‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 53 sur 162 · RE · texte numérisé non relu

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(1) Voyag. métallurg. , tom.. 3, pag. 328 et 329.

Dans les contrées du Nord où l'eau de Je mer se glace, on pourrait tirer le sel de cette eau , en la recevant dans des bassins Er profonds , et la laissant exposée à la gelée ; le sel abandonne la partie qui se glace et 5° concentre dans la portion inférieure de l'eau, qui par ce moyen assez simple, se trou?

beaucoup plus salée qu'elle ne l'était aup2” ravant.

I semble que la nature ait pris ellé-même le soin de combiner l'acide et l'alkali ; POUT former ce sel qui nous est le plus utile, 1 plus nécessaire de tous ; et qu'elle l'ait em même temps accumulé, répandu en immense quantité sur la terre et dans toutes les mers 5 l'air même est imprégné de ce sel ; il entre dans la composition de tous les êtres 0r84” nisés ; il plaît au goût de l’homme et de toU$ les animaux ; il est aussi reconnaissable P% sa figure, que recommandable par sa ques lité; il se cristallise plus facilement qu'a cun autre sel; et ses cristaux sont des cubes presque parfaits (2) ; il est moins soluble que

plusieurs autres sels , et la chaleur de l'eau: même bouillante

sa solubilité , néanmoins il

de l'air qui se dé

* sage alor ristaux*; dont Feau s'éva s de ses €

nt il n'éprouve aucune décomposition rs 5 Une masse opaque et blanches galement saline ef du mêm ids à peu rès (3) qu' fusi 7 P : QU'avant la fusion, ce qui prouvé qui ne perd au feu que de l'air et qu'il con” tent très-peu d'eau.

Ce sel qui ne peut être feu, se décompose néanm vitriolique et nitreux , qui ayant plus d'afhnité avec son äcide, s’en Saisissent et lui font abandonner sa base alkaline ; autre preuve que les trois acides , vitriolique , nitreux et marin, sont de la même nature aü fond > et qu'ils ne diffèrent que par les mOdifications qu'ils ont subies ; aucun de ces ne ere

(2) Les grains figurés en trémies ; sont de petits cubes groupés les uns contre les autres.

(3) Le sel marin ne perd qu'un hnit-centième de son poids par la calcination.

décomposé par le oins par les acides

trois acides , ne se trouve pur dans le sein de la terre; et lorsqu'on les compare , on voit que l'acide marin ne diffère du vitriolique , qu'en ce qu'il est moins pesant et plus volatil, qu'il saisit moins fortement les substances alkalines, et qu'il ne forme presque toujours avec elles que des sels déliquescents ; il ressemble à l'acide nitreux par cette dernière propriété, qui prouve que tous deux sont“plus faibles que l'acide vitrioli-

ue dont on peut croire qu'ils se sont for“ més ,en ne perdant pas de vue leur première origine qu'il ne faut pas confondre avec leur formation secondaire et leur conversion réciproque. L’acide aérien a éte le premier formé , il n'est composé que d'air et de feu ; ces deux éléments en se combinant avec la terre vitrifiée, ont d’abord produit l'acide vitriolique ; ensuite l'acide marin s'est produit par leur combinaison avec les matières calcaires , et enfin l'acide nitreux a été formé par l'union de ce même acide aérien avec

la terre limoneuse et les autres débris putré-

fiés des corps organisés.

Comme l'acide marin est plus volatil que

le nitreux et le vitriolique, on ne peut le concentrer autant ; il ne s'unit pas de même avec la matière du feu , mais il se combine pleinement avec les alkalis fixe et volatil ; il forme avec le premier le sel marin, et avec le second, un sel très-piquant, qui se sublime par la chaleur.

Qnoique l'acide marin ne soit qu'un faible dissolvant en comparaison des acides vitrio.

lique et nitreux , il se combine néanmoins avec l'argent et avec le mercure; mais sa propriété Ja plus remarquable , c’est qu'étant mélé avec l'acide nitreux, ils font ensemble ce que l'acide vitriolique ne peut faire, ils

dissolvent or qu'aucun autre dissolvant ne peut entamer ; et quoique l'acide marin soit moins puissant que les deux autres, il formé néanmoins des sels ls corrosifs Aves substances métalliques ; il les dissout presque toutes avec le temps, surtout lorsqu'il est aidé de la chaleur ,' et" agit même plus

‘efficacement sur leurs chaux que les autres

acides.

Comme toute la surface de la terre à été long-temps sous les eaux , et que c'est par les mouvements de la mer qu'ont été formées toutes Les couches qui enveloppent le noyau du globe fondu par le feu, il a dû rester après la retraite des eaux une grande quan-

tité des sels qui y étaient dissous ; ainsi les

acides de ces sels doivent être universellement répandus : on a donné le nom d'Acide méphitique à leurs émanations volatiles ; cet acide méphitique m'est que notre acide aérien , qui, sous la forme d'air fixe , se dégage des sels ; et enlève une petite quantité de leur acide particulier auquel il était uni par l'intermède de l'eau ; aussi cét acide se manifeste-t-il dans la plupart des mines sous la forme de mouffotte suffocante, qui m'est, autre chose que de Fair fixe stagnant dans ces profonds souterrains : et ce Prison offre une nouvelle et grande preuve de la production primitive de l'acide aérien , et de sa dispersion universelle dans tous les règnes de la nature. Toutes les matières minérales en effervescence , et toutes les substances végétales ou animales en fermentation , peuvent donc produire également de l'acide méphitique , mais les seules matières animales et végétales en putréfaction produisent assez de cet acide pour donner naissance au sel de nitre. ; »

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