DU SOUFRE
La nature, indépendamment de ses hautes puissances auxquelles nous ne pouvons atteindre, et qui se déploient par des effets universels, a de plus les facultés de nos arts qu'elle manifeste Par des effets particuliers ; comme nous, elle sait fondre et sublimer les métaux, Cristalliser Jes sels , tirer le vitriol et le soufre des pyrites, etc.; son mouvement
plus que perpétuel, aidé de l'éternité du temps, produit, entraîne, amène toutes les révolutions, toutes les combinaisons possibles ; pour obéir aux lois établies par le souvérain Être ; €lle n'a besoin ni d'instruments, RE
(1) Voyez l'article qui a pour titre , De la Nature, seconde Vue. ,
ni d’adminicules , ni d’une main dirigée par l'intelligence humaine; tout s'opère , parce qu'à force de temps tout se rencontre ; et que dans la libre étendue des espaces et dans la succession continue du mouvement, toute matière est remuée, toute forme donnée ; toute figure imprimée ; ainsi tout se rapproche ou s'éloigne , tout s'unit ou se fuit, tout
se combine ou s'oppose , tout se produit ou se détruit par des forces relatives ou contraires,
qui seules sont constantes; et 8€ balançant sans se nuire, animent l'uuivers et en font un théâtre de scènes toujours nouvelles, et ‘obiets sans cesse renaissants. :
» pos ne considérant la nature que dans ses productions secondaires, qui sont les seules auxquelles nous puissions comparer les produits de notre art, nous la verrons encore bien au-dessus de nous; et pour ne ler que du sujet particulier dont je vais traiter dans cet article, le soufre qu'elle produit au feu de ses volcans , est bien plus pur, bien mieux cristallisé, que celui dont nos plus grands chimistes ont ingénieusement trouvé la composition (L) ; c’est bien la même substance ; ce soufre artificiel et celui de la nature ne sont également que la matière du feu rendue fixe par l'acide , et la démonstration de cette vérité, qui ne porte que sur limitation par notre art d'un procédé sécondaire de la nature, est néanmoins le triomphe de la chimie , et le plus beau trophée qu'elle puisse placer au haut du monument de toutes
ses découvertes.
L'élément du feu qui , dans son état de liberté , ne tend qu'à fuir , et divise toute matière à laquelle on l'applique, trouve sa prison et des liens dans cet acide , qui lui-même est formé par l’intermède des autres éléments ; c'est par la combinaison de l'air et du feu que l'acide primitif a été produit, et dans les
sl ent y. déni diet
(1) Hs sont allés jusqu'à déterminer la proportion dans laquelle l'acide vitriolique et le feu fixe entrent chacun dans le soufre. Stabl a trouvé « que das Ja » composition du soufre, l'acide vitriolique faisait » environ quinze scizièmes du poids total, et méme
»-un peu plus, et que le phlogistique faisait un peu
» moins d'un seizième... M. Brands dit, d'après ses.
» propres expériences , que Ja proportion du principe » inflammable à celle de l'acide vitriolique, est à peu » près de 3 à 50 (ou d'un dix-septième) en poids ; » mais ni M. Brands ni M. Stahl n'ont pas connu » l'influence de l'air dans lacombinaison de leurs ex- » périences, en sorte que cette proportion n'esL pas » certaine. » (Dictionnaire de Chimie, par M. Mac- .quer; article Soufre.)
acides secondaires , les éléments de et de l'eau sont tellement combinés q# cune autre substance simple ou compo autant d'aflinité avec le feu; aussi cet” ment se saisit de l'acide dès qu'il se trot duns son état de pureté naturelle et Sa
eau superflue, il forme avec lui un n@ être qui est le soufre , uniquement € de l'acide et du feu. è 1 Pour voir clairement ces rapports tants, considérons d'abord le soufre tel la nature nous l'offre au sommet de se cans ; il se sublime, s'attache et se contre les paroïs des cavernes qui ur tent tous les feux souterrains : ces ch teaux des fournaises embrasées par le feu pyrites, sont les grands récipients de c matière sublimée ; elle ne se trouve n en aussi grande abondance , parce que part l’acideet le feu ne se rencontrent en grand volume, et n’agissent avec autant puissance. - 484 Après la chute des eaux et la pr odul de l'acide, la nature a d’abord renfermé partie de la matière du feu dans les pyr c'est-à-dire dans les petites masses ferf neuses et minérales où l’acide vitriolique?
