OS
avant cette décomposition du plomb en céruse, on peut compter plusieurs degrés et nuances par lesquels la galène passe de 7e premier état à des formes successives ; d’abord elle devient chatoyante à sa surface, et, à mesure qu’elle avance dans sa décomposition , elle perd de son brillant, et prend des couleurs rougeûtres et verdâtres. Nous parlerons dans la suite de ces différentes espèces de mines , qui toutes sont d’un temps bien postérieur à celui de la formation de la galène, qu’on doit regarder comme la mère de toutes les autres mines de plomb.
La manière de traiter ces mines en galène, uoique assez simple , n’est peut-être pas encore assez connue. On commence par concasser le minérai , on le grille ensuite en ne Jui donnant d'abord que peu de feu ; on l'étend sur l'aire d’un fourneau qu’on chauffe raduellement; on remue la matière de temps entemps, et d'autant plus souvent qu'elle est en plus grande quantité. S'il y ena vingt quintaux, il faut un feu gradué de cinq ou six heures ; on jette de la poudre de charbon sur le minérai afin d'opérer la combustion des parties sulfureuses qu'il contient ; ce © charbon, en s'enflammant, emporte aussi l'air fixe de la chaux métallique ; elle se réduit dès lorsen métal coulant à mesure qu'on remue le minérai et qu’on augmente le feu ; on a soin de recueillir le métal dans un bassin où l’on doit le couvrir aussi de poudre de charbon pour préserver sa surface de toute calcination : on emploie ordinairement quinze heures pour tirer tout le plomb contenu dans vingt quintaux de mine , et cela se fait à trois reprises différentes ; le métal provenant dela première coulée ; qui se fait au bout de neuf heures de feu, se met à part lorsque la mine de plomb contient de l'argent; car alors le métal qu'on recueille à cette première coulée, en contient plus que celui des coulées subséquentes. La seconde coulée se fait après trois autres heures de feu , elle est moins riche en argent que la première ; enfin la troisième et dernière , qui est aussi la plus pauyre en argent, se fait encore trois heures après ; et cetie manière d'extraire le métal à plusieurs reprises esl très-avantageuse dans les travaux en grand , parce que l'on concentre, pour ainsi dire, par cette pratique , tout l'argent dans la premiére coulée , surtout lorsque la mine n'en contient qu'une petite quantité ; ainsi on n’est pas obligé de rechercher l'argent dans la masse entière du plomb, mais seulement dans la portion de THÉORIE DE LA TERRE. Tome III.
‘à Bayard , diocèse d'Uzès ; dans le même ter
cette masse qui est fondue la première (1). Nous avons en France plusieurs mines de
plomb , dont quelques-unes sont fort abon-
dantes et en pleine exploitation : celles de
la Croix, en Lorraine , donnent du plomb, de l'argent et du cuivre. Celle de Hargenthen , dans la Lorraine allemande, est remarquable en ce qu’elle se trouvemélée avec du charbon de terre (2) : cette circonstance démontre assezque c'est une mine de seconde formation. Au Val-Sainte-Marie , la mine a les couleurs de l'iris et est en grains assez gros; celles de Sainte-Marie-aux-Mines et celles de Stenbach en Alsace contiennent de l'argent ; celles du village d'Auxelles n'en tiennent que peu ;etenfin les mines de Saint- Nicolas et d'Astenbach sont de plomb et de cuivre (3).
Dans la Franche-Comté , on a reconnu un filon de plomb à Ternan , à trois lieues de Château-Lambert ; d’autres à Frêne , à Plancher-lès-Mines , à Body , etc.
En Dauphiné, on exploite une mine de plomb dans la montagne de Vienne; on en a abandonné une autre au village de la Pierre ; diocèse de Gap , parce que les filons sont devenus trop petits ; il s’en trouve une à deux lieues du bourg d'Oisans , qui a donné cinquante-neuf livres de plomb et quinze deniers d'argent par quintal (4).
En Provence , on en connaît trois ou quatre (5), et plusieurs dans le Vivarais (6) , le Languedoc (7), le Roussillon (8) et le comté
(1) Observations métallurgiques de M. Jars, Méw. de l'Académie des sciences , année 1770 , pag. 515.
(2) Traité de la fonte des mines de Schlutter ,
(3) Idem, ibid., pag. 11 et 12.
(4) Idem, ibid., pag. 13 et suiv.
(5) En Provence il y a des mines de plomb au territoire de Ramatuelle, dans celui de la Roque ; à Beaujeu, au territoire de la Nolle ; dans celui de Luc, diocèse de Fréjus , etc. { Idem, ibid.,
pag. 21.)
(6) Dans le Vivarais , six mines de plomb nt argent , près de Tournon.... Autres mines de re
de Bayard , il y à d'autres mines de plomb à Ranchine et à Saint-Loup.… d'autres à une lieue de Nancé , paroisse de Babours , tenant plomb et argent. (Idem, ibid., pag. 22 et 23.)
(7) En Languedoc il y a des mines de plomb à Pierre Cervise , à Auriac, à Cascatel , qui donnent du cuivre , du plomb et de l'antimoine.… yen a d'autres dans la montagne Noire près la vallée de Corbières. (Idem , ibid., pag. 26.)
