DES SELS
Les matières salines sont celles qui ont de la saveur; mais d’où leur vient cette propriété qui nous est si sensible, etqui affecte les sens du goût , de l'odorat et même celui du toucher? quel est ce principe salin ?
comment et quand ail été formé? il était certainement contenu et relégué dans l'atmosphère, avec toutes les autres matières volatiles dans le temps de l'incandescence du glôbe ; mais après la chute des eaux et la dépuration de l'atmosphère, la première combinaison qui s'est faite dans cette sphère encore ardente , a été celle de l’union de l'air et du feu ; cette union a produit l'acide primitif : toutes les matières aqueuses , terreuses ou métalliques avec lesquelles cet acide primitif a pu se combiner , sont devenues des substances salines ,’et comme cet acide s’est formé par la seule union de l'air avec le feu, il me paraît que ce premier acide le plussimpleet le plus pur de tous, est l'acide aérien , auquel les chimistes récents ont donné le nom d'acide méphitique , qui n'est que de l'air fixe, c'est-à-dire de l'air fixé par le feu.
Cet acide primitif est le premier principe salin ; il a produit tous les autres acides et alkalis ; iln’a pu se combiner d'abord qu'avec les verres primitifs, puisque les autres matières n’existaient pas encore ; par son union avec cette terre vitrifiée, il a pris plus de masse et acquis plus de puissance, et il est
” devenu acide vitriolique, qui étant plus fixe
et plus fort s'est incorporé avec toutes les
substances qu'il a pu pénétrer ; l'acide aérien
plus volatil, se trouve universellement répandu , et l'acide vitriolique réside principalement dans les argiles et autres détriments des verres primitifs ; il s'y manifeste sous la forme d’alun ; ce second acide a aussi saisi dans quelques lieux , les substances calcaires et a formé les gypses ; il a saisi la plupart des minéraux métalliques, et leur à causé de grandes altérations ; il en a pour ainsi dire converti quelques-uns dans sa propre substance , en leur donnant la forme du vitriol.
En second lieu , l'acide primitif que Je
désignerai dorénavant par le nom d'acide aérien, s'est uni avec les matières métalliques qui, comme les plus pesantes , sont tombées les premières sur le globe vitrifié; et en agissant sur ces minérais métalliques; il a formé l'acide arsénical ou l’arsénic ; Quis ayant encore plus de masse que le vitriolique , a aussi plus de force , et de tous est le plus corrosif; il se présente dans la plupart des mines dont il à minéralisé et corrompu les substances.
Ensuite ; mais plusieurs siècles après , cet acide primitif , en s’unissant à Ja matière Cal caire a formé l'acide marin , qui est moins fixe et plus léger que l'acide vitriolique , et qui par cette raison, s’est plus universellement répandu, et se présente sous la forme de sel gemme, dans le sein de la terre, et sous celle de sel marin > dans l’eau de toutes les mers; cet acide marin n'a pu se former qu EE la Daissance des coquillages, puis= 2e matiere calcaire n'existait pas aupa- Peu de temps après , ce même acide aérien et primitif est entré dans la composition tous les corps organisés > et se combinant avec leurs Principes, il a formé par la fer-
leurs détriments ; Car il est certain que cet
acide aérien existe dans toutes les substances ses ou végétales, Puisqu'il s'y mani ve sa sa forme Primitive d'air fixe; €t
peut le retirer sous cette même forme ; tant de l'acide nitreux que des acides vitriolique et marin » et même de l'arsé- Pic; On ne peut douter qu'il ne fasse partie Constituante de tous ces acides qui ne sont que secondaires , et qui , comme l'on voit, “esont pas simples, mais composés de cet acide primitif différemment combiné, tant avec la matière brute qu'avec les substances orgauisées.
Cet acide primitif réside dans l'atmosphère , et y réside en grande quantité sous sa forme active ; il est le Principe et la cause de toutes les impressions qu'on attribue aux éléments humides ; il produit la rouille du
fer, le vert-de-gris du cuivre , la céruse du plomb, etc., par l’action qu'il donne à l'humidité de l'air; mêlé avec les eaux pures, il les rend acides ou acidules , il aigrit les liqueurs fermentées ; avec le vin il forme le vinaigre; enfin ; il me parait être le seul et vrai principe, non-seulement de tous les acides , mais de tous les alkalis , tant minéraux que végétaux et animaux.
