‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 24 sur 162 · EE · texte numérisé non relu

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lippines et du Japon, et sur les côtes du Pégu.

et de Bengale (1); celle de l'Afrique, entre Mozambique (2) et la mer Rouge ; et entre le Cap-Vert (3) et le royaume de Maroc (4).

En Amérique , il s'en trouve dans la baie de Honduras, dans le golfe de la F loride, sur les côtes de l'ile de Maragnon au Brésil » et tous les voyageurs s'accordent à dire que si les chats sauvages, les sangliers , les renards, les oiseaux, et même les poissons et les crabes n'étaient pas fort friands de cette drogue précieuse, elle serait bien plus commune (5) :

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semblerait appuyer ces raisons, est que l’ambre ne vient sur les côtes de Jolo que sur la fin des vents d’aval ou d'ouest, (Voyage dans les mers de l'Inde ; par M. le Gentil, Paris, 1781, in-4o, tom. 2, pag. 84 et 85.)

(1) On en recueille aussi sur les côtes du Pégu et du Bengale, etc, (Voyage de Mandeslo , suite d'Oleñrius, tom. 2, pag. 139, )

(2) Quand le gouverneur de Mozambique revient à Goa , au bout de trois aus que son gouvernement est fini, il emporte environ d'ordinaire avec lui, pour trois cents mille pardos d'ambre gris, et le pardos est de vingt sous de notre monnaie ; il s'en trouve quelquefois des morceaux d'une grosseur considérable. ( Voyages de Tavernier, tom. 4, pag. 73.) Il vient de l'ambre gris en abondance de Mozambique et de Sofala. (Relation de Paris, Histoire générale des Voyages, tom. 2, pag. 185.) &

(3) On trouve quelquefois de l'ambre gris aux iles du Cap-Vert , et particulièrement à l'île de Sal; et l'on prétend que si les chats sauvages , et même les vortures vertes, ne mangeaient pas celle précieuse gomme, On y en trouverait beaucoup davantage. (Robertz dans l'Hist, gén. des Voyages, tom. 2, pag. 323.)

(4) Sur le bord de l'Océan, dans la province de Sui, au royaume de Maroc, on rencontre beaucoup d'ambre gris, que ceux du pays donnent à bon marché aux Européens qui y trafiquent. ( L'Afrique de Marmol, Paris, 1667, tom, 2, pag. 30.) — On tire des rivières de Gambie, de Catsiao et de San-Domingo , de très-bons ambres gris : dans le temps que j'étais sur la mer, elle en jeta sur le rivage une pièce d'environ trente livres ; j'en achetai quatre livres dont une partie fut vendue en Europe, au prix de huit cënts florins la livre. (Voyage de Van den Broeck, tom. 4, pag. 308.)

(5) Voyez l'Histoire générale dés Voyages, tom, 2, pag: 187, 363, 367 ; tom. 5, pag. 210, et tom. 14, Pa8- 247. — L'ambre gris est assez commun sur quelques côles de Madagascar et de l'ile Sainte-Marie : après qu'il y a eu une grande tourmente, on le trouve sur le rivage de Ja mer; c'est un bitume qui provient du fond de l'eau , se coagule par succession de temps, et devient ferme: les poissons, les oiseaux, les crabes, les cochons, l'aiment tant , qu'ils le cherchent incessammeut pour le dévorer. ( Voyage de Flaccour, pag- 29 et 150.

comme elle est d'une odeur très-forte au mo qe que la mer viént de la rejeter, les Indiens , les pSgres et les Américains la chercAeS re" ps: que par les yeux, et “GA QR S de loin par cette odeur, arrivent en nombre pour s'en repaitre, et souvent indiquent aux hommes les lieux où ils doivent la chercher (6). Cette odeur désagréable et forte s'adoucit peu à peu Éninre que l’ambre gris se sèche et se durcit à l'air: il y en a de différents degrés de consistance et de couleur différente ; du gris , du brun , du noir et même du blanc : mais le meilleur et le plus dur, paraît être le gris cendré, Comme les poissons, les oiseaux et tous les animaux qui fréquentent les eaux ou les bords de la mer avalent ce bitume avec avidité , ils le rendent mêlé de la matière de leurs excréments , et cette matière étant d'un blanc de craie dans les ux; cet ambre blanc, qui est le plus mauvais de tous, pourrait bien être celui qu’ils rendent avec leurs excréments ; et de même l'ambre noir serait celui que rendent les cétacés et les grands poissons dont les déjections sont communément noires.

