‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 50 sur 162 · PR TES · texte numérisé non relu

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“mines, et on le transporte par gros quartiers comme la pierre de taille ; À est si dur en ,des er RT » comme dans la Caramanie désérte, qu'on en emploie les pierres dans la construction des maisons des pauvres gens. ( Voyages de Chardin en Perse, : Amsterdam ; 1711 ; tom. 2, page 23.) ne te dernière particularité n'est point du tout fabuleuse ; Pline parle de ces constructions en masses sel, que l'on cimente , sjoute-t-il, en les moutllänt : « Gerris,

à ido, muros domosque massis salis faciunt, QE anse untoe : wat reste, de pareilles structures

Cr peuvent subsister que dans un pays tel que l'Ara- “bie , oùil ne pleut jamais. — En sortant de la ville de Kom , à notre droite, nous déconvrimes la montagne de Kilesim qui n'est que médiocrement haute ; mais elle est ceinte de tous côtés de plusieurs collines stériles et pierreuses ; qui ne produisent que du sel aussi bien que toute la campagne voisine , et qui est toute blanche de sel et de salpétre; cette montagne, de même que celles de Nochtznan, de Kulb, d'Urumi, de Kemre , de Hemedan , de Biselum et de Suldur , fournissent toute la Perse de sel, que l'on en tire comme d'une carrière. ( Voyages d'Oléarius en Moscovie , Paris , 1656 , tom. 2 , pag.5.) — ya quantité de montagnes dans la Perse....Il y en * plusieurs d'où l'on tire le sel comme on tire des pierres d'une carrière , et pour la valeur d'un sou on en donne un pied et demi en quarré. I se trouve sui des plaines dont le sable n'est que pur sel, mais il n'a

- pas le même effet que celui de France , et il en faut le double pour saler raisonnablement les viandes. (Voyages de Tavernier en Turquie , etc., tom. 2, pages 10 et 11.) — Quelques montagues aux environs du château de Thaïkan , à deux jouraées nordest-quart-de-nord de Balack, ville située sur les frontières de Perse , sont composées du plus beau sel de roche : cette ville de Balack a été ruinée par les Tartares. (Histoire générale des Vosges; ie 4, pag. 318.) — L'on trouve quantité de ruisseaux d'eau

lée, au bord desquels s'épaissit et se forme un sel

LA LES et ce qui est bien davantage , proche du

Congo ;, il y a une plaine qui, par l'espacé de plu-

sieurs milles , est toute blanche de sel, lequel venant

à se fondre en temps de pluie, et par ce moyeu effa- .

cant entièrement . les chemins , cause une ext cotfualon , et donne aux papsauts une peine incroyable, (Voyages d'Orient, par le père Philippe , carme déchaussé, Lyon, 1669 ; liv. 2, pag. 104.) (1) On trouve dans la province d'Astrakan, une montagne de sel qui, bien qu'on y en prenne ar . nellement , semble ne point diminuer ; ce sel est = et aussi transparent que du cristal ; il est permis toutes sortes de gens d'y en faire couper, ce qui a enrichi beaucoup de marchands. ( Voyages Det ques d'Europe, Paris, 1693, tom 2, pages 34 et 35.)

il ya aussi des plaines immenses qui $0Rt pour ainsi dire toutes couvertes de sel (3) : on vit egemb plaine de sel en Natolie (4). Pline dit que Ptolémée, en plaçant

son camp près de Péluse, découvrit sous le sable , une couche de sel que l’on trouva

(2) Pline cite une montagne de sel aux Indes > laquelle était , dit-it, pour le souverain ; son posses” seur , une source inépuisable de richesse : « Sunt et montes nalivi salis, ut in Indiâ oromenus , in quo lapidicinarum modo cæditur renascens ; majusque

