‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 47 sur 162 · ALKALIS ET LEURS COMBINAISONS · texte numérisé non relu

ALKALIS ET LEURS COMBINAISONS

De la même manière qu'on doit ae

tous les acides au seul acide aérien, on pe

(1) Journal de Physique , février 1781, pages 145 et suiv. LL:

(2) M. Brongniart, démonstrateur em chimie aux écoles du Jardin du Roi. Il a fait sur ce sujet un grand nombre d'expériences par lesquelles il a reconnu que l'acide phosphorique est produit par une modification de l'acide aérien, qui s'en dégage en quantité considérable , dans la décomposition de l'acide phosphorique, et e dans sa concentration : si on fait brûler du ere en vaisseaux clos, on obtient une frès-grande quantité d'air fixe ou acide aérien, et en même temps l'acide phosphorique coule le long parois des récipients; ce même acide soumis ensuite à l'action du feu dans une cornue de verre, donne des abondantes et presque incoërcibles ; si au

+4 ® aussi lui raméher les alka

tous à l'alkali minéral o lis, en les réduisant

U marin ; c'est même

lieu defaire brûler ainsi le phosphore on l'expose séu-

lement à l'action de l'air dans u

ét humide, le phosphore Aron © presque insensiblement, il donne une flañme trèslégère , et laisse échapper une très-grande quantité d'air fixe ; on peut s'en convaincre en imbibant un linge d'une solution alkaline caustique; au bout F4 certain laps de temps, l'alkali est saturé d'acide aérien et cristallisé très-parfaitement : ces expérien= ces prouvent d'une manière convaincante. que l'acide phosphorique est le résultat d'une modification particulière de l'acide aérien, qui ne peut avoir lien qu'an moyen de la végétation et de l'animelisation. **(3) Journsl de Physique, mars 1781 , pages 234

et suiv.

le seul sel la nature s présente dans un état re non alt ; On connaît cet alkali sous le nom de zatr0n; il se forme contre les murs des édificess ou sur la terre ct les eaux dans les climats chauds ; on m'en à envoyé de-Suez, des morceaux assez gros el assez purs ; cependant il est ordinairement mêlé de terre calcaire (1) : ce sel auquel on a

donnéle mom d’alkali minéral, pourrait,

comme le nitre, ètre placé dans le règne

végétal, puisqu'il est de la même nature 8

l'alkali qu'on tire de plusieurs plantes

croissent dans les terres voisines de la mer ; on et que d'ailleurs, il parait se former parle "”

concours de l'acide aérien, et à peu près comme le salpètre ; mais celui-ci ne se présente nulle part én masses ni même en morceaux solides, au lieu que le natron, soit qu'il se forme sur la terre où sur l’eau , devient compacte et même assez solide (2).

(1) Le natron qui mous vient d'Égypte se tire de deux lacs, l'un voisin du Caire , et l'autre à quelque d'Alexandrie; ces lacs sont secs t PRE de l'année , et se remplissent pe d’une eau qui découle des éminences voisines; celte eau saline n’est pas limpide ; mais trouble et rouge4tre; les premières chaleurs du printemps la font évaporer, et le natron se forme sur le sol du lac d'où ou le tire en morceaux solides et grisätres, qui deviennent plus blanes en les exposant à l'air pour les laisser s'égoutter : on a donné le nom de sel mural au natron qui se forme contre les vieux murs; il est ordiriairement mélé d'une grande quantité de sub-

stance caleaire, et dans cet état il est neutralisé.

(2) Granger, dans son Voyage en Égynte, parle des plaines sablonneuses est d’un lac où se forme le patron : « Le sel du lac , dit-il, était congelé-sur la » surface des eaux, el assez épais pour y passer avec nos chameaux... Le lac s'emplit des eaux des pluies qui commencent en décembre et finissent en février ; ces Caux Y déposent les sels dont elles se sont chargées sur les montagnes et dans les plaines sablonneuses , après quoi elles se filirent À travers » üné terrergrasse el argileuse et vont par des ca- » naux souteruins aboulir à plusieurs puits dont l'eau est bonue à boire : on voil aux environs de ce lac des bœufs sauvages, des gazelles , etc. .

