DE QE
(2) L'action de la mouffette ou” posté} 0 LE
et fait périr les hommes, est l'acide aérien ou air fixe, aujourd'hui bien connu, vs existe plus ou moins dans tout air, et qui n'a pu être encore ni composé ni décomposé par l’art ; les ventilateurs/et le feu lui-même ne le ifient pas et ne font pt le déplacer :i donc entretenir une libre circulation dans les mines. Cette vapeur devient plus abondante, lorsque les tr avaux ont été interrompus pendant quelques Jours, et dans les grandes chaleurs de l'été, le brouillard est quelquefois si fort, qu'on est obligé de cesser les ouvrages ; il se condense souvent en filets qui voltigent ; et ce sont apparamment ces filets réunis qui forment les globes dont parle Lister, La seconde exhalaison est la vapeur qui s'enflamme et qu'on appelle Jeu grieux (l); c'est vraiment de l'air inflammable tout pareil à celui qui sort des marais et de toutes les eaux croupies; cet air siflle et pétille dans certains charbons > Surtout lorsqu'ils sont amoncelés ils s’enflamment quelquefois d'eux mêmes comme le feraient des pyrites entassées. Les ouvriers savent reconnaitre qu'ils sont menacés sel exhalaison , et qu'elle va s'allumer par l'effet très-naturel qu'elle produit de repousser l'air de l'endroit d'où elle vient ; aussi dès qu'ils s'en apercçoivent, ils se hâtent d'éteindre leurs chandelles; ils sont encore avertis par les étincelles bleuâtres que la flamme de ces chandelles jette alors en assez grande « ité (2). . Les mauvais effets de toutes ces exhalaisons peuvent être prévenus en purifiant l'air par le feu, et surtout en lui donnant une grande et libre circulation, Souvent les ventilateurs et les puits d'air ne suffisent pas , il faut établir dans les mines des fourneaux d'aspiration. Au reste, ce n'est guère que dans les mines où le charbon est très-pyriteux , que ce feu grieux s'allume, et l'on a observé qu'il est plus fréquent dans celles où les eaux croupissent ; mais dans les mines de charbon purement bitumineux ou peu
qu'elle éteint la chandelle, et qu'ensuite cette chandelle éteinte ne donne pas la moindre fumée , et qu'uu charbon ardent qui a été soumis à la mouffette revient sans aucun vestige de chaleur. (Du Charbon de terre, par M. Morand, p. 34. et 157.)
(1) On connaît plusieurs mines dans lesquelles le feu gricux se conserve depuis long-temps..…, Dans Ja mine de Mulheïn ( à une lieue de Cologue)..…. L'odeur qui #€Compagne ce feu ressemble à celle de la poudre à canon enflammée, (Idem, pag. 930.)
(2) dem, pag. 34 et sui,
mélangé de parties pyrileuses , cetle vapeur inflammable ne se manifeste point et n'existe peut-être pas. |
Comme il y a plusieurs charbons de terre qui sont extrêmement pyriteux , les embrasements spontanés sont assez fréquents leurs mines , et quand une fois le feu s’e lumé, ilest non-seulement durable, mais perpétuel , on en a plusieurs exemples, et l'on a vainement tenté d'arrêter le progrès de cet incendie souterrain , dont l'effet Peu violert , n'est pas accompagné de fortes explosions , et n'est nuisible que par la perte du charbon qu'il consume, Souvent ces mines ont été enflammées par les vapeurs même qu'elles exhalent, et qui prennent feu à l'ap e des chandelles allumées pour éclairer les ouvriers (3).
Dans le travail des mines de charbon de terre, l’on est toujours plus où moins incommodé par les eaux ; les unes y coulent en
sources vives, les autres n'y t qu'en suintant par les fentes des ter-
res supérieures, et les mineurs les = rimentés assurent que plus ils creusent, plus les eaux diminuent, et qu'elles sont plus abondantes vers la superficie. Cette observation est conforme aux idées qu’on doit avoir de la quantité des eaux souterraines , qui ne tirant leur origine que des eaux pluviales , (3) La vapeur sulfureuse qui s'élève de certaines mines de charbon, loin de concentrer la flamme des chandelles et de l'éteindre, l'augmente et l'étend À une hauteur marquée ; la flamme de cette chandelle fait alors l'effet d'une mèche qui allume toute la partie de la mine où cette vapeur élait rassemblée : à Pensneth-Chasen le feu a pris de cette manière par une chandelle dans une carrière de charbon , et de- Puis ce temps on en voit sortir la flamme et la fumée. (Voyez, sur ce sujet, Transactions philosophiques , n° 429 ;: et aussi les n° 109, 282 et 442.) Nota. Je dois observer que les auteurs qui ont avansé, comme on le voit ici, que c'est la vapeur sulfureuse qui s'enflamme se sont trompés ; celte vapeur sulfureuse loin de s'allumer , étéint au contraire les chandelles allumées : c'est done à l'air inflammable et non à la vapeur sulfureuse qu'il faut attribuer l'ioflammation dans les mines de chathon. Mais la cause la plus commune de l'embrasement des mines de charbon, est l'inflammation des pyrites par l'humidité de Ja terre lorsqu'elle est abreuvée d'eau ; on ne peut parvenir à étouffer ce feu qu'en inondant pendant un certain temps toute la mine incendiée, Ces accidents sont trèsfréquents dans les mines de charbon qui ont été exploitées sans ordre par les Lane : la quantité de Puits el d'ouvertures qu'ils ont laiss sur la direc nes sont autant de réceptacles aux eaux d venant à rencontrer des Pyrites, causent d
es veie pluie, qui, es incendies.
