DE L'ARGENT
Nous avons dit que dans la nature “art tive, l’argentet l’or n’ont fait généralemen qu'une masse commune , toujours composée de l'un et l'autre de ces métaux, qui sur a ne se sont jamais complètement sépar È à mais seulement atténués, divisés par les agents tirietoie réduits en atomes si
petits , que l'or s'est trouvé d'un côté, et a
laissé de l’autre la plus grande partie de }° gent; mais malgré cette séparation d'autant plus naturelle qu’elle est plus mécanique , nulle part on n’a trouvé de l'or exempt d'argent ni d'argent qui ne contint un peu d'or.
Pour la nature, ces deux métaux sont du même ordre ; et elle les a doués de plusieurs attributs communs; car quoique leur den-
ar-
jà purifié par Ja .
; en paillettes ou :
BIRENS RU
sité soit très-différente (1) , leurs autres propriétés essentielles sont les mêmes ; ils sont également inaltérables, et presque indestructibles ; l’un et l'autre peuvent subir l’action de tous les éléments sans en être altérés; tous deux se fondent et se subliment à peu près au même degré de feu (2); ils n'y perdent guère plus 1 un que l’autre (3); ils résistent à toute sa violence, sans se cohvertir en chaux (4) ; tous deux ont aussi plus de ductilité que tous les autres métaux ; seulement l'argent plus faible en densité et moins van pacte que l'or, ne peut prendre autant d'extension (5); et de même, quoiqu'il
(1) Un pied eube d'argent pèse j ;
pied cube Tor, 1348 livres. à de joe be dans “a * un Onzième de son poids , et l’autre en cvs “x-neuvième et un vingtième, ( Dictionnaire e Chimie , articles de l'or et de l’argeut.) J'observerai que ces proportions ne sont pas exacles , car en Sup posant que l'or perde un dix-neuvième et demi de son poids , et que l'argent ne perde qu’un onzième , si le pied cube d’or pèse 1348 livres , le pied cube d'argent doit peser 760 livres seize trentièmes. M. Bomare , dans son Dictionnaire d’Histoire naturelle , dit que le pouce cube d'argent pèse 6 onces 5 gros 26 grains , ce qui ne ferait qu'un pea plus de 718 livres le pied cube, tandis que dans sa Minéralogie , tom. 2, pag. 210, il dit que Je pied cube d'argent pèse 11523 onces , ce qui fait 720 livres 3 onces pour le pied cube, Les estimations données par M. Brisson sont plus justes ; le pied cube d'or à 24 karats , fondu et non battu , pèse , selon lui ; 1348 livres 1 once 41 grains, et le pied cube d'or à 24 karats, fondu et battu , pèse 1355 livres 5 onces 60 grains ; le pied cube d'argent à 12 deniers, fondu et non battu, pèse 733 livres 3 onces 1 gros 52 grains , et le pied cube du même argent à 12 deniers , c'est-à-dire, aussi pur qu'il est possible, pèse, lorsqu'il'est forgé ou battu , 735 livres 11 onces 7 gros 43 grains.
(2) Nota. On est assuré de cette sublimation de l'or et de l'argent , non-seulement par mes expériences au miroir ardent , mais aussi par la quantité que l'on en recueille dans les suies des fourneaux d'affinage des monnaies.
(3) Kunckel ayant tenu de l'or et de l'argent peudant quelques semaines en fusion, assure que l'or n'avait rien perdu de son poids ; mais il avoue que l'argent avait perdu quelques grains. IL a mal à pro pos oublié de dire sur quelle quantité.
(4) L'argent tenu au foyer d'un miroir ardent , se couvre comme l'or d'une pellicule vitreuse ; mais M. Macquer, qui a fait cette expérience, avoue qu'on n'est pas encore assuré si celte vitrificalion provient des métaux, vu de Ja poussière de l'air, (Dictonnaire de Chimie, article Argent.)
(5) Un fil d'argent d'un dixième de pouce de
ne soit pas su le d’une véritable rouille par les impre ; de l'air et de l'eau, il oppose moins de résistance à l’action des acides, et n’exige pas , comme l'or, la réunion de deux puissances actives pour entrer en dissolution ; le foie du soufre le noircit et le rend aigre et cassant ; l'argent peut done être attaqué dans le sein de la terre plus fortement , et bien plus fréquemment que l'or, et c'est par cette raison que l'on trouve assez communément de largent minéralisé (6), tandis qu'il est extrêmement rare de trouver l'or dans cet état d'altération ou de minéralisation.
L'argent , quoiqu’un peu plus fusible que l'or , est cependant un peu plus dur et plus
diamètre, ne soutient, avant de rompre, qu'un poids de 270 livres, au lieu qu'un pareil 61 d'or soutient 500 livres. On peut réduire un grain d'argent en une lame de trois aunes, c'est-à-dire de 126 pouces de longueur sur 2 pouces de largeur , ce qui fait une étendue de 252 pouces currés , et dès lors avec une once d'argent, c'est-à-dire 576 grains, on pourrait couvrir un espace de 504% pieds carrés. ( Expériences de Musschenbroek. } Nota. Il y a certainement ici une faute d'impression qui tombe sur les mots deux pouces de largeur, ce fil d'argent n'avait en effet que 2 lignes et non pas 2 Pouces , et par conséquent 26 pouces carrés d'étendue , au lieu de 126 ; d’après quoi l'on voit que 576 grains ou 1 once d'argent, ne peuvent en effet s'étendre que sur 104 et non pas sur 504 pieds carrés , et c'est encore besucoup plus que la densité de ce métal ne paraît l'indiquer , puisqu’une once d'or ne s'étend
que sur 106 pieds carrés ; dès lors , en prenant ces
deux faits pour vrais, la ductilité de l'argent est presque aussi grande que celle de l'or , quoique sa densité et sa tenacité soient beaucuup moindres. 11 y a aussi toute apparence qu'Alphonse Barba se trompe beaucoup en disant que l'or est cinq fois plus ductile que l'argent ; il assure qu'une once d'argent s'étend en un fil de 400 aunes de longueur ;.que cette longueur Peut être couverte par6 grains et demi d'or, et qu'on peut dilater l'or au point qu'une once de ce métal couvrira plus de dix arpents de terre. (Métallurgie d’Alphonse Barba , tom. 1, pag. 102.)
(6) On rencontre de l'argent uatif en rameaux , entrelacés et comprimés, quelquefois à la superficie des gangues spathiques et quartzenses ; on en trouve de cristallisé en eubes , il y en a en pointes ou filets qui provient de la décomposition des mines d'argent rouges ou vitreuses, et quelquefois des mines d'argent grises , etc. Alest assez ordinaire de trouver sous cet argent en filets des portions plus ou moins sensibles de la miue sulfureuse , à la décomposition de laquelle il doit son origine. (Lettres de M. Demeste à M. Bernard, tom, 2, pag. 430.)
ne
sonore (1); le blanc éclatant de sa surface se ternit, et même se noircit, dès qu'elle est exposée aux vapeurs des matières inflammables , telles que celles du soufre, du charbon , et à la fumée des substances animales ; si même il subit long-temps l'impression de ces vapeurs sulfureuses , il se minéralise , el devient semblable à la mine que l’on connaît sous le nom d'argent vitré. |
Les trois propriétés communes à l'or et à l'argent qu'on a toujours regardés comme les seuls métaux parfaits , sont la ductilité , la fixité au feu, et l'inaltérabilité à l'air et dans l’eau. Par toutes les autres qualités l'argent diffère de l'or, et peut souffrir des changements et des altérations auxquels ce
premier métal n'est pas sujet. On trouve,
à la vérité, de l'argent qui, comme l'or, n’est point minéralisé, mais c'est proportionnellement en bien moindre quantité : car dans ses mines primordiales , l'argent, tou- Jours allié d'un peu d’or, est très-souvent mélangé d’autres matières métalliques , et particulièrement de plomb et de-cuivre; on regarde même comme des mines d'argent toutes celles de plomb ou de cuivre qui contiennent une certaine quantité de ce métal (2); pt Re
(1) Cramer , cité pour ce fait dans le Dictionnaire de Chimie , article Argent.
(2) La plupart des mines d'argent de Hongrié, ne sont que des mines de cuivre tenant argent, dont les plusrichés ont donné 15 ou 20 mares d'argent par quintal et beaucoup plus de cuivre ; « on sépare ces » métaux , dit M. de Morveau, par les procédés sui- » vants. Dans un four construit exprès pour se ren- » dre maître du degré de feu, on arrange l'un à côté » de l'autre les tourteaux de tuivre noir tenant ar- » gent , auxquels on a mélé environ un quart de » plomb, suivant la quantité d'argent que tient Ja » masse de cuivre; on mét alors le feu dans le four , » on place des charbons jusque sur les tourteaux ; » ces pièces s'affaisent , le plomb qui se fond plus ai- » sément que le cuivre et qui a plus d’affinité avec » l'argent , s'en charge et, s'écoule à travers les pores » du cuivre , tandis qu'il est encore solide ; le plomb » et l'argent se réunissent dans la partie inférieure des » plaques de fer ; on rassemble tout le plomb riche » en argent, au moyen d'un second feu un peu plus » fort où l'on fait ressuer la masse du cuivre ; il est » aisé après cela de passer cet argent à la coupelle, » de refondre le cuivre en liugots, et par là la mine » se trouve épurée de tout ce qu'elle contenait sans » aucune perte.
