‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 52 sur 162 · CE OP · texte numérisé non relu

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et le temps nécessaire à l'évaporation est de quatre ou cinq mois, depuis le com-

tous ces petits monceanx de sel , et on en forme sur un terrain élevé , des amas qui ont quelquefois cent toises de long, onze de large et cinq de bauteur , que l’on couvre ensuile de paille ou de roseau , en

- attendant qu'on puisse les faire transporter sur les

grands entrepôts de vente, où l'on charge le sel pour l'apprôvisionnement des greniers du 7. HAE

On ne fait chaque année dans toutes les salines de Pécais , qu’une seule récolte ; dans les salines de Provence , à ce qu'on m'a assuré , on fait quelquefois une seconde récolte de sel qui est fort inférieur ‘à celui de la première.

Si dans l'espace de quatre mois , que dure toute la manœuvre de l'opération , il survient des pluies fré-

tes , des vents de mer ou des orages, on fait une mauvaise récolte; il faudrait tonjours, pour bien réussir , un soleil ardent et un vent de nord ou nordouest... Les innondations du Rhône , qui répandent des eaux douces sur Je terrain des salines, font quelquefois perdre la récolte d'une année.

Suivant le réglement des Gabelles , on doit ne laisser le sel en tas que pendant une année , pour lui faire perdre celte amertume et cette âcreté qu'on lui trouve lorsqu'il est récemment fabriqué ; mais il y reste bien plus loug-temps ; car les propriétaires ne le vendent ordinairement aux fermiers-généraux , qu'au bout de trois, quatre et quelquefois cinq ans ; au bout de ce temps , il'est si dur qu'on ne peut Je détacher qu'avee des pics de fer.

Dans les bonnes récoltes, on tire des salines de Pécais jusqu'à cinq cent treize mille minots de sel... On le vend au roisur le pied de quarante-deux livres quinze sous le gros muids (c'est-à-dire, cinq sous le minoi pesant cent livres)... Elles produisent au roi environ sept à huit millions par an....

Les bords des canaux quiconduisent l'eau dans les puits à roue, sontcouverts de belles cristallisations” de sel, que l'on est obligé de détacher de temps en temps ; parce qu'avec le temps elles intercepteraient Je passage de l'eau... La surface de l’eau qui coule au milieu du canal; est couverte d'une pellicule

qui est un indice pour connaître quand une

ince, :

rot tion de certains sels doit être mise à cristalli-

dissolu

LU PERLE La plaine de ments, et dont

sel que l'on voit sur les compartila blancheur se fait apercevoir de loin, ne commence à paraitre que dans les premiers jours de juin , temps où les eaux sont déjà prêles à étre conduites dans les puits à roue, et se soutient jusqu'au mois d'octobre ou de Pare Re Rene certaines années, celle cristallisatien ne dure pes si long-temps ; tout dépend des pluies plus ou moins abondantes. . - ju L'eau évaporée au point requis, 4 mesure qu'on l'élève par les seaux des puits à roue, se cristallise aux parois de ces seaux , surtout si le soleil est ardent et si le vent du nord règne ; on est alors obligé d'y faire passer l'eau des étangs, ou de détacher deux fois par jour ces cristallisations, pour qu'elles ne

mencement de mai jusqu'à la fin de septembre. | nn remplissent pas toute la capacité du seau; mais € dernier travail serait trop pénible, et on préfère. Première Manœuvre. On sait que le sel marin à Proprieté de grimper dès qu'on lui présente e Corps pendant qu'il cristallise ; c'est à cette propr que sont dues ces cristallisations auxquelles les ou= . vriers donnent toutes sortes de figures, comme lacs d'amour, de crucifix, d'étoiles , d'arbres , eté.# Elles sont formées 4 l'aide de morceaux de bois aux" quels le sel s'attache, en sorte qu'il prend la figure qu'on a donnée à ces morceaux de bois; toutes €$

cristallisation sont des amas de cubes très-réguliers et d'une grosseur très-considérable.. |