On peut le retirer du natron ou alkali ‘on appelle #inéral, ainsi que de l’alkali fixe végétal, et encore plus abondamment de l'alkali volatil, en sorte qu'on doit réduire tous les acides et tous les alkalis x un seul rincipe salin, et ce principe est l'acide aérien qui a été le premier formé , et qui est le plus simple , le plus pur de tous , et le plus universellement répandu ; cela me parait d'autant plus vrai que nous pouvons par notre art, rappeler à cet acide tous les autres acides, ou du moins les rapprocher de sa nature , en les dépouillant par des opérations appropriées , de toutes les matières étrangères avec lesquelles il se trouve combiné dans ces sels; et que de même, 1l n'est pas impossible de ramener les alkalis à l’état d’acide , en les séparant des substances animales ou végétales avec lesquelles tout alkali se trouve toujours uni; Car quoique la chimie ne soit pas encore parvenue à faire cette conversion ou ces réductions, elle en a assez fait pour qu'on puisse juger par analogie de leur possibilité : le plus ingénieux des chimistes, le célèbre Stabl , a regardé l'acide vitriolique comme l'acide universel, et comme le seul principe salin ; c'est la première idée d’après laquelle il a voulu établir sa théorie des sels ; il a jugé que quoique la chimie n'ait pu, jusqu'à ce Jour, ramener démonstrativement les alkalis à l'acide , c’est-à-dire résoudre ce que la nature a combiné, il ne fallait s'en prendre qu’à l'impuissance de nos moyens. Rien n'est mieux vu, ce grand chimiste a ici consulté la simplicité de la nature, il a senti qu'il n'y avait qu’un principe salin , et comme l'acide vitriolique est le plus puissant des acides , il s’est cru fondé à le re- -arder comme l'acide primitif ; c'était ce qu'il Pouvait penser de mieux dans un temps où lon n'avait que des idées confuses de l'acide aérien > Qui est non-seulement plus simple, DRE Plus universel que l'acide vitriolique ; mails lorsque cet habile homme a prétendu que son acide universel et primitif n'est composé que de terre et d'eau , il n'a fait que
mettre en avant une supposition dénuée de preuves et contraire à tous les phénomènes, | GE A de fait, l'air et le feu entrent peutêtre plus que la terre et l'eau dans la substance de tout acide et que ces deux éléments constituent seuls Vessence de l'acide primitif.
Des quatre éléments quisontles vrais principes de tous les corps, le feu seul est actif, et lorsque l'air, la terre et Veau exercent quelque impression, ils n'agissent que par le feu qu'ils renferment , et qui seul peut leur donner une puissance active; l'air surtout dont l'essence est plus voisine de celle du feu que celle des deux derniers éléments, est aussi plus actif. L'’atmosphère est le réceptacle général de toutes les matières volatiles ; c’est aussi le grand magasin de l'acide primitif, et d’ailleurs tout acide considéré en lui-même , surtout lorsqu'il est concentré c'est-à-dire séparé autant qu'il est possible de l'eau et de la terre, nous présente les propriétés du feu animé par l'air; la corrosion par les acides minéraux w’est-elle pas une espèce de brûlure? la saveur acide , amère ou âcre de tous les sels , n’est-elle pas un indice certain de la présence et de l'action d’un feu qui se développe dès qu'il peut avec l'air, se dégager de la base aqueuse ou terreuse à laquelle il est uni ? et cette saveur, qui n'est que la mise en liberté de l'air et du feu, ne s’opèret-elle pas par le contact de l'eau et de toute matière aqueuse, telle que la salive , et même par l'humidité de la peau? les sels ne sont donc corrossifs et même sapides, que par le feu et l’air qu'ils contiennent.
