‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 51 sur 162 · LL · texte numérisé non relu

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il s’en forme aussi sur la Côte-d'Or (1), et il y à des mines de sel gemme au Congo (2) :

en général l'Afrique , comme la région la plus chaude de la terre, a peu d'eau douce , et presque tous les lacs et autres eaux stagnantes de cette partie du monde sont plus ou moins salés.

L'Amérique , surtout dans les contrées méridionales , est assez abondante en sel marin ; il s'en trouve aussi dans les iles, et notamment à Saint-Domingue (3), et sur plusieurs côtes du continent (4) ; ainsi que

(1) La Côte-d'Or, en Afrique , fournit un fort bon sel et en abondance... La méthode des nègres est de faire bouillir l’eau de la mer dans des chaudières de cuivre, jusqu'à sa parfaite congélation... Ceux qui sont situés plus avantageusement, creusent des fosses et des trous , dans lesquels ils font entrer l’eau de la

. mer pendant la nuit : Ja terre étant d'elle-même salée

et nitreuse , les parties fraîches de l'eau s'exhalent bientôt à la chaleur du soleil, et laissent de fort bon sel, qui ne demande pas d'autres préparations. Dans quelques endroits | on voit des salines régulières où la seule peine des habitants est de recueillir le sel chaque jour. (Histoire générale des Voyages, tom. 4, pag. 216 et suiv.)

(2)Le pays de Sogno est voisin des mines de Demba, d'où l'on tire à deux ou trois pieds de terre, un sel de roche d'une beauté parfaile, aussi clair que la glace, sans aucun mélange : on le coupe en pièces d'une aune de long, qui se transportent dans toutes les parties du pays. De Lille place les mines de sel dans le pays de Bamba : ce pays de Sogno fait partie du royaume de Congo. ( Idem, ibidem , pag. 626.

(3) L'ile de Saint-Domingue a, dans plusieurs endroits de ses côtes, des salines naturelles, et l'on trouve du sel minéral dans une montagne voisine du lac Xarogua, plus dur et plus corrosif que le sel marin , avec cette propriété que les brèches que l'on y fait, se réparent, dit-on, dans l'espace d'un an. Oviedo ajoute que toute Ja montagne est d'un très-bon sel , aussi luisant que le cristal , et comparable à celui de Cardone en Catalugne. ( Idem, lom. 12, pag. 218.) —1ly a dans cette île de très-belles salines, donnent du sel aussi blanc que illées en pourraient fournir alines de France , de Por-

qui, sans étre cultivées, la neige, et étant trava davantage que toutes les s . tugal et d'Espagne. Il se rencontre de ces salines au midi, dans la baie d'Ocoa, dans le cul-de-sac , à un lien nommé Coridon, au septentrion de l'île vers lorient , à Caracol, à Limonade , à Monte-Christo ; encore en plusieurs autres lieux, et ce ne

ilyena < utre ces salines marines

sont ici que les principales. O J'on trouve dans les montagnes des mines de sel qu'on appelle ici sel gemme, qui est aussi beau etaussi que le sel marin : je l'ai moi-même éprouvé, et l'a trouvé beaucoup meilleur que le premier. ( Histoire des Aventuriers. Boucaniers, Paris, 1686, tom. 1,

pag: 84.) (4) Derrière le cap d'Araya en Amérique , qui est

dans les terres de l'isthme de Panama (5) »

dans celles du Pérou (6), de la Californie (7}; et jusque s terres Magellaniques (8)-

sel dans presque tous les

Il y à do

vis-à-vis de la pointe occidentale de la Marguerite,

nature a placé une saline qui serait utile aux nayiga” teurs, si elle n'était pas trop éloignée du rivage ; mais dans l'intérieur du golfe, le continent forme un coude EE duquel est une autre saline, la plus grande péutétre qu'on ait connue jusqu'aujourd'hui; elle n'est pas à plus de trois cents pas du rivage, et l'on ÿ trouve dans toutes les saisons de l'année un excellent sel, quoique moins abondant au temps des pluies :

quelques-uns eroient que les flots de la mer, poussés <

dans l'étang par les tempêtes, et n'ayant point d'issues pour en sur » Y sont coagulés par l’action du soleil; comme il arrive dans les salines artificielles de France

et d'Espagne; d'autres jugent que les eaux salées SY

rendent de la mer par des con

que le rivage paraît trop convexe pour donner passage aux flots ; enfin d'autres encore attribuent aux terres mêmes une qualité saline, qu'elles comrhuriiquest aux eaux de‘pluie : ce sel çst sidur, qu'on ne peut en tirer sans yemployer des instruments de fer (Histoire générale des Voyages , tom. 14, pa |