On tire de l’écume qui surnage les eaux salées LL" l'on fait passer aux tables » un sel qui est friable € ré très-blane, et que l'on emploie à l'usage des salières dont On se sert pour la {able ; mais ce sel est pl amer que l'autre , parce qu'il contient du sel de Glauber et du sel marin À base terreuse.…, Ce sel de

Glauber se trouve en qua nti , | que l'on puise sus 4 té dans 1 eau de la mer

Une moindre quantité d'eau

que le sel marin , est €nlrainé au-dessous de ce

nier sel par la dernière

puits à roue, ele... € marin à base terreuse sel nouvellement fabr suite , parce qu’ils son est pendant quelques

est ce sel de Glauber et le ; se donnent de l'amertume 4 iqué, et qui s'en séparent en- Ltrès-solubles : lorsque le *nnées conservé en tas ava0t

ue pendant trois, gare ou pe bi her ec neeaux avant d'être vendu aux fermiers du roi re de tout son sel de Glauber et du + 2. *: QE terreuse, et devient enfin le sel Le am: le plus ,

ol ristaux bien con pe : par là les surfa Ü te à l'air, étant les plus pelites er n peu sujet à l'influence de son humidité , tandis que ” les sels en neige qu'on tire par une forte évaporsiio® sur Je feu , soit de l'eau dela mer, soit qu sa- Jants , comme en Franche-Comté , en toi » elcrs sont au contraire très-exposés , par leur état de corP$ rare, par la multiplication de leurs surfaces. à êlre pénétrés par l'humidité de l'air dont le sel marin se charge facilement ; ces sels formés sur le feu, contienvent d'ailleurs tout leur se] de Glauber et beaucoup de sel marin à base terreuse, ou du moins une bonne partie; celui de Bretagne et de Normandie

édit tin the ET dE os NS du d , À

J1 y a de même des marais salants en Provence, dans lesquels on fait quelquefois deux récoltes chaque année, parce que la chaleur et la sécheresse de l'été y sont plus grandes ; et comme la mer Méditerranée n’a ni flux ni reflux , il y à plus de sûreté et moins d’inconvénients à établir des marais salants dans son voisinage que dans celui de l'Océan. Les seuls marais salants de Pécais , dit M. Montel , rapportent à la ferme générale, sept ou huit millions par an : pour que la récolte du sel soit regardée comme bonne, il faut que la couche de sel, produite par l'évaporation successive pendant quatre à cinq mois, soit épaisse de deux pouces et demi ou trois pouces, Il est dit, dans la Gazette d'Agriculture : « qu'en 1775, il y avait plus » de quinze cents hommes employés à re- » cueillir el entasser le sel dans les marais » de Pécais ; indépendamment de ces salines et de celles de Saint-Jean et de Rauquemaure , où le sel s'obtient par industrie , il s’en forme tout naturellement des quantités mille fois plus considérables dans les » marais qui s'étendent jusqu'auprès de » Martigues en Provence : l'imagination » peut à peine se figurer la quantité éton- » nante de sel qui s’y trouve cette année :

» ous Les hommes, tous Les bestiaux de l'Eu- » rope ne pourraient la consommer en plusieurs années ; et il s'en forme à peu près autant tous les ans.

» Pour garder , ce n’est pas dire conserver, mais bien perdre tout cesel, il y aura une brigade de gardes à cheval, nommée dans le pays du nom sinistre de brigade noire , laquelle va campant d’un lieu à un autre, et envoyant journellement des détachements de tous les côtés, Ces gardes ont commencé à camper vers la fin de mai A ils resteront sur pied, suivant la coutume, j usqu'à ce que les pluies d'automne aient ES à mn les contient dans la même proportion où ils sont dans l'eau de la mer , car on y évapore jusqu'à dessiccation ; et celui de Franche-Comté et de Lorraine en contient une partie, quoiqu'on enlève le sel avant que toute la liqueur soit consumée sur les poéles….

