‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 17 sur 162 · ER ET ES · texte numérisé non relu

ER ET ES

DES MINÉRAUXx.

cumulés en masses , cette effervescence est assez forte pour les échauffer au point qu'ils brülent ou s’enflamment d'eux-mêmes : l’effervescence développe done toutes les parties du feu fixe que les végétaux contiennent , et ces parties ignées étant une fois enlevées , le terreau produit par la décomposition de ces végétaux , n'est qu'une espèce de terre qui n'est plus combustible + parce qu'elle a perdu , et pour ainsi dire exhalé dans l'air y les principes de sa combustibilité. Dans l'eau , la décomposition est infiniment plus lente, l'effervescence insensible ; et ces mêmes végélaux conservent très-long-temps, et peut-être à jamais , les principes combustibles qu'ils auraient en très-peu de temps perdus dans l'air; les tourbes nous représentent cette première décomposition des végétaux dans l’eau ; la plupart ne eontien-

nent pas de bitume et ne laissent pas de -

brûler. 11 en est de même de tous ces bois fossiles noirs et luisants qui sont décomposés au point de ne pouvoir en reconnaître les espèces, et qui cependant ont conservé assez de leurs principes inflammables pour brûler, et qui ne donnent en brülant aucune odeur de bitume ; mais lorsque ces bois ont été longtemps enfouis ou submergés, ils se sont bituminisés d'eux-mêmes par le mélange de leur huile avec les acides ; et quand ces mêmes bois se sont trouvés sous des couches de terre mêlées de pyrites ou abreuvées de sucs vitrioliques, ils sont devenus pyriteux , et dans cet état, ils donnent 'en brûlant une forte odeur de soufre.

En suivant cette décomposition des végétaux sur la terre , nous verrons que les herbes , les roseaux et même les bois légers et tendres , tels que les peupliers , les saules , donnent en se pourrissant, un terreau noir tout semblable à la terre que l'on trouve souvent par petits lits très-minces au-dessus des mines de charbon ; tandis que les bois solides , tels que le chêne, le hêtre, conservent de la solidité , même en se décomposant, et forment ces couches de bois fossiles qui se trouvent aussi très-souvent au-dessus des mines de charbon : enfin le terreau par succession de temps se change en limon ou terre végétale qui est le dernier résidu de la décomposition de tous les êtres organisés : l'observation m'a eneore démontré cette vérité (1); mais tout le terreau

(1) Voyez l'article précédent , qui a pour titre : De’ Ja terre végétale.

THÉORIE PE LA rennes. Z'ome III.

dont la décomposition se sera fait lentement ,

mr Fo a pas trouvé accumulé en » n'aura par consé

perdu la totalité de Mncnines De

tibles par . "€ Prompte fermentation ; et le

limon , qui n'estqueile terreau même seule.

ment plus atténué, aura

aussi conservé une partie des ces mêmes Principes : le terreau

en se changeant en limon, de noir devient jaune ou roux par la dissolution du for qu'il contient , il devient aussi Onctueux: et trissable par le développement de son huile végétale ; dès lors tout terreau et même tout limon, n'étant que les résidus des s végétales, ont également retenu plus ou moins de leurs principes combustibles ; et ce sont les couches anciennes de ces mêmes bois , terreaux et limons, lesquelles se présentent aujourd'hui sous la forme de tourbe , de bois fossile , de houille et de charbon :

car il est encore nécessaire pour éviter toute confusion de distinguer ici ces deux dernières matières, quoique la plupart des écrivains aient employé leurs noms comme synonymes ; mais nous n'adopterons avec M. de Gensanne celui de houille (2), que — mms

(2) « Les charbons de pierre s'annoncent souvent » par des veines d'une terre noire combustible , que » nous avons ci-devant désignée par le nom de houille, » et qui forme ordinairément la tête des véritables » veines de charbons, » (Histoire Naturelle du Languedoc , tom. 1, pag. 31.)— M. Morand, de l'Académie des sciences , qui a fait un très-grand et bon Ouvrage sur le charbon deterre , a regardé, avec la plupart des minéralogistes , les noms de houtlle et de Charbon de terre comme synonymes ; il dit que dans le Pays de Liége, on distingue les matières combustiblesdes mi nes,en houille grasse, en houille maigre, en charhons forts eten charbons faibles... Cette houille grasse s'emploie à Liége dans les foyers; elle se colle aisément au feu , elle rend plus de chaleur que la houille maigre... Elle se réduit , pour la plus grande partie, en cendres grisâtres, mais plus graveleuses que celles du bois ; son feu est trop ardent, et elle est trop grasse pour que les maréchaux puissent s'en servir : le feu de la houille maigre est Plus faible , elle est presque généralement en usage Pour les feux domestiques... Elle dure plus long-temps au feu ; et lorsque son peu de bitume est consumé, elle se réduit en qu'on allume , sans qu'elle donne de l'odeur ni de fumée, Les charbons forts sont d'une couleur noire plus décidée et plus frappante que les charbons faibles ; ils sont gras au toucher et comme onctueux par la grande quantité de bitume qu'ils : contiennent ces charbons forts sont excellents dans tous les-cas où il faut un feu d'une grande violence comiäé dans les plus grosses forges ; js Péné-

trent également les parties du fer, les rendent pro

à. hd tt, d'thbé d DS

‘uns UE DUR. (É'dé de, LS,

ns P L SA ES). à

s pour ces terres noires et combustibles qui se ‘ trouvent souvent au-dessus , et quelquefois au-dessous des veines de charbon, et qui

