‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 48 sur 162 · CURE NO RS > - #2 — L · texte numérisé non relu

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et si ce sel alkalin était moins cher que le sel de soude auquel il peut suppléer, et que nous tirons aussi de l'étranger, il ne faudrait pas abandonner ce commerce qui paraît lan-

guir. en La plupart des propriétés de cet alkali minéral sont les mêmes que celles de l'alkali

par quelques effets (1), qu’on pet à l'union plus intime de la base terreur l'alkali minéral que dans l'alkali VeE mais tous deux sont essentiellement de même nature. L AL:

C’est de la cendre des plantes qui ee nent du sel marin, que l'on obtient l'a i fixe végétal en grande quantité, et quoique tiré des végétaux , il est le même que l’'alkali minéral ou marin ; la différence de leurs effets n’est bien sensible que sur les acides végétaux et sur les huiles dont ils font des sels de différentes sortes, et des savons plus ou moins fermes. : 0 On obtient donc par la combustion et l'incinération des plantes qui croissent près de la mer, et qui par conséquent sont imprégnées de sel marin ; on obtient, dis-je, en grande quantité l'alkali minéral ou marin ,

rit » noïr dont on se sert pour la lessive, et enfin est le » natron qui est presque comme le premier sel, mais » plus solide; au-dessus il y a une fontaine douce... » De ce lac on va à un autre lac, où se voit, vers le » temps de la pentecôte , du sel qui se forme en pyra- » mides, et qu'on appelle pour cela sel pyramidal. » (Voyages de Thévenot, Paris, 1664, tom, 1, pag. 487 et suiv.) |

(1) L'alkali fixe minéral qu'on suppose ici dans son plus grand degré de pureté, diffère de l'alkali fixe végétal, 1° en ce qu'il attire moins l'humidité de l'air, et qu’il ne se résout point en liqueur , comme le fait l'alkali fixe végétal] :

90 Lorsqu'il est dissous dans l'eau, si l'on traite cette dissolution par évaporalion et refroidissement , l'alkali minéral se coagule en cristaux, précisément comme le font les sels neutres ; en quoi il diffère du sel alkali fixe ordinaire ou végétal, qui ; lorsqu'il est bien calciné , est très-déliquescent , et ne se cristallise que lorsqu'il est uni avec beaucoup de gaz méphitique. e

30 L'alkali fxe minéral dissous par la fusion , convertit en verre toutes les terres comme l'alkali végétal ; mais on a observé que touies choses égâles d'ailleurs, il vitrifie mieux, et qu'il forme des verres plus solides

et plus durables...

&o Avec l'acide vitriolique, l'alkali minéral forme un sel neutre cristallisé, nommé sel de Glauber'; mais ce sel diffère beaucoup du tartre vitriolé, par la figure de ses cristaux, qui sont d'ailleurs beaucoup plus gros; par la quantité d'eau beaucoup plus grande

qui porte le nom de soude , et qu'on emploie dans plusieurs arts et métiers,

On distingue dans le commerce deux sortes de soudes , la première qui provient de la combustion des kalis et autres plantes terrestres qui croissent dans les climats chauds et dans les terres voisines de la mer ; la seconde qu’on se procure de même par la combustion et la réduction en cendres des f#-

* cus, des algues et des autres plantes qui

roissent dans la mer même ; et néanmoins

à premiére soude contient beaucoup plus

d’alkali marin que la seconde ;etce sel alest, comme nous l'avons dit , le même que le natron : ainsi la nature sait former ce sel encore mieux que l artsiar vds SS sont Jamais pures , elles sont toujours mê:

nc de plusieurs autres sels , et surtout LA de be ur elles contiennent aussi s parties errugineuses et des ue res terreuses qui ne sont UE

J rs par pe alkali fixe que la soude pro uit tous ses effets : € dans les verreries ÿ ce sel sert de fondant

s ver et de détergent dans les blanchisseries ; avec les huiles il forme les Savons , elc., au reste > On peut employer la

qu'il relient dans sa cristalli 6 lité dans l’eau, qui est ea , par sa dissolubi-