11 fout au surplus que les ouvriers qui fabriquent le sel à Pécais, prennent garde que les tables ne manquent jamais d'eau pendant tout le temps de sa saunaison, parce que, selon eux, le sel s'échaufferait et serait difficile à battre ou à laver. (Mémoires de M. Moniel, dans ceux de l'Académie des sciences,

année 1763, pages 441 et suiv.) THÉORIE DE LA TÉRRE. Z'ome LIT.

” On re TER tout ce sel naturel (1). »

e réci ÿ ‘ait 6

gner le travail F4 A0 Pet le de des digues el autres Constructions nécessaires au maintien des marais salants , si l'on voulait profiter de ce sel que nous offre la nature: il faudrait seulement l'entäÿser comme on entasse celui qui s'est déposé da les marais salants, et le conserver pendant trois ou quatre ans, pour lui faire perdre son amertume et son eau superflue : ce n’est pas que ce sel trop nouveau soit nuisible à la santé, mais il est de mauvais goût, et tout celui qu'on débite au public, dans les greniers à sel , doit, par les règlements, avoir été fucturé deux ou trois ans auparavant.

Malgré l'inconvénient des marées >, on n'a pas laissé d'établir des marais salants sur 4 PR 25 sur la Méditerranée , surtout

abs le bas Poitou , le pays d'Aunis , la Saintonge , la Bretagne et la No ndie, le sel s’y fait de même par l'évapora de l'eau marine : « Or on facilite cette évaporati ) »° dit M. Guettard , en faisant circuler l'es » autour de ces marais , ct en la recevant en- » suite dans des petits carrés qui se ferment ” au moyen d'espèces de vannes; l'eau par » sonséjour s'y évapore plus ou moins promp- ” tement, ct loujours proportionnellement » à Ja force de la chaleur du soleil, elle y » dépose ainsi lesel dont ells est chargée (2).»

et académicien décrit ensuite avec exacti tude , les salines de Normandie dans la baie d'Avranches, sur une plage basse où le mouvement de la mer se fait le moins sentir, et donne le temps nécessaire à l'évaporation :

voici l'extrait de cette description; on ramasse le sable chargé de ce dépôt salin, et cette récolte se fait pendant neuf ou dix mois de l'année , on ne la discontinue que depuis la fin de décembre jusqu'au commencement d'avril... On transporte ce sable mêlé de sel dans un lieu sec, où on en fait de gros tas en forme de spirale, ce qui donne la facilité de monter autour pour les exhausser autant qu'on le juge à propos; on couvre ces tas avec des fagots sur lesquels on met un enduit de terre grasse pour empêcher Res de pénétrer... Lorsqu'on veut travailler ce sable salin, on découvre peu à peu le ta: , et à

(1) Gazette d'Agriculture, du mardi 12 septembre 1775, article Paris.

(2) Mémoires de l’Académie des sciences, année

1758, pages 99 et suiv.

mesure qu'on enlève le sable ,onle lave dans une fosse enduite de glaise bien battue, et revêtue de planches, entre les joints des- “quelles l'eau peut s’écouler; on met dans cette fosse cinquante ou soixante boisseaux de ce sable salin, et on y verse trente ou trente-cinq seaux d’eau ; elle passe à travers le sable et dissout le sel qu'il contient; on la conduit par des gouttières dans des cuves carrées, de trois pieds , qui sont placées dans un bâtiment qui sert à l'évaporation ; on examine avec une éprouvelte si cette eau est assez chargée de sel; et sielle ne l'est pas assez, on enlève le sable de la fosse eton y en remet du nouveau : lorsque l’eau se trouve suffisamment salée , on la transvase dans des vaisseaux de plomb , qui n'ont qu'un ou deux pouces de profondeur sur vingt-six pouces de longueur et vingt-deux de largeur ; on place ces plombs sur un fourneau qu’on échauffe avec des fagots bien secs ; l'évaporation se fait en deux heures , on remet alors dé la nouvelle eau salée dans les vaisseaux de plomb , et on la fait évaporer de même. La quantité de sél que l'on retire en vingt-quatre heures , au moyen de ces opérations répétées , est d'environ cent livres dans trois vaisseaux de plomb, des dimensions ci-dessus : on donne d’abord un feu assez fort, et on le continue ainsi jusqu’à ce qu'ilse forme une petite fleur de sel sur l'écume de cette eau, on enlève alors cette écume et on ralentit le feu; l'évaporation étant achevée, on remue le sel avec une pelle pour le dessécher, on le jette dans des paniers en forme d’entonnoir où il peut s’égoutter : ce sel, quoique tiré par le moyen du feu et dans un pays où le bois est cher, ne se vend guère que trois livres dix sous les cinquante livres pesant (L). Il y à aussi en Bretagne soixante ites fabriques de sel par évaporation , tiré peutes q d " | des vases et sables de la mer , dans "esquers on mêle un tiers de sel gris pour le purifier, et porter les liqueurs à quinze sur cent.