De. sont l’un des plus sûrs indices de la présence

* de ce fossile ; et ces houilles ne sont autre chose que nos terreaux (|) purs on mêlés

& d'une petite quantité de bitume : la vase qui F se dépose dans la mer par couches inclinées,

1 suivant la pente du terrain et s'étend souvent

à plusieurs lieues du rivage, comme à la Guyane, n’est autre chose que le terreau

des arbres où autres végétaux qui, trop

accumulés sur ces terres inhabitées, sont entraînés par les eaux courantes ; et les huiles végétales de cette vase, saisies par les acides de la mer . deviendront avec le temps de véritables houilles bitumineuses , 1nais toujours légères et friables , comme le ter-

r reau dont elles tirent leur origine , tandis Æ que les végétaux eux mêmes moins décomposés , étant de même entraînés et déposés

par les eaux, ont formé les véritables veines

É- dé charbon de terre dont les caractères À distinetifs et différents de ceux de la houiïlle,

se reconnaissent à la pesanteur du charbon, | toujours plus compacte que la houille , et

PA au gonflement qu'il prend au feu en s'y

boursouflant comme le limon , et en don-

nant de même une scorie plus ou moins poreuse.

Ainsi je crois pouvoir conclure de ces ré-

que peu ou point dans la composition du charbon de terre; que le soufre n’y entre

oo

pres à recevoir toutes sortes d'impressions ; réunissent mème les parties qui ne seraient pas assez liées; mais par sa trop grande ardeur, ce charbon fort ne éonvient pas plus aux maréchaux que la houille grasse.

Le charbon faible est toujours un charbon qui se trouve aux extrémités d'une veine; il donne beaucoup moins de chaleur que le charbon fort, et ne peut servir qu'aux cloutiers, aux maréchaux et aux petites forges, pour lesquelles on a besoin d'un feu plus doux... Son usage ordinaire est pour les briquetiers ou tuiliers, et pour les fours à chaux où le feu trop violent des charbons forts pénétrerait trop précipitamment les parties de la terre et de la pierre, les diviserait et les détruirait..…. Les cliarbons faibles se trouvent aussi dans les veines ne mi. ils sont toujours menus; et souvent en poussièrez (Du Charbon de terre, etc. , pag. 77 et suiv.)

(1) « C'est dans une pareille terre que j'ai trouvé » À huit pieds de profondeur, des racines encore » très-reconnaissables, environnées de terreau où » l'on aperçoit déjà quelques couches de petits Cu » bes de charbon, » (Note communiquée par M. de

” hpguer,

eloppent de tous côtés et en tous lieux k

lors à la propriété de brûler.

flexions et observations , que l'argile n'entre

que sous la forme de matière pyriteuse se combine avec la substance végétalesvde sorte que l'essence du charbon est entièré ment de matière végétale, tant sous ‘là forme de bitume que sous celle du végétal même. Les impressions si multipliées « différentes plantes qu'on voit dans toustle schistes limoneux qui servent de toits au veines de charbôn , sont des témoins qu à ne peut récuser ; et qui démontrent que ces aux végétaux qu'est due la substance com bustible que ces schistes contiennent.

Mais, dira-t-08 , ces schistes qui non-s u lement couvrent, mais accompagnent et en

veines de charbon , sont eux-mêmes « giles durcies et qui ne laissent pas € combustibles : à cela je réponds que la mé:

pris@est ici la même; ces schistes combusti bles qui accompagnent la veine du charbo®} sont, comme l'on voit, mêlés de la sub stance des végétaux dont ils portent les à 1 pressions ; la même matière végétale qui fait le fonds de la substance du charbon dû se mêler aussi avec le schiste voisini Le dès-lors ce n’est plus du schiste pur ou « e' simple argile durcie , mais un composé 1 matiére végétale et d'argile, un schist@ moneux imprégné de bitume, et qui ès même de toutes les autres ren we nb t bles que l'on pourrait citer, car il ne a pas perdre de vue le principe général qu nous avons établi, savoir, que ‘rien mes combustible que ce qui provient des co organisés, Après avoir considéré la nature du he bon de terre, recherché montré que sa formation es naissance des végétaux, et même enc postérieure à leur destruction et à leur'#€ cumulation dans le sein de la terre , far maintenant examiner la direction . la situ tion et l'étendue des veines de cette matière qui quoique originaire de la surface del terre, ne laisse pas de se trouver enfont à de grandes profondeurs ; elle occupe nèm des espaces très-considérables et se reneot tre dans toutes les parties du globe (2). \. F

son origine, € t postérieure.

(2) « La trace de charbon de terre qui s'elll » mieux connue , dit M, Genneté , est celle qui ñ d'Aix-la-Chapelle par Liége , Hni , Namur , Chatle”

roi, Mons et Tournai jusqu'en Angleterre, en ps

sant sous l'Océan , et qui, d'Aix-la-Chapelle tr É verse l'Allemagne, la Bohéme, la Hongrie. Cetl

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