Regum vectigal ex eo , quâm ex auro atquemmargeritis », lib, 31, c. 1, sect. 39, H (3) Au-delà du Wolga , vers le couchant ; s'étend une longue bruyère de plus de soixante-dix lieuês d'Allemagne jusqu'au Pont-Euxin ; et vers le midi; une autre de plus de quatre-vingts lieues le long de la mer Caspie….. Mais ces déserts ne sont point Si stériles qu'ils ne produisent du sel en plus grande quantité que les marais de France et d'Espagne; ceux de ces Œuarliers-]à les appellent Mozakoski. Kaïnkowa et Gwofionki , qui sont à dix, quinze et trente werstes d’Astrakan » Ont des veines salées, que le soleil cuit et fait nager sur l'eau l'épaisseur d'un doigt , comme un cristal de roche , et en si grande quantité , qu'en payant deux liards d'impôt de chaque poud , c'est-à-dire , du poids de quarante livres n'en emporte tant que l'on veut ; il sent la violeue comme en France; et les Moscovites en font un grand trafic, en le portant sur le bord du Wolga, où ils le mettent en de grands monceaux jusqu'à ce qu'ils té de le lrans porter ailleurs. Petreins»

dans sou Histoire de Moscovie » dit qu'à deux lieues d'Astrakan , il Y a deux montagnes qu'il nomme Bussin , qui produisent du sel de roche en si grande mr » 46 Quand trente mille hommes 2 D mm a pose ; Mais je n'ai pu rien apprendre de

ces montagnes imaginaires è in que le fond des veines salées nt ae

il dit que ces moñ la Perse et l'Arménie, manquent point de ma la Moscovie » ainsi que n (Voyages d'Oléarius, (4) Tavernier parl environ dix lieues d

Puisque ces provinces R£ rais salants , non plus que ous Je verrons dans la suite Paris , 1656, tom. 1 , pag. 316-) e d'une plaine de Natolie, qui a

viro , e long , et une où deux de large qui n est qu'un lac salé dont l'eau se congèle et së

forme en sel qu'on ne peut dissoudre qu'avec peine » si ce n'est dans l'eau chaude; ce lac fournit de sel Presque toute Ja Natoile , et la charge d'une charrette, tirée par deux buflles, ne coûte sur le lieu qu'environ Quarante-cinq sous de notre ‘monnaie : il ‘s'appelle Douslaë , c'est-à-dire , la place de sel, et le bacba de Couchahur ; petite ville , qui est à deux journées , en

retire vingt-quatre mille écus par an. (Voyages de Tavernier, tom. 1 , pag, 124.) ‘

s'étendre de l'Égypte à l'Arabie (1): La mer Caspienne et plusieurs autres ou moins salés (2); ainsi da

plus éloignées de l'Océan , ar. SH pas plus de sel que dans les contrées maritimes, et partout il ne coûte que les frais de l'extraction ou de l'évaporation. On peut voir dans lesnotes ci-jointes, la manière dont on recueille le sel à la Chine, au Japon et

dans quelques autres provinces de l'Asie (3).

(1) Invenit et juxta Pelusium Plolemæus rex , eùm castra faceret ; quo exemplo postea inter Ægyptum et Arabiam cœptum est invenire, detractis arenis, lib.31, ct. 1 “ sect. 39. \

* (2) Pline, ea parlant de rivières salées, qu'il place dans la mer Caspienne, dit que le sel forme une croûte à la surface, sous laquelle le fleuve coulé, comme s'il était glacé; ce qu’on ne peut néanmoins entendre que des mers et des anses, où l'eau tranquille et dormante et baissant dans les chaleurs, donnait lieu à la voûte de sel de se former... «Sed et suroma fluminum durantur in salem , amne reliquo veluti sub gelu fluente , ut apud Caspias portas, quæ salis flumina appellantur.» (Hist. Nat., lib. 31, ch:1, sect. 39.)

(3) Les parties occidentales de la Chine qui bordent la Tartarie, sont bien pourvues de sel malgré leur éloignement de la mer; outre les salines qui se trouvent dans quelques-unes de ces provinces, on voit dans quelques autres une sorte de terre grise, comme dispersée de côté et d'autre, en pièces de trois ou quatre arpents, qui rend une prodigieuse quantité de sel. Pour le recueillir, on rend la surface de !a terre aussi unie que la glace ; en lui laissant assez de pente pour

ue l'eau ne s'y arrête point ; lorsque le soleil vient à Ja sécher, jusqu'à faire paraître blanches les particules de sel qui s’y trouvent mélées ; on les rassemble en petits las ; qu'on bat ensuite soigneusement , afin que la pluie puisse s'y imbiber : la seconde opération consiste à les étendre sur de grandes tables un peu inclinées , qui ont des bords de quatre ou cinq doigts de bauteur ; on y jette de l'euu fraiche, qui faisant fon d de grands vaisseaux de terre , oùelles tombent goutte à goutte par un petit tube. Après avoir ainsi dessalé Ja terre, on la fait sécher , on la réduit en poudre , et on la remet dans le lieu d'où on l'a tirée : dans l'espace de sept ou huit jours, elle s'imprègne de nouvelles parties de sel qu'on sépare ue par la

méme méthode.