On fait aussi du selen grand dans quelques cantons de cette même province de Bretagne; ontire des marais salants de la baie de Bourgneuf , seize ou dix sept-mille muids de sel, et l'on estime que ceux de Guérande et du Croisie, produisent , année commune, enr viron vingt-cinq mille muids (2).

ER nome

(1) Voyez le Mémoire de M. Guettard, depuis la page 99 jusqu'à 116.

(2) Observations d'Histoire Naturelle, par M. le Mounier , tom. 4, pag. 432.

En Franche-Comté ,en Lorraine, et dans plusieurs autres contrées de l'Europe et des autres parties du monde, le sel se tire de l’eau des fontaines salées. M. de Montigny »

de l'Académie des sciences, a donné uné bonne description des salines de la Franche= Comté , et du travail qu'elles exigent ; VOICl l'extrait deses observations : « Les eaux ; dit M. de Montigny, de tous les puits salés ;

tiennent en dissolution , avec le sel marin ou sel gemme, des gypses ou sélénites gyP” seuses , des sels composés de l'acide vitr107 lique engagé dans une base terreuse , du » sel de Glauber, des sels déliquescents »

composés .de l'acide marin engagé dans une base terreuse ; uneterre alkaline très blanche que l'on sépare du sel gemme ; lorsqu'on le tient long-temps en fusio!t dans un creuset ; enfin une espèce

ses , bitumineuses, ayant une forte odeur de pétrole. Toutes ces eaux portent un principe alkalin surabondant..…. Elles nê

sont point mêlées de vitriols métalliques.

» Les sels en

» sels en pain, se s » chargés d'un alka » sels

ont également trouvés li terreux..… Ainsi ces

un état de neutralité parfaite.

» Le sel à gros grains de Montmorot ss le seul que nous ayons trouvé parfaitement neutre... Ce sel à gros grains est tiré des mêmes eaux que le sel à petits grains »

mais ilest formé par une évaporation beau” coup plus lente ; il vient en cristaux plus gros , très-réguliers , et en même temP®

beaucoup Plus purs... Si les eaux des fon“ lames salées ne contenaient

gemme en dissolution,

«4 eaux , plus lente ou plus promple :

n'influerait en rien sur la pureté du sel-- On ne peut donc séparer les matières étral géres de ces sels de Franche-Comté , par une très-lente évaporation , et cepenñ” dant c'est avec les sels à petits grains »

faits par une très-prompte évaporation ; » que l'on fabrique tous les sels en pains »

dont l'usage est général dans toute la Fran che-Comté…. On met les pains de sel qu'on vient de fabriquer ; sur des lits de braïses ardentes où ils restent pendant vingt-cinq; » trente et même quarante heures, jusqu » ce qu'ils aient acquis la sécheresse et la » dureté nécessaires pour résister au trans-

que du

l'évaporation

CE UE EU Ad

tant de Salins que de Montmorot, con .

glaise très-fine , et quelques parties gras”

petits grains , ainsi que les.