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sont d'autant plus abondantes À qu'elles ont moins d'épaisseur de terre à traverser ; et ce ne doit être que quand on laisse tomber les eaux des excavations supérieures dans les travaux inférieurs , qu’elles paraissent être en
grande quantité à cette profondeur plus
de ; enfin on à aussi observé que l'étendue superficielle et la direction des suintements et du volume des sources souterraines, varient selon les différentes couches des matières où elles se trouvent (1).
Tout le monde sait que l'eau qui ne peut se répandre , remonte à la même hauteur dont elle est desceudue , rien ne démontre
que lés eaux souterraines ; même les
profondes , proviennent uniquement des eaux de la superficie, puisqu’en perçant la terre jusqu'à cette profondeur avec des tarières, on se procure des eaux jaillissantes à la surface ; mais lorsqu'au lieu de former un siphon dans la terre, comme l'on fait avec la tarière, on y perce de larges puits et des galeries, l'eau s'épanche au lieu de remonter, et se ramasse en si grande quantité , que l'épuisement en est quelquefois audessus de toutes nos forces et des ressources de l'art; les machines les plus puissantes que l'on emploie dans les mines de charbon, sont les pompes à feu dont ordinairement on peut augmenter les effets autant qu'il est nécessaire pour se débarrasser des eaux , et sans qu'il en coûte d’autres frais que ceux de la construction de la machine , puisque c'est le charbon même de la mine qui sert d'aliment au feu , dont l'action par le moyen des vapeurs de l'eau bouillante, fait mouvoir
(1) Dans les substances molles et dans les lits profondément enfouis , les fentes sont assez éloignées les unes des autres et plus étroites : dans les matières calcaires elles sont perpendiculaires à l'horizon ; dans les banes de grès et de roc vif, elles sont obliques ou irrégulièrement placées ; dans quelques matières compactes , comme marbres, pierres dures et dans les premières couches, elles scnt multipliées et plus larges ; souvent elles descendent depuis le sommet des masses jusqu’à leur base. d'autres fois elles pénétrent jusque dans les lits inférieurs : les unes vont en diminuant de largeur, d'autres ont dans toute leur étendue les mêmes dimensions. Pour ce qui est des temps auxquels on doit s'attendre davantage à la rencontre embarrassante des eaux, il est d'observation qu'elles sont en général plus abondantes en hiver, suivant l'espèce de température et suivanl les pluies : c'est ordinairement en mars qu'elles donnent davantage à des fontes des neiges ; on les a vu quelquefois Œ6S-basses d'Noël. (Du Charbon de terre, var M. Morand, pag. 873.)
les pistons de la pompe (2) ; mais quand la profondeur est très-grande , et que les eaux sont trop abondantes, cette machine, la meilleure de toutes , n’a pas encore assez de puissance pour les épuiser. | Les eaux qui coulent dans les terres voia Se (2) « Les machines ou pompes à feu i » lièrement appliquées ht st PAM: pri » quantité de mines de charbon de la Grande-Breta-
gne.... La plus considérable est celle de Walker, |
où les eaux ramassées à cent toises de profondeur?
s'élèvent à quatre-vingt-neuf toises jusqu'à un per-
deux cent cinquante toises de long :
est de trente-quatre mille quatr ver
elle a d'effort trois mille Lu ral ss : 7 DE ne
se sert aussi d'une pompe À feu "M L'ES » charbon de Frênes, proche Cond
» cement ou aquéduc de quatre pieds de haut et de »
ns la mine de
de terre, pag. 404, 405 et 468 pompes à feu dans la seule ne de. « IL ya dis
» une à Montrelais, en B
k , relagne , et l’on en »
actuellement (septembre 1779) une d'une puissance
supérieure à la mine d'Anzin , Abe à » cienne , qui était défectueuse, qué par M. le chevalier de à (Note communi= de Lithare m'a informé qu'on a tr en Angleterre , les moyens de re — à feu un degré de perfection, qui prod = OS coup plus grand eflet avec une bte uit un bee" tion de matière combustible : #8 re consomma- M. de Limare a eu la bonté de me la notice nr ce sujet.'« La nouvelle machine à in » ton et Waït viennent d'établir en US aveé
» le plus grand succès, en vertu 4° À » lement qui leur en ée ie un errét' Au DE
» est infiniment supérieure au |
» pour l'effet et pour Fées 4 { » Ce n'est plus le poids de J'at « à donst
» le mouvement au piston, + ps we dela
» vapeur qui agit, et sa condensation se Eh un
» vaisseau qu'ils appellent le » distinct du cylindre où LR mat et qui est
» soir est ou) Ours au même degré de » vapeur méme , sans que l'injection » le refroïidisse en aucune facon » introduite dans la capacité d'une » une matière fluide , elle donne à c
chaleur que I de l'eau fr0 la vapour éta roue qui contient ette roue un MOW*
» vement circulaire avec une force relative à la ca”
» pacité de la roue et à la quantité de va » peut recevoir. Quoiqu'on ne » ce mécanisme dont on lient le : .