T'andis que les hommes sont occupés de ce travail aux champs, leurs femmes et leurs enfants s'emploient , dans des huttes bâties au même lieu, à faire bouillir le sel dans de grandes chaudières de fer, sur un fourneau de terre percé de plusieurs trous, par lesquels tons les chaudrons reçoivent la même chaleur; la fumée passant par un long tuyau, en forme de cheminée, sort à l'extrémité du fourneau d l'eau après avoir bouilli quelque temps devient épaisse et

dre les parties de sel les entraîne avec elles dans

DES MINÉRAUX: io

En Afrique, il y a peut-être encore plus de

sont plus mines de sel qu'en Europe et en Asie : les rres les |

voyageurs citent les salines du cap de Bonne -

se change par degré én un°sel blanchâtre qu'on de |

cesse pas de remuer avec une grande spatule de fer jusqu'à ce qu'il soit devenu tout-hsfait blanc. (Histoire générale des Voyages, tom. 6, Pages 486 et 487.) — Au Japon, le sel se fait avec de l'eau de la mer; on creuse un grand espace de terre qu'on remplit de sable fin, sur lequel on jette de l'eau de la mer, et on le Jaisse sécher : on recommence la même opération jusqu'à ce que le sable paraisse assez imbibé de sel ; alors on le ramasse , on le met dans une cuve, dont le fond est percé en trois endroits : on y jetle encore de l'eau de la mer, qu'on laisse filtrer au travers du sable ; on reçoit celte eau dans de grands vases, pour la faire bouillir jusqu’à certaine consistance , et le sel qui en sort, est calciné dans de petits pois de ferre jusqu'à ce qu'il devienne blanc. (Histoire Naturelle du Japon, par Kæmpfer, tom. 1, pag. 99.)

Chez les Mogols, il y a une mine de sel mélée de sable à la profondeur d'un pouce ” terre; cette région en est remplie : les Mogols, Bôur le purifier , mettent ce mélange dans un bassin où ils jettent de l'eau; le sel venant À se dissondie , ils le versent dans un autre bassin et le font bouillir; après ‘quoi

ils le font sécher au soleil. Ils s’en procurent encore *

plus aisément dans leurs étangs d'eau de pluie, où il se ramasse de lui-même dans des trous; et séchant au soleil, il laisse une croûte de sel fin et pur, qui est quelquefois épaisse de deux doigts et qui se lève en masse. ( Histoire générale des Voyages, tom. 7, pag. 464.) — La province de Portalonn , au couchant de l'île de Ceylan, a un port de mer d'où une partie du royaume tire du sel et du poisson... À l'égard des parties orientales que l'éloignement et la difficulté des chemins empéchent de tirer du sel de ce port ; la nalure a pourvu à leurs besoins d'une autre manière. Le vent d'est fait entrer l'eau de la mer dans le port de Leaouva; et lorsqu'ensuite le vent d'ouest amène le beau temps, cette eau se congèle, et fournit aux habitants plus de sel qu'ils n'en peuvent employer. (Histoire générale des Voyages , tom. 8, pag. 520.) û 97 7 Dans le royaume d'Asem, on fait du sel en faisant sécher et brûler ensuite cette verdure qui se trouve ordinairement sur les eaux dormantes : les cendres qui en proviennent étant bouillies et passées servent de sel. La seconde méthode est de prendre de grandes feuilles de figuier que l'on sèche et que Fon brûle de même. Les cendres sont une espèce de sel d'une âcreté si piquante, qu'il serait impossible d'en manger s’il n'était adouci : on met les cendres dans l'eau ; on les y remue l'espace de dix ou douze heures : ensuite on passe cette eau trois fois dans un linge , et puis on la fait bouillir ; à mesure qu’elle bout, le fond s'épaissit , et lorsqu'elle est consumée ,; on trouve au fond de la chaudière un sel blanc et d'assez bon goût. C'est de la cendre des mêmes feuilles, qu'on ait dans le royaume d'Asem, une lessive dont on