Et comme l'on a trouvé de l'ambre gris dans l'estomac et les intestins de quelques cétacés (7), ce seul indice a suffi pour faire

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(6) Histoire des Aventuriers, etc., Paris, 1686, tom. 1, pag. 307 et 308.—Le nommé Barker à trouvé et ramassé lui-même un morceau d'ambre gris dans la baïe de Honduras, sur une grève sablonneuse , qui pesait plus de cent livres; sa couleur Lirail sur le noir, et il était dur à peu près comme un fromage, et de bonne odeur après qu'il fut séché. (Voyage de Dampier, tom. 1 , pag. 20.) <

(7) « Kæmpfer dit qu'on le tire principalement des » intestins d’une baleine assez commune dans la mer » du Japon , et nommée fiaksiro ; il y est mélé avec » les excréments de l'animal, qui sont comme de la » chaux, et presque aussi durs qu’une pierre : c'est » par leur dureté qu'on juge s'il s’y trouvera de » l'ambre gris ; mais ce n'est pas de là qu'il tire son » origine. De quelque manière qu'il eroisse au fond » de la mer ou sur les côtes , il paraît qu'il sert de » nourriture à ces baleines, et qu'il ne fait que se » perfectionner dans leurs entrailles ; avant qu'elles » l'aient avalé, ce n'est qu'une substance assez dif- » forme, plate, gluante, semblable à la bouse de » vache, et d'une odeur très-désagréable : ceux qui » le trouvent dans cet état , flottant sur l’eau ou jeté » sur le rivage, le divisent en petits morceaux qu'il, » pressent, pour lui donner la forme de boule; à » mesure qu'il durcit il devient plus solide et plus » pesant : d'autres le mélent et le pétrissent avec de » la farine de cosses de riz, qui en augmente la quan-

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Li né © LA Li naître l'opinion que c'était une matière ani-

male qui se produisait particulièrement dans le corps des baleines (1), et que peut-être c'était deur sperme, etc., d’autres ont imaginé que l'ambre gris était de la cire et du miel tombés des côtes dans les eaux de la mer, et ensuite avalés par les grands poissons dans l'estomac desquels ils se convertissaient en ambre, ou devenaient tels par le seul mélange de l’eau marine; d’autres ont avancé que c'était une plante comme les champignons ou les truffes, ou bien une racine qui croissait dans le terrain du fond de la mer ; mais toutes ces Opinions ne sont fondées que sur de petits rapports ou de fausses analogies : l'ambre gris, qui n’a pas été connu des Grecs ni des anciens Arabes, a été dans ce siècle reconnu pour un véritable bitume par toutes ses riétés, seulement il est probable , comme je l'ai insinué , que ce bitume , qui diffère de tous les autres par la consistance et l'odeur, est mêlé de quelques parties gélaniteuses ou mucilagineuses des animaux et des végétaux qui lui donnent cette qualité particulière; mais l’on ne peut douter que le fond et même la majeure partie de sa substance ne soit un vrai bitume.