(5) Les Indiens de cet isthme

l'eau de la mer, qu'ils cui . sent jusqu'à “ans So ent dans des pots de terre

duits souterrains, parce

sur seize de largeur , À j'

m. 1, pag. 24 et suiv.)

quil au Pérou , est si riche en et prise val

pour fournir du sel à toute la province de Quito: (Hist. gén. des Voyages, tom. 13 366 = (7) Ce n'est pas de 1 rs 2 Fe

P * mer qu'on tire le sel pour le

Californie; il y a des salines dont le sel est blane et Jluisant comme du cristal dur qu'on est souvent obligé de le rompre à grands coups de marteau. Il serait d'un bon débit dans la Nouvelle-Espagne où le sel est rare. (M. Poncet, suite des Lettres édifiantes, Paris, 1705, cinquième Recueil, pag. 271.) : :

(8) Vers le port Saint-Julien en Amérique , environ cinquante degrés de latitude sud » le voyageur Narborough vit, en 1669, un marais qui n'avait pas moins de deux milles de long, et sur lequel iltrouva deux pouces d'épaisseur d’un sel très-blanc , qu'on aurait pris de loin pour un pavé fort uni : ce sel était également agréable au palais et à l'odorat. (Histoire générale des Voyages , tom. 11, pag. 36.) George Auson dit la même chose dans son Voyage autour du monde , pag. 58. :

g. 393.) À à , tirent leur sel de :

* Mais en méme temps Si.

pays du monde (1), soit en masses solides à l'intérieur de Ja terre , soit en poudre cristallisée et à sa surface, soit en dissolution dans les eaux courantes où stagnantes. Le

vie masse où en poudre cristallisée, ne

té que la peine de le tirer de sa mine ou lle de le recueillir sur la terre ; celui qui est dissous dans l’eau ne peut s'obtenir que par l'évaporation , et dans les pays où les matières combustibles sont rares, on peut se servir ayantageusement de la chaleur du soleil ; et même l'augmenter par des miroirs ardents , lorsque la masse de l’eau salée n'est pas considérable , et l'on a observé que les vents secs font autant et peut-être plus d'effet que le soleil sur la surface des marais salants. On voit par le témoignage de Pline , que les Germains et les Gaulois tiraient le sel des fontaines salées, par le moyen du feu (2); maisle bois ne leur coûtait rien, ou si peu qu'ils n’ont pas eu besoin de recourir à d'autres moyens ; aujourd'hui , et même depuis plus d’un siècle, on fait le selen France par la seule évaporation, en attirant l'eau dela mer dans de grands terrains qu’on appelle des Marais salants. M. Montel a donné une description très-exacte des marais salants de Pécais dans le bas Languedoc (3); on peut en lire l’ex-