ses en quantité , à saisi cet é émen du EE à perpétuité, si Jaë umides (2) ne survenai ‘
le dégager et lui rendre sa liberté ; ‘b dité en agissant sur la matière terre:
s'unissant en même tem ‘acide ydi® sa force ; relâche peu à rit pu de union avec le feu , qui reprend sa liber que ses liens sont brisés : dans cet i !
le feu, devenu libre +: EMpPorte avec s: ar une portion de l'acide auquel il éta dans la pyrite * et cet acide pur et sép a la terre qui reste fixe, forme avec la & u st de la flamme , une nouvelle matière un ment composée de feu fixé par l'acide ;# cr de terre ni de fer, ni d'aueu 1 Îl y a donc une différence essenti le soufre et la, pyrite contiennent également la substance du saisie par l'acide, Puisque le soufre.
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De € > Quoique tous.
(2) L'eau seule ne décompose pas les long des falaises des côtes de Normandie de la mer sont jonchés de pyrites ramassent pour en faire du vitriol. DE -
La rivière de Marne, dans la partie de la @ ar P crayeuse qu'elle arrose, est jonchée de py it sm tiales qui resteut intactes laut qu'elles sont Jans mais qui s'efleurissent dès qu'elles sont exg
RE: ee l pyri Le :
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composé que de ces deux substances pures et simples , tandis qu'elles sont incorporées dans la pyrite avec une terre fixe de fer ou d'autres minéraux : le mot de soufre minéral, dont on a tant abusé , devrait être banni de la physique , parce qu'il fait équivoque et présente une fausse idée ; car ce soufre minéral n’est pas du soufre, mais de la pyrite , et de même toutes les substances métalliques, qu'on dit être minéralisées par le soufre , ne sont que des pyrites qui contiennent, à la vérité, les principes du soufre, mais dans lesquelles il n'est pas formé. Les pyrites martiales et Cuivreuses, Ja galène de plomb, etc., Sont autant de pyrites dans lesquelles la substance du feu et celle de l'acide, se trouvent plus ou moins intimement unies aux parties fixes de ces métaux ; ainsi les pyrites ont été formées par une grande opération de la nature, après la production de l'acide et des matières combustibles, remplies de la substance du feu ; et le soufre ne s’est formé que par une opération secondaire , accidentelle et particulière , en se sublimant avec l'acide par l’action des feux souterrains. Les charbons de terre et les bitumes qui, èomme les pyrites, contiennent de l'acide,
doivent par leur combustion produire de
même une grande quantité de soufre ; aussi toutes les matières qui servent d’aliment au feu des volcans et à la chaleur des eaux thermales , donnent également du soufre dès que
ar les circonstances locales, l’acide, et le feu qui l'accompagne et l'enlève, peuvent être arrêtés et condensés par le refroidissement. >
On abuse donc du nom de soufre , lorsqu'on dit que les métaux sont minéralisés . par le soufre; et comme les abus vont tou-
jours en augmentant, on a aussi donné le même nom de soufre à tout ce qui peut brüler : ces applications équivoques ou fausses, viennent de ce qu’il n’y avait dans aucune langue , une expression qui pût désigner le feu dans son état fixe; le soufre des anciens chimistes représentait cette idée (1), le phlogistique la représente dans
(1) Le soufre des philosophes herméliques était un tout autre être que le soufre commun; ils le regardaïent comme le principe de la lumière , comme celui du développement des germes et de la nutrition des corps organisés. (Voyez Georg. Wolfgang Wedel. Éphém. d'Allemagne, années 1678, 1679, et la Col- Jection académique , partie étrangère, tom. 3, pag. 415 et 416); et sous ces rapports, il paraît qu'ils considéraient particulièrement dans le soufre, son
THÉORIE DE LA rennes. Z'ome LIL.