, ucou ] idérable; enfin par le peu d'adhérence quite ee pu és ropriété est telle que le sel de Y perd l’eau de sa cristallisa-

minéral de ce dernier acide ayee les autres Ag ms

5° Avec l'acide nitreux 5 £ t espèce particulière de nitre , | rm priembre et de cristallisation ; mais il diffère du nitre ordinaire ou à base d'alkali végétal, Par la figure de ses cristaux qui, au lieu d'être en longues aiguilles, sont pi en solides à six faces rhomboïdales c'est-à-dire dont deux angles sont aigus et deux obtus ; celte fi qui Es var % la cubique, a fuit dés à ce ni Lo

e nitre cubique où de est due à l'alkali marin x PT je 6° Avec l'acide marin, l'alkali minéral forme le sel commun qui se cristallise en cu} diffère du sel neutre formé par Pa gt 2 à l'alkali végétal, singulièrement Par sa saveur, qui est infiniment plus agréable. ( Dictionnaire de chimie , par M. Macquer, arlicle Alkali minéral. )

et DR, vruis ri RS

soude telle qu'elle est, sans en tirer le sel si l’on ne veut faire que du verré commun ; mais il la faut épurer pour faire des verres blancs et des glaces. Le sel marin dont l'al-, kali de la soude est presque toujours mêlé , ne nuit point à la vitrification , parce qu'il est très-fusible , et qu'il ne peut que faciliter la fusion des sables vitreux, et entrainer les impuretés dont ils peuvent être souillés ; le fiel du verre qui s'élève au-dessus du verre

grande quantiÉ ak an: aussi bon , et même plus pur que celui de la soude. ,;

C’est par la combinaison de l'acide marin avec l’alkali minéral, que s’est formé le sel marinou sel commun dont nous faisons un si grand usage; il se Lrouve non-seulement dissous dans l'eau de toutes les mers et de plusieurs fontaines, mais ilse présente encore en masses solides et en très-grands amas dans le sein de la terre ; et quoique l’acide de ce sel,

fondu n'est qu'un mélange de ces impuretés c'est-à-dire l'acide marin, provienne origi-

et des sels.

L'’alkali fixe végétal ou minéral doit éga-

lement sa formation au travail de la nature dans la végétation , car on le peut tirer également de tous les végétaux dans lesquels il est seulement en plus ou moins grande quantité. Ce sel végétal , lorsqu'il est pur , se présente sous la forme d'une poudre blanche , mais non cristallisée ; sa saveur est si violente et si caustique , qu'il brûlerait et cautériserait la langue si on le goûtait sans le délayer auparavant dans une grande quantité d'eau ; ilattire l'humidité de l'air en si grande abon-

dance qu'il se résout en eau : cet alkali qu'on.

appelle ffxe , ne l’est néanmoins qu'à un feu très-modéré, car il se volatilise à un feu violent, et cela prouve assez que la chaleur peut le convertir enalkali volatil , et que tous deux

naïrement de l'acide aérien , comme tous les autres acides , il a des propriétés particulières qui l’en distinguent ; ilest plus faible que les acides vitriolique et nitreux , et on l’a regardé comme le troisième dans l'ordre des acides minéraux ; cette distinction est fondée sur lu différence de leurs effets ; l'acide marin est moins puissant, moins actif que les deux premiers ; parce qu'il contient moins d'air et de feu, et d’ailléurs , il acquiert des propriétés particulières par son union avec l'alkali; et s'il était possible de le dépouiller et de le séparer en entier de cette base alkaline, peut-être reprendrait-il les qualités de l'acide vitriolique ou de l'acide aérien, qui, comme nous l'avons dit , est l’acide primitif dont la forme ne varie que par les différentes combinaisons qu'il subit ou qu'il a

sont au fond de la même essence : l’alkali- subies en s’unissant à d’autres substances.

fixe a plus de puissance que les autres sels pour vitrifier les snbstances terrcuses ou métalliques , il les fait fondre et les convertit presque toutes en verre solide et transparent.

Les cendres de nos foyers contiennent de l’alkali fixe végétal, et c'est par ce sel qu'elles nettoient et détergent le linge par la lessive ; cet alkali que fournissent les cendres des végétaux est fort impur, cependant on en fait beaucoup dans les pays où le bois est

abondant ; on le connaît dans les Arts, sous -

le nom de potasse , et quoique impur, il est d'un grand usage dans les verreries, dans la teinture et dans la fabrication du salpêtre.