ne (1) Les voyageurs nous disent qu'au pays d'Asem aux Indes orientales, le sel naturel manque absolument, et que les habitants y suppléent par un sel artificiel : « Pour cet effet ils prennent de grandes » feuilles de Ja plante qu'on nomme aux Indes f- »-guéer d'Adam : ils les font sécher, et après les » avoir fait brûler, les cendres qui restent sont mises » dans l'eau qui en adoucit l'âpreté ; on les y remne 5 pendant dix à douze heures, après quoi l'on passe » celte eau au travers d’un linge , et on la fait bouil- » lir : à mesure qu'elle bout, le fond s'épaissit, et » quand elle est consumée , On y trouve pour sédi- » ment au fond du vase , un sel blanc et assez bon ; » mais c'est là le sel des riches , et les pauvres de ce » pays en emploient d’un ordre fort inférieur, Pour » le faire , On ramasse l'écume verdâtre , qui s'élève » sur les eaux dormantes et en couvre la superficie : » on fait sécher cette matière, on la brüle , et les » cendres qui en proviennent étant bouillies, il en » vient une espèce de sel que le commun peuple » d'Asem emploie aux mêmes usages que nous em- » ployons le nôtre. » (Académie des sciences de Berlin , année 1745 , pag: 73.) ) Galliæ', Germaniæque ardentibus liguis squam salsam infuñdunt. (Pline, lib. 31, chap. 1, sect. 39.) (3) Ces salines de Pécais sont situées à une lieue et demie d'Aiguemortes, dans une plaine dont l'étendue est d'environ une lieue et demie en tout sens : ce terrain est presque tout sablonneux et limoneux, mêlé avec un débris de coquillages que la mer y a

trait, dans, la note ci-dessous : on ne fait à Pécais qu'une récolte de sel chaque année ,

jeté.… Ce terrain est cour de canaux creusés exprès pour la facititd dl des sels qui ne £e fait qu'en hiver ou dans des}, ; on le dépose dans le grand entrepôt pour le compte du tof...

On compte dix-sept salines da jüt Je terrain de : Pécais ; mais il n’y en a que douze qui soient en valeur , et toutes sont eloïgnées de la mér d'environ deux mille toïîses. Ce terrain de Pécais est plus bas que les étangs qui sont séparés de la mer par une ‘ plage , et qui communiquent avec elle par quelques ouvertures : il est aussi plus bus que le bras du Rhône qui passe À Saint-Gilles, dont on a tiré un canal qui arrive à Pécais ; il y a des digues , tant du côté de ce bras du Rhône que du côté des étangs , pour empécher les inondations...

Toute l'eau dont on se sert dans les douze salines Vient des étangs: Ces salines sont divisées en com- Partiments de cinquante , cent, etc., arpents chacun; plus ils sont grands et plus la récolte de sel est abondante , parce que l'eau saléc qui vient des étangs parcourt plus d'espace et a plus pour s'évaporer... C'est au commencement de mai que l'on fait les premiers travaux en divisant les grands com partiments en d'autres plus petits : cetle séparation se fait par le moyen des bâtardeaux , des piquets, des fascines et de la terre... On ne fait entrer qu’environ un pied et demi d'eau sur le terrain, et comme il est imprégné de sel depuis plusieurs siècles, l'eau à force de rouler dessus se charge d'une plus grande quantité de sel... L'eau évaporée par la chaleur du soleil, produit à sa surface une pellicule, et lorsqu'elle est prête À former le sel , elle paraît quelqnefois rouge ou de couleur de rose, quand on la regarde à une certaine distance , et d'autres fois claire et limpide : muis les ouvriers en jugent par une épreuve

, fort simple ; ils plongent Ia main dans l'eau salée, et tout de suite ils la présentent à l'air ; s'il se forme dans l'instant sur la surface de la peau, de petitseristaux et une légère croûte saline, ils jugent que l'eau est au point requis , et qu'il faut la conduire aux réservoirs, ensuite aux puits À roue, et enfin dans les tables pour la faire cristalliser..… Les puits à roue n'ont ordinairement que cinq à six pieds de profondeur.…. Les tables ont des rebords formés de terre, Pour y retenir huit à douze lignes d'eau que l’on y fait entrer toutes les vingt-quatre heures, et on en lève du sel qu'après avoir réitéré l'introduction de l'eau sur les tables , une vingtaine de fois, c'est-àdire , au bout de vingt jours : si la cristallisation a bien ré il reste après ce temps une épaisseur de sel d'environ trois pouces ou de deux pouces et demi. Ce sel est quelquefois si dur, surtout lorsque les vents du nord ont régné pendant l’évaporation, qu’il faut se servir de pelles de fer pour le détacher... On enlève ce sel ainsi formé sur les tables , et on ne forme des monceaux en forme de pyramides , qui contiennent chacun environ quatre-vingts on quatrevingt-six minots de sel, du poids de cent livres par minot; au bout de vingt-quatre heures, on rassemble

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