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semblable à celui de Marseille. Il en est de même du bel albâtre de Grenade en Espagne , qui, selon M. Bowles , est aussi brillant et transparent que la plus belle cornaline blauche, mais qui néanmoins est fort tendre, à moitié blanc et à moitié couleur de cire (1); en général la transparence dans
les pierres calcaires , les marbreset les albâ-
tres , ne provient que de la matière spathique qui s'y trouve incorporée et mêlée en grande quantité ; car les autres matières pierreuses sont opaques.
Au reste, on peut regarder comme ‘une espèce d’albâtre toutes les incrustations et même les ostéocoles et les autres concrétions pierreuses moulées sur des végétaux ou sur des ossements d'animaux ; il s’en trouve de cette dernière espèce en grande quantité dans les cavernes du margraviat de Bareith, dont S. A. S. monseigneur le margrave d’Anspach , a eu la bonté de m'envoyer la description suivante. « On connait assez les
» marbres qui renferment des coquilles ou | » des pétrifications qui leur ressemblent... *
Mais ici on trouve des masses pierreuses pétries d'ossements d’une matière sembla- -ble; elles sout nées, pour ainsi dire, de la conglutination des fragments des stalactites de la pierre calcaire grise qui fait la base de toute la chaine de ces montagnes, d'un peu de sable , d’une substance marneuse et d'une quantité infinie de fragments d'os. Il y a dans une seule pierre, dont on a trouvé des masses de quelques centaines de livres, un mélange de dents de différentes espèces , de côtes , de cartilages, de vertèbres, de phalanges, d’os cylindriques , en un mot de fragments d'os de tous les membres qui y sont par milliers. On trouve souvent dans ces mêmes pierres un grand os qui en fait la pièce principale , et qui est entouré d'un nombre infini d’autres ; il n’y a pas la moindre régularité dans la disposition des couches.
Si l'on versait de la chaux détrempée sur un mélange d’esquilles , il en naïtrait quelque chose de semblable. Ces masses sont déjà assez dures dans les cavernes... mais lorsqu'elles sont exposées à l'air, elles durcissent au point, que quand on s'y prend comme il faut, elles sont susceptibles d'un médiocre poli. On trouve rarement des cavités dans l'intérieur, les
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(1) Histoire Naturelle d'Espague , par M. Bowles, pag. 424 et 425,
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\ » interstices sont remplis d'une matière » compacte que la pétrification a encore décomposée davantage. Je m'en suis à la fin procuré, avec beaucoup de peines, une collection’ si complète , que je puis présenter presque chaque os remarquable du squelette de ces animaux , enchâssé dans une propre pièce, dont il fait l'os principal. En entrant dans ces cavernes , pour la première fois, nous en avons trouvé une si grande quantité , qu'’ileüt été facile d'en amasser quelques charretées.
» Un heureux destin m'avait réservé à moi et à mes amis, entre autres, un morceau de cette pierre osseuse, à peu près de trois pieds de long sur deux de large et autant d'épaisseur. .… La curiosité nous le fit mettre en pièces , car il était impossible de le faire passer par ces détroits pour le sortir en entier; chaque morceau, à peu près de deux livres , nous présenta plus de cent fragments d'os... J'eus le plaisir de trouver dans le milieu une dent canine, longue de quatre pouces bien conservée ; nous avons aussi trouvé des dents molaires de différentes espèces dans d'autres morceaux de cette même masse (2). »
Par cet exemple des cavernes de Bareith où les ossements d'animaux dont elle est est remplie, se trouvent incrustés et même pénétrés de la matière pierreuse amenée par la stillation des eaux , on peut prendre une idée générale de la formation des ostéocoles animales qui se forment par le même méca= nisme que les ostéocoles végétales (3) , telles
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(2) Description des cavernes du margraviat de Bareith, par Jean-Frédéric Esper, in-ful., pag: 27.
(3) M. Gleditsch donne une bonne description des ostéocoles qui se trouvent en grande quan tité dans les terrains maigres du Brundebourg : « Ce fossile, dit-il, est connu de tout le monde » dans Jes deux Marches, où on l'emploie depuis » plusieurs siècles à des usages, tant internes » qu'externes..., On le trouve dans un sable plus » où moins léger, blanc, gris, rouge ou jaunâtre , » fort ressemblant à l'espèce de sable qu'on trouve » ordinairement au fond des rivières: celui qui » touche immédiatement l'ostéocole est plus blane » el plus mou que le reste... Quand, dans les » temps pluvieux, celle terre, qui s'attache for- » tement aux mains, vient à se dissoudre dans » Tes lieux élevés, les eaux l’entraînent en- forme » d'émulsion , dans les creux qui se trouvent au » dessous.., Elle ne diffère guère de la marne, » et se trouve attachée au sable dans des propor- » lious différentes.... Mais plus le sable est voi- » sin des branches du fossile, plus la quantité
que les mousses pétrifiées et toutes les autres concrétions dans lesquelles on trouve des fi-
» de cette terre augmente; il n'y a pas grande » différence entre elle et la matière même du fos- » sile: on trouve aussi cette terre dans les fonds » et même sous quelques étangs, etc...