ne Sont pas comme le sel marin dan®

RTE

» port (1)... Le mélange de sel de Glauber N

‘de gypse, de bitume et de sel marin à base terreuse , qui vient par la réduction de ces eaux , est d'une amertume Inexprimable.…, » La saveur et la qualité du sel marin , sont » fort altérées par le mélange du gypse, » lorsque les eaux ne reçoivent pas assez de » chaleur pour en opérer la séparation, et » la quantité du gypse est fort considérable » dans leseaux de Salins…. Le gypse de Sa- » lins rend le sel d'un blanc opaque, et le » gypse de Montmorot lui donne sa couleur » grise... Lorsqne les eaux sont faibles en » salure comme celles de Montmorot, on a » trouvé le moyen de les concentrer par une » méthode ingénieuse (2) et qui multiplie » l'évaporation sans feu. »

a ——— mo

(1) Nota. Nous devons observer que cette yratique de mettre le sel à l'exposition du feu pour le durcir, est très-préjudiciable a la pureté et à la qualité du sel :

1° Parce que pour mouler le sel, il faut qu'il soit humecté de son eau-mère que le feu ne fait que dessécher en agglutinant la masse saliue, et cette eaumère est une partie impure qui reste dans le sel :

2° Une partie. du gypse se décompose , son acide vitriolique agit sur la base du sel marin , le dénature et le rend amer;

3° Le sel marin le plus pur, recoit une altération très-sensible par la caleination; il devient plus caustique , une partie de l'acide s'en dissipe et laisse une base terreuse , qui procède de la décomposition de l'alkali minéral. La décomposition du sel est si sensible , que l'on ne peut rester dans les étuves du grillage, à cause des vapeurs acides qui affectent la poitrine et les yeux,

(2) Des pompes mues par un courant d'eau, élèvent les eaux salées dans des réservoirs placés au

haut d'un vaste hangar, long et étroit , d'où on les

| fait tomber par gouttes , au moyen de plusieurs files de robinets, sur des lits d'épines accumulées jusqu'à la hauteur d'environ dix-huit pieds ; l'eau répandue en lames très-déliées , et divisée presque à l'infini sur tous les branchages des épines, est reçue dans un vaste bassin formé de planches de sapin, qui sert de base à tout le hangar ; de ce bassin, les mêmes eaux sont relevées et reportées par d'autres pompes dans le réservoir supérieur : on les fait ainsi passer et repasser à plusieurs reprises sur les épines , ce qui fait qu'elles deviennent de plus en plus salées... et lorsqu'elles ont acquis onze à douze degrés de salure, c'est-à-dire , lorsqu'elles sont en état de rendre environ douze livres de sel par cent livres d'eau, on les fait couler dans les poéles de la saline pour les évaporer au feu, et dans cet état les eaux de Montmorot sont encore inférieures en salure au degré naturel des eaux de Salins. (Mémoires de M. de Montigny, dans ceux de l'Académie des sciences , année 1762,

5 ss » v

pag. 118.)

Ces fontain es salées de la Franche - Comté, qui fournissent du sel à toute cette province et à une parlie de la Suisse, ne sont pas plus abondantes que celles qui se trouvent en Lorraine et qui s'exploitent dans les petites villes de Dieuze , Moyenvic et Château - Salins, toutes situées le long de la vallée qu'arrose la rivière de Seiïlle, À Rosières i dans la même province , était une saline des plus belles de l'Europe , par l'étendue de son bâtiment de graduation ; mais cette saline est détruite depuis environ vingt ans : à Dieuze , non plus qu'à Moyenvic et à.Chàteau-Salins, on n'a pas besoin de ces grands bâtiments ou hangars de graduation pour évaporer l’eau , parce que d’elle-même elle est assez chargée pour qu'on puisse, en Ja soumettant immédiatement à l'ébullition , en tirer le sel avec profit.