Espérance ({) : Kolbe surtout s'étend beaucoup sur la manière dont s’y forme le sel , et hante sg hs Mia hand gran Et Eu xd blanchit les soies; si le Pays avait plus de figuiers, les habitants feraient toutes leurs soies blanches, parce que la soie de cette couleur ust beaucoup plus claire que l'autre. (Hist. génér, des Voyages, t. 9, e vs (1) Dans les environs de la baie de Saldanha, qu

sont habités par les Kochoquas ou La à 2: rad) il y a plusieurs mines de sel dont les étrangers font commerce... Il y a aussi des salines dans plusieurs endroits du pays des Damaquas , mais elles 6 . d'aucun usage, parce qu'elles sont trop éloign des habitations européennes, et que les Hottentots

‘ne mangent jamais de sel... Dans toutes les terres de cap de Bonne-Espérance ; le sel est formé par l’action du soleil sur l'eeu des pluies; ces eaux s'amassent dans des espèces debassins naturels pendant la saison des pluies : elles entraînent avec elles en descendant des montagnes et des collines, un limon gras dont la couleur est plomhée, et c'est sur ce limon que se forme le sel dans les bassins,

L'eau , en descendant dans ces bassins, est toujours noirâtre et à au bout de quelque temps elle devient claire et limpide, et ne redevient noirâtre que dans le mois d'octobre, temps auquel elle commence à devenir salée ; à mesure que la chaleur de

l'été devient plus grande , elle prend un goût plus âcre et plus salé, et sa couleur Dep enfin d'un rouge foncé : les vents de sud-est soué ant alors avec force ; agitent cette eau et accélèrent l'éveporation..… Le sel commence à paraître sur les bords; sa quantité augmente de jour en jour ; et vers le solstice d'été les re se trouvent remplis d'un beau sel blanc, dont la couche a quelquefois six ponees d'épaisseur, surtout si les pluies ont été er DCE pour rempli 'eau ces creux ou ces bassins naturels... une est ainsi formé , chaque habitant des colonies en fait sa provision pour toute l'année ; il n'a besoin pour eela d'aucune permission, ni de payer aucun droit; il y a seulement deux bassins qui sont réservés pour la Compagnie hollandaise et pour le gouvernement , et dans lesquels les colons ne prenee Jess Fr pa de Bonne-Espérance est blanc et ef t; ses grains ont ordinairement six angles, pt XP A Jus; le plus blancet le plus fin est celui 2 er = otines bassin , c'est-à-dire , de l’ents 2 MC de sel est la plus épaisse... Celui et 5 t sier, dur et amer ; cependant on le ppm TE la viande et le poisson , parce 2 à dur à fondre que celui du milieu du mr ni l'un ni l'autre ne vaut celui d'Europe ré s sortes de sulaisons, et les viandes qui en 4 sloés ne peuvent jamais soutenir un long voyage. À Hanientre dont se forme ce sel , ressemble trop à celle dont se produit le nitre pour ne pas ae que desel du Cap vient , en bonne partie, du ni que le terrain et l'air contiennent dans ce ne Ces parties nitreuses descendent peu « peu sur terre où elles restent renfermées jusqu'à ce que les

sur les moyens de le recueillir, En Abyssi-

nie, il y a de vastes plaines toutes couvertes

de sel, e sel gemm

connaît aussi des mines de il s'en trouve de même aux

pluies , tombant en abondance » lavent le terrain et les entraînent avec elles dans les bassins... D” autre côté , ôn à lieu de présumer que le terrain vallées du Cap est naturellement salé, puisque l'herbe qui croît dans ces vallées, a un goût d'amertume et de salure , et que les Hollandais nomment ces pâlu- | rages {erres saumaches ; et ce fait seul serait suffisant pour expliquer la formation du sel dans les terrains du cap de Bonne-Espérance. | Enfin pour prouver que l'air est chargé de parti= cules salsugineuses au Cap , M. Kolbe rapporte un® expérience qui a été "faite Par un de ses amis , dont il résulte que si l'on reçoit dans un vaisseau , les vents qui soufllent au Cap, il se forme sur les parois de ce vaisseau , de petites gouttes qui , augmentant peu à peu , le remplissent en entier ; que cette eau