(8) Dans le Roussillon il y a une mine de plomls
RS et. 0 dd
de Foix (1), le pays de Comminges (2). On trouve aussi plusieurs mines de plomb dans le Bigorre (3), le Béarn (4) et la Basse-Navarre (5). |
Ces provinces ne sont pas les seules en
France dans lesquelles on ait découvert et travaillé des mines de plomb , ül s'en trouve aussi , et même detrès-bonnes dans le Lyonnais (6), le Beaujolais (7) , le Rouergue (8),
entre les territoires de Pratès et ceux de Manère et Serra-Longa.... Autres mines de plomb à rognons dans le territoire de Torigna ; ces mines sont en partie dans les vignes, et on les découvre après des pluies d'orage ; les paysans en vendent le minérai aux potiers.... La même province renferme encore d'autres mines semblables. ( Traité de la fonte des mines de Schlutter, tom. 1, pag. 35.) (1) Dans le comté de Foix , mines de plomb tenant argent à l'Aspie..….. Autre mine de plomb dans la montagne de Montronstand.... Autre au village de Pesche près Château-Verdun. ... Autre dans les environs d'Arques, qui est en feuillets fort serrés et (rès-pesants. (Idem , ibid., pag. 41.) (2) Dans le comté de Comminges , il y a une belle mine de plomb près Jends, dans la vallée de Loron… Une autre dans la vallée d'Arboust, tenant argent ..… Une autre tenant aussi argent , dans la vallée de Luchon.... et d'autres dans la ville de Lége, et dans la montagne Souquette; cette dernière tient argent et or... La montagne de Geveiran est pleine de mines de plomb et de mines d'argent , que les Romains ont travaillées autrefois... 11 y a encore plusieurs sutres mines de plomb dans le même comté, ( Idem, {bid., pag. 43 et suiv.) , (3) Dans le Bigorre il y a une mine de cuivre verte À Gaverin.…. Une autre à Consrette, au-dessus de Barrage... Dans la montagne de Castillan proche Peyre-Fite , il y a des mines de plomb qu'on ne peut travailler que trois ou quatre mois de l’année, à cause des neiges... Autres mines de plomb à Streix, dans la vallée d'Auzun.... À Porchytte et dans plusieurs eutres lieux du Bigorre. (Idem , ihid., pag. 46 et47.) (4) Dans le Béarn il ÿ a une mine de plomb sur la montagne de Habal , à cinq lieues de Larmes , qui est en exploitation , et qui rend cinquante pour cent... El une autre mine de plomb dans la montagne de Monheins. (Idem , ibid., pag. 50 et 52.) Daus la Basse-Navarre, Ja montague d'Agella, rue Ja vallée d'Aure , renferme plusieurs mines mb tenant argent... Celle d'Avadec contient aussi uue mine de plomb tenant argent..., Dans les Pyrénées il ya de même des mines de plomb dans la montagne de Belonca..….. Dans celle de Ludens,.. de Portuson , de Varan , et plusieurs autres endroits, (Idem , ibid., pag. 54, 55, 57 et suiv. )
(6) Dans le Lyonnais il y a des mines de plomb près Saint-Martin-de-la-Plaine. ... D'autres près de Tarrare , dont les échantillons n'ont donné que huit livres de plomb et trente grains d'argent par quintal. (Adem , ibid., pag. 31.)
, art fn “LL d
le Limosin (9), l'Auvergne (10), le Bourbonnais (11), Anjou (12), la province de Normandie (13) et la Bretagne (14), où celles de Pompéan et de Poulawen sont exploitées avec succès ; on peut même dire que celle de Pompéan est la plus riche qui soit en France, et peut-être en Europe : nous en avons au Cabinet du Roi un très-gros et trèspesant morceau, qui m'a été donné par feu M. le chevalier d’Arcy, de l’Académie des sciences.
M. de Gensanrie , l'un de nos plus habiles minéralogistes , a fait de bonnes obserblind cul eee os. ira her 2 HE
(7) Dans le Beaujolais il Ya des mines de plomb près da Rhône , dans un lieu nommé Guyon...
D'autres à Consens-en-Forès » à Saint-Jnlien-Molio- Molette , etc. ; il y en a encore plusieurs autres dans celle province, (Traité de la fonte des mines de Schlutter , tom. 1 » pag. 32.)
(8) Idem, ibid., pag. 30.
(9) Dans le Limosin il y a une mine de plomb à Fargens , à une demi-lieue de Tralage..….. Une autre dans la paroisse de Vieq , élection de Limoges , et à Saint-Hilaire une autre mine de plomb tenant étain ; ilya encore d'autres mines de plomb qu'on soup- £onne tenir de l'étain, (Idem, ibid., pag. 59)... Les meilleures mines de plomb du Limosin sont celles de Glanges , Mercœur et Issoudun : cetic dernière donne soixante-cinq à soixante-dix livres de plomb par quintal de minérai; mais ce filon est très-mince. (Note communiquée par M. de Grignon , en octobre 1782.)
(10) En Auvergne il Y a une mine de plomb, à Combres, à deux lieues de Pontgibaud ; elle ne rend que ciay livres de plomb par quintal , maïs cent livres de ce plomb donnent deux mares et une once d'argent ; elle est abandonnée... fl Y a d’autres mines de plomb à Chades, entre Riom et Pontgibaud , €t d'autres dans l'élection de Riom. (Traité de la fonte des mines, par Schlutier , tom. 1 , pag. 60 et 61.)
(11) Dans le Bourbonnais il y a des mines de plomb dans l'enclos des Chartreux de Moulins et dans le Village d'Uzès. (Idem , ibid, pag. 62.)
(12) En Anjou, selon Piganiol, il y a des mines de plomb dans la paroisse de Corcelle.… Une autre à Montrevaux ; cette dernière a été travaillée et eusuite abandonnée. (Idem , ibid. , pag. 64.)
(13) En Normandie ily a une mine de plomb à Pierreville, auprès de Falaise. (Idem, ibid., pag. 68.)
(14) En Bretagne il y a une mine de plomb à Pompéan ; en 1733 et 1734 , le minérai donnait jusqu'à soixante-dix-sept livres pour cent de plomb , et ce plomb rendait trois onces au plus d'argent par quintal... Il y a encore d'autres mines de plomb à Borien, Serugnat, Poulawen, Ploué, Loquefré, le Prieuré, la Feuillée , Ploué-Norminais , Carnot , Plucquets , Trebiran, Paul et Melcarchais. (Idem, ibid, A pag. 70.)
* Se sn SE D D
nn, mL don. Te A
vations sur la plupart de ces mines ; il dit que ; dans le Gévaudan , on en trouve en une infinité d'endroits ; que celle d’Alem, qui est à grosses mailles, est connue dans le pays sous le nom de vernis » PEER les habitants la vendent aux potiers pour vernisser leurs terreries ; il ajoute que les veines de cette mine sont pour la plupart horizontales , et dispersées sans suite dans une pierre calcaire fort dure (1). On trouve aussi de cette mine à vernis en grosses lames auprès de Combette, paroisse d'Ispagnac (2).
