‹ Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs: Daubenton, Lacépède, Cuvier, Duméril, Poiret, Lesson et Geoffroy-St.-HilaireChapitre 79 sur 162 · DEV · texte numérisé non relu

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En Amérique , les Mexicains ont autrefois tiré de l’étain des mines de leur pays (1); on en à trouyé au Chili dans le corrégiment de Copiago (2). Au Pérou, les Incas en ont fait exploiter cinq mines dans le district de Charcas, « Il s’est trouvé quelquefois, dit Ad- » phonse Barba , des minérais d'argent dans les mines d’étain, et toujours quantité de minérais de cuivre : il ajoute qu’une des quatre principales veines de la mine de Potosi s'appelle étain, à cause de la

CRE 272 Te Fe :

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» superficie de la yeine , laquelle peu à peu

» devient tout argent (3). » On voit encore

par cet exemple que l’étaiu, comme le plus léger métaux, les a presque toujours

aontés dans la fusion ou calcination par

primitif, et que les mines primordiales de ce métal servent pour ainsi dire de toit ou de couvert aux mines des autres métaux plus pesants.

L'étain s'allie par la fusion avec toutes les matières métalliques , il gâte l'argent et l'or surtout , en leur otant leur ductilité, et ce n'est qu'en le calcinant qu’on peut le séparer de ces deux métaux ; il diminue aussi la ductilité du cuivre , et rend ces trois métaux aigres , sonores et cassants ; il donne au plomb de l’aigreur et de la fermeté, il s’unit très-

ien au fer chauffé à un degré de chaleur

médiocre ; et lorsqu'on le mêle par la fusion avec le fer, il ne le rend pas sensiblement plus aigre. Les métaux les plus ductiles sont ceux dent l’étain détruit le plus facilement la tenacité ; il ne’ faut qu'une très-petite dose d'étain pour altérer l'or et l'argent, tandis qu'il faut le méler en assez grande quantité avec le cuivre et le plomb, pour les rendre aigres et cassants ; en fondant l'étain à partie égale avec le plomb, l'alliage est ce que les plombiers appellent de la soudure, et ils l'emploient , en effet, pour souder leurs ouvrages en plomb ; au reste, cet alliage mipartie de plomb et d'étain ne laisse pas d’avoir un peu de ductilité.

L'étain mélé par la fusion avec le bisœuth , qui se fond encore plus aisément que ce métal, en devient plus solide , plus blanc et plus brillant, et c'est probablement cet alliage de bismuth et d'étain que Yon connait aux Indes sous le nom de tuturac.

Le régule d’'antimonie donne à l'étain

(1) Histoire générale des Voyages, tom. 12,p.650. (2) Idem , 1om. 13, pag. 414.

(3) Métallurgie d'Alphonse Barba, tom, 1, pag. 114.

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quantité de ce métal qu'on trouve sur la

beaucoup de dureté, et le rend en même temps très-cassant; il n’en faut qu'une partie sur trois cents d’étain pour lui donner de la rigidité, et l'on ne peut employer ce mélange que pour faire des cuillers, fourchettes , et autres ouvrages qui ne vont point sur le feu.

L’alliage de l’étain avec le zinc est d'une pesanteur spécifique moindre que la somme , du poids des deux ; tandis que l'alliage du Zinc avec tous les autres métaux est au con?

traire d’une pesanteur spécifique plus grande que celle des deux matières prises ensemble.

L'étain s’unit avec l'arsénic et avec le cobalt, il devient par ces mélanges plus dur, plus sonore et plus cassant ; MM. Bayen et Charlard assurent qu’il ne faut qu'une deux cent cinquante-sixième partie d'arsénic, fon- . due avec l'étain, pour le rendre aigre ethors d'état d'être employé par les ouvriers (4) ; si l'on méle une partie d’arsénic sur cinq d'éun pur, l'alliage est si fragile qu'on ne peut l'employer à aucun usage , et une parue sur quinze forme un alliage qui présente de grandes facettes assez semblables à celles du bismuth, et qui est plus friable que le znc, et moins fusible que l’étain.

Ainsi l'étain peut s’allier avec tous les métaux et les demi-métaux, et l'ordre de ses affinités est le fer , le cuivre , l'argent et l'or ; et quoiqu'il se mêle très-bien par la fusion avec le plomb, il a moins d’aflinité ayec ce métal qu'avec les quatre autres. -

L'élain n’a aussi que peu d'aflinité avee le mercure , cependant ils adhèrent ensemble dans l'étamage des glaces , le mercure reste interposé entre la feuille d'étain et le verre ; il donne aux glaces la puissance de réfléchir 7 lumière avec autant de force que le métal € mieux poli : cependant il n’adhère au verre que par simple contact, et son union avec la feuille d'étain est assez superficielle ; ce n'est point un amalgame aussi parfait que celui de l’or’ou de l'argent, etles boules de mercure (5), auxquelles on attribue la pro-

(4) Recherches chimiques sur l'étain , pag. 56.