» Outre le natron qu'on Lire du fond de ce lac , en morceaux de douze et quinze livres , avec une barre de fer , on y trouve de cinq autres espèces de sel ; tons ces selssent bientôt remplacés par de nouveaux sels que les pluies y apportent : on jette daus les creux d'où on le tire, des plantes sèches, des os, des guenilles, ce qui a donné lieu de croire à plusieurs personnes que ces sortes de choses étaient changées en sel par la vertu des eaux du lac, mais cela n'est pas vrai.

» Le natron appartient au grand-seigneur ; le pacha du Caire le donne à ferme , et c'est ordinairement

TuéonIE DE LA TEnRE. Z'ome III.

A EE CT Mt 6 2 4

"DES MINÉRAUX., . x

Les anciens ont parlé du natron sous le nom de nitre ; sur quoi le P. H in se trompe , lorsqu'il dit (3), que le um de Pline est (xaäclement la mème chose que noirg salpêtre : Car il est clair que Pline, sous le nom de nitre, parle du natron , qui se forme , dit-il, dans l'eau de certains lacs >, vers Memphis et Naucratis, et

ropriété qu'il lui attribue de conorps ; à sa causticité n augmentée falsification qu'en faisaient dès-lors Égyptiens en y mêlant de la chaux (4) , le reconnait évidemment pour Valkali

éral ou natron, bien différent du vrai itre ou salpêtre. | On emploie le natron dans le Levant aux mêmes usages que nous employons la soude, et ces deux alkalis sont en effet de même nature ; nous tirions autrefois du natron d'Alexandrie, -où s'en fait le TE,

» le plus puissant des beys qui le prend, et qui en » donne quinze mille quintaux au grand-seigneur ; il » n'ya que les habitants de la dépendance de Ter- » ranée, qui soient employés à pêcher et À transpor- » ter le natron qui est gardé par dix soldats et Vingt » Arabes affidés. » (Voyages en Égypte , Paris, 1745, pages 167 et suiv.) FE

(3) Quarante-sixième section , chap. 10 du trente. unième livre.

(4) Voyez Pline à l'endroit cité,

(5) A deux journées du Caire est le lac de natron ; les vaisseaux du Häâvre et des Sables-d'Olonne , en viennent charger à Alexandrie pour Rouen, parce qu'on s’en sert en Normaadie pour blanchir les toiles, ce qui les brûle : les gypliens s'en servent au lieu de levain, c'est pourquoi ils ont tous les bourses grosses sans être incommodés ; l'âcreté, ou plutôt la qualilé mordante de cette pierre est si grande , que si l'on en met dans un pot où il y ait de la viande , elle la fait cuire et la rend tendre ; si l'on jette. dans ce lac un animal mort, el même ün arbre, il devient

uatron el se pétrilie ; ce qui a été fort bien décrit par

Ovide , et peu entendu de ceux qui n'ont point vu ces merveilles de la nature, lorsqu'il a dit que quelques corps onl-élé changés en pierres, par les dieux qui en onteu compassion. (Voyages de la Boullaye le Gouz, Paris, 1657 , pag. 383)... « Le lac du natron, » éloigné de dix lieues du monastère Dir Syadet , ou » de Notre-Dame, paraît comme un grand étang » glacé, sur la glace duquel il serait tombé un peu » de neige... Ce lac est divisé en deux : le plus sep- » Lentrional se fait par une eau qui sourdit de des- » sous lerre sans qu'on remarque le lieu, et le méri- » dional se fail par une grosse source qui bouillonne ; » il y a bien de l'eau de la hauteur du genou qui sort » de la terre, et qui aussitôt se congèle..., Et géné- » ralement le natron se fait et parfait en un an par » celte eau qui est rougeñtre ; au-dessus il y a un sel » rouge de l'épaisseur de six doigts, puis un patron 9")

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