la chimie récente, et l'on n'a rien gagné à cette substitution de termes , elle n’a même fait qu'augmenter Ja, confusion des idées, parce qu on ne s'est pas borné à ne donner au phlogistique que les propriétés du feu fixe; ainsi le mot ancien de soufre ou le mot nouveau de phlogistique . dans la langue des Sciences, n'auraient pas fait de mal s'ils n'eussent exprimé que l'idée nette et claire du feu dans son état fixe; Cependäñt fu Jixe est aussi court , aussi aisé à prononcer que phlogistique, et feu fixe rappelle l'idée principale de l’élément du feu, et le représente tel qu'il existe dans les corps combustibles , au lieu que phlogistique qu'on n'a jamais bien défini, qu'on a souvent mal appliqué, n'a fait que brouiller les idées, et rendre obscures les explications des choses les plus claires; la réduction des chaux métalliques en est un exemple frappant, car elle s'explique, s'entend aus si clairement que la précipitation, sans qu'il soit nécessaire d’avoir recours avec nos chimistes , à l'absence ou à la présence du Phlogistique.
Dans la nature, et surtout dans la matière brute , il n’y a d'être réels et primitifs que les quatre éléments , chacun de ces éléments peut se trouver en un état différent de mouvement ou de repos , de liberté ou de contrainte , d'action ou de résistance, etc.; il Y aurait donc tout autant de raison de faire Un nouveau mot pour l’air fixe, mais heureusement on s’en est abstenu Jusqu'ici ; ne vaut-il pas mieux en effet désigner par une épithète l'état d'un élément, que de faire un être nouveau de cet état en lui donnant un nom particulier? Rien n'a plus retardé le progrès des sciences que la logomachie , et cette création de mots nouveaux à demi techniques , à demi métaphoriques , et qui dès lors ne représentent nettement , ni l’effet ni la cause : j'ai même admiré la Justesse de discernement des anciens, ils ont appelé pyrites, les matières minérales qui contiennent en abondance la substance du feu ; avons-nous eu raison de substituer tr nd RE SR A tre ci feu fixe, indépendamment de l'acide dans lequel le se trouve engagé : dans ce point de vue ce n'est plus du soufre qu'il s'agit, mais du feu même, en tant que fixé dans les différents corps de la nature, il en fait l'activité, le développement et la vie; et en ce sens, le soufre des alchimistes peut en effet être regardé comme le principe des phénomènes de la cha . leur, de la lumière , du développement et de la nutrition des corps organisés. (Observation commu-
niquée pur M. l'abbé Bexon.)
ed US > = 4 MŸ h à Lee
à ce nom celui de soufre, puisque les mi- les pyrites qu'on a nommées sulfureusesg nérais ne sont en effet que des pyrites? qui contiennent la plus grande quan et de même les anciens chimistes ont en- feu fixe et d'acide , avec la moindre quaniil
tendu par le mot de soufre , la matière du feu contenue dans les huiles, les résines, les esprits ardents, et dans tous les corps des animaux et des végétaux, ainsi que dans la substance des minéraux; avons-nous au” jourd’hui raison de lui substituer celui de phlogistique? Le mieux eût été de n adopter ni l'un ni l'autre; aussi n’ai-Je employé dans le cours de tet ouvrage , que l'expression de fèu fire (1), au lieu de gite tique , comme je Er gr que celle de te, au lieu de soufre minérær- Mr , si l'on veut distinguer l'idée du feu fixe de celle du phlogistique, il faudra , comme je l'ai dit (2), appeler phlogistique, le feu qui , d'abord étant fixé dans les corps est en même temps animé par l'air et peut en être séparé; et laisser le nom de feu fire, à la matière propre du feu fixé dans ces mêmes corps, et qui sans l’adminicule de
