedoc , par M. de Gensanne , tome 1, page 25.
(3) Idem, page 21.
(4) À Birmingham , on emploie , dans les chemi- » nées , une autre espèce de charbon qui est plus » cher que le charbon de terre ordinaire ; on l'ap- » pelle lew-coal ; la mine est située à sept milles au » nord de Birmingham, à Wedgbory near Warsal in » Staffordsbire : on le tire par gros morceaux qui » ont beaucoup de consistance, et il se vend trois » pences and penny le cent, du poids de cent douze » livres, faisant à peu près un quintal poids de marc. » Ce charbon s'allume avec du papier comme du » buis de sapin ; sa flamme est blanche et claire ; » son feu très-ardent : il est d’ailleurs sans odeur , » et il se réduit en un cendre blanche aussi légère
vrage , et surtout dans les Mémoires de 12
Ce]
charbons qui brûlent en entier, ne contiennent pas plus d'argile que le bois ; et ceux qui se boursouflent dans la combustion et laissent une sorte de scorie semblable à dé mâche-fer léger, n’offrent ,ce résidu que | parce qu'ils sont en effet mêlés non pas « d'argile, mais de limon , c’est-à-dire dg ” terre végétale, dans laquelle toutes les par- 1 ties fixes du bois se sont rassemblées : or, j'ai démontré en plusieurs endroits de cet ou
partie expérimentale, que l'origine de mà- … che-fer ne doit point être attribuée au fers puisqu'on trouve le même mâche-fer dans le * feu de l'orfèvre, comme dans celui du forgeron, et que j'ai fait moi-même du mâche-fer « en grande quantité avec du charbon de bois.
seul et sans addition d'aucun minéral : dès* lors.le charbon de terre doit en produire $ comme le charbon de bois , et lorsqu'il en 4 donne en plus grande quantité, c'est que L sous le même volume il contient plus de par | lies dixes que le charbon de bois. J'ai encore prouvé dans ces mêmes Mémoires et dans .
l'article précédent , que le limon ou la terre végétale , est Le dernier résidu des végétaus décomposés, qui d'abord se réduisent en” terreau, et par succession de temps en ER mon ; j'ai de même averti qu'il ne fallait pas. confondre-cette terre végétale ou limoneuse avec l'argile dont l’origine et les qualités : sont toutes différentes ; même à l'égard des effets du feu , puisque l'argile s'y resserre &b | que le limon se boursoufle , et cela seul prouverait qu'iln’y à jamais d'argile, du moins en quantité sensible, dans le charbon de terre 4 et que dans ceux qui laissent , après la COM M bustion , une scorie boursouflée : il y a toU= jours une quantité considérable de ce limon.
formé des parties fixes des végétaux : ai
tout charbon de terre pur west réellement” composé que de matières provenant plus 04.
mitive du charbon de terre et développer $à.
composition , il faut se rappeler tous les de-. grés s €È même tàcher de suivre les nuances de la décomposition des végétaux, soit à L'air soit dans l’eau : les feuilles, les herbes et les bois abandonnés et gisants sur la terre» | commencent par fermenter , et s’ils sont ac.
» que celle du boïs. Cette espèce de charbon n’a P$ n. » été décrite dans M. Morand, ni dans aucun autre » ouvrage de ma connaissance, (Note communi 1e | par M. le Camus de Limare, le 5 juillet 1780.)
PSE CEST
note tintin