Cette vérité peut se démontrer encore par la grande chaleur que produisent tous les acides minéraux dans leur mélange avec l’eau , ainsi que par leur résistance à l’action de la forte gelée; la présence du fea et de Fair dans le principe salin , me parait donc trèsévidemment démontrée par les effets, quand même on regarderait avec Stahl, l'acide vitriolique comme l'acide primitif et le pre-.
mier principe salin ; car l'air s’en dégage en même temps que le feu par l'intermède de l'eau , comme dans la pyrite , et cette action de l'humidité produit non-seulement de la chaleur, mais une espèce de flamme intérieure et de feu réellement actif, qui brûle
en corrodant toutes les substances auxquelles
l'acide peut s'unir, et ce n’est que par le
moyen de l'air que le feu contracte cette
union avec l'eau.
L'acide aérien altère aussi tous les sucs»
extraits de végétaux, il produit le vinaigre et le tartre , il forme dans les animaux l’acie auquel on a donné le nom d'acide phosphorique ; ces acides des végétaux et'des animaux, ainsi que tous ceux qu'on pourrait regarder comme intermédiaires ;, tels que l'acide des citrons, des grenades, de l'oseille, ct ceux des fourmis , de la moutarde , etc. , tirent également leur origine de l'acide aérien modifié dans chacune de ces substances par la fermentation , ou par le mélange d'une plus ou moins grande quantité d'huile; et même les substances dont la saveur est douce, tels que le sucre , le miel, le lait , ete., ne difrèrent de celles qui sont aigres et piquantes, comme les citrons, le vinaigre , etc., que par la quantité et la qualité du mucilage et de
l'huile qui enveloppe l'acide ; car leur prin-
cipe salin est Le même, et toutes leurs saveurs , quoique si différentes , doivent se rapporter à l'acide primitif, et à son union avec l'eau, l'huile ei la terre mucilagineuse des substances animales et végétales.
On adoucit tous les acides et même l'acide vitriolique , en les mêlant auxsubstances huileuses, et particulièrement à l’esprit-de-vin , et c’est dans cet état huileux, mucilagineux et doux , que l'acide aérien se trouve dans plusieurs substances végétales, et dans les fruits dont l'acidité ou la saveur plus douce ne dépend que de la quantité d'eau , d'huile et de terre atténuée et mucilagineuse dans lesquelles cet acide se trouve combiné ; l'acide animal appartient aux végétaux comme aux animaux ; car on le tire de la moutarde et de plusieurs autres plantes , aussi bien que des insectes et autres animaux; on doit done eninférer que les acides animaux et les acides végétaux soutles mèmes, et qu'ils ne diffèrent que par la quantité oùla qualité des matières avec lesquelles ilssont mêlés, etenles examinanten particulier, on verra bien que le vinaigre , par exemple ,et le tartre étant tous deux des produits du vin , leurs acides ne peuvent différer essentiellement ; la fermentation a seulement plus développé celui du vinaigre, et l'a même rendu volatil et presque spiritueux , ainsi tous les acides des animaux ou des végétaux, et même les acerbes » qui ne sont que des acides mélés d'une huile amère, tirent leur première origine de l'acide aérien.
Les acides minéraux sont beaucoup plus forts que les acides animaux et végétaux :
» Ces derniers acides , dit M. Macquer , re-
ti ennent toujo urs de l'huile, au lieu que » les acides minéraux n'en contiennent » point du tout ({).» I me semble que cette dernière assertion doit être interprétée ; car il faut reconnaître que si les acides minéraux dans leur état de pureté ne contiennent aucune huile, ils peuvent en passant à l'état de sel, par leur union avec diverses terres , se charger en même temps de parties huileuses ; et en effet, la matière grasse des sels dans les eaux-mères, parait être une substance huileuse , puisqu'elle se réduit à l'état
charbonneux par la combustion (2) ; les sels e huile qui et celle qui se
minéraux contiennent donc un paraît leur être essentielle,
trouve de plus dans les acides , tirés des animaux et des végétaux
cessoire ; c'est probablement par l’affinité de
cette matière grasse avec les huiles végétales
et les graisses animales, que l’acide minéral peut se combiner dans les les animaux.
