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faire. C’est aussi avec cette dissolution d'étain dans l’eau régale , que l’on donne aux étoffes de laine la couleur vive et éclatante de l'écarlate; sans cela, le cramoisi et le Pourpre de la cochenille et de la gomme laque ne pourraient s'exalter en couleur de feu.
Les acides végétaux agissent aussi sur l’étain , on peut même le dissoudre avec le vinaigre distillé ; la crème de tartre l'attaque plus faiblement; l'alkali fixe en corrode la surface à l’aide d’un peu de chaleur; mais, selon M. de Morveau , ilrésiste constamment à l’action de l’alkali volatil (1).
Considérant maintenant les rapports de l'étain avec les autres métaux , nous verrons qu'il a tant d’aflinité avec le fer et le cuivre, qu'il s’unit et s'incorpore avec eux, sans qu'ils soient fondus ni même rougis à blanc; is retiendront l'étain fondu dès que leurs pores seront ouverts par la chaleur, et qu'ils commenceront à rougir ; l’étainenduira leur surface, y adhèrera , et mêmeil la pénétrera et s'unira à leur substance plus intimement que par un simple contact ; mais ilfaut pour cela que leur superficie soit nette ét pure, c’est-à-dire nettoyée de toute crasse ou matière étrangère; car en général les métaux ne contractent d'union qu'entre eux et jamais avec les autres substances ; il faut de même que l'étain qu’on veut appliquer à la surface du fer ou du cuivre soit purgé de toute matière hétérogène , et qu'il ne soit que fondu et point du tout calciné ; et comme le degré de chaleur qu'on donne au fer etau cuivre pour recevoir l’étamage , ne laisserait pas de calciner les parties de l’étain au moment de leur contact , on enduit ces métaux avec de la poix résine ou de la graisse , qui revivife les parties calcinées , et conserve à l’étain fondu son état de métal assez de temps pour qu'on puisse l’étendre sur toute la surface que l’on veut étamer.
Au reste, cet art de l'étamage, quoique aussi universellement répandu qu'anciennement usité (2), et qu'on n’a imaginé que
(1) L'étain nous a paru constamment résister à l'action de l'alkali volatil caustique , malgré que quelques chimistes aient avancé que dans Ja décomposition du vitriol ammoniacal par l'étain , l'alkali volatil entraîne un peu de ce métal, qui s'en sépare à la longue, ou qui est précipité par un acide. (Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tom. 3, pag. 652.)
(2) Pline en parle : « Stannum illiltum æneis vasis sapores gratiores facit , et compescit æruginis virus. » (Hist. nat., lib, 34, cap. 16.)
pour parer aux effets funestes du cuivre , devrait néanmoins être proscrit, ou du moins
soumis À un réglement de police, si l’on avait
plus de soin de la santé des hommes ; car
les ouvriers mêlent ordinairement un tiers
de plomb dans l’étain pour faire leur étamage sur le cuivre , que les graisses , les beurres ;: les huiles et les sels changent en vert-degris: or , le plomb produit des effets à la vérité plus lents, mais tout aussi funestes que le cuivre , on ne fait donc que substituer un mal au mal qu’on voulait éviter, et que même on n’évite pas en entier; car le vert-de-gris perce en peu de temps le mince enduit de l'étamage, et l'on serait épôuvanté si l'on pouvait compter le nombre des victimes du cuivre dans nos laboratoires et nos
cuisines. Aussi le fer est-il bien préféra-
ble pour ces usages domestiques, c'est le seul de tous les métaux imparfaits qui n'ait aucune qualité funeste; mais il noircit les viandes et tous les autres mets ; il lui faut donc un étamage d'’étain pur, et l’on pourrait , comme nous l'avons dit, s'assurer par l’eau régale (3) s’il est exempt d’arsénic ; et n’employer à l'étamage du fer que de l'étain épuré et éprouvé,
On se sert de résine, de graisse , et plus eflicacement encore de sel ammoniac ; pour empêcher la calcination de l'étain au moment de son contact avec le fer. En plongeantune lame de fer polie dans l'étaif fondu, elle se couvrira d’un enduit de ce métal : et l'on a observé qu’en mettant de l'étain dans du fer fondu , ils forment ensemble des petits globules qui décrépitent avec explosion.
Au reste, lorsqu'on pousse l’étain > ou plutôt la chaux d'étain à un feu violent , elle s'allume et produit une flamme assez vive après avoir fumé ; on a recueilli cette fumée métallique qui se condense en poudre blanche. M. Geoffroy, qui a fait ces observations,
ES TON RESORTS MSA CUIR
(3) Les étains que l'on appelle purs sont encore mélangés d'arsénic , à peine sont-ils touchés par l'eau régale qu'ils se ternissent , deviennent noirs et se converlissent en une poudre de la même couleur, dont il est aisé de retirer tout l’arsénic en la lavant une ou deux fois avec un peu d’eau distillée , qui, dissolvant le sel formé par la calcination de l'étain avec l'acide régulisé, laissera au fond du vase environ deux grains d'une poudre noire quiest du véritable arsénic. ...