C'est sans fondement qu’un de nos chimistes a prétendu que le tartre ne contient point d’alkali (L), cette opinion a été bien réfutée par M. Bernard ; l'alkali fixe se trouve tout formé dans les végétaux, et le tartre qui n'est qu'un de leurs résidus , ne peut man-

er d'en contenir; et d'ailleurs la lie de vin brûlée et réduite en cendres , fournit une

(1) Voyez le Journal de Physique, mars 1781, Mémoire sur l'alkali fixe,

L'acide marin diffère de l'acide vitriolique en ce qu'il est plus léger, plus volatil, qu'il a de l'odeur , de la couleur, et qu'il produit des vapeurs; toutes ces qualités semblent indiquer qu'il contient une bonne quantité d'acide aérien provenant du détriment des corps organisés ; il diffère de l'acide nitreux par sa couleur , qui est d’un jaune mêlé de rouge ; par ses vapeurs , qui sont blanches ; par son odeur, qui tire sur celle de safran , et parce qu'il a moins d’aflinité avec les terres absorbantes et les sels alkalis ; enfin cet acide marin n’est pas susceptible d'un aussi grand degré de concentration que les acides vitriolique et nitreux , à cause jde sa volatilité, qui est beaucoup plus grande (2).

Au reste, comme l'alkali minéral ou marin et l’alkali fixe végétal sont de la même nature , et qu'ils sont presque universellement répandus , on ne peut guère douter que l'alkali ne se soit formé dès les premiers temps , après la naissance des végétaux, par la combinaison de l'acide primitif aérien avec eg rte

(2) Dictionnafre de chimie, par M. Macquer , article Acide marin.

L'à , dès

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les détriments des substail animales et végétales : il en est de même de l'acide marin , qui se trouve combiné dans des matières de toute espèce; car indépendamment du sel commun dont il fait l'essence avec l'alkali minéral, il se combine aussi avec les alkalis végélaux et animaux fixes ou volatils,et ilse trouve dans les substances calcaires, dans les matières nitreuses , et même dans quelques substances métalliques , comme da mine d'argent cornée ; enfin em 1 ammoniac lorsqu'il s'uvitavec l'aikalhi v:

par sublimation äans le feu des volcans:

L’alkali minéral et l'alkali végétal, qui sont au fond les mêmes , sont aussi tous .

3 mier se trouve presque pur dans murs ER le second se de ne abondamment des cendres du tartre que de toute autre matière végétale ; on leur donne la dénomination d'a/kalis caustiques , lorsqu'ils prennent en effet une plus grande causticité par l'addition de l’acide aérien contenu dans les chaux terreuses ou métalliques ; par cette uvion ces alkalis commencent à se rapprocher de la nature de l'acide : l'alkali volatil appartient plus aux animaux qu'aux végé-

taux , et lorsqu'il est de même imprégné de l'acide aérien , 11 ne peut plus se cristalliser, mi même prendre une forme solide , et dans -eet État on l'a nommé a/kali fluor.

L'acide phosphorique paraît être l'acide le plus actif qu'on puisse tirer des animaux ; si l'on combine cet acide des animaux avec l'alkali volatil, qui est aussi leur alkali le plus exalté, il en résulte un sel auquel les chimistes récents ont donné le nom de sel

microcosmique , et dont M. Bergmann a cru

devoir faire usage dans presque toutes ses analyses chimiques: ce sel est en même temps ammoniacal et phosphorique, et lorsque l'acide du phosphore setrouve combiné avec

une substance calcaire, comme dans les 0$ ®

des animaux , il semble que les propriétés salines disparaissent ; car ce sel phosphorique à base caleaire n'a Plus aucune sayeur

sensible : la substance calcaire des os fait

sur l’acide phosphorique le même effet que

la'craie sur l'acide vitriolique ; cet acide animal, ainsi que l'acide végétal acéteux où ambre contiennent sensiblement beäu- Coup'de cet air fixe ou acide aérien . duquél ils tirent leur origine. ?

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