I se trouve aussi des sources et fontaines salées dans le duché de Bourgogne , et dans plusieurs autres provinces , où la ferme générale entretient des gardes pour empêcher le peuple de puiser de l'eau dans ces sources ; si l'on refuse ce sel aux hommes , on devrait au moins permettre aux animaux de s'abreuver de cette eau, en établissant des bassins dans lesquels ces mêmes gardes ne laisseraient entrer que les bœufs et les moutons qui ont autant et peut-être plus besoin que l'homme de ce sel , peur prévenir les maladies de pourriture qui les font périr, ce qui, Je le répète , cause beaucoup plus de perte à l'État, que la vente du sel ne donne de profit.

Dans quelques endroits, ces fontaines salées forment de petits lacs; on en voit un aux environs de Courtaison , dans la principauté d'Orange. « Des hommes, dit M. Guet- » tard, intéressés à ce qu'on ne fasse point » d'usage de cette eau , ordonnent de trépi- » gner et mêler ainsi avec la terre, le sel qui » peut dans la belle saison se cristalliser sur » les bords de cet étang ; l'eau en est claire » et limpide, un peu onctueuse au toucher , » d'un goût passablement salé. Ce petit lac v est éloigné de la mer d'environ vingt » lieues ; s’il n’était dû qu'à une masse d'eau » de mer restée dans cet endroit, bientôt la » seule évaporation aurait sufl pour le tarir : » ce lac ne reçoit point de rivière, il faut » donc nécessairement qu'il sorte de son » fond des sources d’eau salée pour l'entre- » nir (3).»

(3) Mémoires sur la minéralogie du Dauphiné , tom, 1, pag. 180 et suiv”

sl Se St - Re ES, nt ne Ù … —S bus) à LS - L A = du mu. sdb, à F 4 : pt | ' E i + L w

En d'autres pays, où la nature moins libérale que chez nous , est en même temps moins insultée , et où on laisse aux habitants la liberté de recueillir et de solliciter ses bienfaits , on a su se procurer , et pour ainsi dire créer des sources salées , là où il n’en existait pas, en conduisant par de grands etingénieux travaux, des cours d'eau à travers des couches de terre ou des piérres 1mbues ou imprégnées de sel, que ces eaux dissolvent et dont elles sortent chargées.

C'est à M. Jars, que nous devons la connais.

sance et la description de cette singulière exploitation qui se fait dans le voisinage de la ville de Halle en Tyrol. « Le sel, ditil, » est mélangé dans cette mine avec un ro- » cher de la nature de l'ardoise, qui en » contient dans tous ses lits ou divisions.

» pour extraire le sel de cette masse, on » commence par ouvrir une galerie , en par- » tant d'un endroit où le rocher est ferme, et » on l'avance d’une vingtaine de toises ; en- » suite on en fait une seconde de chaque » côté d'environ dix toises, et d’autres en- » core qui leur sont parallèles ; de sorte » qu'il ne reste dans cet espace, que des » piliers distants les uns des autres de cinq » pieds , et qui ont à peu près les mêmes ” dimensions en carré , sur six pieds de bau- » teur, qui est celle des galeries : pendant » qu'on travaille à ces excavations, d’autres » ouvriers sont occupés à faire des mortaises » ou entailles de chaque côté de la galerie » principale , qui a été commencée dans le » rocher ferme, pour y placer des pièces » de bois , et y former une digue qui serve à » retenir l’eau ; et dans la partie inférieure » de cette digue on laisse une ouverture pour » y mettre une bonde ou un robinet. Lors- » que le tout est exactement bouché , on y » fait arriver de l'eau douce par des tuyaux » qui partent du sommet de la montagne ; » peu à peu le sel se dissout à mesure que » l'eau monte dans la galerie. Dans quel- » ques-unes des excavations de cette mine , » l'eau séjourne cinq, SIX et même douze » mois avant que d'être saturce, ce qui dé- » pend de la richesse de la veine de sel et de » l'étendue de l'excavation. Ce n'est que » quand l'eau est entièrement saturée , ‘que 5 l'on ‘ouvre les robinets des digues, pour » la faire couler et la conduire par des » tuyaux de bois jusqu'à Halle, où sont les » chaudières d'évaporation (1). »

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