» est considérable, et he et os » même machine changée et disposée sur les princi » pes ci-dessus, donne un effet presque double EL » somme infiniment moins de charbon que var l'au-
peurs qu'elle
» cienne méthode , ce qui a fait adopter la nouvelle
» par toute l'Angleterre, où MM. Boulion et Watt
» en ont déjà établi plusieurs avec beaucoup d'avan-
» tage pour eux et pour les propriétaires. | » Pour juger de l'effet étonnant de cette machine,
sa puissance E,
8, elle » M. Morand donne Ja description . : Re mr |
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sines des mines de charbon, sont de qualités différentes ; il yena de très-pures et bonnes à boire ; mais ce ne sont que celles qui viennent des terres situées au-dessus des charbons ; celles qui setrouvent dans le fond de leur mine, sont quelquefois bitumineuses ,
et plus souvent vitrioliques et allumineuses ;
l’alun ou le vitriol martial qu’elles tiennent en dissolution , sont eux-mêmes très-souvent altérés par différents mélanges (1); mais, de quelque qualité que soient les eaux, celles qui croupissent dans la profondeur des mines, les rendent souvent inabordables par les vapeurs funestes qu’elles produisent ; l'air et l'eau ont également besoin d'être agités Sans Cesse pour conserver leur salubrité ; l'état de stagnation dans ces deux éléments est bientôt suivi de la corruption , et l'on ne saurait donner trop d'attention dans les travaux des mines à la liberté de mouvement et de circulation toujours nécessaires à ces deux éléments.
Après avoir exposé les faits qui ont rapport à la nature des charbons de terre , à leur formation , leur gisement , la direction, l'étendue , l'épaisseur de leurs veines en géméral ; il est bon d'entrer dans le détail particulier des différentes mines qui ont été et qui sont encore travaillées avec succès , tant en France que dans les pays étrangers , et de montrer que cette matièrg se trouve
rtout où l’on sait la chercher ; après quoi nour donnerons les moyens qu'il faut employer pour en faire usage , et la substituer
» il suffit de savoir qu'avec le feu de cent livres de » de charbon de terre de bonne qualité, elle élève
» À la hauteur de 1 pied.500000 » À celle de 10 pieds.... 50000 , 80% à | Accelle-de 100 pieds. 6000 Pieds cubes d'eau » À celle de 1000 pieds.. 500
- » Quant aux conditions, MM. Boulton et Watt se font donner pour toute chose, letiers du bénéfice « que produit annuellement leur nouvelle machine .» comparée à l'effet et à la dépense qu'une ancienne » machine de pareille force qui aurait à élever lemême » volume d'eau d'une profondeur égale : ce tiers doit » leur appartenir pendant les quatorze années de la » durée de leur privilége; plusieurs entrepreneurs » des mives d'étain de Cornouailles , assurés par leur » propre expérience du succès constant de cette nou- » velle machine, ont racheté pour une somme eomp- » tant, celte indemnité annuelle qu'ils doivent payer
» pendant quatorze ans à MM. Boullon et Watt. »,
(Paris ; le 5 juillet 1780.) (1) Du Charbon de terre , etc., par M. Morand,
page 29. ;
THÉORIE DE LA TERRE, Z'ome LILI.
de France plus de
sans 1Convénient au bois et au charbon de bois dans nos ux , nos poêles et nos cheminées. 24. > ! ‘
Ti y a dans la seule étendue du royaume cents mines de charbon de terre en pleine exploitation , ce nombre quoique très-considérable ; ne fait peut-être pas la dixième parti qu'on pourrait y trouver. toutes où presque toutes ces mines, il y a trois où quatre sortes de charbon ; le charbon pur , qui est ordinairement au centre de la ÿéine « le charbon pierreux. communément mêlé de plus ou moins de matières calcaires ou de grès; le charbon schisteux et le charbon Pyriteux ; ceux qui contiennent du schiste sont les plus rares de tous, et cela seul prouverait que la substance principale du charbon ne peut être de l'argile, puisque le vrai schiste n'est lui-même qu'une argile durcie. Il y a des charbons qui se trouvent pyriteux dans toute l'épaisseur et l'étendue de leur veine ; ce sont les moins res de tous aux iravaux de la métallurgie; mais comme on peut les épurer en les faisant cuire , et qu'ordinairement ils contiennent moins de bitume que les autres , ils donnent aussi moins de fumée, et conviennent souvent mieux pour l'usage des cheminées que les charbons trop chargés de bitume. La grande quantité de soufre qui se forme par la combustion des premiers , ne peut qu’altérer les métaux , surtout le fer que la plus petite quantité d'acide sulfureux suffit pour rendre aigre et cassant. Le charbon pierreux ne se trouve pas dans le centre des veines , à moins qu'elles ne soient fort minces, il est ordinairement situé le long des parois et sur le fond des bancs pierreux qui forment le toit et le .sol de la veine. Les charbons schisteux sont de même situés sur le sol ou sous le toit schisteux de la veine $ ces charbons pierreux ou schisteux ne sont pas d’un meilleur usage que le charbon Py-.