» Lorsque le plomb contient de l'argent , on cou- » pelle en grand lomb provenant de la première » fonte , et on et en litharge sur un foyer » fait de cendres lessivées ; on lui donne un second
et dans les mines secondaires produites par la stillation et le dépôt des eaux, l’argent se trouve souvent attaqué par les sels de la terre, et se présente dans l’état de minéralisation sous différentes formes : on peut voir par les listes des nomenclateurs en minéralogie, et particulièrement par celle que donne Vallérius , combien ces formes sont variées , puisqu'il en compte dix sortes principales , et quarante-neuf variétés dans ces dix sortes ; je dois cependant observer qu'ici, comme 4 tout autre travail des nomenclateurs , a toujours be t : “a: RS aucoup plus de noms que F Dans la plupart des mines secondaires , l'argent se présente en forme de minérai pyriteux, c'est-à-dire , mêlé et pénétré desprin: cipes du soufre , ou bien altéré par le foie oi par Parsénie BJ ssout |’ i
samment qu'aucun autre : der pe Pa le précipite de cette dis He TE issolution , et forme
avec lui de très-petits cristaux qu’on pourrait
appeler du vitriol d'argent V'acide marin
qui le dissout aussi en fait des cristaux pl gros dont la masse réunie par la fusion
nomme argent corné , Parce qu'il est à demi transparent comme -de la corne
é a nature a produit en quelques endroits e : argent sous cette forme”: on én trot en Hongrie > €n Bohême et en Saxe . où il Y a des mines qui offrent à-la-fois Targent natif , l'argent rouge , l'argent vitré-et l’arê 5 gent corné (1) : lorsque cette dernièremine RS mg ppm ge » affinage dans de vraies coupelles, et les débris de » ces vaisseaux, ainsi que des fourneaux , et même » Ja litharge qui ne serait Pas reçue dé le com- » merce , sont remis au fourneau pour en revivifier » le plomb. » (Éléments de Chimie, par M. de Morveau , tom. 1, pag. 230 et 231. ) LA :
(3) La mine d'argent rouge est minéralisée par l'arsénic et le soufre; elle est d'un rouge plus où moins vif, tantôt transparente pe rubis; tantôt opaque et plus ou moins obscure : elle "est cristallisée de plusieurs manières, la plus ordinaire est en prismes hexaèdres , terminés par des pyrami- . des obtuses. ( Lettres de M. Demeste , tom. 2; pag. 437.) — Nota. J'observerai que c'est À cette minê qu'il faut rapporter la seconde variété que M. Demeste a rapportée à la mine d'argent vitreux , puisqu'il dit lui-même, que ce n'est qu'une modification de la mine d'argentrouge, et que cette mine vitreuse contient encore un peu d'arsénic; qu'elle s'égrène sous le couteau , loin de s'y couper, ( Voyez idem ; pag. 436.) | (4)Les mines riches de Saint-Andreasberg, sont
n'est point altérée, elle est demi-transparente et d'un gris-jaunâtre ; mais si elle a été attaquée par des vapeurs sulfureuses ou par le foie de soafre , elle devient opaque et d’une couleur brune ; l'argent minéralisé par l'acide marin se coupe presque aussi facilement que de la cire ; dans cet état il est très-fusible, une partie 5€ volatilise à un certain degré de feu , ainsi que l'argent corné fait artificiellement , et l'autre partie qui ne s’est point volatilisée se revivifie très-promptement (1). si Le soufre dissout l'argent par la fusion et Je réduit en une masse de couleur grise, et cette masse ressemble beaucoup à la mine d'argent vitré , qui, comme celle de l'argent corné , est moins dure que ce métal, et peut se couper au couteau (2). L'or ne subit aucun de ces changements ; on ne doit donc pas être étonné qu'on le trouve si rarement sous une forme minéralisée , et qu'au contraire dans toutes les mines de seconde formation, où les eaux et les sels de la terre ont exercé leur action , l'argent se présente dans différents états de minéralisation et sous des formes plus ou moins altérées ; il doit même être souvent mêlé de plusieurs matières étrangères métalliques ou terreuses , tandis que dans sou état primordial il n'est allié qu'avec l'or , ou mêlé de cuivre et de plomb; ces trois métaux sout ceux ave lesquels l'argent paraît avoir le plus d aflinité ; ce sont du moins ceux avec lesquels il se trouve plus souvent uni dans son état de minérai (3) ; il
it ATOS SAME NÉE RE PE composées d'argent natif ou vierge, de mine d'argent rouge ; et de mine d'argent vitré: on vend sur le pied de la taxe ou évaluation, ce qu'on trouve d'argent vierge el sans mélange ; ou bien on le fait imbiber dans le plomb d'un aflinage. Comme ces sortes de mines riches se trouvent aussi fort souvent mélées avec des mines ordinaires, et qu'un quintal de ce mélange contient jusqu'à cinquante mares d’argent , on sé?contente de piler ces sortes de mines À sec , et on les fond ensuite crues ou sans les griller... À Joachimstal en Bohéme, on ee de temps en temps parmi les mines, des Fer d'argent rouge, et de l'argent vierge. (Traité de la fonte des mines de Schutter , traduit par M. Hellot, tom. 2, in-4o, pag. 273 et 296.)
(1) Lettres de M. Demeste, tom. 2, pag. 432,
(2) Éléments de Chimie, par M. de Morveuu, tom. 1, pag- 264.
(3) « La mine d'argent grise ou blanche , n’est, dit » M. Demeste, qu'une mine de cuivre tenant argent.» Cette assertion est trop générale, puisque dans le nombre des mines d'argent grises, il y a peut-être plus de mines de plomb que de cuivre tenant argent.
de trouver l'argent uni iqu'il ait aussi avec ce té très-marquée.
a fait un grand
est bien plu avec le mere fluide métalliq
Suivant M. Geller;« travail sur l'alliage d taux et des demimétaux , celui de lo e l'argent n'augmente que très-peu en pesanteur spécifique ; il n'y a donc que peu ou point de pénétration entre ces deux métaux fondus ensemble; mais dans l’alliage de l'argent avec le cuivre, qu'on peut faire de même en toute proportion, le composé de ces deux métaux devient spécifiquement plus pesant ; tandis que Falliâge du cuivre avec l'or l'est sensiblement moins; ainsi, dans l’alliage de l'argent et du cuivre, le volume diminue et la masse se resserre , au lieu que le volume augmente par l'extension de la masse dans celui de l'or et du cuivre. Au reste , le mélange du cuivre rend également l’argent et l'or plus sonores et plus durs, sans diminuer de beaucoup leur ductilité ; on prétend même qu'il peut la leur conserver, lorsqu'on ne le mêle qu'en petite quantité , et qu'il défend ces métaux contre les vapeurs du charbon qui, selon nos chimistes, en attaquent et diminuent la qualité ductile ; cependant , comme nous l'avons déjà remarqué à l'article de l'or , on ne s'aperçoit guère de cette diminution de ductilité causée par la vapeur du charbon ; car il est d'usage dans les monnaies , lorsque les creusets de fer , qui contiennent jusqu'à 2500 marcs d'argent , sont presque pleins de la matière en fusion, il est, dis-je, d'usage d'enlever les couvercles de ces creusets pour achever de les remplir de charbon , et d'entretenir la chaleur par de nouveau charbon dont le métal est toujours recouvert, sans à l'on remarque aucune diminution de ductilité dans les lames qui résultent de cette fonte (4).
L'argent , allié avec le plomb ainsi qu'avec : l’étain , devient spécifiquement plus pesant ; mais l’étain enlève à l'argent comme à l'or, sa ductilité : le plomb entraine l'argent dans la fusion et le sépare du cuivre ; il a donc
————…—— is s
« Il y a de ces mines grises et blanches , continue-t-il, » qui sont d’un gris clair et brillant, répandues en » petites masses lamelleuses, rarement bien distinctes » dans les gangues quartzeuses, souvent mélées de » pyrites aurifères ; dans les mines de Hongrie, on en » tire 20 à 25 mares d'argent par quintal.» (Lettres de M. Demeste , tom. 2, pag. 442.)
(4) Observation communiquée par M. Tillet, en avril 1781, <
plus d’affinité avec l'argentqu'avec lecuivre. M. Geller, et la plupart desféhimistes, après lui, ont dit que fer
à l'argent : ce fait m'ayant paru douteux, j'ai prié M. de Morveau de le vérifier ; il s'est assuré, par l'expérience, qu'il ne se fait aucune union intime , aucun alliage entre le fer et l'argent , ei j'ai vu moi-même , en voulant faire de l'acier damassé , que ces deux métaux ne peuvent contracter aucune
union, s On sait que tous les métaux imparfaits
peuvent se calciner et se convertir en une sorte de chaux, en les tenant long-temps en fusion , et les agitant de manière que toutes leurs parties fondues, se présentent successivement à l'air; on sait de plus que tous augmentent de ‘volume et de poids en prenant cetétat de chaux. Nous avons ditet répété (1) que cette augmentation de quantité provenait uniquement des particules d'air fixées par le feu, et réunies à la substance du métal qu’elles ne font que masquer, puisqu'on peut toujours lui rendre son premier état, en présentant à cet air fixé quelques matières inflammables avec lesquelles il ait plus d’afinité qu'avec le métal ; dans la combustion , cette matière inflammable dégage l'air fixé, l’enlève , et laisse par conséquent le métal sous sa première forme. Tous les métaux imparfaits et les demi-métaux peuvent ainsi se convertir en chaux; mais l'or et l'argent se sont toujours refusés à cette espèce de conversion, parce qu'apparemment ils ont moins d’aflinité que les autres avec l'air, et que malgré la fusion qui tient leurs parties divisées , ces mêmes parties ont néanmoins entre elles encoretrop d'adhérence, pour que l'air puisse les séparer et s’y incorporer # cette résistance de l'or et de l'argent à toute action de l'air, donne le moyen de purifier ces deux
. métaux par la seule force du feu , car il ne
faut , pour les dépouiller de toute autre matière , qu'en agiter la fonte, afin de présen.ter à sa surface toutes les parties des autres matières qui y sont contenues , et qui bientôt par leur calcination ou leur combustion , laisseront l’or ou l'argent seuls en fusion et sous leur forme métallique. Cette manière de purifier l'or et l'argent était anciennement en usage , mais on a trouvé une façon plus expéditive, en employant le plomb qui, dans la fonte de ces métaux, détruit, ou plutôt
() Voyez le Discours qui sert d'introduction à l'Histoire dès Minéraux.
aussi très-bien
sépare et réduit en scories toutes les autres matières métalliques (2), dont ils Peuvent être mélés ; et le plomb lui-même se scorifiant avec les autres métaux dont il s'est saisi il les sépare de l'or et de l'argent, les entraîne, ou plutôt les emporte et s'élève avec eux à la surface de la fonte , où ils se calcinent ,et se scorifient tous ensemble par le contact de l'air , à mesure qu'on remue la matière en fusion , et qu’on en découvre successivement la surface , qui ne se scorifierait ni ne se calcinerait, si elle n’était incessamment exposée à l'action de l’ajr libre ; il faut donc enlever ou faire écouler ces scories à mesure qu’elles se forment; ce qui se fait aisément, parce qu'elles surnagent et surmontent toujours
l'or et l'argent en fusion : cependant on a en-
core trouvé une manière plus facile de se débarrasser de ces scories ; en se servant de vaisseaux plats et évasés qu’on appelle coupelles, etqui étant faits d'une matière sèche, poreuse et résistante au feu , absorbe dans ses pores les scories, tant du plomb que des autres minéraux métalliques à mesure qu'elles se forment , en sorte que les coupelles ne retiennent et ne conservent dans leur capacité extérieure , que le métal d'or où d'argent
qui, par la forte attraction de leurs parties constituantes , se forme et se présente tou- Jours en une masse globuleuse appelée bouton de fin ; il faut une plus forte chaleur pour tenir ce métal fin en fusion que lorsqu'il était encore mêlé de plomb ; car le bouton de fin se consolide presque subitement au moment que l'or ou l'argent qu'il contient, sont entièrement purifiés ; on le voit donc tout à coup briller de l'éclat métallique, et ce coup de lumière s'appelle coruscation 4 l'art de l'aflineur, dont nous abrégeonsici les pro-
. cédés, comme ne tenant pas directement à
notre objet.