l'air auquel il se réunit ne pourrait s'en
deg. fixe est cr combiné FA pad us deux sont les principes inflam- Te PA Fe les substances combustibles, c'est en raison de la quantité de cet air et feu fixe qu'elles sont plus ou moins inflammables; le soufre qui n'est composé que d'acide pur et de feu fixe, brûle en entier et ne laisse aucun résidu après son inflammation ; les autres substances qui sont mêlées de terres ou de parties fixes , laissent toutes des cendres ou des résidus si | neux après leur combustion, et en général toute Rfanuation , toute combustion n’est que la mise en liberté par le concours de l'air, du feu fixe contenu dans les corps, et c'est alors que ce pa: mé rh hr istique ; or le feu libre, at x FLE Léélessent rendre la liberté au fen fixe contenu dans les pyrites , et comme au moment qu'il est libre le feu reprend sa volatilité , il emporte avec lui l'acide auque ilest uni, et forme du soufre par la seule condensation de cette vapeur. | On peut faire du soufre par la fusion ou par la sublimation ; il faut pour cela choisir
RE Li tnsepepitemmntpepementeenten ER CRE i ême
1) Le phlogistique et le feu fixe sont la m de , dit “te de Morveau, et le soufre n est composé que de feu et d'acide vitriolique.} Éléments
de Chimie, tom. 2, pag. 21.) (2) Voyez l'Introduction aux Minéraux, tom. 2.
de fer, de cuivre , ou de toute autre mall®k fixe; et selon qu'on veut extraire une gra ou petite quantité de soufre on emploie.
férents moyens (3) , qui néanmoins se ré
(3) Pour tirer le soufre des pyrites , et paf ct rement des pyrites cuivreuses, on forme , à Mai | bre , des tas de pyriles qui ont environ vingt Ph en carré, et neuf pieds de haut, on arrange ces pÿ® sur un lit de Lûüches et de fagots ; on laisse à ces 0 une ouverture quisert d'évent, où comme le een £ sert à un fourneau ; un enduit les parois ï L des tas, qui forment comme des espèces de mn avec de la pyrite en poudre et en petites F ti que l’on mouille; alors on met le feu au bois et" le laisse brûler pendant plusieurs mois : on om la partie supérieure des tas on de ces massifs, À trous ou des creux qui forment comme des ba$s dans lesquels le soufre fondn par l'action du feu se rendre,» et d'où on le puise avec des cu illers fer, mais ce soufre, ainsi recueilli , n'est} vint } faitement pur ; il a besoin d'être fondu de not dans des chaudières de fer ; alors les parties pie” ses el lerreuses qui s'y trouvent mélées to ben fond de la chaudière, et le souf. Fe surface. Telle est la manié one 3 Hs ère dont on fixe Je! "
Une autre manière qui est au
magne , consiste À faire griller les pyrites ou la de cuivre, sous un bangar couvert d'un toit qu en peute; ce toit oblige la fumée qui part du us q
l'on grille, À passer par dessus une auge remplie® froide ; par ce moyen cette fumée, qui n’est co] sée que de soufre , se condense et tombe dans l'aise
Ea Suède, on se sert de gra »
qu'on remplit au tiers de Arf ge soufre par distillation ; on ne met ee tiers de rites, parce que le feu les fait gonfler considéra! il passe une partie du soufre qui suinte. au 1 des retortes et qui est fort pur, on le débite po : la fleur de soufre; quant au reste du soufre, Î reçu dans des récipients remplis d'eau ; on enlé soufre des récipients, on le porte dans aË chaut de fer, où-on le fait fondre afin qu'il