qui, d'abord ne Paraît pas être salée » étant exposée dans un endroit où la chaleuret l'air

même Lemps sur l'e

et blanchâtre, paraît comme mélangée de vert de

meret de bleu céleste , et laisse un sédiment qui prend la forme de gelée

Lorsque après cela on couvre légèrement le vais* seau el qu’on le met s

Ur un fourneau , eau devient d'abord jaune, ensuite Pasperten pr elle prend une couleur d'un rouge-écarlate - il s'y forme «près cela divers corps de différentes figures : les parties nitreuses sont “exangulaires , cannelées et oblongues, les vitrioliques (ou plutôt de sel maria) , out la figure cubique , et Jes urinaires prennent une figure

parties de se], les ches et brillantes set... Telle est, ajoute M. Kolbe,

mOn corres on i il a réilérée soixdnte-dix fois 4 per ds me succès, toujours il a retiré de cette eau aérienne les trois principes , etc. (Description du cap de Bomne- Espérance , Amsterdam , 1741, partie 2, pag- 110, 128 , 195, et jusqu'à 202.) Nota. L'on peut dire que Partout l'air des environs de

végétalion , donne un goût Ilya des raisins et d'autr rentes plantes dont on fait moins suivant les différents para le plus proche des embouch moins que celles qui croiss hautes mers.

(2) Le P, Lobo dit

8es. Celles qui sont ures des fleuves le sont ent sur les écueils des

qu'en partant du port de Baylno sur la mer Rouge , il traversa de grandes plaines de sel qui aboutissent aux montagnes de Duan , par lesquelles l'Abyssinie est séparée du Pays des Gulles et des Mores.….. Le même auteur dit que la principale monnaie des Abyssins , est le sel qu'on donne par morceaux de la longueur d'une palme larges et épais

de l'Afrique , le sel s'y forme. par une évaporation prompte et presque continuelle ;

iles du cap Vert (1), et au cap Blanc (2); et comme la chaleur est excessi Sénégal , en Guinée (3) et dans ioutes les terres basses

de quatée doigts ; chacun en porte un petit morceau dans sa poche ; lorsque deux amis se rencontrent , ils tirent leurs petits morceaux de sel etse le donnent à lécher l'un à l'autre. (Bibliothèque raisonnée , tom. 1, pag. 56 et 58.) — On se sert en Ethiopie de sel de roche pour Ja petite monnaie : il est blanc comme la neige , et dur comme la pierre ; on le tire de la montagne Lafla , et on le porte dans les magasins de l'empereur , où on le forme en tablettes qu'on appelle Amouly, ou en demi-tablettes qu'on nomme courman. Chaque tablette est longue d'un pied ,

large et épaisse de trois pouces : dix de ces tablettes .

valent trois livres de France, On les rompt selon le paiement qu'on à à faire , et on se sert de ce sel également pour la monnaie et pour l'usage domestique, (M. Poncet , suite des Lettres édifiantes, Paris , 1704, quatrième Recueil , pag, 329.) -

(1) L'ile de Sal , l’une de celles du cap Vert, tire son nom de la grande quantité de sel qui s’y congèle naturellement , toute l'île étant pleine de marais salants ; le terroir est fort stérile » ve produisant aucun arbre ,etc. (Nouveau Voyage autour du monde, par Dampier ; Rouen , 1715 , tom. 1, pag. 92.)—11 y a des mines de sel dans l'ile de Buona-Visla, l'une des îles du cap Vert; on en charge des vaisseaux , et l'on en conduit dans la Baltique. (Histoire générale des Voyages ; 1om. 3, pag. 293.)— L'ile de Mai est la plus célèbre des îles du cap Vert par son sel , que les Anglais chargent tous les ans dans leurs vaisseaux. Barbot assure que celte île pourrait en fournir tous les ans la cargaison de mille vaisseaux. Ce sel se charge dans des espèces de marais salants où les eaux de la mer sont introduites dans le temps des marées vives , par de petits aquéducs pratiqués dans It banc de sable : ceux qui le viennent charger le prennent À mesure qu'ilse forme , et le mettent en tas dans quelques endroits secs avanl que l'on yintroduise de l'eau nouvelle. Dans cet étang, le sel ne commence À se congeler que das la saison sèche ; au lieu que dans les salines des Indes occidentales, c'est au temps des pluies , particulièrement dans l'ile de la Tortue. . (Histoire générale des Voyages , tom. 2, pag. 372.)