On a regardé comme argent natif tout celui qu'on trouve dans le sein de 1 rre sous sa forme de métal ; mais dans ce sens il faut en distinguer de deux sortes, comme nous l'avons fait pour l'or; la première sorte d'argent natif , est celle qui provient de la fusion par le feu primitif , et qui se trouve quelquefois en grands morceaux (3) ; mais bien plus
(2) Nota. I n’y a que le fer qui, comme nous l'avons dit à l'article de l'or, ne se sépare pas en ‘entier par oyen du plomb, il faut, suivant M. Poërner, y e du bismuth pour achever de scorifier le fer.
(3) 11 y a dans le Cabinet du roi de Danemarck, deux trèk-grands morceaux de mine d'argent , tous
DES MINÉRAUX. 289 d'autres dans plusieurs
souvent en filets ou en petites masses feuilletées et ramifiées dans le quartz ét'autage matières vitreuses ; la seconde sorte d'argent natif, est en grains , en paillettes ou en poudre, c'est-à-dire , en débris qui proviennent de ces mines primordiales , he qui ont été détachés par les agents extérieurs , et entraipar le mouvement des eaux : ce ris rassemblés ,.qui , dans formé des mines secon-
nés au loin sontcés même certains lieux ;,
daires d'argent, où souvent il a changé de.
forme en se minéralisant. }
L'argent de première formation est ordinairement incrusté dans le quartz; souvent il est accompagné d'autres métaux et de matières étrangères , en quantité si considérable
ue les premières fontes , même avec le se-
cours du plomb, ne suflisent pas pour le urifier. |
Après les mines d'argent natif, les plus riches sont celles d'argent corné et d'argent vitré; ces mines sont brunes, noirâtres ou grises , elles sont flexibles, et même celle d'argent corné est extensible sous le marteau à à peu près comme le plomb ; les mines d'argent rouge, au contraire , ne sont pas extensibles, mais cassantes ; ces dernières mines sont , comme les premières, fort riches en métal.
Nous allons suivre le même ordre que dans l'article de l'or, pour l'indication des lieux où se trouvent les principales mines d'où l'on tire l'argent. En France, on connaissait assez anciennement celles des montagnes des Vosges ouvertes dès le dixième siècle (1), et
RE tn D EL LE A CT DE DE re om ea —.
deux dans une pierre blanche, plus dure que le marbre (c'est-à-dire dans du quartz). Le plus grand de ces morceaux a cinq pieds six pouces de longueur , et le second quatre pieds ; tous deux en forme de solives : on estime qu'il y a trois quarts d'argent, sur un quart de pierre, el le premier morceau pèse 560 livres. (Journal étranger, mois de juin 1758.) On assure que dans le Hartz, on a lrouvé un morceau d'argent si considérable, qu'étant battu on en fit une table autour de laquelle pouvaient se tenir vingtquatre personnes. (Dictionnaire d'Histoire naturelle ; par M. de Bomare , article Argent.) l
(1) « Dès le dixième siècle, il y avait plus de trente » puits de mines ouverts dans les montagnes des » Vosges, depuis les sources de la Moselle jusqu’à » celles de la Sarre; on en tirait de l'argent et du » cuivre : on a renouvelé avec succès, en difféfentes » époques; plusieurs de ces anciennes mines; loin » d'être épuisées, elles paraissent encore très-riches. » On peut croire que dans toute celte chaîne VV » tagnes , tous les rochers renferment égalem ns » leur sein ces riches minéraux, puisque ces rochers
THÉORIE DE LA TERRE. Z'ome IIL.
vinces , comme n eten Rouer
et dans l'Angou +
gue (3), da
» sont généralement » analogue aux produeti
» quoi offrir aux hommes et cruelles riches- » ses que recèle la terre? 1 ésors sont sous
» nos pas; tel qui saurait ajouter un grain à chaque » épi qui jaunit dans nos champs, ferait 4 Veil du » sage, un plus beau présent au monde, que celui » qui découv Potosi. » ( Histoire de sine , par M. l'abbé Bexon, pag. 64.) — La mine de Saint- Pierre qui n'est pas éloignée de Giromagny , présente de grands travaux; le minéral est d'argent mêlé d'un peu de cuivre... Vis-à-vis la mine de Sainte-Barbe, dans la montagne du Balon, il y a un filon de mine d'argent... On connaît aussi deux filons de mine d'argent dans la vallée de Saint-Amarin , celui de Vercholiz et celui de Saint-Antoine. ( Expoitation des mines , par M. de Gensanne ; Mémoires des savants étrangers , tom. 4, pages 141 et suivantes.)
(2) Dans le douzième siècle, les mines d'argent du Languedoc étaient travaillées très-utilement par les Seigneurs des terres où elles se trouvaient ; toutes ces mines ; ainsi que plusieurs autres qui sont abandon
nées, ne sont néanmoins pas entièrement épuisées d'autant plus que les anciens n'ayant pas l'usage de la poudre, ne pouvaient pas faire éclater les rochers durs ; ils ne pouvaient que les calciner à force de boïs qu'ils arrangeaient dans ces souterrains, et auquel ils meltaient le feu , et lorsque le rocher trop dur, ne se brisait pas après cette calcination , ils abandonnaient le filon... Il paraît aussi par les Annales de l'abbaye de Villemagne, et par d'anciens titres des seigneurs de Beaucaire, qu’à la fin du quatorzième siècle , les mines de France étaient encore aussi riches qu'aucune de l’Europe. ( Mémoires de l'Académie des sciences, année 1756, pages 134 et suivantes. ) — « Sur les » montagnes noires en Languedoc , il y a, dit César » Arcon (en 1667), une mine d'argent, à laquelle le » seigneur de Cannette fit travailler jusqu'à ce qu'elle » fât inondée. II y en a une autre à Lanet , dont sept » quil de minérai donnoient un quintal de cuivre » et quatre marcs d'argent; mais au bout de cinq aus » On l'abandonna à cause de la mauvaise odeur. Il y » a d'autres filons dans la même montagne; il ya » aussi une mine à Davesan, dont on tirait par quintal » de matières, dix onces d'argent et un peu de plomb... » On à fait autrefois de grands travaux dans le pays » de Corbières, pour cultiver des minérais de cuivre, » de plomb et d'antimoine.... On y a trouvé quelques » rognons métalliques de six à sept quintaux chacun » qui donnaient dix onces d'argent par quintal , avec » un peu de plomb et de cuivre. » ( Barba, Métallurgie , tom. 2, pag. 268 et 276. )
(3) On voit par les registres de l'hôtel-de-ville de Ville-Franche en Rouergue, qu'il y a eu anciennement des mines d'argent ouvertes aux environs, aux quelles on a travaillé jusque dans le seizième siècle, (Description de la France, par Piganiol, Paris, 1718, tom. 4, pag. 208.) — Strabon, qui vivait du temps
mois (|); et no
ellement on en a trouvé en Dauphiné , pe. jm pré d’abord d'assez grandes richess de Gene en à reconnu quel ins le Langue-
doc (2); mais 1 it de la plupart de ces
d'Auguste, dit que les E- tiraient de l'argent du
Gévaudan et du Rouergue , et qu'ils ereusèrent aussi dans les Pyrénées , pour en tirer ce sites né = l'or. Il ajoute que le pays situé entre les Pyrénées e les A] & rois Es beaucoup ad ms métal, el que l'or devint plus commun à Rome après la con. quête des Gaules... César , dans ses Commentaires, dit que les mines avaient été travaillées méme avant la conquête, et il fallait qu'il y eût en eflet beaucoup d'or dans les Gaules, vu la quantité que César en fit passer en Jtalie, et qui y fut vendu à bas prix ( 1500 petits sesterces le marc, ce qui ne revient , selon Budée, qu'à 62 livres 10 sous de notre monnaie ). ( Mémoires de l'Académie des sciences , année 1756, pages 134 et suivantes.) |
(1) H fallait qu'il y eût autrefois des mines d’or et d'argent dans le Maine, puisque l’article 70 de la coutume du Maine porte que la fortune d'or, trouvée en mine appartient au rui, et la fortune d'argent, pareillement trouvée en mine, au comte vicomte de Beaumont , et baron. (Idem, pag. 178.) — On a découvert à Montmeron proche Angoulême, une mine d'argent, mais on ne l'a pas exploitée. ( Voyage historique de l'Europe , Paris, 1693 , tom. 1, pag. 88.)
(2) Au-dessus du château de Tournel , on nous a fait voir auprès du moulin qui est sur le bord de la rivière, un très-beau filon de mine de plomb et urgent. Cette mine qui n'a point élé touchée mériterail d'être exploitée , parce que la veine se suit trèsbien ; on y remarque sur la têle qui paraît au jour , de la pyrite mélée avec de la mine de plomb , sur toute sa longueur , ce qui en caraclérise la bonté... Il y a auprès du village de Matayal, un filon de mine de plomb et argent... À une demi-lieue de Bahours, on trouve au fond d'un vallon, une mine de plomb qui rend depuis sept jusqu’à neuf onces d' tpar quintal de minérai ; le filon traverse le au et se prolonge des deux côtés dans l'intérieur, et le long
des montagnes opposées. (Histoire naturelle du Lan-
guedoc, par M. de Gensanne, tom. 2, pag. 22, 240 et 248.)... Au-dessous de la paroïsse de Saint. André , diocèse d'Uzès, au lieu appelé l'Estrade , il y a un très-bon filon de mine d'argent grise. (Idem, tom. 1, pag. 167.) Il y a dans la montagne appelée les Cacarnes , diocèse de Pons, une mine de plomb et argent fort riche; mais le minéral n'y est pas abon. dant ; il y a une autre mine semblable, mais moins riche en argent , au lieu appelé Brioun, le tout dans le territoire de Riouset. ({dem , tom. 2 , pag, 209.) — En remontant de Colombières vers Donts , on trouve près de ce dernier endroit de très-bonnes mines de plomb et argent. ({dem , tom. 2, pag. 215) — Aux Corteilles , diocèse de Narboune , il y a un très-henu filon de mine d'argent , mélée de blende.