» Les vents, les pluies, etc. , en enlevant le
» sable, laissent quelquefois à découvert l'ostéo- » cole... Quelquefois on en trouve ça et là, des » pièces rompues..... Quand on aperçoit des bran- » ches on les dégage du sable avec précaution , » et on les suit jusqu'au tronc qui jette des racines sous terre, de plusieurs côtés...
« Tant que le tronc entier est encore renfermé dans le sable, la forme du fossile ne l'offre aux yeux que d'un côté, et alors, elle représents® assez parfaitement le bas du tronc d'un vieil arbre... Les racines descendent en partie jusqu'à la profondeur de quatre à six pieds, et s'étendent en partie obliquement de tous côtés...
Le tronc du fossile, dont la grandeur et l'épaisseur varient, doit sans doute son origine au » tronc de quelque arbre mort ; et en partie carié, » ce qui se prouve suffisamment par la lésion et la destruction de sa structure intérieure...
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» Les racines les plus fortes sont plus ou moins
peu en se divisant, de sorte que les dernières ramificalions ont à peine une circonférence qui égale une plume d'oie, Pour les productions » capillaires des racines, elles ne se trouvent en » aucun endroit du fossile, sens doute parce que » leur ténuité et la délicatesse. de leur texture ne » leur permet pas de résister à la putréfaction. » On trouve rarement les grosses racines pétrifiées » et durcies dans le sable, elles y sont plutôt un » peu humides et molles; et exposées À l'air elles » deviennent sèches et friables....
» La masse terrestre qui, à proprement farlet, constitué notre fossile, est une vraie terre de chaux, et quand on l'a neltoyée du sable et de la pourriture qui peuvent y rester, l'acide vitriolique, avec lequel elle fait une forte effervescence, la dissout en partie. La matière de notre fossile, lorsqu'elle est encore renfermée dans le sable, est molle, Me a de l'humidité; sa cohérence est lâche, et il s'en exhale une odeur âcre, assez faible cependant; ou bien elle forme un corps graveleux, pierreux, însipide et sans odeur : tout cela met en évidence , que la terre de chaux de ce fossile n'est point » du gravier fin, lié par le moyen d'une glu, comme »” le prétendent quelques auteurs.
» Mais lorsqu'on peut remarquer dans la com- » position de la matière de notre fossile quelque » proportion, elle consiste pour l'ordinaire, en » parties égales de sable et de terre de chaux,
» Ce fossile est dû À des troncs d'arbres, dont » les fibres ont été atténuées et pourries par l'hu- » midité... Il se forme dans ces troncs et dans
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gures de végétaux ÿ Car supposons qu'au lieu d'ossements d'animaux accumulés dans ces
a » ces racines, des Cavités où s’insinuent facile- » ment, par le moyèn de l'eau, le sable et la » terre de chaux qu'elle à dissous; cette terre » entrant par tous les trous et les endroits ca- » riés, descend jusqu'aux extrémités de toute la » tige et des racines , jusqu'À ce qu'avec le temps » toutes ces cavités se trouvent exactement rem- » plies: l'eau superflue trouve aisément une is- » sue, dont ies traces se manifestent dans le centre » poreux des branches; voilà comment ce fossile » se forme.,.. L'humidité croupissant, qui est » perpétuellement autour du fossile, est le véri- » table obstacle à son endurcissement.
» Quelques auteurs ont regardé comme de l’ostéccole, une certaine espèce de tuf en partie informe, en partie composé de l'assemblage de » plusieurs petits tuyaux de différente nature : ce » tufse trouve en abondance dans plusieurs con- » trées de la Thuringe et en d'autres endroits...