Les acides et les alkalis so salins , mais ne sont pas de trouve nulle part dans leur ple, et ce n'est que quan
s sels ; on ne les état pur et sim= d'ils sont unis à
quelque matière qui puisse leur servir: dé
base qu'ils prennent la forme de sel , etqu'ils doivent en porter le nom ; cependant les chimistes les ont appelés ses
ont nommé sels neutres les yr pas cru devoir employer cette parce qu’elle n’est ni nécessa car si l'on appelle sel neutre tout sel dont
la base est une et simple , il faudra donner le nom d'hépar aux sels
pas simple , mais compos différentes , et donner un troisième , qua= trième , cinquième nom >etc., à ceux dont la base estcomposée de deux, trois quatre, etc., matières différentes : c’est là le défaut de
ais sels : je n'ai dénomination,
toutes les nomenclatures méthodiques ; el.
que l’on
les sont forcées de disparaitre dès
veut les appliquer aux objets réels. de la.
nature.
Nous donnerons donc le nom de se2 à toutes les matières dans lesquelles le principe salin est entré , et qui ontune saveur sensible; et nous ne présenterons d’abord que les sels qui sont formés par la nature , soit en masses solides dans le sein de la terre , soit en dis-
TRE TN EE PTE, (1) Dictionnaire de Chimie, par M. Macquer , article Sel.
(2) Lettres de M. Desmeste, tom, 1, pag. 51.
» ne leur est qu'ac-.
végétaux et dans .
nt des principes
simples, etils ire ni précise;
dont la base n’est ée de deux matières |
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solution dans l'air et dans l'eau : on peut
appeler sels fossiles ceux qu'ontire delaterre;
les vitriols, l'alun, la sélénite, le natron ,
l’alkali fixe végétal, le sel marin, le nitre,
le sel ammoniac , le borax , et même le sou-
fre et l'arsénie , sont tous des sels formés par la nature : nous tâcherons de reconnaitre
leur origine et.d'expliquer leur formation , en nous aidant des SA. Bb que la chimie
a répandues sur cet objet plus que sur aucun
autre , et les réunissant aux faits de l'histoire
naturelle qu'on ne doit jamais en séparer.
La mature nous offre en stalactites, les vitriols du fer , du cuivre et du zinc ; l'alun en filets cristallisés ; la sélénite en gypse aussi cristallisé ; le natron en masse solide et pure, ou simplement mêlé de terre ; le sel marin en cristaux cubiques et en masses immenses ; le nitre en efflorescences cristallisées ; le sel ammoniac en poudre sublimée par les feux souterrains ; le borax en eau gélatineuse, et l’arsénic en terre métallique; elle a d'abord formé l'acide aérien par la seule et simple combinaison de l'air et du feu; cet acide primitif s'étant ensuite combiné avec toutes les matières terreuses et métalliques, a produit l'acide vitriolique avec la terre vitrifiable , l’arsénic avec les matières métalliques , l'acide marin avec les substances calcaires , l'acide nitreux avec les détriments putréfiés des corps organisés.: il a de même produit les alkalis par la végétation ; l'acide du tartre et du vinaigre par la fermentation ; enfin , il est entré sous sa propre forme dans tous les corps organisés : l'air fixe que l'on tire des matières calcaires, celui qui s'élève par la première fermentation de tous les végétaux, ou qui se forme par la respiration des animaux , n'est que ce même acide aérien, qui se manifeste aussi par sa saveur dans les eaux acidules, dans les fruits, les légumes et les herbes ; il a donc produit toutes les substances salines, il s’est étendu sur tous les règnes de la nature; il est le premier principe de toute saveur, et relativement à nous , il est pour l'organe du goût ce que là lumière et les couleurs sont pour le sens. de la vue.