Le docteur Astrue avait parlé, plusieurs années auparavant, d’une semblable mine près de Durford , dans le diocèse d’Alais , qu'on employait aussi pour vernisser les poteries (3). M. de Gensanne a observé dans les mines de plomb de Pierre-Lade , diocèse d'Uzès, que l'un des filons donne quelquefois de l'argent pur en filigranes , et qu'en général ces mines rendent quarante livres de plomb, et deux ou trois onces d'argent par quintal ; mais il dit que le minérai est de très-diflicile fusion, parce qu'il est intimement mélé avec de la pierre cornée.
Dans la montagne de Mat-Imbert , il y a deux gros filons de mines de plomb riche en argent ; ces filons, qui ont aujourd'hui trois à quatre toises d'épaisseur , d’un très-beau spath piqueté de minéral , traversent deux montagnes , et paraissent sur plus d'une lieue de longueur ; il y a des endroits où leur gangue s'élève au-dessus du terrain de cinq à six toises de hauteur (4). Cet habile minéralogiste cite encore un graud nombre d'autres mines de plomb dans le Languedoc, dont plusieurs contiennent un peu d'argent, et dont le minéral parait presque partout à la surface de la terre. « Près des bains de la » Malon , diocèse de Béziers , on ramasse, » dit-il, presque à la surface du terrain, des » morceaux de mine de plomb dispersés et » enveloppés dans une ocre jaunûtre ; il » règne tout le long de ce vallon une quan- » tité de veines de plomb, d'argent et de » cuivre; ces veines sont la plupart recou- » vertes par une espèce de minéral ferrugi-
» neux d'un rouge de cinabre , et tout à fait
nee ns
(1) Histoire naturelle du Languedoc , tom. 3, °°) Idem , ibid., pag. 238.
(3) Bibliothèque raisonnée , juillet, août et septembre 1759.
. (4) Histoire naturelle du Languedoc , par M. de Gensanne ; tom. 2, pag. 163 et 164.
» semblable à de la minè de mercure (5)...
Dans le Vivarais, M. de Gensanne indique les mines de plomb de l'Argentière ; celles des montagnes voisines de la rivière de la Douce; celles de Saint-Laurent-lès-Bains à du vallon de Mayres, et plusieurs autres qui méritent également d'être remarquées (6); il
(5) Histoire Naturelle de Languedoc, par M. de Gensanne , tom. 2, pag. 163 et 164.
(6) La petite ville de l'Argentière, en Vivarais, lire son uom des mines de plomb et argent qu'on y exploitait autrefois.... Il n'y a point de veines réglées; le minéral s'y trouve dispersé dans un grès très-dur , ou espèce de granit, qui forme la masse des montagnes qui environnent l'Argentière. Ce minéral est à grains fins, semblables aux grains d'aaier $ il rend au-delà de soixante livres de plomb, et depuis quatre jusqu’à cinq onces d'argent au quintal...- Il n'y a que la crête de ces montagnes qui ait été atlaquée, et il s'en faut bien que le minérai y soit épuisé. ... Il y a sur des montagnes, depuis Vuls jusqu'à la rivière de la Douce, dans la paroisse de Serre-Mejamines, quantité d'indices de mines do
plomb; mais un phénomène bien singulier, c'est
qu'on trouve sur la surface de ce terrain des morceuux de mine de plomb plâtreux, semblables à de la pierre à chaux, qui renferment des grains de plomb naturel, dont quelques-uns pèsent jusqu'à demionce.... La matière dure et terreuse qui renferme ces grains rend elle-même jusqu’au-delà de quatrevingls pour cent de plomb....
En descendant de ces huutes montagnes dans le vallon de Saint-Laurent-lès-Bains , mous avons re— marqué quelques veines de mine de plomb. 11 y en a une surtout considérable au bas de ce village, sur la surface de laquelle cn remarque plusieurs filets de spath d'une très-belle couleur d'améthyste. .. .
Il y a peu de cantons dans le Languedoc où il y ait autant de minéraux que le long du vallon de Mayres, surtout aux montagnes qui sont au midi de cette vallée, On commence à apercevoir les veines de ces minéraux auprès de la Narce, village situé sur la monlagne du côté de la Chassade. Il y a auprès des Artch.... une montagne qui nous a paru toute composée de mines de plomb et argent. On en trouve des veines considérables au pied du village de Mayres-
En montant du Chayla, au bas du château de Ja Chaise , on trouve près du chemin un très-beau filon de mine de plomb. 11 y en a plusieurs de méme nature près le village de Saint-Michel.
La montagne qui s'étend depuis Beaulieu à Éthèses jusqu'au-delà de Vincieux:, est traversée par un graud nombre de filons de mine de plomb, dont une grande partieest exploitée par M. de Plumestein, qui en a la concession de Sa Majesté... Le filon d'Éthèses a environ deux pieds de largeur et est entremêlé d'une terre noire.... Le filon de Broussin est magnifique... 11 y a des endroits où le minéral pur a près de quatre pieds de largeur. ... Comme ce minéral ne tient presque pas d'argent, on en sépare le
Re CLP D | À ne ie M — ut
en a aussi reconnu quelques autres dans différents endroits de la province du Vélay (1).
En Franche-Comté , à Plancher-lès-Mines, dans la grande montagne , les mines sont de
“plomb et d'argent; elles sout ouvertes de
temps immémorial, et on y a fait des travaux immenses : on voit à Baudy , près de Chàteau-Lambert, un filon qui règne toutlelong d’une petite plaine sur le sommet de la montagne. Cette veine de plomb est sous une roche de granit, d'environ trois toises d’épaisseur , et qui ressemble à une voûte en pierres sèches qu’on aurait faite exprès, elle s'étend sur toute la longueur de la plaine en forme de crête (2). Nous observerons sur cela que cette roche ne doit pas être de granit primitif, mais seulement d'un granit formé par alluvion , ou peut-être même d'un grès à gros grains , que les observateurs confondent souvent avec le vrai granit.