{2) A six journées de la ville de Hoden , derrière le cap Blauc, on trouve une ville nommée Teggazza, d'où l'on tire tous les ans une grande quantité de sel de roche, qui setransporte sur le dos des chameaux À Tumbuto, et de là dans le royaume de Melly, qui est du pays des Nègres. (Histoire générale des Voyages , tom. 2 , pag. 293.) — Ces Nègres regardent le sel comme un préservalif contre la chaleur ; ïls en font chaque jour dissoudre un morceau dans un vase rempli d'eau, et l'avalent avec avidité, ils croient lui être redevables de leur santé et de leurs forces. (Idem, ibidem.)

3) On ne saurait presque s'imaginer combien est considérable le gain que les nègres font à cuire le se} sur la côte de Guinée... Tous les nègres du pays

RE EEE End sont obligés à venir quérir le se] sur la côte ; ainsi, fl ne vous sera pas difficile de comprendre que le sel y doit être extrémement cher, etles gens du commun sont forcés de se contenter en bluce de sel, d'une certaine herbe un peu salée , leur bourse ne pouvant souffrir qu'ils achètent du sel,

Quelques milles dans les terres derrière Ardra s d'où viennent la plupart des esclaves , on en donne un et quelquefois deux pour une poignée de sel...

Voici la manière de cuire le sel : quelqnes-uns font cuire l'eau de la mer dans des bassins de cuivre aussi long-temps qu’elle se mette ou se change en sel ; mais c'est la manière la plus longue , el par conséquent la moins avantageuse : aussi ne fait-on cela que dans les lieux où le pays est si haut, que la mer ou les rivières salées n'y peuvent couler par-dessus; mais dans les autres endroits où l'eau des rivières ou de la mer se répand souvent , ils creusent de profondes fosses pour y renfermer l’eau qui se dérobe , ensuite de quoi le plus fin ou le doux de cette eau se sèche peu à pêu par l'ardeur du soleil, et devient plus propre pour en tirer dans peu de temps beaucoup de sel. à |

En d’autres endroits ils ont des salines où l'eau est tellement séchée par la chaleur du soleil, qu'ils n'ont pas besoin de la faire cuire , mais n'ont qu'à l'amasser dans ces salines.

Ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter des bassins de cuivre , vu qui ne veulent pas employer leur argent à ces bassins, ou bien encore qui craignent que l'eau de mer devant cuire si long-temps, ces bassins ne fussent bientôt percés par le feu, prennent des pots de terre dont ils mettent dix ou douze les uns contre les autres, et font ainsi deux longues rangées , élant attachés les uns aux autres avec de l'argile , comme s'ils étaient maçonnés , et sous ces Pots il y a comme un fourneau, où l’on met continuellement du bois ; cette manière est la plus ordinaire dont ils se servent , et avec laquelle cependant ils ne irent pas tant de sel ni si promptement. Le sel est extrémement fin et blanc sur toute la côte (à l'exception des environs d'Acra), principalement dans le pays de Fantin , où il surpasse presque la neige en blancheur. (Voyages de Bosman, Utrecht, 1705, pag. 321 et suiv.)

Le long du rivage du canal de Biyurt, quelques lieues au-dessus de Ja barre du fleuve de Sénégal, la nature a formé des salines fort riches ; on en compte huit éloignées l'une de l'autre d’une ou deux lieues : ce sont de grands étangs d'eau salée, au fond desquels le sel se forme en masse; on le brise avec des crocs de fer pour le faire sécher au soleil : à mesure qu'on le tire de l'étang, fl s'en forme d’autres. On s'en sert pour saler les cuirs; il est corrosif et fort inférieur en bonté au sel de l'Europe. Chaque étang a son fermier qui se nomme ghiodin ou komessu, sous la dépendance du roi de Kayor. (Histoire générale des Voyages, tom. 2, pag. 489.)

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