Et les odeurs qui ne sont que des saveurs plus fines, et qui agissent sur l'odorat qui n'est qu'un sens de goût plus délicat, proviennent aussi de ce premier principe salin, . qui s’exhale en parfums agréables dans la plupart des Végétaux ,et en mauvaises odeurs . dans certaines plantes et dans presque tous les animaux ; il s'y combine avec leurs hui-
les grossière ou volatiles, il s’unit à leur Lighe sun » À ’Curs mucilages : il s'élabore avec leur sève et leur Sang i] se transforme en acides aigres , acerbes ou doux , en alkalis fixes ou volatils, par le travail de l'organisation auquel il a grande part; car, c'est | après le feu , le seul agent dela nature, puisque c'est par ce principe sain! que tous les corps acquièrent leurs propriétés actives ° non-seulement sur nos sens vivants du goût et de l'odorat , mais encore sur les matières brutes et mortes , qui ne peuvent être attaquées et dissoutes que par le feu ou par ce principe salin. C'est le ministre secondaire de ce grand et premier agent qui, par sa puissance sans bornes , brûle , fond ou vitrifie toutes les substances passives, que le principe salin, plus faible et moins puissant , ne peutqu'attaquer ; entamer et dissoudre , et cela parce que le feu y est tempéré par l'air auquel il est uni, et que quand il produit de la chaleur ou d’autres effets semblables à ceux du feu, c'est qu'on sépare cet élément de la base passive dans laquelle il était renfermé. Tous les sels dissous dans l’eau se cristallisent en forme assez régulière, par une évaporation lente et tranquille; mais iorsque l’éya- Poration de l'eau se fait trop promptement, ou qu’elle est troublée par quelque mouvement extérieur, les cristaux salins ne se forment qu'imparfaitement et se groupent confusément ; les différents sels donnent des cristaux de figures différentes ; ils se produisent principalement à la surface du liquide , à mesure qu'il s'évapore , ce qui prouve que l'air contribue à leur formation , et qu'elle ne dépend pas uniquement du rapprochement des parties salines qui s'unissent à la vérité par leur attraction mutuelle, mais qui ont besoin pour cela d'être mises en liberté parie or elles n’obtiennent cette liberte enti qu'à la surface du liquide, Parce que sa résistance augmente avec sa densité par l'évaporation , en sorte que les parties salines se trouvent à la vérité plus voisines par la dimipution du volume du liquide ; mais elles ont en même témps plus de peine à vaincresa résistance qui augmente dans la même proportion que ce volume diminuc : et c'est par cette raîison que toutes les cristallisations de sels s’opèrent plus efficacement et plus abondamment à la surface qu'à l'intérieur du liquide en évaporation.
Lorsque l'on a tiré par ce moyen tout le sel en cristaux que le liquide chargé de sel peut fournir, il en reste encore dans l’eau-
CS, mé. ne “OL.
mère , Mais ce sel y est si fort engagé avec la matière grasse qu’il n’est plus susceptible de rapprochement de cristallisation jet même si cette matière grasse est en très-grande quantité , l'eau ne peut plus en dissoudre le sel ; cela prouve que la solubilité dans l'eau n'est pas une propriété inhérente et essentielle aux substances salines. LR
Il en est du caractère dela cristallisation comme de celui de la solubilité ; la propriété de se cristalliser n'est pas plus essentielle aux sels que celle de se dissoudre dans l'eau, et l'un de nos plus judicieux physiciens :
M. de Morveau, à eu raison de dire : « Que » la saveur est le seul caractère distinctif des » sels, et que les autres propriétés qu’on a » voulu ajouter à celle-ci pour perfectionner » leur définition , n’ont servi qu'à rendre » plus incertaines les limites que l’on vou- » lait fixer....; la solubilité par l'eau ne » convenant pas plus aux sels qu'à la gomme » et à d’autres matières : il en est de même » de la cristallisation , puisque tous les corps » sont susceptibles de se cristalliser en pas- » sant de l'état liquide à l’état solide ; et il » en est encore de même, ajoute:t-il , de la » qualité qu'on suppose aux sels de n'être » point combustibles par eux- mêmes; Car » dans ce cas le nitre ammoniacal ne serait » plus un sel (1). »
Nos définitions qui pèchent si souvent par défaut pèchent aussi, comme l'on voit , quelquefois par excès : l'un nuit au conrplément , et l’autre à la précision l'idée qui représente la chose, et les numérations qu'on se permet de faire en conséquence de cette extension des définitions , nuisent encore plus à la netteté de nos vues . et s’opposent au libre exerçice de l'esprit en le surchargeant de petites idées ticulières souvent précaires, en Jui ntant des méthodes arbitraires qui l'élo nt de l'ordre réel des choses , etenfin , en 1 empêchant de s'élever au point de pouvoir généraliser les rapports que l'on doit en tirer. Quoiqu'on
uisse donc réduire tous les sels de la nature à un seul principe salin , et que ce principe primitif soit , selon moi ;, l'acide aérien, la nombreuse énumération quon à faite des sels sous différents noms, ne pouvait manquer de s'opposer à cette vue générale ; on a cru jusqu'au temps de Stabl , et plusieurs chimistes croient encore , que les principes salins , dans l'acide nitreux et dans l'acide
(1) Éléments de Chimie, tom. 1, pag: 127.