riteux, et ils ont encore le désavantage de ne Pouvoir êlre épurés à cause de la grande quantité de leurs parties pierreuses ou schisteuses ; il ne reste donc , à vrai dire , que le charbon de la première sorte , c'est-à-dire le charbon pur dont on puisse faire une matière avantageusement combustible , et propre à remplacer le charbon de bois dans tous les emplois qu’on en peut faire. |
Et dans ce charbon de la première sorte cet le meilleur de tous ,» ondistingue encore celui qui se tire en gros blocs > que l’on ap-
pelle charbon pérat, dont la qualité est néanmoins la même que celle du charbon plus menu (1), qui se nomme charbon maréchal; le charbon pérat a pris ce nom aux mines de -Rive-de-Gier, et il n’est ainsi appelé que quand il est en gros morceaux; c’est par cette seule raison de son gros volume, qu'il est plus estimé pour les grilles des teintures et des fourneaux ; mais il n’est pas pour cela d'une qualité supérieure au charbon maréchal, car l'un et l’autre se tirent de la même veine, et l'on distingue par le volume trois sortes de charbon; le pérat est celui qui arrive à la superficie du terrain en gros morceaux et sans être brisé; le second qui est en morceaux de médiocre grosseur, se nomme charbon gréle ; et ce n’est que celui qui est émietté ou qui est composé des débris des deux autres qu'on appelle charbon maréchal. Le bon charbon pèse de cinquanteing à soixante livres le pied cube, mais cette estimation est diflicile à faire avec précision, surtout pour le charbon qui se brise en le tirant; les charbons les plus pesants sont souvent les plus mauvais , parce que leur grande pesanteur ne vient que de la grande quantité de parties pyriteuses, terreuses ou schisteuses qu'ils contiennent ; les - charbons trop légers pèchent par un autre défaut; c’est de ne donner que peu de chaleur en brülant et de se consumer trop vite.
Pour que la qualité du charbon soit parfaite, il faut que la matière végétale qui en fait le fond , ait été bituminisée dans son premier état de décomposition; c’est-à-dire avant que cette substance ait été décomposée par la pourriture ; car quand le végétal est trop détruit, l'acide ne peuten bituminiser l'huile qui n'y existe plus. Cette matière végétale qui n'a subi que les premiers effets de la décomposition , aura dès-lors conservé toutes ses parties combustibles , et le bitume qui par lui-mêmeest une huile inflammable, couvrant et pénétrant cette substance végétale, le composé de ces deux matières doit contenir , sous le même volume, beaucoup plus de parties combustibles que le bois ; aussi la chaleur du charbon de terre est-elle bien plus forte et plus durable que celle du charbon végétal.
. Ce que je viens de dire au sujet de la déition plus ou moins grande de la matière végétale dans les charbons de terre ,
mr
| (1) Charbon pérat est une dénomination locale qui siguifie charbon pierreux où charbon de pierre.
peut se démontrer par les faits; on trouve au-dessus de quelques mines de charbon des bois fossiles , dans lesquels l'organisation est presque aussi apparente que dans les arbres de nos forêts ; ensuite on trouve trèscommunément des veines d'autres bois qui ne diffèrent guère des premiers que par le bitume qu'ils contiennent, et dans lesquels l'organisation est encore très - considérable ; mais à mesure qu’on descend , les traits de cette organisation s’oblitèrent, et il n'en reste que peu ou point d'indices dans k& suite de la veine. Il arrive souvent que cette bonne veine porte sur une autre veine de mauvais charbon terreux et pourri, parce que sa substance végétale s'étant pourrie trop promptement , n'a pu s’imprégner d’une assez grande quantité de bitume pour se conserver. On doit donc ajouter cette cinquième sorte de charbon aux quatre pre” mières sous le nom de charbon terreuxs parce qu'en effet sa substance n'est qu'un” terreau pourri. Enfin une sixième sorte est le charbon le plus compacte ; que l’on pour* rait appeler charbon de pierre à cause de sa dureté, il contient une grande quantité :
de bitume , et le fond paraît en être de terrê limoneuse , parce qu’il laisse après la cOm+ bustion une scorie vitreuse et boursoufléé: * Et lorsque le limon ou le terreau se trouve en trop grande quantité ou avec trop peu de bitume , ces charbons ainsi composés ne sont pas de bonne qualité $ ils donnent éga- “ lement beaucoup de scories où mâche-fer par la combustion ; mais tous deux sont très" bons, lorsqu'ils ne contiennent qu'une petite quantité de terre et beaucoup de bitume:
On trouve donc dans ces immenses dépôt® accumulés par les eaux, la matière végétale L dans tous ses états de décomposition, et cela seul suflrait pour qu’il y eût des charbon$ de qualités très-différentes ; la quantité de © cette matière anciennement accumulée datS les entrailles de la terre, est si considérables qu'on ne peut en faire l'estimation que PA … comparaison. Or , une bonne mine de char bon fournit seule plus de matière combusti* ble que les plus vastes forêts, et il n'est pas … à craindre que l'on épuise jamais ces trésors de feu, quand même l'homme , venant à manquer de bois , y substituerait le charbon de terre pour tous les usages de sa consom-}
mation. / "1e Les meilleurs charbons de France sont à
ceux du Bourbonnais, de la Bourgogne ; de
la Franche-Comté et du Hainaut; on en
irouve aussi d'assez bons dans le Lyonnais, l'Auvergne, le Limosin et le Languedoc ; ceux qu’on connaît en Dauphiné ne sont que de médiocre qualité (1). Nous croyons devoir donner ici les notices que nous avons recueillies sur quelques-unes des mines principales qui sont actuellement en exloitation.