Et ce qui confirme ma présomption , c’est que les mines ne se trouvent jamais dans les montagnes de granit primitif, mais toujours dans les schistes ou dans les pierres calcaires qui leur sont adossées. M. Jaskevisch dit, en parlant des mines de plomb qui sont
plus pur pour les potiers du diocèse, sous le nom de vernis. Le surplus , qui se trouve mêlé de blende ou de roche, est porté à la fonderie de Saint-Julien, où l'on en extraitle plomb... 11 y a un autre filon de mine de plomb à Baley, paroisse de Talancieux, qui n'est pas riche. ( Histoire naturelle du Languedoc, par M. de Gensanne, tom. 3, pag. 178 et suivantes. )
(1) On trouve dans le canton (de la paroisse de Brignon en Vélay) une très-belle mine de plomb, dont la veine est très-bien caractérisée..., Nous avons trouvé dans les bois voisins de Versillac un très-beau filon de mine de plomb... Du côté d'Icenjaux nous avons reconnu, en différents endroits , des marques très-caractérisées de mine de plomb..., Vers Saint-Maurice-de-Lignan et de Prumières nous avons trouvé quantité de marques de mine de plomb parmi les rochers de granit.... On voit auprès de Monistrol plusieurs anciens travaux sur des mines de plomb ; celle qu'on appelle la Borie est des plus considérables. Les gens du pays nous ont assuré qu'il y a beaucoup de minéral dans le fond des travaux qui ne sont qu'à vingt-cinq toises de profondeur; mais qu'on avait été obigé de les abandonner, à cause de la quantité d'eau qui s’y trouvait.... À peu de distance de cet endroit est la miue de Nant, dont on vend le minéral aux poliers : la veine ne donne que par rognons.... Il y a encore plusieurs autres mines et indices de mines de plomb dans ce diocèse. (Traité de la foñte des mines de Schlutter , pag. 236,
(2) Histoire naturelle du Languedoc, par M. de Gensanne, tom. 2, pag. 19 et suivantes.
à quelque distance de Fribourg en Brisgau, que ces mines se trouvent des deux côtés de la montagne de granit, et qu’il n’y en a aucune trace dans le granit même (3).
En Espagne, M. Bowles a observé plusieurs mines de plomb dont quelques-unes ont donné un très-grand produit, et jusqu'à quatre-vingts livres par quintal (4).
En Angleterre , celle de Mendip est une galène en masse, sans gangue et presque pure (5) ; il y a aussi de très-riches mines de
(3) A quelque distance de Fribourg en Brisgau il y a plusieurs mines qui avaient été abandonnées, mais que l'on exploite de nouveau, ... La montagne de Grensem , où se trouvent plusieurs de ces mines de plomb , est adossée à une montagne de granit... Toutes les pierres qu'on y trouve sont de vrai granit grisâtre, à fort pelits grains, avec des points de schorl noir, ressemblant beaucoup au granitello d'Italie. Du côté opposé de cette montagne est une autre mine de plomb dont le minérai est ‘une galène ; sa gangue est de spath calcaire. La montagne granilique
se trouve donc entre les montagnes calcaires qui ren-
ferment les mines, ( Voyages de M. Jaskevisch , dans le supplément au Journal de Physique du mois d'octobre 1:82.)
(4) 11 y a une mine de plomb à deux lieues d'Orellena , sur le chemin de Zalamea : cette mine est dans une-petite éminence..… La veine coupe directement la pierre d'ardoise, elle est dans le quartz. ( Histoire naturelle d'Espagne, par M. Bowles, pag. 57.) — Dans la province de Jaen en Espagne , aucune mine ne se trouve dans la pierre calcaire, et il y en a une de plomb près de Limarès , dans du granit gris ordinaire. La veine a dans certains endroits soixante pieds de large , et dans d'autres pas plus d'un. Les salbandes qui enveloppent la veine sont d'argile, mais ces salbandes sont souvent à découvert et se mélent avec le granit... De ces salbandes qui accompagnent les mines en général , l'une soutient le filon par-dessous et l'autre lecouvre par-dessus, et c'estla plus grosse... Cette mine de plomb est ordinairement en veines, Mais on y trouve aussi des rognons.... on en a trouvé un si abondant , que, pendant quatre ou cinq ans, il fournit une quantité prodigieuse de plomb dans un éspace de soixante pieds de large, sur autant de long, et autant de profondeur... C'est une véritable galène à gros grains, qui donne pour l'ordinaire soixante à quatre-vingts livres de plomb par quintal.... et comme ce plomb ne contient que trois ou quatre onces d'argent par quintal , il ne vaut pas la peine d'étre coupellé. ( Idem, pag. 417 et suivantes. )
(5) La mine de Mendip, dans le comté de Sommerset , est en quelques endroits en filons perpendiculaires , tantôt plus étroits , tantôt plus larges; cette mine ne forme qu'une masse, et elle contient du plomb pur, exccpté à la surface , où elle est mélée d'une terre rouge. ( M. Guettard , Mémoires de V'Académie des sciences , année 1762, pag. 321 et suivantes, )
a A F7 pe" Re À dns.