marin, sont très-diflérents de celui de l'acide -
vitriolique, et que ces mêmes principes sont non-seulement différents , mais opposés et contraires dans les acides et dans les alkalis; or n'est-ce pas admettre autant de
causes qu'il y a d'effets dans un même ordre
de choses? c’est donner la nomenclature pour la science , et substituer la méthode au génie. |
De la même manière qu'on a fait et compté trois sortes d'acides relativement aux trois règnes, les acides minéraux , végétaux et animaux , On compte aussi trois sortes d’alkalis, le minéral, le végétal et l'animal et néanmoins ces trois alkalis doivent se réduire à un seul , et même l'alkali peut aussi se ramener à l'acide , quoiqu'ils paraissent opposés, et qu'ils agissent violemment l'un contre l'autre.
Nous ne suivrons donc
des sels, l'énumération très nombreuse qu'on en a faite en chimie, d'autant que chaque Jour ce nombre peut augmenter , et que les combinaisons qui n'ont Pas encore été tentées, pourraient donner de nouveaux résultats salins dont la formation , comme celle de la plupart des autres sels ne serait due qu'à notre art ; nous nous contenterons de présenter les divisions générales, en nous attachant particulièrement aux sels que nous offre la nature, soit dans le sein pee sur-
face de la terre, soit au sommet de ses volcans (2). :
. Nous venons de voir que la première division des acides et des alkalis en minéraux; végétaux et animaux, est plutôt une par= ütion nominale qu'une division réelle 5 puisque tous ne sont au fond que la même substance saline , qui, seule et sans secours» entre dans les végétaux et les animaux et qui attaque aussi la plupart des matières vitrifiables , calcaires etmétalliques , ce n'est que relativement à ce dernier effet qu'on lui a donné le nom d'acide minéral : et comme cette divisiou en acides minéraux , végétaux et animaux a été universellement adoptée >»
ne sais pourquoi l’on n’a pas rappelé l'a-
pas, en traitant
&: | ide nitreux à l'acide végétal # animal ;,
puisqu'il n'est produit que par la putréfaction des corps organisés : cependant on le compte parmi les acides minéraux , parce qu'il est le plus puissant après l'acide vitrio= lique , mais cette puissance même et ses au= tres propriétés ; me semblent démontrer
(2) Si l'on veut se sulisfaire À cet éd. on peut
e DES MINÉRAUX. é 145
que c'est toujours le même acide, c'està- tous les caräetères particuliers qui | i
dire l'acide aérien , qui a passé par les végé- guent des a cp | = RS ee . exalté avec la matière dufeu, £ce nn Es. ma er Er tation putride de leurs corps; et que c'est 4 S me: Re + Fe À à par cesicombinaisons mullipliées qu'il a pris crée ; l'acide des fruits; du raisin , par PR .
be
a F mr à 2 118 LIST consulter la Tab -jointe, que mon illustre ami, ture, quoique très-abrégée, Paraîtra néanmoins P sÀ
# . de Morveau, ent de publier. Cette nomencla- core assez nombreuse. j À a e : . TABLEAU DE NOMENCLATURE CHIMIQUE Contenant les principales dénominations analogiques, et des exemples de formation des nonisi Ta composés. à Ms... 6 RÈGNES. . | ACIDES é Léssels formés de ces acides prennen d ù = | les noms génériques de Des trois règnes. .... EN. Méphitique ou air fixe... ,..,..:. Méphites. | à + Vitriolique. ..... …... . “UE à Vitriols. Morte ve da Me DU Nitres, Li uriatique ou du sel marin.....,.|Muriates. ; Mpéel.......... à... Ré Ph ST 2 SR: + 0 ‘ Arsenical TL rc ressens. lATSC Nate » ‘« Boracin ou sel sédatif,.,......... 'E 2 à Ÿ .. … |Fluorique ou du spath fluor.....}. F7) ris de ci » = À ” - & " “ + en 4 …“ > ux ou vinaigre.....,........ n 4 | à s LE des Sin dE NÈS # , Y LL | a i ou de ‘ee LORS L ph.