ssi en usage n AL
matières élrangères dont il était mélé : lorsque Pyrites ont été dégagées du soufre qu'elles con de l on les jette dans un tas À l'air libre ; après qu'e ont été exposées aux injures de l'air, ces 14 À. sujets à s’enflammer d'eux-mêmes, après quoi le SC fre en esl Lotalement dégagé ; mais pour préver r 1 flammation , on lave ces pyrites calcinées , et l'on tire du vitriol, qu’elles ne donncraient point 5 les avait laissé s'embraser; après qu'il a été puril on le fond de nouveau, on le prend avec des euille de fer , et on le verse dans des moules qui lui 40 nent la forme de bâtons arrondis; c'est ce qu appelle soufre en canons... 1" JR Aux environs du mont Vésuve et dans d'autres es
. sent tous à donner du soufre par fusion ou par sublimation. :
Cette substance tirée des pyriles par notre art , est absolument semblable à celle du soufre que la nature produit par l’action de ses feux souterrains ; sa couleur est d'un jaune citron, son odeur est désagréable , et plus forte lorsqu'il est frotté ou échaufré , il est électrique comme l'ambre ou la résine; sa saveur n’est insipide que parce que le principe aqueux de sox acide y étant absorbé par l'excès du feu, il n’a aucune aflinité avec la salive , et qu'en général , il n’a pas plus d'action sur les matières aqueuses qu'elles n'en ont sur lui: sa densité est à peu près égale à celle de la pierre calcaire (l); il est cassant, presque friable , et se pulvérise aisément , il ne s'altère pas par l’impression des éléments humides, et même l'action du feu ne le décompose pas lorsqu’il est en vaisseaux clos , et privé de l'air nécessaire à toute inflammation. 11 se sublime sous sa même forme, au haut du vaisseau clos en petits cristaux auxquels on a donné le nom de fleurs de soufre, eelui qu'on obtient par la fusion , se cristallise de même en le laissant refroidir très-lentement, ces cristaux sont ordinairement en aiguilles , et cette forme aiguillée, propre au soufre, se voit dans les pyrites et dans presque tous les minéraux où le feu fixe et l'acide se
droits de l'Italie, où il se trouve du soufre , on met les terres qui sont imprégnées de cette substance dans des pots de terre, de la forme d'un pain de sucre ou d'un cône fermé par la base, et qui ont une ouverture au somimnel : On arrange ces pots dans un grand fourneau destiné à cet usage, en observant de les coucher horizontalenient; on donne un feu modéré qui suflise pour faire fondre le soufre , qui découle par l'orifice qui est à la pointe des pots, et qui est reçu dans d'autres pots dans lesquels on a mis de l'eau froide où le soufre se fige.
Après toutes ces purifications , le soufre renferme eucore souvent des substances qui en rendraient l'usage dangereux, et il faut pour le séparer de ces substances , le sublimer, ( Encyclopédie, article Soufre.) Voyez à peu près les mêmes procédés pour l'extraction du soufre des pyrites dans Je pays de Liége. (Collection académique, partie étrangère , tom. 2, pug. 10); et dans le Journal de Physique, mai 1781, p. 366, quelques vues utiles sur cetle exploitation en général, et en particulier sur celle que l'on
ourrail faire en Languedoc ,
(1) Le soufre volati] pèse environ cent quarantedeux livres le pied cube, et le soufre en canon cent trente-neuf cent quarante livres. (Voyez la Table de M. Brisson.)
trouvent combinés en grande quantité avec le métal; il se cristallise aussi en octhèdre À dans les grands soupiraux des volcans.