Il parait que l’ambre gris mou et visqueux tient ferme sur le fond de la mer, puisqu'il ne s'en détache que par force dans le temps de la plus grande agitation des eaux ; la quantité jetée sur les rivages , et qui reste après la déprédation qu’en font les animaux, démontre que c'est une production abondante de la nature et non pas le sperme de la baleine, ou le miel des abeilles, ou la gomme de quelque arbre particulier : ce bitume rejeté , balloté par Ja mer, remplit quelquefois les fentes des rochers contre lesquels les

LL pis itliarn rh la couleur. I1y a d'autres manières

» lité et relève s » de le falsifier ; mais si l'on en fait brûler un morussilôt par la cou-

» ceau, le mélange se découvre « » leur, l'odeur et les autres qualités de la fumée ;

» les Chinois, pour le mettre à l'épreuve, en raclent » un peu dans de l’eau de thé bouillante ; s’il est véri- » table, il se dissout et se répand avec égalité, ce que » ne ferait pas celui qui est sophistiqué. Les Japonais » n'ont appris que des Chinois et des Hollandais la » valeur de l'ambre gris; à l'exemple de la plupart » des nations orientales de l'Asie , ils lui préfèrent » l'ambre jaune. » ( Histoire générale des Voyages ; tom. 10, pag. 657.)

(1) Voyez les Transactions philosophiques, numéros 385 et 387, et la réfutation de celte upiuion dans , les numéros 433, 434 ot 433.

flots viennent se briser. Robert Lade décrig l'espèce de pêche qu'il en a vu faire sur le côtes des îles Lucaies ; il dit que Pambn gris se trouve toujours en beaucoup PIK grande quantité dans la saison où les ven règnent avec le plus de violence, et quelle plus “grandes richesses en ce genre se ou vaient entre la petite ile d'Éleuthère et @lk de Harbour , et que | ten ne doutait pas qu eu sr n'en continssent encore Plus us commencâmes :

» che par l'ile More du en OU c à » Calme, le 14 de mars, et nous rapport n » ce même jour douze livres d'ambre gris » cette pêche ne nous coûta que la pein À » plonger nos crochets de fer dans les ét » que notre guide nous l » sions encore mieux fait si n 2 des filets. L'ambre mou se ofisit de 1 | ême embrassait le crochet de fer avet » . se ar ürer jusque dans la ba » mais faute de filets nous eù egre perdre deux des plus nana d'ami que j'aie vues de ma vie; leur forme étà ovale, elles ne furent pas plus tôt de chées que glissant sur le crochet es perdirent dans la mer... Nous admi n avec quelle promptitude pr i à qu'une gomme mollasse dans 1 él c mer, prenait assez d à

e consistance € quart d'heure pour résister à la pres: on:

nos doigts : le lendemain notre ambre était aussi ferme et aussi beau que 6

ar vante le plus dans les magasins.

-urope.... Quinze jours ous ployämes à 1 né

a pêch Ù s nous en rapportèrent Sr notre guide nous reprocha d ee tôt ; il nous pressait de fair Bermudes, assurant qu'il core en plus grande en avait tiré une ma » livres pesant, ce qui cessa de m'étonf ” lorsque J'appris, dit ce voyageur, qu » en avait trouvé sur les côtes de la : ane » que, une vin > î ei se masse de cent quatre - Vi2S Les Chinois, les Ja onai | Late peuples de l'Alie font Das!

1 ambre gris autant de cas que les Europée x ils estiment beaucoup plus l'ambre ja une où succin qu'ils brülent en quantité par më gr ficence , tant à cause de la bonne odeur. que

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(2) Voyage de Robert Lade , Pari La # res. 49:51, 72, 98, 90 402" SUR

sa fumée répand, que parce qu'ils croient cette vapeur très-salubre, etmême spécifique pour les maux de tête et les affections nerveuses (1). .

L'appétit véhément de presque tous les animaux pour l'ambre gris ; Je est pas le seul indice par lequel je juge qu il contient des parties nutritives, mucilagineuses, provenant des végétaux , ou même des parties gélatineuses des animaux ; €t sa propriété analogue

avec le muse et la civette, semble confirmer mon opinion, Le, musc et la civette sont , comme nousl'avonsdit(2), de pures substances animales, 1 ambre gris ne développe sa bonne odeur et ne rend un excellent parfum que

quand il est mêlé de muse et de civette en dose convenable : il ya doneun rapport trèsvoisin entre les parties |

: des animaux et celles de l'ambre gris, et peut-être

toutes deux sont-elles de même nature.

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