: On tire d'assez bon charbon de la mine d'Épinac , qui est située en Bourgogne près du village de Résille , à quatre lieues d'Autun : on y connait plusieurs veines qui se dirigent toutes de l'est à l'ouest , s’inclinant au nord de trente à trente cinq degrés (2).
me
(1) « On m'a envoyé de Dauphiné, os caisse rem- » plie de mauvais charbon provenant d’une fouille » près de Saint-Jean, à deux ou trois lieues de Gre- » noble, qui est du bois de hêtre très-reconnuissa- » ble, imparfaitement bituminisé. », (Note communiquée par M. de Morveau , le 24 septembre 1779.) — « Je connais les différentes espèces de charbon de Dauphiné ; elles sont toutes mauvaises et ne peuvent soutenir la préparation; j'en ai fait une épreuve de troîs mille cinq cent livres qui m’a prouvé cette vérité. Celui que j'ai employé était de Voreppe; ce n'est qu'une pierre à chaux imbne de bitume et de soufre très-volatil : celui de la Motte ne vaut guère mieux, J'en ai vu une autre mine près de la grande Chartreuse , qui annonce une meilleure qualité ; mais elle ne montre que des veinules et des mouches qui se coupent et se perdent dans le rocher ; celui que l’on m'a apporté des montagnes » d'Alvard ne vaut rien du tout. » (Lettre de M, le chevalier de Grignon à M. de Buffon, datée d'Alvard le 21 septembre 1778... Voyeznéanmoins, ci-après ,
(2) La mine de Champagné, près de Béfort en Alsace , est inclinée de quarante-cinq degrés; plus les terrains sont bas, moins généralement les veines de charbon de terre sont inclinées; elles sont même horizontales dans les pays des plaines, el ce n'est que dans les montagnes où elles sont violemment inclinées; au reste, l'inclinaison des mines n'est pulle part aussi marquée et aussi singulière que dans le pays de Liége. « Les veines de charbon de » terre sont communément inclinées à l'horizon , » dit M. Morand, tantôt elles s'approchent de » la ligne perpendiculaire , et elles se nomment alors » pendage de roisse, tantôt elles sont presque ho- » rizontales, et on les désigne alors pas le nom de » pendage de plature. Toutes ces veines prennent » leur origine au jour, c’est-à-dire à la surface de la » terre, elles descendent ensuite dans la même direc- » tion Jusqu'à une certaine profondeur ; alors elles » forment à une distance plus ou moins grande diffé- » rents angles, qui les rapprochent insensiblement » de la ligne horizontale; elles remontent ensuite À » la surface de la terre, en formant une figure symétrique fort régulière : il ya donc apparence, d'aprés
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Celle qu'on exploite actuellement n’a pas d'épaisseur réglée, elle a ordinairement sept à huit pieds, quelquefois douze à ze , d'autres fois elle men a que quatre. Son mur a toute la consistance nécessaire , mais le.
toit, composé d’un schiste friable et d’une terre limoneuse que l'eaudissout facilement, s'écroulerait bientôt si onme l'étayait par de bons boisages et par des massifs pris dans la veine même. Le charbon de cettemine est très-pyriteux , aussi n'est-il n ropre aux usages des forges, la quantité de soufre que produisent les pyrites devant corroder et détruire le fer ; cependant il se trouve dans l'épaisseur de la veine de petits lits de très-bon charbon qui serait propre à la forge , s'il'était extrait et trié avec soin.
La mine de Mont-Cenis, ainsi que celle de Blansy et autres des environs , sont dirigées de l’est à l'ouest , et s’inclinent vers le nord de vingt-cinq ou trente degrés, On exploite deux veines principales, dont les épaisseurs varient depuis dix jusqu'à Auarante-cinq pieds ; la première extraction comme celle de la plupart de nos mines de France à été mal conduite ; on l'a commencée par la tête de la veine, en sorte que les ouvriers sont souvent exposés à percer dans les ouvrages supérieurs, et à y éprouver des éboulements, Le lit de cette mine de Mont-Cenis est un schiste très-dur et pyriteux , d'un pied d’épaisseur, dans lequel on voit des empreintes de plantes en grand nombre. Le charbon de la tête de cette mine est fort pyriteux , mais celui qui se tire plus profondément l'est beaucoup moins , et en général ce charbon a le défaut de s'émietter à l'air ; il faut donc l'employer au sortir de la minière, car on ne peut le transporter au loin sans qu'il subisse une grande altération et ne tombe en détriments ; dans cet état de décomposition ilne donne que très-peu de chaleur et se consume en peu de temps , au lieu que dans son premier état, au sortir de la mine, il fait un feu durable.
» ces observations, que les pendages de roisse de- » viennent pendage de plature dans toutes les veines » du pays de Liège, et quelles redeviennent ensuite pendage dé roisses. Ce qu’on observe encore de » très-singulier, c'est que presque jamais les veines » ne marchent seules; elles sont toujours accompa- » gnées d'autres veines qui marchent parallèlement » avec elles, qui se fléchissent sur les mêmes angles,
» et qui toutes ensemble forment une figure presque
» régilière, » (Journal de Physique, ete., mois de Juillet 1773 , pag. 69.)