Le degré de chaleur nécessaire pour fondre le soufre ne suffit pas pour l'enflammer ; il faut pour qu'il slallume porter de la flamme à sa surface, et dès qu'il aura reçu l'inflammation il continuera ge brüler, Sa flamme est légère et bleuâtre, et ne peut même communiquer l'inflammation aux autres malières combustibles , que quand on donne plus d'activité à la combustion du soufre, en augmentant le degré de feu; alors sa flamme devient plus lumineuse, plus intense , et peut enflammer les matières sès ches et combustibles (2) : cette flamme du soufre quelque intense qu'elle puisse être n'en est pas moins pure, eMe est ardente dans toute sa substance, elle n'est accompagnée d'aucune fumée et ne produit point de suie ; mais elle répand une vapeur suflocante qui n'est que celle de l'acide encore combiné avec le feu fixe , et à laquelle on a donné le le nom d'acide sulfureux : au reste, plus lentement on fait brûler le soufre, plus la vapeur est suffocante , et plus l'acide qu'elle contient devient pénétrant; c'est, comme l'on sait, ayec cet acide sulfureux qu’on blanchit les étoffes , les plumes et les autres substances animales (3). |
L'acide que le feu libre emporte ue s'élève avec lui qu'à une certaine hauteur ; car dès qu'il est frappé par l'humidité de l'air, qui se combine avec l'acide, le feu est forcé de fuir, il quitte l'acide et s’exhale tout seul * cet acide, dégagé dans la combustion du soufre, est du pur acide vitriolique: « Si » l'on veut le recueillir au moment que le feu » abandonne , il né faut que plaer un cha-
» piteau au-dessus du vase, avec la précau-
(2) Si l'on ne donne au soufre que le petit degré de feu nécessaire pour commencer à le faire brûler , sa flamme bleuâtre ne se voit que dans l'obscurité, et ne peut pas allumer les corps les plus combustibles. M. Baumé a fait ainsi brûler tout le soufre qui est dans la poudre à tirer, suns l'enflammer. (Dietionnaire de Chimie, par M. Macquer, article Soufre.)
(3) L'acide sulfureux volatil a la propriété de détruire et de décomposer les couleurs ; il blanchit les laines et les soïes; sa vapeur s'attache si fortement à ces sortes d'étofles, que l’on ne peut plus leur faire prendre de couleur , à moîns de les bouillir dans de l'eau de savon ou dans une dissolution d'alkali fixe ; mais il faut prendre garde de laisser ces éloffes trop long-temps exposées à la vapeur du soufre, parce qu'elle pourrait les endommager et les rendre eussantes. (Encyclopédie , article Soufre. )
»” tion de le tenir assez éloigné pour permet- » tre l’action de l'air qui doit entretenir la » combustion , et de porter dans l'intérieur » du chapiteau, une certaine humidité par » la vapeur de l'eau chaude ; on trouvera » dans le récipient , ajusté au bec du chapi- » teau, l'acide vitriolique, connu'sous le nom » d'esprit de vitriol, c'est-à-dire , un acide » peu concentré et considérablement affaibli » par l’eau (1).» On concentre cet acide et on le rend plus pur en le distillant : « L | » comme plus volatile, s'élève la première » et emporte un peu d'acide ; plus on réitère » Ja distillation , plus il y a de déchet , mais » aussi plas l'acide qui reste se concentre, » ét ce n’est que par ce moyen qu'on peut » lui donner toute sa force et le rendre tout » à fait pur (2). » Au reste, on a imaginé depuis peu le moyen d'effectuer dans des vaisseaux clos la combustion du soufre; il suflit pour cela d'y joindre un peu de nitre qui fournit l'air nécessaire à cette combus-
tion, et d'après ce principe , on a construit
des appareils de vaisseaux cles, pour tirer l'esprit de vitriol en grand, sans danger et sans perte; c'est ainsi qu'on y procède actuellement dans plusieurs manufactures (3) , et spécialement dans la belle fabrique de sels minéraux , établie à Javelle , sous le nom et les auspices de monseigneur le comte d'Artois.
L'eau ne dissout point le soufre et ne fait mème aucune impression à sa surface ; ce-
. péndant si l’on verse du soufre en fusion
dans de l’eau , elle se mêle avec lui, et il reste mou tant qu'on ne le fait pas sécher à l'air ; il reprend sa solidité et toute sa sécheresse dès que l’eau dont il s’est humecté par force, et avec laquelle il n’a que peu ou point d’adhérence, est enlevée par l'évaporation.
Voilà sur la composition de la substance du soufre et sur ses principales propriétés, ce que nos plus habiles chimistes ont reconnu eb nous représentent comme choses incontestables et certaines ; cependant elles ont besoin d’être modifiées , et surtout de n'être a
(1) Éléments de Chimie, par M. de Morveau , tom. 2 , pag. 22.