(Idem , tom. 2, pag. 188.)
mines ne payerait pas la dépense de leur travail, et dans un pays comme la France , où l'on peut employer les hommes à des travaux vraiment utiles, on ferait un bien réel en défendant ceux de la fouille des mines d'or et d'argent, qui ne peuvent produire qu’une richesse fictive et toujours décroissante. :
En Espagne , la mine de Guadalcanal dans la Sierra-Moréna ou montagne noire, est l'une des plus fameuses ; elle a été travaillée dès le temps des Romains (3), ensuite abandonnée , puis reprise et abandonnée de nouveau , et enfin encore attaquée dans ces derniers temps : on assure qu'autrefois elle a fourni de très-grandes richesses, et qu'elle n'est pas à beaucoup près épuisée ; cependant les dernières tentatives n'ont point eu de succès , et peut être sera-t-on forcé de re. noncer aux espérances que donnait son ancienne et grande célébrité. « Les sommets des montagnes autour du Guadalcamal , dit M. Bowles , sont tous arrondis , et partout à peu près de la même hauteur ; les pierres en sont fort dures, et ressemblent au grès de Turquie (cos turcica)..…. I y a deux filons du levant au couchant, qui se rendent à la grande veine dont la direction est du nord au sud ; On peut la suivre de l'œil dans un espace de plus de deux cents pas à la superficie; à une lieue et demie au couchant de Guadalcana} , il y a une autre mine dans un roc élevé; la veine est renversée , c'est-à-dire , qu'elle est plus riche à la superficie qu’au fond ; elle peut avoir seize pieds d'épaisseur, et elle est, comme les précédentes > COMpPosée de quartz et de spath. A deux lieues au levant de la même ville, il y a une autre mine dont la veine estélevée de deux pieds hors de terre , et qui n’a que deux pieds d'épaisseur. Au reste, ces mines, qui se présentent avec de si belles apparences < sont ordinairement trompeuses ; elles donnent d’abord de l’argent ; mais en descen- » daut plus bas, on ne trouve plus que du » plomb. » Ce naturaliste parle aussi d'une mine d'argent sans plomb , située au midi et à quelques lieues de distance de Zalamea.
Il y a une mine d'argent dans la montagne
É UN NCS D S >
VOD OM: D NV MUR 5 A à à +
(3) Pline dit que l'argent le plus pur se tirait de l'Espagne, et que l'on y exploitait des mines d'or qui ava été ouvertes par Anuibal , et néanmoins n'é- Ne encore à beaucoup près épuisées. (Livre 30, chapitre 27.)
= si di LL
qui est au nord de Lograso (1), et plusieurs autres dans les Pyrénées , qui ont été travaillées par les anciens ; ét qui maintenant sont abandonnées (2); il y en a aussi dans les Alpes et en plusieurs endroits de la Suièe.
MM. Scheuchzer , Cappeler et Guettard, en ont fait mention (3) ; et ce sont sans doute cés hautes montagnes des Pyrénées et des Alpes , qui renferment les mines primordiales d'or et d'argent , dont on trouve les débris en paillettes dans les eaux qui en découlent ; toutes les mines de seconde formation sont dans les lieux inférieurs au pied de ces mon- RS
a) Histoire nalurelle d'Espagne, par M. Bowles, pages 63 et sûiv. Cet auteur parle aussi de quelques mines du même canton, où l'on trouve de l'argent vierge , de l'argent vitré, etc,
(2) L'avarice a été souvent lrompée par le succès des exploitations faites par les Phéniciens, les Carthaginois et les Romaius. Les premiers , au rapport de Diodore de Sicile, trouvèrent tant d'or et d’argent dans les Pyrénées , qu'ils en mirent aux ancres de leurs vaisseaux ; on irait en trois jours un talent euboïque en argent , ce qui montait à huit cents ducats ; shflammés par ce récit, des particuliers ont tenté des recherches dans la partie septentrionale
des Pyrénées ; ils semblent avoir ignoré que le côté méridional a toujours été regardé comme le plus riche en métaux. Tite-Live parle de l'or et de l'argent que les mines de Huesca fournissaient aux Romains ; les monts qui s'alongent vers le nord jusqu'à Pampelune ; sont fameux , suivant Alphonse Barba , par la quantité d'argent qu'on eu a tirée; ils s'étendent aussi vers l'Ebre, dont la richesse est vantée par Aristote et par Claudien : « Ia Iberiâ narrant combustis aliquando à pastoribus silvis, calenteque ex ignibus terrâ , manifestatum argentum defluxisse. Cümque postmodum terræ motus supervenissent , cruptis hiatibus magnam copiam argenti simul collectum. » (Aristot. de Mirab. auscull.) — L'histoire ne cite point les mines que les anciens ont exploitées durcôté de France, ce qui prouve qu'elles leur ont paru moins utiles que les mines d'Espagne ; aussi avons-nous remarqué que les entreprises tentées dans cette partie ont presque toujours élé ruineuses, (Œ ssais sur la minéralogie des Pyrénées , in-4o, pag- 244.) . . D
(3) M. Scheuchzer dit qu'il y a une mine d'argent à Johanneberg , à Baranvald... M. Cappeler dit que le cuivre mélé à l'argent se montre de toutes parts dans le mont Spin au-dessus de Zillis. (Mémoires de M. Guettard dans ceux de l'Académie des sciences , sunée 1752, pag. 323.) — On a découvert en creusant le bassin de Kriembach , qu'une pierre bleuâtre renfermait de l'argent... Il y a aussi de l'argent dans le canton d'Underwald.... Les environs de Bex et du lac Léman , renferment des veines d'argent. (dem,
pag- 333 et 336.)
tagnes , et rement par eaux du vieil Les mines d’ar | ssont les mieux connues en Europe; celles de l’Allemagne;ily en a pique l'on exploite depuis très long-temps 5 © ou en découvre assez fréquemmient de nouvelles. M. de Justi , savant minéralogiste , dit en avoir trouvé six en 1751 y ont deux sont fort riches, et sont situées les frontières de la Styrie (4). Selon lui, ces mines sont mêlées de subslances calcaires en grande quantité , et cependant il assure qu'elles ne perdent rien de leur poids lorsqu'elles sont grillées par le feu, et qu'il ne s'en élève pas la moindre fumée Où vapeur pendant la calcination ; ces assertions sont difliciles à concilier; car il est certain que toute substance calcaire perd beaucoup de son poids lorsqu'elle est calcinée , et que par conséquent cette mine d’Anuaberg, dont parle M. de Justi , doit perdre en poids à proportion de ce qu'elle contient de substance calcaire. Ce savant minéralogiste assure qu'il existe un très-grand nombre de mines d'argent minéralisé par l'alkali, mais cette opinion doit être interprêtée , car l’alkali seul ne pourrait opérer ceteffet ; tandis que le foie de soufre, c'est-à-dire , les principes du soufre réunis à l'alkali peuvent le produire ; et comme M. de Justi ne parle pas du foie de soufre , mais de l'alkali simple, ses expériences ne me paraissent pas concluantes , car l’alkali minéral seul n’a aucune action sur l'argent en masse; €l nous pouvons très-bien entendre la formation de la mine blanche de Schemnitz par l’'intermède du foie de soufre : la nature ne parait
collines formées originai- » à" et le dépôt des
(4) « La plus riche ressemble à une pierre brune
» tirant sur le rouge, et l’autre ressemble à une pierre » blanche, et se trouve près d'Anvaberg; cette pierre » blanche ne paraît être qu’une pierre calcaire ; l'eau » agit sur elle, après avoir été calcinée , comme sur » une pierre à chaux , et elle ne contient ni soufre, » ui arsénic, ni aucun métal : l'on n'y aperçoit que » l'argent sous une forme métallique au moyen d'une » loupe... Dès le commencement elle rendait une , » deux et trois livres d'argent par quintal ; à peine » les ouvriers eurent-ils creusé à brasse et demie » de profondeur , que la mine rendait jusqu'à vingt- » quatre marcs par quintal..… On y rencontre même » des morceaux de mines d'argent blanches et rouges, » et il se trouve aussi de l'argent massif. » (Nouvelles vérités à l'avantage de la Physique, par M. de Justi; Journal étranger , octobre 1754.)
donc pas avoir fait cette opération de la manière dont le prétend M. de J usti (1); car
(1) Cette mine est extrémement riche; car la mine commupe conlient ordinairement trois, quatre , JUS qu'à six marcs mas 5 quintal ; la bonne en rend jusqu'à vingt mares;, et l'on en tire encore davantage de quelques morceaux ; on 4 méme trouvé à cette mine d'Annaberg, des masses d'argent nauf ; du poids de plusieurs livres... M. de 7 prétend que tout ce qui n'est pas d'argen if dans bare à mine , a été minéralisé par un sel alkalin , et voici ses preuves. !
Les plus riches morceaux de la mine sont toujours ceux qui, tirant sur le blane , sunt mous et cassanls, qui paraissent composés partout de parties bomogènes , el dans lesquels , ni la simple vue ni le secours du microscope, ne font apercevoir aucune partieule d'argent sensible. 11 faut donc que l'argent y soit mélé intimement avec une substance qui le prive de sa forme métallique , et comme il n'y a dans cette mine ni soufre ni arsénie , mes expériences démontreront que ce ne peut étre que l'alkali minéral,
Dans les parties de la mine qui sont moins riches, la dureté de la matière est à peu près égale à celle du marbre commun , et l'on y voit des parcelles d'argent dans leur furme de métal... Et ce qui démontre que cette mine riche et molle a été véritablement produite par l'union de l'alkali avec l'argent, c'est qu'on obtient un vrai foie de soufre , lorsqu'à une partie de la mine en question, on ajoute la moitié de soufre; et que l'on fait foudre ces deux matières dans un vaisseau fermé...
Depuis que j'ai été convaincu par la mine d'Annaberg , qu'il y a dans la nature des mines vérilablement alkalines, j'en ai encore découvert dans d'autres endroits ; à Schemnitz en Hongrie, on a trouvé depuis long-temps que les mines riches qu'on y exploite étaient accompagnées d'une substance minérale, molle, blanche , et de la nature de la craie.