# DES MINÉRAUX. au
ce métal dans la province de Derby (1) G ainsi que dans les montagnes des comtés de Cardignan et de Cumberland (2), et l'on en connaît encore d'aussi pures que celles de Mendip dans quelques endroits de l'É.
cosse (3). . Paper
M. Guettard a reconnu des indices des mines de plomb en Suisse (4) , et il aobservé de bonnes mines de ce métal en Pologne ; elles sont , dit-il, abondantes et riches en argent (5)- I dit aussi que la mine d’Olkus-
ET ne RPUERUET PERTTUS PO SNEEQREE : PME ANT TA M
1) On trouve en Derbyshire des veines de plomh très-considérables , dans une pierre à chaux coquillière, à laquelle on donne un très-beau poli, et dont on fait plusieurs ouvrages... Toutes les mines de cette province sont très-riches en argent, et sont dans des montagnes récentes dont les pierres contiennent des corps marins.... Cependant en Derbyshire, comme ailleurs, la pierre à chaux est posée sur le schiste..…. Malgré cette exception , il n'en est pas moins vrai que les montagnes de nouvelle formation renferment rarement de vrais filons de mine. ( Lettres sur la Minéralogie, par M. Ferber , note, pages 56 et suivantes. )
(2) On sait qu'en général toutes les montagnes du comté de Cardignari en Angleterre sont remplies de mines de plomb qui contiennent de l'argent... Dans les montagnes de Cumberland , ily a du cuivre , de l'or et de l'argent , et du plomb noir. (M. Guettard, Mémoires de l'Académie des sciences, année 1746, pag- 385.) £
(3) I y a trois sortes de mines de plomben Écosse; la première , nommée Lum-lead, est presque de plomb pur ; la seconde , Swelling-lead ou Smethon, est la . mine triée ; La troisième, la mine pauvre. On ne fond pas la première ni la seconde; on les vend aux potiers de terre pour vernir leurs poteries. (Traité de Ja fonte des mines de Schlutter , tom. 2, pag. 325. )
(4) Les Alpes du canton de Schwitz renferment des mines de plomb. ( Mémoires de l'Académie des sciences , anuée 1752, pag. 330, }— Scheuchzer dit qu'ily a une mine de plomb au-dessus de Zillis en Barenwald , une autre de plomb et de cuivre à Anneberg. (Idem, pag. 333.) — La vallée de Ferrera, les environs de Schams , de Davos et de Disentis fournissent du plomb. (Idem, ibidem.)— Dans les environs du Grimsel en Suisse il y a des veines de plomb. ( Idem, pag. 336.)
()Hya à Olkuszar, dans le domaine de l'évé que de Cracovie, une mine de plomb sans matière étrangère , qui est écailleuse. Ses épontes ou salban des sont d’une terre calcaire.... Une autre mine de plomb trouvée dans les Karpacs est à petites écailles et contient beaucoup d'argent gris ; une troisième est à petites écailles avec des veines d'une terre jaune d’ocre, une quatrième est aussi écailleuse, pure et en masse , composée d'espèces de grains mal liés, de sorte qu'on dirait que cette mine a passé par le feu ; <es deux dernières se trouvent aussi dans les Kar-
zow , diocèse de Cracovie , est sans matière étrangère.
11 y a dans la Carinthie des mines de plomb qui sont en pleine exploitation; elles gisent dans des montagnes calcaires , et l'on en tire par année vingt mille quintaux de plomb (6). Les mines de plomb que l'on trouve dans le Palatinat en Allemagne, sous la forme d'une pierre cristallisée , sont exemptes de même de toute matière étrangère ; ce sont des mines en chaux qui, comme celle de plomb blanche , ne contiennent en effet que du plomb , de l'air et de l'eau , sans mélange d'aucune autre matière métallique (7).
On voit par cette énumération qu'il se trouve un grand nombre de mines de plomb dans presque toutes les provinces de l'Eu-
paes.... Les mines d'Olkutz en Pologne ont été tra— vaillées dès le quatorzième siècle ; on y voit plusieurs puits , dont quelques-uns descendent jusqu'à quatrevingts brasses de profondeur. Leur situation est au pied d'une pelite montagne qui s'élève en pente douce. Le minérai de ces mines est la galène couleur de plomb; elle est sans mélange de cailloux ni de sable, ni d'aucune autre substance... Le minérai est répandu dans une terre jaunâtre, mélée d'une pierre semblable à la calamine et à de la pierre à chaux dans quelques endroits ; cette terre contient aussi des fragments d’une pierre ferrugineuse qui a élé trèsutile pour la fonte du minérai... À la profondeur de cinq ou six brasses on trouve d'abord une espèce de pierre à chaux, et dès la dixième brasse on rencontre Ja veine du minéral, qui, dans quelques endroils, n'a que deux ou trois pouces , et dans d'autres jusqu'à une demi-brasse d'épaisseur. ... On tire de ce plomb onze mares et demi d'argent, sur soixante-dix quintaux de plomb. (M. Guettard, Mémoires de l'Académie des sciences, année 1762, pag. 319, 321 et suivantes.)
(6) On trouve dans les mines de -Bleyberg en Carinthie plusieurs sortes de minérais. 1° Le plombage ou plomb compacte presque malléable, çouleur de vrai plomb minéralisé avec le soufre et l'arsénic ; 20 la galène de plomb cristallisée en cubes ou en 0etaèdres ; 30 la craie parsemée de petits points de galène de plomb qui forment de jolies dendrites ; 4° le plomb spaiheux , couleur de jaune clair » jusqu'à l'oranger blanc, couleur de plomb transparent, couleur de vert-pâle. .. . ete. (Voyage de M. Jaskevisch, dans le supplément au Journal de Physique du mois d'octobre de l’année 1782.) :
(7) Dans le haut Palatinat à Fregung il y a une mine de plomb qui n'est mélée d'aucun autre métal, et par conséquent excellente pour l'usage de la coupelle ; elle est en partie sous la forme d'une pierre cristalline ; le reste n'est pas si riche en plomb et paraît plus farineux. (Collection académique , partie étrangère , tom. 2, pag. 2.)
L”. his
rope ; les plus remarquables, ou plutôt les mieux connues , sont celles qui contiennent une quantité considérable d'argent ; il y en a de toute espèce en Allemagne (1), de même qu'en Suède , et jusqu'en Norwége.