(2) Idem, ibidem.,
(3) C'est à Rouen où l'on « commencé à faire de l'huile de vitriol en grand par le soufre; il s'en fait annuellement dans cette ville et dans les environs , quatorze cent milliers : on en fait à Lyon , sans inter-
mède du salpêtre, (Note commnniquée par M. de Grignon.) |
pas prises dans un sens absolu si l'on veu s'approcher de la vérité s en se rappro DU des faits réels de la nature. Le soufre qua que entièrement composé de feu fixe et Œax cide, n’en contient pas moins les qu éléments , puisque l'eau , la terre et l'ai trouvent unis dans l’acide vitriolique , et le feu même ne se fixe que par l’interm de l'air. Es.
Le phlogistique n'est pas , comme on Wa sure , une substance simple, identic ue.
toujours la même dans tous les corps » pu que la matière du feu y est toujours unie celle de l'air, et que sans le concours” ee second élément, le feu fixe ne po ni se dégager ni s’enflammer : on sait’ l'air fixe prend souvent la place du feu fix ens’emparant des matières que celui-ciqgu ut porn er verse le seul intermède par quel on puisse dégager le i alo) devient le phlogistique ; vs: re in pendamment de l'air fixe qui est entré dar sa composition ; se Charge encore denou air dans son état de fusion : cet air fixe Sul à l'acide , la vapeur même du soufre f et l'absorbe , et enfin le soufre quoique tenant le feu fixe en plus grande quai que ‘toutes les autres substances. combuñ bles , "6 peut s'enflammer comme el Paire 7 18 Per le conti En comparant la combust: ouf celle du phosphore , on eng PE es fre l'air fixe prend la place du feu fixe à sure qu'il se dégage et s'exhale en flamm et que dans le phosphore , c'est l'air fixe se dégage le Premier, et laisse le feu reprendre sa liberté ; cet effet s'opère s le secours extérieur du feu libre . et p seul contact de l'air; et dans toute mat où il se trouve des acides, l'air s'unit av «re et . fixe encore plus aisément que le Due ans les substances les plus 4 Dans les explications chimiques on atl bue tous les effets au phlogistique, c'e dire au feu fixe seul , tandis qu'il n'ést seul > et que l'air fixe est très-séuyent la es immédiate ou médiate de l'effet ; heure ment que dans ces dernières années, d'ha biles physiciens ayant suivi les traces du docteur Hales, ont fait entrer cet élément.
dans l'explication de plusieurs phénon ènes et ont démontré que l'air se fixait en S'unissant à tous les acides ; en sorte qu'il contribue presque aussi Cssentiellement que le fe ÿ
Der
non-seulement à toute combustion, mais même à toute calcination ; soit à chaud, soit à froid. .
J'ai démontré (1) que la combustion et la calcination sont deux effets du même ordre, deux produits des mêmes causes ; et lorsque la calcination se fait à froid , comme celle de la céruse par l'acide de l'air, c'est que cet acide contient lui-même une assez grande quantité de feu fixe, pour produire une petite combustion intérieure qui s'annonce par la calcination, de la même manière que la combustion intérieure des pyrites humectées ge manifeste par l'inflammation,
On ne doit donc pas supposer avec Stahl
et tous les autres chimistes , que le soufre
n’est composé que de phlogistique et d’acide, à moins qu'ils ne conviennent avec moi , que le phlogistique n’est pas une substance simple, mais composée de feu et d'air, tous deux fixes : que de plus ce phlogistique ne peut pas être identique et toujours le même , puisque l'air et le feu s’y trouvent combinés en différentes proportions et dans un état de fixité plus ou moins constant ; et de même on ne doit pas prononcer dans un sens absolu , que le soufre uniquement com.
posé d'acide et de phlogistique ne contient point d'eau, puisque lacide vitriolique en contient , et qu'il a même avec cet élément assez d'aflinité pour s’en saisir avidement.