» L'expérience, jointe au consentement de plu- » sieurs auteurs, dépose que le terrain naturel » et le plus convenable À l'ostéocole , est un ter- » roir stérile, sablonneux et léger; au contraire » un terrain gras, consistant, argileux, onctueux
grosses que Je bras; elles s'amincissent peu à, , et limoneux, etc.’, lorsqu'il vient à être dé-
» layé par l'eau, laisse passer lentement et difiicilement l'eau elle-même, et à plus forte raison quelque autre terre, comme celle dont l'ostéocole est formée : l'ostéocole se mélerait intimément à la terre grasse, dans l'intérieur de laquelle elle formerait des lits plats, plutôt que de pénétrer une substance aussi consistante. » ( Extrait des | Mémoires de l'Académie de Prusse, par M. Paul; Avignon, 1768, tome 5 , in-12, pag 1 et suiv. du Supplément à ce volume.
M. Bruckmann dit, comme M. Gleditsch ,-que les ostéocoles ne se trouvent point dans les terres grasses et argilleuses , mais dans les terrains sablonneux ; ily en a près de Francfort-sur-l'Oder , dans un sable blanchâtre , mêlé d’une matière noire , qui n’est que du bois pourri : l'ostéocole est molle dans
la terre, mais plutôt friable que ductile ; elle se dessèche et durcit en très-peu de temps à l'air : c'est une espèce de marne , ou du moins une terre qui Jui est fort analogue. Les différentes figures des ostécoles pe viennent que des racines auxquelles cette matière s'attache ; de là provient aussi la ligne noire qu'on trouve presque toujours dans leur milieu : elles sont toutes creuses , à l'exception de celles qui sont formées de plusieurs petites fibres de racines accumulées et réunies par la matière marneuse où crétacée. (Voyez la Collection académique, partie étrangère , tom. 2, pag. 155 et 156. )
M. Beurer de Nuremberg, ayant fait déterrer grand nombre d'ostéocoles , en a trouvé une dans le temps de sa formation; c'était une souche de peuplier noir qui , par son extrémité supérieure , était encore ligneuse , et dont la racine était devenue une véritable
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cavernes, la nature ou la main de l'homme y eussent entassé une grande quantité de roseaux ou de mousses , n'est-il pas évident que ce même suc pierreux aurait saisi les mousses et les roseaux, les aurait incrustés en dehors, et remplis en dedans et même dans tous leurs pores ; que dès lors ces concrétions pierreuses en auront pris Ja forme , et qu'après la destruction et la pourriture de ces matières végétales, la concrétion pierreuse subsistera et se présentera sous cette
ostéocole, ( Voyez les Transact, philosoph., année 1745, n° 476. )
M. Guettart a aussi trouvé des ostéocoles en France ; aux environs d'Étampes , et particulièrement sur les bords de la rivière dé Louette. « L'ostéo- » cole d'Étampes ; dit cet académicien, forme des » tuyaux longs depuis truis ou quatre pouces jusqu'à » un pied, un pied et demi et plus : le diamètre de » ces tuyaux est de deux, trois , quatre lignes et même » d'un pouce ; les uns, el c'est le plus grand nom- » brs, sont cylindriques ; les autres sont formés de plusieurs portions de cercles, qui réunis forment une colonne à plusieurs pans. Il y en a d'aplutis ; les bords de quelques autres sont roulés en dedans
que demi-cylindriques : plusieurs n’ont qu'une seule couche , mais beaucoup plus en ont deux ou trois ; on dirait que ce sont autant'de cylindres renfermés les uns dans les autres : le milieu d'un tuyau cylindrique, fait d'une ou deux couches, en contient quelquefois une troisième qui est prismalique triangulaire. Quelques-uns de ces 1 tuyaux sont coniques ; d'autres , ceux-ci sont cependant rares, sont courbés et forment presque un cerele : de quelque figure qu'ils soient , leur surface interne est lisse, polie et ordinairement striée; l'extérieure est rabotteuse et bosselée , la couleur est d'un assez beau blanc de marne ou de craie à l'extérieur ; celle de la surface interne est quelquefois d'un jaune tirant sur le rougeâtre, et si elle est blanche , ce blanc est toujours un peu sale... 11 y a aussi de l'ostéocole sur l'autre bord de la rivière; mais en moindre quantité.... On en trouve encore de l'autre côté de la ville, dans un endroït qui regarde les moulins à papier qui sont établis sur une branche de la Chalouette , et sur les bords des fossés de celte ville qui sont de ce côté... d
» M. Guettard rapporte encore plusieurs observations pour prouver que la formation de l’ostéocole des environs d'Étampes , n'est due qu'à des plantes qui se sont chargées de particules de marne et de sable des montagnes voisines, qui auront élé entraînées par les averses d'eau et arrêlées dans les marnes par les plantes qui y croissent, et sur lesquelles ces particules de marne et » de sable se seront déposées successivement. v (Voyez les Mémoires de l'Académie des sciences , année 1754 , pag. 269 jusqu'à 288. )
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