On ne peut gpère douter qu'il n'y ait tout autant de mines de plomb en Asie qu’en Europe ; mais nous ne pouvons indiquer que le Petitnombre de celles qui ont été remarquées par les voyageurs, et ilen est de même de celles de l'Afrique et de l'Amérique. En Arabie, selon Nieburh , il y a tant de mines
(1) La mine de plomb et d'argent de Rammelsberg.
est en partie très-pure , et en partie mélée de pyriles cuivreuses et de soufre ; et dans le milieu de ces pyrites on trouve quelques veines de mines de plomb brillantes... . Le produit de cette mine est en argent, depuis un gros jusqu'à une once, et en plomb depuis six jusqu'à quarante livres par quintal, On ne peut réduire celte mine en moindre volume par le bocard et le lavage, parce que sa gangne est trop dure et trop pesante; maiselle a l'avantage d’être assez pure, ainsi on peut la regarder comme une mine triée ; à Cause de sa dureté, on attend qu'elle ait reçu trois grillages avant de l'essayer.... Les mines qui se tirent des minières de Halzbrucke ne contiennent par quintal que depuis une demi-once jusqu'à deux onces et demie d'argent ; mais elles rendent depuis vingthuit jusqu'à soixante-cinq livres de plomb par quiutal; ainsi, comme elles sont tendres , on les grille seules, et on ne leur donne que deux feux pour les ajouter ensuite aux autres dans la fonte...
Où trouve à Foelgebaugen de la mine de plomb à gros brillants dont le quintal rend depuis soixantedix jusqu'à quatre-vingts livres de plomb , et depuis six gros jusqu'à une once et demie d'argent ; on ÿ trouve aussi de la mine de plomb à petits brillants , contenant un peu plus d'argent et moins de plomb : on trie les meilleurs morceaux de ces mines, et on
-pile et lave le reste ; mais le tout doit être grillé...
Dans le haut Hartz le produit des mines pilées varie beaucoup : il y en a dont le quintal ne tient qu'une demi-once d'argent , d'autres qui en contiennent jusqu'à un marc.... Celles d'Andreasberg sont plus riches, parce qu'on y trouve de l'argent vierge et de la minera argenti rubra, dont les grillages fournissent beaucoup d'argent; enfin, il y en a d'autrés qui, sans argent vierge ni même d'argent rouge, fournissent encore plus d'argent...
Les mines qu'on tire dans le comté de Stolberg , à Strelzberg , sont de plomb et d'argent , mélées d'un peu de pyrites et de mine de cuivre. I1 se trouve aussi dans les mêmes filons de la mine de fer jaune et blanche qu'on ne peut en séparer entièrement , ni en pilant ni en lavant le minéral; ainsi on la trie le mieux qu'ils est possible, en la pilant grossièrement et la faisant passer par un crible. (Traité de la fonte des mines de Schlutter , tom. 2 , pag. 162, 182, 186, 196 et 328.) * ;
de plomb dans l'Oman , et elles sont si riches, qu'on en exporte beaucoup (2). A Siam, les voyageurs disent qu'on travaille depuis long-temps des mines de plomb et d’étain (3). En Perse, dit Tavernier , on n'avait ni plomb ni étain que celui qui arrivait des pays étrangers; mais on a découvert une mine de plomb auprès de la ville d'Yerde (4). M. Peyssonel a vu une mine de plomb dans l'ile de Crète, dont il a tiré meuf onces de plomb sur une livre, et une très-petite quantité d'argent ; il dit qu'en creusant un peu plus profondément, on découvre quelquefois des veines d’un minérai de couleur grise , taillé à facettes brillantes , mêlé de soufre et d’un peu d'arsénic, et qu'il a tiré d'une livre de ce minérai sept onces de plomb et une dragme d’argent (5). En Sibérie, il se trouve aussi nombre de mines de plomb dont quelques:
unes sont fort riches en argent (6).
Nous avons peu de connaissances des mines de plomb de l'Afrique; seulement le docteur Shaw fait mention de ‘celles de Barbarie, dont quelques-unes, dit-il, donnent quatre-vingts livres de métal par quintal (2)-
Dans l'Amérique septentrionale, on trouve de bonnes mines de plomb aux Illinois (8), tertiaire dséannisanentiht
(2) Description de l’Arsbie , pag. 125.
(3) Histoire générale des Voyages , tom. 18” pag. 307.
(4) Idem , tom. 10, pag. 656.
(5) Histoire de Crète, manuscrite , par M. Peyssonel.
(6) À quelque distance d'Argunsk en Sibérie , et à quelques verstes de l'ancienne mine d'Hldikim, on # découvert un nouveau filon d'un beau minéral luisant , très-foncé , mélé d'un peu de gravier qui contient deux onces d'argent, et plus de cinquante livres de plomb par quintal. Il y a encore d'autres minéruis dont on tire trois onces d'argent et soixante-quatorze livres de plomb, et l'argent qu’il donne contient de l'or. (Histoire générale des Voyages, tom. 18, pag. 209.)
(7) Les mines de plomb de Jibbel-ris-sass près d'Hamman-leef, celles de Wamard-réese et celles de Benibootateb sont toutes fort riches , et l'on en pourrail certainement tirer de grands trésors si elles étaient mieux travaillées. ... On tire aisément par le feu 80 livres de métal d’un seul quintal de mine. . .» Il y en a aussi dans les terres d'Alger et surtout dans une baute montagne appelée Fan-nafl-réese, dont le sommet est couvert de neige. Après de grandes pluies , les torrents qui découlent de cette montagne charrient des grains et pailles de ce minéral , lesquels s'arrêtent sur ces bords, brillent comme l'argent à la lueur du soleil. (Voyages de Shaw, tom. 1, pag. 49 et 306.)
(8) Dans le pays des Illinois il y a des mines de
au Canada {1}, en Virgnie (2); il y en a aussi beaücoup au Mexique (3) , et quelques-unes au Pérou (4).
Toutes + mines de plomben galène affeclent une figure hexaèdre en lames écailleuses ou en grains anguleux;et € esten effet sous cette forme que la nature a établi les mine primordiales de ce métal ; toutes celles qui se présentent sous d'autres formes ne proviennent que de la décomposition de ces premières mines dont les détriments , saisis par les sels de la terre , et mélangés d'autres minéraux , ont formé les mines secondaires de céruse ; de plomb blanc (5), de plomb vert,
lomb dont on peut tirer soixante-seize ou quatrevingts livres de plomb par quintal.... Ce plomb contient un peu d'argent. (M. Guettard » Mémoires de l'Académie des sciences, année 1752, page 210.) (1) 1 y a une mine de plomb À la baie Saint-Paul,
à vingt-cinq lieues de Quebec. qui est dans une grande montagne... Les filons de cette mine de Saint-Paul sont placés perpeudiculairement dans le rocher.... Les pierres que l'on trouve à la surface ou à peu de profondeur ne sont.qu'environnées de métal à la surface, et à mesure que l'on descend les pierres en sont plus pénétrées. Les veines sont de différentes largeurs, et
sont peu éloignées les unes des autres. (Idem, pag. 210
et suiv.)