L'arsénic, en quelque petite proportion qu'il soit mêlé avee l'étain , n'y en eût-il que 1/,548, se manifeste encore lorsqu'on expose ce mélange dans l'eau régale, (Recherches chimiques sur l'étain, par MM. Bayen et Charlard , pages 58 et suiv.) :
remarque aussi que dans la chaux blanche ou potée d'étain il se forme quelquefois des parties rouges ; ce dernier fait me paraît indiquer qu'avec un certain degré de feu on viendrait à bout de faire une chaux rouge d'étain, puisque ce n'est qu'avec un certain degré de feu bien déterminé , et ni trop faible , qu'on donne à la chaux de plomb le beau rouge du minium. ‘
Nous ne pouvons mieux finir cet article de l'étain qu’en rapportant les bonnes observations que MM: Cayen et Charlard ont faites sur les différents étains qui sont dans le commerce (1) ; ils en distinguenttrois sortes,
SRE TE ST AE re en ag ann ne EU dal
(1) Nous diviserons, disent-ils, tout l'étain qui se trouve dans le commerce intérieur du royaume :
1° En étain pur ou sans aucun mélange artificiel , tel enfin qn'il sort des fonderies; 2% en étain allié dans les fonderies même avec d’autres métaux À des titres prescrits par l'usage ou par les lois du pays; . 3° en étain ouvragé par les potiers , qui sont tenus de se conformer dans tout ce qu'ils font concernant leur art à des réglements anciennement établis, et aujourd'hui trop peu suivis.
L'étain pur ou sans mélange artificiel pourrait nous veuir d'Angletcrre, si, à ce qu'on assure, l'exportation n'en était pas prohibée par les lois du pays. Au défaut de celui d'Angleterre, il nous en est apporté en assez grande quantité des Indes.... On nomme ce dernier étain de Banca et de Malaca, ou simplement de Malac ; celui-ci nous arrive en petits lingots pesant une livre, et qui, à cause de leur forme ; ont élé appelés petits chapeaux ou écritoires.
L'étain qui se vend sous le uom de Banca se fait distinguer du précédent , et par la forme de ses lingots qui sont oblongs , el par leur poids qui est de quarante-cinq À cinquante livres, et même au-dessus : du reste, ces lingots de Banca et de Malaca n'ont point l'éclat ordinaire à l'étain ; ils sont recouverts d'une sorte de rouille grise ou crasse, d'autant plus épaisse qu'ils ont séjourné plus long-temps dans le fond des vaisseaux, dont ils faisaient vraisemblablement le lest...,
11 nous est arrivé de l'étain pur d'Angleterre en petits morceaux ou échantillons pesant chacun entre quatre et cinq onces ; leur aspect annonce qu'ils ont été détachées d'une groëse masse À l'aide du ciseau et du marteau.... Les côtés par où ils ont été coupés ont conservé l'éclat métallique, tandis que le côté ou la superficie externe est mamelonnée et cou verte d'une pellicule dorée, qui offre assez fréquemment les différentes couleurs de Ja gorge de pigeon...
Nous avons trouvé chez un marchand de l'étain pur, qu'il nous assura venir d'Angleterre, et qui en effet ne différait en rien pour la qualité de celui dont *
Lo l'étain tel qu’il sort des fonderies ,etsans mélange artificiel; 20 l'étain allié dans les fonderies , suivant l'usage ou la loi des difre-
rents pays (2) ; 3° l'étain ouvragé par les po-
tiers (3). Ces habiles chimistes ont reconnu , par des comparaisons exactes et multipliées, que les étains de Malaca et de Banca , ainsi que celui qu’ils ont reçu d'Angleterre , en petits échantillons de quatre à cinq onces, et aussi celui qui se vend à Paris, sousle nom d'étain doux, ont tous le plus grand et le même éclat; qu'ils résistent également et long-temps aux impressions de l'air sans se ternir ; qu'ils sont les uns et les autres si ductiles ou extensibles, qu'on peut aisément les réduire sous le marteau en feuilles aussi minces que le plus fin papier, sans y faire gerçure ; qu'onen peut plier une verge d'une ligne de diamètre quatre-vingts fois à angle droit sans la rompre ; que le cri de ces étains doux est différent de celui des étains aigres, et qu'enfin ces étains doux, de quelques pays
qu'ils viennent, sont tous de la même densité
ou pesanteur spécifique (4).
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nous venons de parler, cependant il avait Ja forme des pelis chapeaux qui pesaient chacun deux livres... Muis nous savons que les marchands sont dans l’habitude de réduire les gros lingots en petits pour se faciliter le détail de l'étain. .. . Tels sont les étains qui passent dans le commerce pour être les plus Purs, Ou, ce qui est la même chose, pour n'avoir reçu artificiellement aucun alliage. (Recherches chimiques sur l'étain, par MM. Bayen et Charlard , pag. 22 el suiv.)
(2; La seconde classe de l'étain que nous examinons comprend celui que nous tirons en très-grande quantité de l'Angleterre, d'où on nous l'envoie en lingots, d'environ trois cents livres ; nous les appelons gros saumons. Cet étain est d'un grand usage parmi nous, et il se déhite aux différents ouvriers en “petites ba- Buelles triaugulaires de neuf à dix Jignes de pourtour et d'environ un pied et demi de long... . . 11 n'est pas Pur, et selon M. Geoffroy , il a reçu en Angleterre même l'alliage prescrit par la loi du pays. (Recherches sur l'étain, etc., pag. 27.)
(3) A l'égard de la troisième classe , elle renferme 4 comme nous l'avons dit, tous les élains ouvragés , et vendus par les potiers d'étain, sous toutes sortes de formes. Le premier en rang est celui qu'ils vendent sous la marqued'’étain fin ; le second sous celle d'étain commun, et le troisième sous Je nom de claire étoffe ou simplement de claires. (Idem, pag. 28.)
(4) Recherches sur l'étain, par MM. Bayen et Charlard, pag. 29'et 30.
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