Les mines de Rive-de-Gier dans le Lyon-
i en grande et pleine exploitation ; ctuellement , dit M. de Grignon, plus it cents ouvriers occupés à l'extraction du charbon par vingt-deux puits qui commurniquent aux galeries des différentes minières, dont les plus profondes sont à quatre cents pieds. On tire de ces mines , comme de presque toutes les autres, trois sortes de charbon ; le pérat en très-gros blocs et de la meilleure qualité; le maréchal qui est menu et qui est séparé du banc de pérat par une couche de mauvais charbon mou ; et enfin un charbon dur , compacte et térreux ; qui est voisin du toit et des lisiètes de la mine.
| Ge toit est un schiste rougeûtre et limoneux i brunit et noircit à mesure qu'il est plus voisin du charbon , et dans cette partie il porte un grand nombre d'empreintes de végétaux. Le charbon de ces mines de Rive- FER est plus compacte et plus pesant que
i de Mont-Cenis, son feu est plus âpre et plus durable ; il donne une flamme vive, rouge et abondante; il n’est que peu pyriteux, mais très-bitumineux.
La plupart des mines du Forez (1), du Bourbonnais (2), de l'Auvergne (3), sont en amas et non pas en veines; elles sont
(1) Les mines de charbon se trouvent dans le haut Forez; elles sont en montagnes, et par conséquent ‘aisées à exploiter, en tirant les eaux par des galeries latérales : les charbons se trouvent presque à la superficie dans les fonds ; ces mines sont très-abondantes autour de Saint-Etienne , dont le territoire peut être regardé comme le centre de toutes les mines de cette province , elles embrassent une longueur d'en-
iron six lieues du levant au couchant, occupant un vallon dont la plus grande largeur du midi au nord, n’est pas d’une demi-lieue. (Du Charbon de terre, etc. par M. Morand, pag. 160.)
(2) La mine du Bourbonmais , qui fournit Paris depuis plus d'un siècle, et dans la terre de Fims, paroisse de Châtillon, à quatre lieues environ de
Moulins. 11 y a une autre mine À trois lieues et demie :
de Moulins , sur la route de Limoges, dans le territoire de Noyau : le charbon de cette mine ouverte depuis quelque temps , est en beaux morceaux trèssolides, séparés seulement de distance en distance par des feuillets considérables d'un très-beau spath. La seconde veine a souvent sept à buit pieds d'épaisseur , la première n'en a que trois et demi sur quatre à cinq toises de largeur. ( Idem, pag. 161.) (3) C'est particulièrement dansla Limagne ou basse Auvergne , que les mines de charbon sont très-abondantes , elles n'y sont pas par veines, mais par assez grandes masses , traversées de lemps en temps par des bandes schisteuses qui ne se continuent pas ; les endroits remarquables par leurs mines de charbon
done plus faciles à exploiter ; aussi l'on en tire une très-grande quantité de charbon ; dont ily en a de très-bonne qualité. Dans le Nivernois près de Decize, il se trouve des mines en amas et d’autres en veines: On y connait quatre ou cinq couches ou veines régulières les unes au-dessus des autres; courant parallèlement , étant depuis dix jusqu'à vingt toises de distance les unes des autres latéralement. Le charbon de ces veines ne commence à être bon qu'à quatre toises et plus de profondeur ; elles ont depuis deux pieds jusqu'à cinq pieds d'épaisseur; leur toit est un schiste avec des im” pressions de plantes , et le lit est un grès à demi décomposé. Les mines en amas du même canton sont mêlées de schiste et de grès ; mais en général tout ce charbon est pyriteux , et quelquefois il prend feu de luimême , lorsqu'après l'extraction on le laisse exposé à l'air.
Iy a des mines de charbon dans le Querci
aux environs de Montauban ; il y en a dans le Rouergue, où le territoire de Cransat, qui est d'une grande étendue , n’est, pouf ainsi dire, qu'une mine de charbon; il Y en a une autre mine à Severac.le-Castel sur TT RE EE RTE sont Soxilanges, à sept lieues de Clermont , Salverre y | Charbonnière, Sainte-Fleurine, Lande-sur-Alagn0n y à Frugère , Anson, Bois-Gros, Gros-Ménil , Fosses la Brosse et Brassager. (Du Charbon de terre, et par M. Morand, pag. 156.) — C'est au-dessous w de Brionde, entre les rivières d'Alagnon et d'Als lier , que se trouve la plus gronde partie des fouil= les, etla mine la plus aboudante est dans le ter” ritoire de Sainte-Fleurine; le charbon s'y trouve & une médiocre profondeur. Le centre de ces mines est » le champ appelé la Fosse, d'où on a autrefois tiré du charbon réputé le meilleur de tout ce quartier à les autres ne sont que des rameaux qui partent de ce $ champ ou qui viennent s'y rendre, mais séparés par des rocs : les charbons provenant de ces branches sont tous d'une qualité bien inférieure à celle de I maîtresse-mine..… Le bon charbon de cette mine ést au-dessous d'un roc grisâtre très-dur, de sept à huit toises d'épaisseur ; c’est d'abord une terre noire, Se0* siblement Litumineuse, Puis un schiste qui fait le toit de la veine dans laquelle on distingue trois membres : le premier charbon peut avoir depuis quinze jusqu'à vingt-cinq pieds d'épaisseur ; il est séparé du second par un roc noir, argileux et imprégné de bitume charbonneux : le second membre de charbon est à peu près de la même épaisseur que le premier ; il est aussi placé sur un roc qui sert de toit au troisième membre , qui renferme le meilleur charbon appelé Puceau, et qui porte encore sur un lit de roc..-- Dans ces mines le charbon 5e présente quelquefois en tas. (Idem , ibidem, pag. 588.)