"(2) La Virginie a des mines de plomb auxquelles on a travaillé et qui sont aujourd'hui abandonnées. (Histoire générale des Voyages, tom. 14, pag. 508.)
(3) Le canton d'Yzquiquilpa, à vingt-deux lieues de Mexico, aboude en mines de plomb.... La province de Guaxaca renferme la montagne Itz-qui-tepe-
ue , où il se trouve quantité de veines de plomb; celle de Guadalajara renferme dans ses montagnes beaucoup de mises d'argent et de cuivre mélées de plomb. Il s'en trouve aussi de plomb et d'argent dans la province de la nouvelle Biscaie.... Et autrefois on en tiraîit aussi beaucoup de la province de Chiapa. (Idem , tom. 12, pag. 648.)
(4) Le corrégiment de Guanta , dans le diocèse de Guamanga au Pérou , a des mines de plomb. (Idem, pag- 648.)
(5) La mine de plomb blanche qui se trouve dans celle de Ponlaouen en Bretagneest en assez gros cristaux, de forme prismatique, irrégulièrement striés dans leur longueur , d'un blanc de nacre lransparent, qui dounent au quintal quatre-vingts livres de plomb tenant un peu d'argent... Celle mine de plomb blanche , quoi qu'en dise Vallerins , est parfaitement soluble par tous les acides... Elle ne contient point d'arsénic, quoique Vallerius l'ait assuré, ni d'acide marin, comme le prétend M. Sage.... Les mines de plomb spathiques sont des mines de plomb de seconde formation , que l'on rencontre dispersées sans ordre et sans suite dans les environs et toujours assez près des galènes ou mines de plomb sulfureuses. La
LS ST SSL D nn, , : 1, OS Sd De et LS
+ Te LL
de plomb rouge , ete. , qui sont bien connues des naturalistes ; mais M. de Gensanne f. Die mention d'une mine singulière qui renferme des grains de plomb tout à fait pur; voici l'extrait de ce qu'il dit à ce sujet : « Entre » Pradel et Vairreau, ily a une Âine de » plomb dans des couches d'une pierre calcaire fauve , et souvent rouge ; le filon n’a qu'un pouce et demi ou deux Pouces d'épaisseur, et s'étend presque tout le long de la forêt des châtaigniers : c'est en général une vraie mine de plomb blanche et terreuse ; mais ce qu'il y a desingulier , c’est que cette substance terreuse renferme dans son intérieur de véritables grains de plomb tout faits, ce qui était inconnu jusqu'ici ; cette terre minérale qui renferme ces grains rend jusqu'au-delà de quatre-vingt-dix livres de plomb par quintal , et les grains de plomb qu’elle renferme sont très-purs et très-doux ; ils n'affectent point une configuration régulière , il y en a de toutes sortes de figures ; on en voit qui forment de petites veines au travers du minéralen forme de filigrane, et qui ressemblent aux taches des dendrites. On trouve du minéral semblable, et qui contient encore plus de plomb natif, près du village de Fayet , et de même près de Villeneuve-de- Berg , et encore dans la montagne qui est à droite du chemin qui conduit à Aubénas, à une petite lieue de Villeneuve-de-Berg ; les quatre endroits de ces montagnes où l'on trouve ce minéral sont à plus de trois lieues de distance les uns des autres sur un même alignement, et la ligne entière a plus de huit lieues de longueur. Les plus gros grains de plomb pur sont comme des marrons ; ou de la grosseur d'une petite noix; ily en a d’aplatis , d'autres plus épais et tout biscornus ; la plupart sont de la grosseur d'un petit pois, et il y en a qui sont presque imperceptibles. La terre métallique qui les renferme est de-la même cou- » leur que la litharge réduite en poussière » impalpable ; cette terre se coupe au cou- » teau , mais il faut le marteau pour la cas- » ser; elle renferme aussi de véritables sco- » ries de plomb, et quelquefois une matière
AOL RER EMNT LENLNERLIER ME LT A CNS RTL DL
oo position des mines spathiques, leur cristallisation distincte plus ou moins , les font aisément reconnaître
pour l'ouvrage des eaux souterraines chargées de la
partie métallique des galèaes décomposées. (Mémoire de M. Laborie, dans ceux des savants étrangers, tom. 9, pag. 442 et suiv.)
Le |
nr
PR OUR ee CORTE RENE Fe CU re) © AE
- semblable à de la litbarge; cependant ce minéral ne provient point d'anciennes fonderies , d'ailleurs il est répandu dans une très-grande étendue de terrain ; on en trouve sur un espace de plus d’un quart de lieue, sans rencontrer de scories dans le voisinage , où l’onn’a pas mémoire qu’il y ait jamais eu de fonderies (L). »
Ces derniers mots semblent indiquer que
M. de Gensanne soupçonne avec raison que le feu a eu part à la formation de cette mine singulière; s'iln'y a pas eu de fonderies dans ces lieux , il y a eu des forêts , ettrès-probablement des incendies , ou bien on doitsupposer quelque ancien volcan dontle feu aura calciné la plus grande partie de la mine , et l'aura réduite en chaux blanche , en scories, en litharge , dans lesquelles certaines parties se seront revivifiées cn métal, au moyen des matières inflammables qui servaient d'’aliments à l'incendie ; cette mine est donc de dernière formation : comme elle git en grande partie sous la pierre calcaire, elle n’a pas été produite par le feu primitif, qui d’ailleurs l'aurait entièrement réduite en chaux , et n'y aurait pas laissé du métal ; ce n’est donc qu'une mine ordinaire , qui a seulement été dénaturée accidentellement par le feu souterrain d'un ancien volcan, ou par de grands incendies à la surface du terrain.