Cette substance qui, à cause de la subtilité de ses parties et du peu de solidité de sa masse, blanchit les mains comme de la craie, a élé pendant trèslong-temps jetée comme une malière inutile ; on s'est enfin avisé de l'essayer , et on a trouvé, par les essais ordinaires, qu'elle contenait dix mares d'argent par quintal... Et sil'on y veut faire attention on trouvera peut-être fréquemment celte mine alkaline dans le voisinage des carrières de marbre et de pierre à chaux.
Toute la montagne où se trouve la mine d'Annaberg n'est composée que d'une pierre à chaux ou d'une espèce de marbre commun, et l'on m'a envoyé de Silésie une espèce de marbre qui venait de Ja montagne appelée le Zotemberg, et dont j'ai tiré par l'analyse, deux onces et demie d'argeut par quintal..….. M. Lheman m'a assuré avoir vu un marbre qui contenait jusqu'à trois onces demie d'argent par quintal. (Nouvelles vérités à l'avantage de la Physique , par M. de Justi ; Journal étranger, mois de mai 1756, pag. 71 et suiv.)
quoiqu'il n'ait point reconnu de soufre dans cette mine, le foie de soufre qui est, pour ainsi dire , répandu partout, doit y exister comme il existe non-seulement dans les matières terreuses, mais dans les substances calcaires , et autres matières qui accompagnent les mines de seconde formation.
En Bohême, les principales mines d'argent sont celles de Saint-Joachim ; les filons en sont assez minces , et la matière en est très-dure, mais elle est abondante en métal ; les mines de Kuttenberg sont mêlées d'argent et de cuivre; elles ne sont pas si riches que celles de Saint- Joachim (2). On peut voir dans les ouvrages des minéralogistes allemands , la description des mines de plusieurs âutres provinces , et notamment de celles de Transylvanie, de la Hesse et de Hongrie ; celles de Schemnitz (3) contiennent depuis deux jusqu'à cinq gros d'argent, et depuis cinq jusqu’à sept deniers d’or par marc, non compris une once €t un gros de cuivre qu'on peut en tirer aussi (4).
Maisil n'y a peut-être pas une mine en Europe où l’on ait fait d'aussi grands travaux que dans celle de Salzberg en Suède , si la description qu’en donne Regnard n'est point exagérée ; il la décrit comme une ville souterraine , dans laquelle il y a des maisons , des écuries et de vastes emplacements (5).
(2) Griselius , dans les Éphémérides d'Allemagn depuis l’année 1670 à 1686. ,
(3) Par les Mémoires de M. Ferber , sur les mines de Hongrie, il paraît que la mine de Schemnitz est fort riche ; que celle de Kremnitz a fourni, depuis 1749 jusqu'en 1759, en or et en argent , la valeur de 42,498,009 florins , c'est-à-dire , plus de 84 millions de notre monnaie; et que depuis 1648 , celle de Felsobania fournit par an environ 100 marcs d'or, 3000 marcs d'argent, 3000 quintaux de plomb , et 1500 quintaux de litharge , sans compter les mines de cuivre et autres. (Mémoires imprimés à Berlin , en 1780, in-80, Extraits du le Journal de Physique , août 1781, pag. 161.)
(4) Traité de la fonte des Mines de Schlutter , tom. 2 , pag. 304.
(5) Regnard ajoute à la description des excavations de la mine , Ja manière dont on l’exploite, « On fait, » dit-il , sécher les pierres qu'on tire de la mine sur » un fourneau qui brûle lentement , et qui sépare » l'antimoine , l’arsénie et le soufre d'avec la pierre ; » le plomb et l'argeut restent ensemble. Cette pre- » mière opération est suivie d'une seconde , et ces » pierres séchées, sont jetées dans des trous où elles » sont pilées et réduites en boue , par le moyen des » gros marteaux que l'eau fait agir; cette boue est » délayée dans une eau qui coule incessamment sur
« En Pologne, dit M. Guettard, les forêts » de Leibitz sontriches en veines de métaux, » indiquées par les travaux qu'on y à faits » anciennement ; il y 2 au pied de ces mon- » tagnes, une mine d'argent découverte du » temps de Charles XIL (H). »
Le Danemarck, la Norwége(2), et presque toutes les contrées du nord , ont aussi des mines d'argent dont quelques-unes sont fort
SP DEP Re «ve » uve planche mise en glacis, el qui emportant le
» plus grossier » laisse l'argent et le plomb dans le » fond sur une toile. La troisième opération sépare » l'argent d'avec le plomb qui fond en écume , et la = quatrième sert enfin à le perfectionner , et à le » mettre en état de souffrir le marteau... On me fit : » dit l’auteur, présent d'un morceau d'amiante : » dont on avait trouvé plusieurs dans cette mine. » (OEuvres de Regnard, Paris , 1742, tom. 1, pag, 204 et suiv.) à (1) Mémoires de l'Académie des sciences de Paris, année 1762, pag. 319. : | (2) En Norwége, il y a plusieurs mines d'argent où il se trouve quelquefois des morceaux de ce métal qui sont d'une grandeur extraordinaire : on en conserve un dans le Cabinet du roi de Danemarck, du poids de onze cent vingt marcs. On lire des pièces entières d’argent pur des mines de Kongsberg. La profondeur perpendiculaire d'une de ces mines , est de cent trente toises ; ces mines sont sans suite, et néanmoins il n'y a peut-être que celles du Potosi qui rendent davantage. (Histoire naturelle de Norwége , par Pontoppidan , Journal étranger, mois d'août 1755.) M. Jars vient de donner une description plus détaillée de ces mines de Kongsherg; elles ont été découvertes par des filets d'argent qui se manifestaient au jour... On évalue le produit annuel de toutes les mines de ce département; à 32 ou 33 mille marcs d'argent... Tous les rochers de cette partie de la Norwége sont trèscompactes ; et si durs qu'on est obligé d'employer le feu pour les abattre... Les veines principales les plus riches, sont presque toules dans des rochers ferrugipeux, et ces mines s'appauvrissent toutes à mesure l'on descend, en sorte qu'il est très-rare de trouver du minérai d'argent, lorsqu'on est descendu jusqu'au miveau de Ja rivière qui coule dans la vallée au-dessous de ces rochers. Les veines minérales renferinées dans les filons principaux sont fort étroites ; il est rare qu'elles aient au-dessus d'un pied d'épaisseur, elles n'ont méme très-souvent qu'un pouce ou quelques lignes; ces veines ne produisent généralement point d'argent minéralisé, si l'on en excepte quelques morceanx de mines d'argent vitreuses que le hasard fait rencontrer quelquefois, encore moins de Ja mine d'argent rouge, mais toujours de l'argent vierge ou natif, extrémement varié dans ses Configurations ; elles sont remplies de différentes matières pierreuses, qui servent comme de matrice à ée métal, et forment un composé de path calcaire, d’un autre fusible couleur d'améthyste , d'un spath verdâtre , et d'un autre encore d'un blanc transparent, ressemblant assez à
riches ; Ct nous avons am inet de Sa Majesté de très morceaux de mine d'argent, que le rof de Danemarck, actuellement
régnant, a eu la bonté de nous envoyer. II s'en trouve aussi aux iles de Féroë et en Islande (3).
Dans les parties De. "NP de l'Asie,
les mines d'argent ne sont peut-être pas plus
rares ni moins riches que dans celles du
————————————— *{—— une sn souvent recouvert de cuir fossile ou
de montagne , qui tous sont unis à de l'argent vierge,
et en contiennent eux-mêmes ; ce mélal se trouve encore dans un rocher de couleur grise, qui pourrait être regardé comme le toit et le mur desdits filons ; on le rencontre aussi , mais plus rarement avec du mica.
Dans tout ce mélange on n'aperçoit aucune parlie de quartz, mais bien dans des filons principaux où l'on trouve même de la pyrite riche en argent , dans laquelle ce métal se manifeste quelquefois, et où l'on voit des cristallisations de spath et de quartz. ... Ces filons contiennent aussi de la Llende.
L'argent est toujours massif dans le rocheret presque pur, c'est-à-dire, avec peu de mélange... Plusieurs fois on en a détaché des morceaux qui pesaient depuis 20 jusqu'à 80 mares. Dans la principale mine de Gottès hilf in der Noth, située sur le filon de Ja Mmoutagne moyenne, on trouva il y a près de sept ans, à cent trente-cinq toises au- dessous de la surface de la terre , un seul morceau d'argent vierge presque pur, qui pesait 419 mares.... Cependant Ja forme la plus commune où l'on trouve ce métal, est celle d'uffil plus ou moins gros, prenant toutes sortes de courbures et figures , quelques-uns ont un pied et plus de lon gueur ; d’autres ont la finesse des cheveux, seuls ou réunis ensemble en grande quantité par un seul point d’où ils partent, mais ordinairement mélés à du spath ou da rocher; d'autres encore forment différentes branches de ramifications de diverses grosseurs , dont la bluncheur et le brillant annoncent toute la pureté du métal lorsqu'il est rafliné. : .
On en trouve aussi en feuilles ou lames, c'est communément à travers ou entre les lits d'un rocher gris schisteux , de manière que dans un de ces morceaux qui pourrait avoir quatre pouces d'épaisseur , on rencontre quelquefois une, deux et même trois couches pénétrées de cel argent qui, quand on les sépare , présentent à chaque surface des feuilles trèsblanches et très-minces.
Il sst de ces veines enfin , où l'argent est tellement divisé dans le spath et le rocher, quoique vierge, qu'on a bien de lu peine à le reconnaître ; dans d’autres on ne le distingue point du tout, il en est de même du quatrième filon. (M. Jars, Mémoires des savants étrangers, tom 9 , pag- 455 et suivantes. )
(3) Selon Horrebow , les Islandais ont trouvé dans leurs montagnes, du métal qui, élant fondu, s'est trouvé être du bon argent. (Iisioire générale des Voyages , tom. 18, pag. 36.)
RS SRE CLS LL LS
Le er
nord de l'Europe :on a nouvellement publié à Pétersbourg un Un. des mines de Sibérie , par lequel il parait qu'en cinquantehuit années on a tiré ; d’une seule mine d'argent, douze cent seize mille livres de ce métal, qui tenait environ une quatre-vingtième partie d’or. Il y a aussi une autre mine dont l'exploitation n’a commencé qu'en 1748, et qui depuis cette époque jusqu’en 1771 ,a donné quatre cent mille livres d'argent, dont on a tiré douze mille sept cents sd'or(l).