une montagne, dont le charbon est pyriteux et sensiblement chargé de vitriol ; une autre à Mas-de-Bannac, élection de Milhaud. On en a aussi découvert dans le bas Limosin à une lieue de Bourganeuf , dans les environs d’Argental, dans ceux de Maynac et dans le territoire de Varets, à peu de distance de Brives (1). Dans toute l'étendue du terrain, depuis la rive du Lot qui est en face de Levignac Jusqu'à Firmi , on
peut pas faire Un Pas qu'on ne trouve du charbon; daus beaucoup d’endroits on n’a pas besoin de creuser pour le tirer. Dans ce même canton ily a une masse très-étendue de ce charbon qui est minée par un embrasement souterrain; la première époque de cet incendie n’est point connue , on voit sortir une fumée fort épaisse des crevasses de cette minière enflammée (2). Il y a aussi en Bourgogne, au canton de la Gachère , près de Saint-Berain , une mine de charbon enflammée qui donne de la fumée et une forte odeur d’acide sulfureux; on ne peut pas toucher sans se brûler , un bâton qu'on y a plongé seulement pendant une minute ; ce n’est qu’une inflammation pyriteuse produite par l'eau qui séjourne dans cetendroit , et qu'on pourrait éteindre en le desséchant (3). Il yaencore près de Saint-Étienneen-Forez une mine de charbon qui brûle de-
pus plus de cinq cents ans, auprès de la-
elle on avait établi une manufacture pour tirer de l’alun des récréments de cette mine brûlée; et enfin une autre auprès de Saint- Chaumont , qui brûle très-lentement et profondément.
En Languedoc il y a aussi beaucoup de charbon de terre. M. l'abbé de Sauvages, très-bon observateur , assure qu'il en existe différentes mines dans la chaine des collines, qui s'étend depuis Anduse jusqu’à Villefort, ce qui fait une étendue d'environ dix lieues de longueur (4).
mn
(1) Du Charbon de terre, etc., par M. Morand : pag. 155.
(2) Idem , pag. 534.
(3) Note communiquée par M. de Morveau , le 4 septembre 1779.
(4) Les principales , et celles qui en fournissent à presque tout le Languedoc, sont, dit-il, aux environs d'Alais et du Château des Portes ; elles affectent toujours les endroits dont le terrain ou les rochers sont une espèce de grès d'un grain quartzeux, grisâtre, irrégulier dans sa forme et sa grosseur... Les mines des environs d’Alais sont ordinairement
où l’on trouve du charbon de te
Dans le EL is, les principaux endroits
territoire de Gravenand , celui ceux de Saint-Genis-Terrenoi trois sont dans la même montagne , Située à un demi-quart de lieue de Rive-de-Gier , et les eaux de leurs galeries s’écoulent dans le Gier. Les terrains de SaïntMartin-la-Plaine, Saint-Paul-en-Yaretz , Rive-de-Giér, et Saint- Chaumont, contiennent aussi des mines de charbon. M. de la Tourette, secrétaire de l'Académie des sciences de Lyon, et correspondant de celle de Paris, a donnésune description détaillée des matières qui se trouvent au-dessus d’une de ces mines du Lyonnais , par laquelle il paraît que le bon charbon ne se trouve qu’à cent pieds dans certains endroits, et à cent cinquante environ dans d’autres ; il y a deux veines l’une au-dessus de l’autre, dont la plus extérieure a depuis huit jusqu’à dix-huit pieds d'épaisseur d’un charbon propre aux maréchaux.
La seconde veine n'est séparée de la pre-
par veines , resserrées au fond d'un rocher... Le charbon y paraît entassé sans aucune distinction de lits; lorsque les veines aboutissent à la superficie , le charbon est altéré dans sa couleur epnns sa consistance jusqu'à une toise de ‘profondeur; on ne tire d'abord que dela terre noirâtre : à mesure que l'on creuse , le graïn devient plus ferme , d'un noir plus foncé et plus luisant , c'est le charbon dont on se sert pour les fours à chaux. r 1
Ces mines sont toujours accompagnées de deux espèces de schistes, connus parmi les mineurs du pays ; sous Je nom de fisse.… La première espèce de fisse, qu'on appelle les gardes du charbon , parce qu’elle lui est immédiatement appliquée, et qu'elle l'accompagne partout , est une pierre bitumineuse , mince , tendre et noire ; elle ne diffère de l’ampelitis ordinaire , que parce qu'elle est pliée on ondée ; et qu’elle a souvent le poli et le luisant du jayet travaillé.
Au-dessous de cette première fisse, on en trouve une autre dont les couches sont plus nombreuses et plus aplaties ; c'est une ardoise feuilletée , tantôt noire , tantôt rousse , et toujours fort grossière : elle se distingue principalement de la première pas des empreintes végétales,
Quoique nos mines de charbon soient à l'abri des eaux pluviales ;elles ne laissent pas quelquefois d'être humectées par des sources bitumineuses , aussi anciennes peut-être que les mines , et qui sont plus fréquentes à mesure que les mines sont plus profondes ; les ouvriers en sont souvent incommodés ; mais ils assurent qu'en revanche , il n’y a pas de meilleur charbon que celui qui est voisin de ces sources. (Observations lithologiques , etc., dans les Mémoires l'Académie des sciences , année 1747 , page 700.)