L'eau , l'air et le feu peuvent également
se fixer dans les corps, et l’on sera forcé, pour exposer au vrai leur composition , d’admettre une eau fixe , comme on a été obligé d'admettre un air fixe, après avoir admis le feu fixe ; et de même on sera conduit par des réflexions fondées et par des observations ultérieures à ne pas regarder l'élément de la terre comme absolument fixe , et on ne conclura pas d’après l’idée que toute terre est Jixe, qu'il n'existe point de terre dans le soufre, parce qu'il ne donne ni suie ni résidu après sa combustion ; cela prouve seulement que la terre du soufre est volatile , comme celle du mercure , de l’arsénic et de plusieurs autres subtances.
Rien ne détourne plus de la route qu'on doit suivre dans la recherche de la vérité , que ces principes secondaires dont on fait de petits axiomes absolus, par lesquels on donne l'exclusion à tout ce qui n'y est pas compris; assurer que le soufre ne contient que le feu fixe et l'acide vitriolique , ce n’est mr mtemademenatenee
(1) Tome 2, pag. 99.
pas en exclure l'eau , l'air et-la terre, puisque dans la réalité ces trois éléments s'y
trouvent Comme celui du feu.
Après ces réflexions, qui serviront de préservatif contre Fextension qu'on pourrait donner à ce que nous avons dit , et à ce que nous dirons encore sur la nature du soufre, nous pourrons suivre les travaux de nos savanis chimistes , et présenter les découvertes qu'ils ont faites sar ses autres propriétés. Ils ont trouvé moyen de faire du soufre artificiel, semblable au soufre naturel, en combinant l'acide vitriolique avec le phlogistique ou feu fixe animé par l'air (2) ; ils ont observé que le soufre qui dissout toutes les matières métalliques , à l'exception de l'or et du zinc (3), n’attaque point les pierres ni les au-
(2) Pour prouver que c'est l'acide vitriolique qui forme le soufre avec le phlogistique ou feu fixe ; il suffit de mettre cet acide dans une cornue, de lui présenter des charbons noirs, de fhuile ou autre matière que nous savons contenir du phlogistique , ou même de se servir d'une cornue félée, par où il puisse s’introduire quelque portion de la matière de la flamme ; cor tous ces moyens sont également bons ; la liqueur qui passera dans le récipient ne sera plus simplement de l'acide, ce sera de l'acide et du feu fixe combinés, un véritable soufre qui ne différera absolument du soufre solide, que parce qu'il sera rendu miscible à l'eau par l'intermède de l'air uni à
l'acide. attide à x
On produit sur-le-champ le même soufre volatil, en portant un charbon allumé à la surface de l'acide... Ceci n'est encore qu’un soufreliquide.. Mais on fait du soufre solide avec les mêmes éléments , en prenant du tartre vitriolé qui soit d'acide vitriolique bien pur et d'alkali fixe ;on prend deux parties d'alkali fixe et une partie de poussière de charbon; ce mélange donnera en peu de temps, dans un creuset couvert et exposé au feu, une masse fondue que l'on pourra couler sur une pierre graissée, et cette masse sera rouge, Cassante, exhalera une forte odeur désagréable, et c'est ce que l'on nomme foie de soufre.
Le foie de soufre étant dissoluble dans l'eau de quelque manière qu'on le fasse, si on dissout celui dont nous venons de donner la préparation, et qu'on verse dans la dissolution un aéide quelconque, il s'empare de l'alkali, qui était partie constituante du foie de soufre, et il se précipite à l'instant une poudre jaune, qui est un vrai soufre produit par l'art, que l'on peut réduire en masse , cristalliser où sublimer en fleurs, tout de même que le soufre. naturel. (Éléments de Chimie, par M. de Morvean, tome 7 À pag. 24 et suiv.)
(3) Les affinités du soufre sont, dans l'ordre suivant: les alkalis, le fer , le cuivre, l'étain, le plomb, l'argent, le bismuth, le régule d'antimoine, le mercure , l’arsénic et le cobalt. (Dictionnaire de Chimie , article Soufre.)