Végétals ss... echarin ou du sucre#.,......,,|Sacchartes, € Li rin ou durcitron, .,.... ses... |Citrates. | é ; « eu é guique ou dodbis. “te oi Lignites. Ai 4 LS + ar 4 Be. osvesmsése À .... Phosphates. s LA Ê Le Animal. nn nnns mms ormi des fourmis. : 2... Formiates, L . \ e x * a. + M «# LA bacé o Le tiite-re - + [Séba . J 4 “4 L. *. # . ù É. ougdu MONPRS. À Galac LM :
BASES OU suasTANCES PL dt exemrrËs $ Ne qui issent aux 2 4 arte us clésse de itriols, LT de diverses classes. * ñ.* Son ifre vitriolique’ou souffe co
ist VB. 0.008 5" ……...
ia ou terre de l'argils. ...| Vitriol alumineux ou alun,
Calce on terre calcaire. .... ...] Vitriol calcaire ou sélénite.. .. . Magnésie. ,--....-.-.. -...#«| Vitriol magnésien ou sel d'Epsom. te de magnésie.
Barote ou terre dwspath pesant.| Vitriol barotique ou spath pésant.…. tre barotique. s. , Potasse ou alkali fixe végétal. . .| Vitriol de potasse ou {artre vitriolé, Arseuiate de po ssen “ . Soude ou alkali fixe minéral. . .| Vitriol de soude-ou sel de Glauber.. |Borax de soude ou borax commun, &
*Ammoniac ou alkali volatil..., ] oniacal. tesssesss.s se. |Fluor ammoniäcal.
Yi
sous'uses os os coscce ce VII Re coco co ec: ‘or” + s ” e EMPIRE CHEN Vitriol d'argent. ....,.., égalte d'er ou? ET Platines. 2, «03e seu. se | IVitriol déiplatiue,:..::2 ‘de platine. Mercure..:..... 5.000». | Vitriol de mercute. ,.”.. ate de mercure:
CIN RS: ser 8 aude cle % itriol de cuivre ou vitriol Île de cuivre. ” à Plomb... 467.4 MT EE delle Vitriol de plomb. ...,,.7 # à Phosphate de plomb. Étit. .. AR. ndnbins Vitéiol d'étain….. ... x. Formiate d' tain. Fer......:* Share ..22%..-.| Vitriol de fer ou coupéfose verte... |[Sébaste martial. # | Antimoine (au lieu de régale à) Vitriol antimonial.. TD LS ammonieil 05 lentes. s É 5 timoine. + Bismuth... “nos. soc a à Vitriol de bismu smssssss...... [Galacte de bismuth. . * Zinc, . CRRCE AFP ....| Vitrioldezinco perose bla «|Borax de zine. * 7, Vitriol d'arsénic....... +... [Muriate d'arsénic.…. L - PT PA, PRES gi UD Vitriol de cobalt. ...,............ !Saccharte de cobalt. “ RE... : he x RES vs PRE IT ge #7 Ps À Po itriol de Manganése. ..,.,.,..... Oxalte e Man à Esprit-de-Vla.:!! 1.) TE Éd Ne. 15255001 Éther Its de Goett-
ling , etc., etc. an
Les dix-huit acides , les vingt-quatre bases et les trois parties, dont le noms viennent encore dans ce produits de leur union , forment ainsi quatre cent système, comme hépar de soude, hépar ammoniasoixante-qualorze dénominations claires et méthodi. cal, pyrite d'argent , ete., etc. (Voyez le Journal de ques , indépendamment des hépars, ou composés à Physique, tom. 19, mai 1782, pag. 382.)
THÉORIE DE LA TERRE. Z'ome 111. 19
re . 15 © 204