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mière par un lit de grès dur et d’un grain fin, de six à neuf pouces d'épaisseur ; ce g e toit à la seconde veine qui a dix à pieds d'épaisseur, et dont le char plus compacte que celui de la première veine, mais encore plus pyriteux.
I ga du charbon de terre en Dauphiné près de Briançoñ , etentre Sésanne et Sertriches , dans le même endroit où l'on tire la craie de Briançon, et à Ternay ; élection de Vienne, Les charbons de Voreppe, de Saint- Laurent, de la montagne de Soyers , ainsi que ceux du village de la Motte et du Valdes-Charboniers, qui tous se tirent pour l'usage des maréchaux , ne sont pas de bien bonne qualité. On en trouve en Provence près d'Aubagne , à Pépin, route de Marocelle ; mais ce charbon de la mine de Pépin, répand long-tems après avoir été tiré de la 3e une odeur particulière et désa-
En Franche-Comté, la mine de Champagné , à deux lieues de Béfort, est trèsabondante ; et le charbon en est de fort bonne qualité ; la veine a souvent huit pieds d'épaisseur , et elle est partout d’une égale bonté, elle paraît s'étendre dans toute la base du moniticule qui la renferme; il y a plusieurs autres mines de charbon dans les environs de Champagné et dans quelques autres endroits de cette province (L) ; il yen a aussi quelques mines en Lorraine, mais l'exploitation n’en a pas encore été assez suivie, pour qu’on juge de la qualité de ces charbons. En Alsace, il s'en trouve près de Schelestat (2).
(1) Les mines de Ronchamp , en Franche-Comté , présentent un phénomène bien singulier et que je n'ai vu nulle part. Dans les masses de charbon, immédiatement sous les lames de pyrites plus partienlièrement que dans les eouches de purs charbons , il se ve une couche légère de charbon de bois bien pus. +) par le brillant, la couleur , le tissu fibreux, une consistance pulvérulente , nüircissant les doigts, et lorsqu'un morceau de houille , contenant des lames de ce charbon de bois est épuré, qu'il est encore rouge et que l'on souflle dessus ; le charbon de terre s'éteint et celui de bois s'embrase de plus en plus.
L'on trouve fréquemment à la toiture de ces mines, parmi le grand nombre d'impressions de plantes de toute espèce , des roseaux (bambous) de trois à quatre pouces de diamètre, aplatis, et qui ne sont point détruits ni carbonifiés. (Lettre de M. le chevalier de
à M. de Buffon, Besançon , le 27 mai 1781.) ) Du Charbon de terre, par M. Morand, pag. 149
et suiv.
Il n’y a point de mines de charbon dans
le Cambrésis, mais celles du Hainaut sont
en grand nombre, et celles de Fresnes et d'Anzin sont devenues fameuses. On a commencé à fouiller celle de Fresnes en 1717; et celle d'Anzin en 1734; on en tire aussi aux environs de Condé ; le charbon de ces mines est en général de bonne qualité (3); On assure même qu'il est plus gras et qu'il re plus au feu que celui d'Angleterre ; le Charbon qui se tire à Fresnes est plus eompacte que les autres , et pèse un dixième et plus que celui d'Anzin. Le charbon de Quiévrain à deux lieues et demie de Valenciennes , est aussi d'une excellente qualité ; on à fouillé quelques-unes de ces mines jusqu’
sept cents pieds de profondeur (4). M. Morand dit que dans la mine de M. des An- Een près de Charleroi , l'eau est tirée de soixante troïs toises de profondeur. et quê le charbon est placé SE huit toises be dessous , ce qui fait en tout cent soixante A Po mille vingt-six pieds de pro-
Dans l’Anjou l'on a trouvé des mines de
charbon de terre à Concourson, à Saint
Georges de Chateloison, à Doué . et à Montreuil-Béllaï ; les charbons qui se tirent près de la surface du terrain’, ne sont pas si bons que ceux qui gisent à une plus rande pro
fondeur ; la veine a PT six à sept pieds d'épaisseur. Ce charbon d'Anjou es” de bonne qualité; cependant on n’a, de tems immémorial, trouvé dans cette province qu
des veines éparses sous des rocs placés à É huit pieds de profondeur , auxquels succède une terre qu'on y appelle houille, qui est une espèce de mauvais charbon , avant-Coureur du véritable ; les veines y sont très-sur Jettes aux creins , et par conséquent irrégulières; il v en a cinq de reconnues, leur
épaisseur est depuis un pied jusqu’à quatres
et même jusqu’à douze pieds, suivant M- de Voglie ; elles paraissent être une dépendance de celles de Saumur avec lesquelles elles 8 rapportent en tout. Leur direction générale est du levant au couchant (6).
Dans la basse Normandie il se trouve du,
charbon de terre à Litry , et la veine se ren” contre à peu de profondeur au-dessous d’une
À (3) Du Charbon de terre, par M. Morand, pag 144 el suiv.
(&) Idem , pag. 182.
(5) Idem , page 453.
(6) Idem , pag. 545 et 547-