MM. Gmelin et Muller font mention , dans leurs Voyages, des mines d'argent qu’ils ont vues à Argunsk , à quelque distance de la
rivière Argum ; ils disent qu'elles sont dans
une terre molle et à une petite profondeur , que la plupart se trouvent situées dans des plaines environées de montagnes (2), et qu’on rencontre ordinairement au-dessus du minérai d'argent , une espèce de chaux de plomb , composée de plus de plomb que d'argent.
Il y à aussi plusieurs mines d'argent à la Chine, surtout dans les provinces de Junnan et de Sechuen (3), on en trouve de même à la Cochinchine (4), et celles du Japon paraissent être les plus abondantes de toutes (5). On connait aussi quelques mines d'argent dans l’intérieur du continent de l'Asie. Chardin dit qu'il n'y a pas beaucoup de vraies mines d'argent en Perse , mais #T Hu de mines de-plomb qui contiennent de Targent; il ajoute que celle de Renan, à quatre lieues d’Ispahan , et celles de Kirman et de Maza , n'ont été négligées qu'à cause de la disette du bois qui, dans toute la Perse .
mt
(1) Journal de Politique et de Littérature , février 1776, article Paris.
(2) Hist. générale des Voyages, tom. 18, pag. 207,
(3) Idem , tom. 6, pag. 483.
(4) Suivant Mendez Pinto , il y a aux environs de Quanjaparu dans l'anse de la Cochinchine ; des mines d'argent dont on tire une fort grande quantité de re métal. (Histoire générale des Voyages , tom. 9, pag: 384.) |
(5) On ne connaît guère d'autres mines d'argent dans toute l'Asie que celles du Japon , dont les relations vantent l'abondance. Cependant Mindez Pinto dit qu’il y en à de fort abondantes sur les bords du lac de Chiamuy , d'où on le transporte dans d’autres provinces de l'Asie. ({dem, tom. 10, pag. 328.)—La province de Bungo au Japon, a des mines d'argent ; Kattani, lieu situé au nord de cet empire , en a de plus riches eucore. L'argent du Japon passe pour le meilleur du monde, autrefois on l'échangeait à la Chine, poids pour poids, contre de l'or. (Idem, pag. 654.)
rend trop dispendieux le travail des mines (6). Nous ne connaissons guère les mines d'argent de l'Afrique ; les voyageurs qui se sont fort étendus sur les mines d'or de cette partie du monde, paraissent avoir négligé de faire mention de celles d'argent ; ils nous disent seulement qu'on en trouve au Cap Vert (7), au Congo (8) , au Bambuk (9), et jusque dans le pays des Hottentots (10).
Mais c'est en Amérique où nous trouverons un très-grand nombre de mines d’argent , plus étendues , plus abondantes , et travaillées plus en grand qu'en aucune autre partie du monde. La plus fameuse de toutes , est celle de Potosi au Pérou : « Le mi- » nérai, dit M. Bowles, en est noir, et formé » dans la même sorte de pierre que celle de » Freyberg en Saxe; ce naturaliste ajoute » que la mine appelée Rosicle , dans le Pé- » rou, est de la mème nature que celle de » Rothgulden-erz et de Andreasberg dans le » Hartz, et de Sainte-Marie-aux-Mines dans » les Vosges (LI). »
Les mines de Potosi furent découvertes en 1545, et l'on n’a pas cessé d'y travailler depuis ce temps , quoiqu'il y ait quantité d'autres mines dans cette même contrée du Pérou. Frézier assure que de son temps , les mines d'argent les plus riches étaient celles d'Oriero , à quatre-vingts lieues d’Arica , et il dit qu'en 1712, on en découvrit une auprès de Cusco, qui d’abord a donné près de vingt pour cent de métal, mais qui a depuis beaucoup diminué ainsi que celle de Potosi (12). Du temps d’Acosta, c’est-à-dire, au commencement de l'autre siècle , cette
(6) Voyage de Chardin , tom. 2, pag. 22.
(7) On assure que dans l'ile Saint-Antoine, au Cap Vert, il y a une mine d'argent, mais qui n'est pas encore exploitée. (Histoire générale des Voyages, tom. 2, pag. 418. ) +
(8) On trouve des mines d'argent dans la province de Bamba, au Congo, qui s'étendent jusque vers Angole. ( Idem, tom. 4, pag. 617. )
(9) Il y a des mines d'argent dans le Bambuk en Afrique. (Idem , tom. 2 , pag. 644.)... Il y a aussi des mines d'argent dans les terres d'Angoykayango en Afrique. (Idem , tom. 4 , pag. 488.)
(10) On a aussi découvert aucommencement de ce siècle, une mine d'argent dans les colonies hollandaises, au pays des Hottentols ; mais on n'en a ‘pas continué l'exploitation. (Kolbe, dans l'Histoire générale des Voyages , tom. 5, pag. 135.)
(11) Histoire maturélle d'Espagne , pag. 27.
(12) Histoire générale des Voyages, tom. 13, pag. 589.
PARTIR ENRRTERTR nr. “CR ÈN-E Fa tnt : . v.
mine de Potosi était sans comparaison la crible cette poudre , et l'on remet sous la plus riche de toutes celles du Pérou; elleest meule les gros grains de rai qui restent
siluée presque au sommet des montagnes dans la province de Charcas ; et il ÿ fait trèsfroid en toute saison. Lesol de la montagne est sec et stérile ; elle est en forme de cône , et surpasse en hauteur toutes les montagnes voisines ; elle peut avoir une lieue de circonférence à la base , et son sommet est arrondi et convexe. Sa hauteur, au-dessus des autres montagnes qui lui servent de base, est d'environ un quart de lieue. Au-dessous de cette plus haute montagne, il y en a une plus petite où l'on trouvait de l'argent en morceaux épars ; mais dans la première , la mine est dans une pierre extrêmement dure:
on a creusé de deux cents stades, ou LS teur d'homme , dans cette montagne , sans u’on ait été incommodé des eaux ; mais ces mines étaient bien plus riches dans les parties supérieures et elles se sont appauvries au lieu de s'ennoblir en descendant (1).
Parmi les autres mines d'argent du Pérou , celle de Turco , dans le corrégiment de Cavanga , est très-remarquable , parce que le métal forme un tissu avec la pierre trèsapparent à l'œil; d'autres mines d'argent dans cette même contrée ; ne sont ni dans la ierre ni dans les montagnes, mais dans le sable où il suflit de faire une fouille pour trouver des morceaux de ce métal , sans autre mélange qu'un peu de sable qui s’y est attaché (2)-
Frézier, voyageur très-intelligent, a donné une asséz bonne description de la manière dont on procède au Pérou, pour exploiter ces mines et en extraire le métal. On commence par COnCasser le minérai, c'est-à-dire, Jes pierres qui contiennent le métal ; on les broie ensuite dans un moulin fait exprès : on
(1) Ge roc de Potosi contient quatre veines princiales ; da riche, le centeno, celle d'étain et celle de mendieta. Ces veines sont en la partie orientale de Ja montagne ; et on n'en trouve point en la partie occidentale , elles courent nord et sud.... Elles ont à l'endroit le plus large six pieds, et au plus étroit une alme : ces veines ont des rameaux qui s'étendent de côté et d'autre.... Toutes ces mines sont aujourd'hui (en-1559) fort profondes, à quatre-vingts, cent, on deux cents stades, ou hauteur d'homme, … On a reconnu par expérience, que plus haut est située la veine à la superficie de la terre, plus elle est riche et de meilleur aloi.... On tire le minérai à coups de marteaux, par ce qu'il est dur à peu près comme le caillou. (Histoire naturelle des Indes , par Acosta , Paris, 1600, pag. 137 et suivantes.) (2) Hist. générale des Voyages, tom. 13, pag. 300.
sur le crible, : orsque le minérai se trouve
mêlé de certains minéraux trop durs qui
l'empêchent de se pulvérifier , on Le fait ealciner pour le piler de nouveau ; on le moud avec de l’eau , et on recueille dans un réservoir cette boue liquide qu'on laisse sécher, et pendant qu'elle est encore molle on en fait des caxons , c'est-à-dire , de grandes tables d'un pied d'épaisseur , et de vingt-cinq quintaux 2 ARR on jette surchaeune deux cents livres de sel marin , qu’on laisse s'incorporer pendant deux ou trois jours avec la terre ; ensuite on l’arrose de mercure qu'on faittomber par petites gouttes; ilen faut une quantité d'autant plus grande que le minérai est plus riche, dix, quinze et quelquefois vingt livres pour chaque table. Ce mercure ramasse toutes les particules de l'argent. On pétrit chaque table huit fois par jour, pour que le mercure les pénètre en entier, et afin d'échauffer le mélange ; car un peu de chaleur est nécessaire pour que le mercure se saisisse de l'argent , et c'est ce qui fait qu’on est quelquefois obligé d'ajouter de la chaux pour augmenter la chaleur de cette mixtion; mais il ne faut user de ce secours qu'avec une grande précaution; car si la chaux produit trop de chaleur , le mercure se volatilise, et emporte avec lui une partie del’argent. Dans les montagnes froides, comme à Lipès et à Potosi, on est quelquefois obligé de pétrir le minérai pendant deux mois de suite , au lieu qu'il ne faut que huit ou dix jours dans les contrées plus tempérées : on est même
forcé de se servir de fourneaux pour échauffer le mélange et presser l'amalgame du mercure, dans ces contrées où le froid est trop grand ou trop constant.