(5) Trois parties de mercure ajoutées à douze par- Lies d'étain de Malac, fondues dans une marmite de fer, et coulées dans des moules sphériques , forment les boules de mercure, auxquelles on attribue la vertu de purifier l’eau , et de faire périr les insectes qu'elle contient; elles acquièrent , en se refroidissant, . assez de solidité peur être transportées : lorsqu'on veut s'en servir on les met dans un nouet que J'on suspend dans l'eau, et on la fait bouillir un instant. (Eléments de Cliimie, par M. de Morveau, 1om. 3; pag. 256 et 440.)

priété de purifier l'eau, sont moins un alliage où un amalgame qu'un mélange simple et peu intime d'étain et de mercure,

L'étain s'unit au soufre par la fusion , et le composé qui résulte de cette mixtion est plus difheile à fondre que l’étain ou le soufre pris séparément. ;

Tous les acides agissent sur l’étain , et quelques - uns le dissolvent avec la plus grande énergie: om peut même dire qu'il est non-seulement dissous , mais calciné par l'acide nitreux, et cet exemple, comme nombre d'autres , démontre assez que les acides n’agissent que par le feu qu'ils contiennent (1). Le de l'acide nitreux exerce son action avec tant de violence sur l'étain F qu'il le fait passer , sans fusion , de son état de métal à celui d'une chaux tout aussi blanche et tout aussi peu fusible que la potée , ou chaux produite par l’action d’un feu violent; et quoique cet acide semble dévorer ce métal, il le rend néanmoins avec autant de facilité qu'il s'en est saisi; il l'abandonne èn s'élevant en vapeurs , et il conserve si peu d'adhésion avec celte chaux métallique, qu'on ne peut pas en former un sel. Le nitre projeté sur l'étain en fusion s'enflamme avec lui, et hâte sa calcination, comme il hâte aussi celle des autres métaux qui peuvent se calciner ou brûler. ,

L'acide vitriolique , au contraire , ne dissout l’'étin que lentement et sans effervescence ; il faut même qu'il soit aidé d'un peu de chaleur pour que la dissolution commence; et pendant qu'elle s'opère , il se forme du soufre qui s'élève en vapeurs blanches, et

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(1) Nota. Je ne dois pas dissimuler que la raison des chimistes est ici bien différente de Ja mienne, ils disent que c'est en prenant le phlogistique de l'étain que l'acide nitreux le calcine, et ils prétendent Je prouver parce que dans cette opération l'acide prend les mêmes propriétés que lui donne le charbon, et que l'étain qui a passé dans l'acide nitreux , quoique non dissous, ne se laisse plus dissoudre, et que par conséquent , en supposant dans celle opération que l'étain fût calciné par le feu de l'acide, il devrait bsûler de nouveau, ct que cependant il est de fait qne la chaux d'étain et l'acide uitreux n'ont plus ancuve action l'un sur l'autre, Cette raison des chimis tes est tirée de leur système sur le phlogistique, qu'ils mettent en jeu partout , et Jors même qu'il n'en est vul besoin. L'étain contient sans doute du feu et de l'air fixe, comme tous les autres mélaux ; mais ici le feu coutenu dans l'acide nilreux suffit, comme tout autre feu étranger , pour produire la calcivation de ce métal sans rien emprunler de son plogistique.

qui quelquefois surnage la li comme de = pl A précipite par le refroidisse - OS solution de l'étain par l'acide que donne un sel composé de cristaux en petites aiguilles entrelacées. | L'acide marin exige plus de chaleur que l'acide vitriolique pour dissoudre l'étain ; il faut que ce premier acide soit fumant ; les vapeurs qui s'élèvent pendant cette dernière dissolution assez lente ont une odeur arsénicale ; la liqueur de cette dissolution est sans couleur, et limpide comme de l'eau, elle se change presque tout eutière en cristaux par le refroidissement, « L’étain , dit M. de Morveau, a une plus grande aflinité avec l'acide marin que plusieurs autres substances métalliques, et même que l'ar-gent , le mercure et l’antimoine, puisqu'il décompose leurs sels. L’étain , mêlé avec le sublimé corrosif, dégage le mercure, même sans le secours de la chaleur, et l'on tire de ce mélange , à la distillation, un esprit de sel très-fumant, connu sous » le nom de liqueur de Libavius (2). » Au reste, les cristaux qui se forment dans la dissolution de l'étain par l'acide marin, se résolvent en liqueur par la plus médiocre chaleur , et même par celle de la température de l'air en été.

L'eau régale n’a pas besoin d'être aidée de la chaleur pour attaquer l'étain , elle le dissout même en grande quantité; une eau régale , faite de deux parties d’acide nitreux et d'une partie d'acide marin, dissout trèsbien moitié de son poids d’étain en grenailles (3), même à froid ; en délayant cette dissolution dans une grande quantité d’eau , l’étain se sépare de l'acide sous la forme d'une chaux blanche; et lorsqu'on mêle” cette dissolution ayec une dissolution d'or , faite de même par l’eau régale, et qu'on les délaie dans une grande quantité d’eau , ilse forme un précipité couleur de pourpre, connu sous le nom de pourpre de Cassius , et précieux par l'usage qu'on enfait pour les émaux; l'étain a donc non-seulement la puissance d'altérer l'or dans son état de métal , mais même d'en faire une espèce de chaux dans sa dissolution, ce qu'aucun autre agent de la nature , ni même de Flart , ne peuvent PE (2) Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tom. 2 , pag. 238 et 239. f (3) Idem , pag. 373. « Cette dissolution, ajoute ce » savant chimiste, fournit quelquefois des cristaux » en aiguilles par une évaporation très-lente, »

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