Pour reconnaitre si le mercure a fait tout son effet, on prend une petite portion de la grande table ou caxon , on la délaie et lave dans un bassin de bois , la couleur du mercure qui reste au fond indique son effet ; s'il est noirâtre on juge que le mélange est trop chaud , et on ajoute du sel au caxon pour le refroidir; mais si le mercure est blanchâtre ou blanc , on peut présumer que l'amalgame est fait en entier ; alors on transporte la matière du caxon dans des lavoirs où tombe une eau courante ; on la lave jusqu'à ce qu'il ne reste que le métal sur le fond des lavoirs qui sont garnis de cuir. Cet amalgame d'argent et de mercure, que l’on nomme pella , doit être mis dans des chausses de laine pour lais-
ser égoutter le mercure ; on serre ces chausses , eton les presse mêmeavec des pièces de bois pour l'en faire sortir autant qu'il est possible ; après quoi , comme il reste encore beaucoup de mercure mêlé à l'argent, on verse cet amalgame dans un moule de bois en forme de pyramide tronquée à huit pans, et dont le fond est une plaque de cuivre percée de plusieurs petits trous. On foule et presse cetle matière pella dans ces moules pour en faire des masses qu on mers dsinte On lève ensuite le moule, et l'on metla pigne avec sa base de cuivre sur un grand vase de terre rempli d'eau, et sous un chapiteau de même terre, sur lequel on fait un feu de charbon qui faitsortiren vapeurs le mercure contenu dans la pigne; celte vapeur tombe dans l’eau et y reprend la forme de mercure coulant : après cela la pigne n’est plus qu'une masse poreuse, friable et composée de grains d'argent contigus , qu'on porte à la monnaie pour la fondre (1). 14 “Frézier ajoute à cette description dont je viens de donner l'extrait, quelques autres faits intéressants sur la différence des mines ou minérais d'argent ; celui qui est blanc et gris, mélé de taches rousses ou bleuâtres, est le plus commun dans les minières dé Liès ; on y distingue à l'œil simple, des grains d'argent quelquefois disposés dans la pierre en forme de petites palmes. Mais il y a d'autres minérais où l'argent ne parait point ; entre autres un minérai noir , dans lequel on n'aperçoit l'argent, qu’en raclant ou entamantsa surface; ce minérai qui a si peu d’apparence , et qui souvent est mêlé de plomb, ne laisse pas d'être souvent plus riche, et coûte moins à travailler que le minérai blanc; car , comme il contient du plomb qui enlève à la fonte toutes les impuretés ; l'on n’est pas obligé d'en faire l'amalgameavec le mercure:
c'était de ces minières d'argent noir, queles anciens Péruviens tiraient leur argent. Il ya d'autres minérais d'argent de couleurs difrérentes ; un qui est noir, mais devient rouge en le mouillant ou le grattant avec du fer, il est riche, et l'argent qu'on en tire est d’un haut aloi. Un autre brille comme du tale, mais il donne peu de métal; un autre , qui n'en contient guère plus , est d'un rouge jaunàire :
on le tire aisément de sa mine en petits morceaux friables et mous ; ily a aussi du minérai vert qui n’est guère plus dur , et qui pa-
PE mn À
(1) Frézier, Histoire générale des Voyages, tom. 13, pag. 59.
raît être mêlé de cuivre; enfin on trouve de l'argent pur en plusieurs endroits; mais ce n'est que dans la seule mine de Colamito , assez voisine de celle de Potosi, où l’on voit des fils d'argent pur, entortillés comme ceux du galon brülé.
- Ilenest donc de l'argent comme de l'or et du fer; leurs mines primordiales sont toutes dans le roc vitreux , et ces métaux y sont incorporés en plus on moins grande quantité, dès le temps de leur première fusion ou sublimation par le feu primitif ; et les mines secondaires , qui se trouvent dans les matières calcaires ou schisteuses, tirent évidemment leur origine des premières. Ces mines de seconde et de troisième formation, qu'on a quelquefois vu s’augmenter sensiblement par l'addition du minérai charrié par les eaux , ont fait croire que les métaux se produisaient de nouveau dans le sein de la terre, tandis que ce n’est au contraire que de leur décomposition et de la réunion de leurs détriments , que toutes ces mines nouvelles ont pu et peuyent encore être formées ; et , sans nous éloigner de nos mines d'argent du Pérou, ils’en trouve de cette espèce au pied des montagnes et dans les excavations des mines même abannonnées depuis longtemps (2). x
mms
(2) Dans la montagne du Potosi l'on a tant creusé en diflérents endroits, que plusieurs mines se sont abimées , et ont enseveli les Indiens qui travaillaient, avec leurs oulils et étançons. Dans Ja suite des temps on est venu refouiller les mêmes mines, et l'on a trouvé duns le Lois, dans les crânes et autre os humains, des filets d'argent qui les pénètrent. C'est encore un fait indubitable qu'on a trouvé beaucoup d'argent dans les mines de Lipès, d'eù on en avait tiré long-temps auparavant. Je sais qu'on répond à cela qu'autrefois elles étaient si riches qu'on négligeuit les petites quantités, mais je doute que lorsqu'il n'en coûte guère plus de travail on perde volontiers ce que l'on tient. Si à ces faits nous ajoutons ce que nous avons dit des lavoirs d'Aducoll et de la montagne de Saint-Joseph où se forme le cuivre, on ne doutera plus que l'argent et les autres métaux ne se forment tous les jours dans certains lieux... Les anciens philosophes et quelques modernes ont attribué au soleil la formation des métaux, mais outre qu'il est inconcevable que .sa chaleur puisse pénétrer jusqu'à des profondeurs infuies, on peut se désabuser de celte opinion en faisant allention à un fait incontestable que voici :
Il y a environ trente ans que la foudre tomba sur la montagne d'Ilimani , qui est au-dessus de la Paze, autrement Chuquiago , ville du Pérou à quatrevingts lieues d'Arica; elle en abattit un morceau ,
dont les éclats qu'on trouva dans la ville et aux en
Les mines d'argent du Mexique ne sont guère moins fameuses que celles du Pérou.
M. Bowles dit que dans celle appelée Felladora , le minérai le plus riche donnait cinqu ante livres d'argent par quintal , le moyen vingt-cinq livres, etle plus pauvre huit livres, et que souvent on trouvait dans cette mine des morceaux d'argent vierge (D). On estime même : que tout l'argent qui se tire du canton de Sainte-Pécaque , est plus fin que ce-
Jui du Pérou (2) : suivant Gemelli Carreri, la mine de Santa-Crux avait , en 1697 , plus de sept cents pieds de profondeur; celle de Navaro plus de six cents, et l'on peut compter; dit-il ; plus de dix mille ouvertures de mines (3), dans un espace de six lieues autour de Santa-Crux (4). Celles de la Trinité tm virons étaient pleins d'or; néanmoins cette montagne,
de temps immémorial , a toujours été couverte de :
neige ; donc la chaleur du soleil qui n’a pas assez de force pour fondre la neige , n'a pas dû avoir celle de former de l'or qui était dessous , et qu'elle a couvert sans interruption... D'ailleurs la plupart des mines du Pérou et du Chili sont couvertes de neige pendant huit mois de l'année. (Frézier, Voyages à la mer du sud , Paris, 1732, pages 146 et suiv.) (1) Histoire naturelle d'Espagne , pages 23 et 24. (2) Histoire générale des Voyages, tom. 9, pag. 389. (3) C'est une observation importante et qui n'avait pas échappé au génie de Pline : « Qu'on ne trouve uère un filon seul et isolé ; maïs que lorsqu'on De a découvert un on est presque sûr d'en rencondes sieurs autres aux environs. » Ubicumque una veua est, non procul invenitur alia (lib. 30, 27). « La sublimation ou Ja chute des vapeurs cap mi alliques, une fois déterminée vers les grands pas mets vitreux, dut remplir à-la-fois les diffé. er fentes perpendiculaires , ouvertes dès lors » us ces masses primitives ; et c'est dans un sens » Jatif à cette production ou précipitation simuls de, , que le même naturaliste interprète le nom MF originairement grec , des métaux (préræhhe asi pur &))wy) ; comme pour désigner des ma- = M ramassées et rassemblées aux mêmes lieux, ou des substances produites en même temps et k disposées eusemble. » (Note communiquée par M. l'abbé Bexon. ) k (4) En Amérique, les mines d'argent se trouvent communément dans les montagnes et rochers trèsbauts et déserts... Il y a des mines de deux sortes différentes , les unes qu'ils appellent égarées , et les autres fires et arrétées. Les égarées sont des morceaux de métal qui se trouvent emassés en quelques endroits , lesquels étant tirés et enlevés, il ne s'en trouve pas davantage ; mais les veines fixes sont cel les qui » en profondeur et longueur , ont une suile continue en façon de grandes branches et rameaux, et quand on en a trouvé de cette espèce, on en trouvé ordinairement plusieurs autres au même THÉORIE DE LA TERRE. Z'ome III.
trer plu inventa
ont été fouillées jusqu'à huit cents pieds de
profondeur ; les gens du Pays assurèrent à
ce voyageur , qu'en dix ou onze années , de-
puis 1687 jusqu'en 1697, on en avait tiré
rante millions de mares d'argent. Il cite aussi la mine de Saint-Matthieu, qui n’est qu'à peu de distance de la Trinité ,etqui, n'ayant été ouverte qu'en 1689, était fouillée à quatre cents pieds en 1697; il dit que les pierres métalliques en sont de la plus grande dureté, qu'il faut d’abord les pétarder et les briser à coups de marteau ; que l'on distingue et sépare les morceaux qu'on peut faire fondre tout de suite, de ceux qu'on doit auparavant amalgamer avec le mercure. On broie ces pierres métalliques , propres à la fonte, dans un mortier de fer , et après avoir séparé par des lavages la poudre de pierre autant qu'il est possible, on mêle le minérai avec une certaine quantité de plomb, et on les fait fondre ensemble ; on enlève les scories avec un croc de fer , tandis que par le bas on laisse couler l'argent en lingots que l'on porte dans un autre fourneau , pour le refondre et achever d'en séparer le plomb. Chaque lingot d'argent est d'environ quatre-vingts ou cent marcs, et s’ils ne se trouvent pas au titre prescrit , on les fait refondre une seconde fois avec le plomb pour les affiner. On fait aussi l'essai de la quantité d'or que chaque lingot d’argent peut contenir , et on l'indique par une marque particulière ; s’il s’y trouve plus de quarante grains d'or par marc d'argent, on en fait le départ. Et pour les autres parties du minérai que l’on veut traiter par l'amalgame , après les avoir réduites
en poudre très-fine , on y mêle le mercure
et l'on procède , comme nous l'avons dit en
parlant du traitement des mines de Potosi ;
le mercure qu'on y emploie vient d'Espagne ou du Pérou ; il en faut un quintal pour séparer mille marcs d'argent. Tout le produit des mines du Mexique et de la Nouvelle- Espagne, doit être porté à Mexico, et l'on assure qu’à la fin du dernier siècle, ce produit était de deux millions de marcs par an,
sans compter ce qui passait par des voies indirectes (5).
lieu... Les Américains savaient fondre l'argent; mais ils n’ont jamais employé le mercure pour le séparer du minérai. ( Histoire naturelle des Indes, par Aaosta , Paris , 1600 , page 137.)
(5) Hist. générale des Voyages, tom. 11, pages 530 et suiv, :
Les cantons de Tlasco et de Maltepèque, à l'ouest du Mexique , sont aussi fort célèbres par leurs mines
Cia Eds di.
ti
Il y à aussi plusieurs mines d'argent au Chili, surtout dans le voisinage de Coquimbo (1), et au Brésil, à quelque distance dans les terres voisines de la baie de Tousles-Saints (2); l'on en trouve encore dans plusieurs autres endroits du continent de l'Amérique et même dans les îles : les anciens voyageurs citent en particulier celle de Saint-Domingue (3), mais la culture et le produit da sucre et des autres denrées de consommation que l’on tire de cette île sont des trésors bien plns réels que ceux de ses mines. | + Après avoir ei-devant exposé les principales propriétés de l'argent , et avoir ensuite parcouru les différentes contrées où ce métal se trouve en plus grande quantité , il ne nous reste plas qu’à fairé mention des principaux faits, et des ob ations particulières que les physiciens et les chimistes ont recueillis en travaillant l'argent et en le soumettant à un nombre infini d'épreuves ; je commencerai par un fait que j'ai reconnu le premier. On était dans l'opinion que ni l'or ni l'argent
d'argent ; Guaximango , du côté du nord , ne l'est pas moins par les siennes , avec onze autres dans ce même canton ; et dans la province de Guaxega , il yen a un aussi grand nombre. Les mines de Guanaxali et de Talpuyaga sont deux autres mines célèbres, la première est à vingt-huit lieues de Valladolid au nord , et l'autre à vingt-quatre lieues de Mexico. Une montagne fort haute et inaccessible aux voitures, et même aux bétes de charge , qui est placée dans la pr vince de Guadalajara , vers les Zacatèques , renferme quantité de mines d'argent et de cuivre mélées de plomb. La province de Xalisco, conquise en 1554, est une des plus riches de la Nouvelle-Espagne , par ses mines d'argent , autour desquelles il s'est formé des habitations nombreuses , avec des fonderies, des moulins , etc... Celle de Calnacana contient aussi des mines d'argent. Les Zacatèques ou Zacutecas , sont un grand nombre de petits cantous qui forment, sous ce nom commun , là plus riche province de la Nouvelle-Espagne ; on y comple douze ou quinze mines d'argent , dont neuf ou dix sont fort célèbres, surtout celle del Fresnillo qui paraît inépuisable, La province de la Nouvelle-Biscaie coutient les mines d'Eude , dé Saint-Jean et de Sainte-Barbe , qui sont d'une grande abondance ; et voisines de plusieurs mines de plomb. Les montagnes qui séparent le Honduras de la province de Nicaragua, ont fourni beaucoup d'or et d'argent aux Espagnols. La province de Costa-Ricea fournit aussi de l'or et de l'argent. (Histoire générale des Voyages , tom. 12, pages 648 ut suivantes. )
(T) Idem, tom. 13, pag. 412.
(2) Voyages de M. de Gennes, Paris, 1698, pag. 145.
(3) Wist, générale des Voyages , tom. 12, pag. 218.
mis au feu et même tenus en fusion , ne pêrdaient rien de leur substance ; cependant il est certain que tous deux se réduisent en vapeurs et se subliment au feu du soleil à un degré de chaleur même assez faible. Je l'ai observé lorsque , en 1747 , j'ai fait usage du miroir qne j'avais inventé pour brüler à de grandes distances (4) ; j'exposai à 40, 50 et jusqu’à 60 pieds de distance , des plaques et des assiettes d'argent, je les ai vues fumer long-temps avant de se fondre , et cette fumée était assez épaisse pour faire une ombre
-très-sensible qui se marquait sur le terrain.
On s’est depuis pleinement convaincu que cette fumée était vraiment une vapeur métallique , elle s'attachait aux corps qu'on lui présentait et eñ argentait la surface , et puisque cette sublimation se fait à une chaleur médiocre par le feu du soleil , ily a toute raison de croire qu'elle se fait aussi et en bien plus grande quantité par la forte chaleur du feu de nos fourneaux , lorsque nonseulement on y fond ce métal, mais qu'on le tient en fusion pendant un mois , comme l'a fait Kunckel : j'ai déjà dit que je doutais beaucoup de l'exactitude de son expérience, et je suis persuadé que l'argent perd par le feu une quantité sensible de sa substance , et qu'il en perd d'autant plus que le feu est plus violent et appliqué plus long-temps.
L'argent offre dans ses dissolutions différents phénomènes dont il est bon de faire ici mention ; lorsqu'il est dissous par l'acide nitreux , on observe que si l'argent est à peu près pur , la couleur de cette dissolution , qui d'abord est un peu verdûtre , devient ensuite très-blanche , et que quand il est mêlé d’une petite quantité de cuivre , elle est constamment verte.
Les dissolutions des métaux sont en général plus corrosives que l’acide même dans lequel ils ont été dissous ; mais celle de l’argent par l'acide nitreux , l’est au plus haut degré , car elle produit des cristaux si caustiques , qu'on a donné à leur masse réunie par la fusion, le nom de pierre infernale.
Pour obtenir ces cristaux , il faut que l'argent et l'acide nitreux aient été employés purs ; ces cristaux se forment dans la dissolution par le seul refroidissement ; ils n’ont que peu de consistance , et sont blanes et aplatis en forme de paillettes ; ils se fondent très-aisément au feu et long-temps avant d'y mener +1 5 20 RE RE Ve E À + hr)
(4) Voyez les Mémoires de l'Académie des scieuces , année 1747. #
rougir ; et c'est cette masse fondue et de couleur noirâtre qui est la pierre infernale.
Il y a plusieurs moyens de retirer l'argent de sa dissolution dans l'acide nitreux : la seule action du feu , long-temps continuée , suflit pour enlever cet acide ; on peut aussi précipiter le métal par les autres acides , vitriolique ou marin ; par les alkalis otre les métaux qui, comme le cuivre, ont plus d’affinité que l'argent avec l'acide nitreux.
L'argent, tant qu il est dans l'état de métal , n'a point d'aflinité avec l'acide marin : mais dès qu'il est dissous , il se combine aisément , et même fortement avec cet acide é car la mine d’argent cornée paraît être for-
mée par l'action de l'acide marin (1) ; cette mine se fond très-aisément , et même se volatilise à un feu violent (2).
L'acide vitriolique attaque l'argent en masse au moyen de la chaleur; il le dissout même complètement , et en faisant distiller cette dissolution , l'acide passe dans le récipient , et forme un sel qu'on peut appeler vitriol d'argent.
Les acides animaux et végétaux, comme l'acide des fourmis ou celui du vinaigre, n'attaquent point l'argent dans son état de métal, mais ils dissolvent très-bienses précipités (3).
Les alkalis n’ont aucnne action sur l'argent , ni même sur ses précipités ; mais lorsqu'ils sont unis aux principes du soufre , comme dans le foie de soufre , ils agissent
uissamment sur la substance de ce métal,
u’ils noircissent et rendent aigre et cassant.
Le soufre , qui facilite la fusion de Fargent ; doit par conséquent en altérer la substance ; cependant il ne l'attaque pas comme celle du fer et du cuivre qu’il transforme en pyrite ; l'argent fondu avec le soufre peut en être séparé dans un instant, par l'addition TE EE PT CT nee ne
@) Éléments de Chimie, par M. de Morveau , tom. 1, pag. 113.
(2) On retire de la Inne-cornéc l'argent bien plus pur que celui de la coupelle ; mais l'opération est laborieuse , et présente un phénomène intéressant, L'argent qui,-comme l'on sait, est une substance très-fixe, y acquiert une telle volatilité, qu'il est capable de s'élever comme le mercure, de percer les couvereles des ereusets, etc... 11 faut aussi qu'il éprouve, dans cet état, une sorte d'attraction de transmission au travers des pores des. vaisseaux les plus compactes , puisque l'on trouve une quantité de grenailles d’argent disséminées jusque dans Ja tourte qui supportait le creuset. (Éléments de Chimie,
r M. de Morveau , tom. 1 , pag. 220.)
(3ÿ Idem , tom, 2, pag 15 ; et tom. 3, pag. 19.
du nitre qui, après la détonalion, laisse l'argent sans perle sensible ni diminution de poids. Le nitre réduit au contraire le fer et le cuivre en chaux , parce qu'il a une action directe sur ces métaux et qu'il n'en à point sur l'argent. ar.
La surface de l’argent me se convertit point en rouille par l'impression des éléments humides ; mais elle est sujette à se ternir, se noircir et se colorerÿ 6m peut même lui donner l'apparence et la couleur de l'or, ea l'exposant à certaines fumigations, dont on a eu raison de proscrire Pusage pour éviter la fraude,
On emploie utilement l'argent battu en feuilles minces pour en couvrir les autres métaux , tels que le cuivre et le fer : il suflit pour cela de bien nettoyer la surface de ces métaux et de les faire chauffer ; les feuilles d'argent qu'on y applique s'y attachent et y adhèrent fortement. Mais comme les métaux ne s'unissent qu'aux métaux , et qu'ils n'adbèrent à aucune autre substance , il faut , lorsqu'on veut argenter le bois ou toute autre matière qui n'est pas métallique , se servir d'une colle faite de gomme ou-d'huile , dont on enduit le bois par plusieurs couches qu'on laisse sécher avant d'appliquer la feuille d'argent sur la dernière ; l'argent n'est en effet que collé sur l’enduit du bois , etne lui est uni que par cet intermède dont on peut toujours le séparer sans le secours de la fusion , et en faisant seulement brûler la colle à laquelle il était attaché.
Quoique le mercure s’attache promptement et assez fortement à la surface de l'aigent , il n'en pénètre pas la masse à l'intérieur ; il faut le triturer avec ce métal pour en faire l'amalgame.
11 nous reste encore à dire un mot du fameux arbre de Diane, dont les charlatans ont si fort abusé, en faisant croire qu'ils avaient le secret de donner à l'or et à l’argent la faculté de croîtreet de végéter comme les plantes ; néanmoins cet arbre métallique n'esL qu'un assemblage ou accumulation des cristaux produits par le travail de lacide nitreux sur l'amalgame du mercure et de l'argent ; ces cristaux se groupent successivement les uns sur les autres, et s'accumulant par superposition , ils représentent grossièrement la figure extérieure d'une végétation (4).
(4) Pour former l'arbre de Diane , on fait dissoudre ensemble ou separément ; quatre gros d'argent