Et non-seulement le feu a pu former ces mines de plomb en chaux blanche, mais l'eau peut aussi les produire : la céruse que nous voyons se former à l'air sur les plombs qui y sont exposés, est une vraie chaux de
LS Ds T'….
(1) Nota. M. de Virly, président à la Chambre de Dijon , a eu la bonté de m'apporter un morceau de celte mine mélée de plomb tout pur, qu'il a trouvé à l'Argentière en Vivarais , sur l'une des deux montagnes entre lesquelles cette ville est.située; il en a rapporté des morceaux gros comme le poing, et communément il y en a de la grosseur d'un œuf ; les uns pnt l'apparence d'une terre métallique; ils ressemblent au massicot et sont un peu transparents ; d'au tres plus légers sont en état de verre et renferment des globules de métal, plus ou moins gros, qui se laissent entamer au couteau , ct sont réellement du plomb. Il y a beaucoup de mines de plomb en galène aux environs de l'Argentière ; elles ont été exploitées dans le temps des croisades comme mines d'argent ; c'est même, à ce que l'on dit, ce qui a donné le nom à la ville; il n’y a point de vestiges d'anciens volcans
‘dans ces deux montagnes, el ces matières de plomb, qui ont évidemment éprouvé l'action du feu, sont peut-être les restes d'anciennes exploitations ou le produit de la fusion des mines de galène par l'incendie des forêts qui couvraient ces montagnes.
ce métal , qui, étant entraînée , transportée et déposée en certains endroits de l'intérieur de la terre par la stillation des eaux , s’accumule en masses ou en veines , sousune forme plus où moins concrète. La mine de plomb blanche n'est qu'une céruse cristallisée, éga- Jement produite par l'eau; il n'y a de différence qu'en ce que la céruse naturelle est plus mêlée de parties terreuses ; CES Mines de céruse, les plus nouvelles de toutes, se forment tous les jours comme celles du fer en rouille , par les détriments de ces métaux. .
Les mines de plomb vitreuses et cristallisées , qui proviennent de la décomposition des galènes, prennent différentes couleurs par le contact ou l'union des différentes substancesmétalliques qu’elles rencontrent; le fer leur donneune couleur rouge, et, selon M. Monnet, il les colore aussi quelquefois en vert : cet observateur dit avoir remarqué dans les mines de plomb dela Croix en Lorraine (2), un grand nombre de cristaux de plomb vert dans les cavités de la gangue de cette mine , qui n’est qu'une mine de fer grisâtre ; d’où il conclut que les cristaux verts de plomb peuvent être formés de la décomposition de la galène par le fer. La galène elle-même peut se régénérer dans les mines de plomb qui sont en état de céruse ou de chaux blanche; on peut le démontrer , tant par la forme fistuleuse de ces galènes , qu'on appelle plomb noir , que par plusieurs morceaux de mines dans lesquelles la base des cristaux est encore de plomb blanc, seulement un peu rougeûtre, et dont la partie supérieure est convertie en galène.
En général , les mines de plomb tiennent presque toules une petite quantité d'argent; elles sont aussi très-sonvent méêlées dge fer et d’antimoine (3), et quelquefois de euivre (4); mais l’on n'a qu'un seul exemple de mine de plomb tenant du zinc (5); et de
(2) Observations sur une mine de plomb, par M. Monnet.
(3) 1 y a du plomb qui, dans la mine, est mélé avec de l'antimoine et qui en conserve encore après la fonte. (Mémoires de l’Académie des sciences ; année 1733, page 313.)
(4) 11 se trouve des mines de plomb cuivreuses , et le plomb qu'on en retire conserve loujours quelques impressions du cuivre. (Idem, ibidem.)
(5) 11 y a près de Goslar une mine de plomb qui centient une assez grande quantité de zinc..., mais on croit communément que c'st la seule mine en Europe qui en contienne. (Idem, ibidem .)
même que l’on trouve de l'argent dans pres- Dr vis les mines de plomb ; on trouve aussi du plomb dans la plupart des mines d'argent ; mais dans les filons de ces mines, le plomb , comme plus pesant ,; descend audessous de l'argent , et il arrive presque toujours que les veines les plus riches en argent se changent en plomb à mesure qu’elles s'étendent en profondeur (1).
Pour connaître la quantité du métal qu’une mine de plomb peut contenir , il faut la griller en ne lui donnant d'abord que peu de feu, la bien laver ensuite, et l'essayer avec le flux noir, et quelquefois y ajouier de la limaille de fer (2) , pour absorber le soufre que le grillage n’aurail pas tout enlevé (3) ; mais quoique par ces moyens on obtienne la quan-
mm
(1) Delius, sur l'Art des mines, tom. 1, pag. 73, (2) On met six quiniaux de flux noir sur un quintal de mine; on méle le tout pour être mis dans un creuset que l'on place au feu : on eonduit la fonte comme celle d'un essai de mine de cuivre, excepté que celui de la mine de plomb est fai beaucoup plus tôt; on peul faire aussi ces essais avec quaire quinlaux de flux noir sur un quintal de mine , el même avec deux ou trois quiniaux de ce flux, pourvu que la mine soit bien désoufrée.
Si les mines de plomb contiennent beaucoup d'antimoine, on ajoute , à l'essai d'un quinial de ces mines, vivgt-cinq ou cinquanie pour cent de limaille
de fer, plus ou moins , selon que la miue est chargée
d'antimoine.... Sion essaie les mines lavées pes celles qu'on nomme vulgairemenf pures , parce qu elles n'ont poiul ou très-peu de gangues , sans les faire rôtir , il faut y ajouier vingt-cinq pour. cent de limaille de fer : le plomb s'en détache plus aisément; mais l'essai est souvent incertain , parce que le fer donne à l'essai une couleur noire : quant aux mines rôties il ne faut pas y ajouter de fer. ( Traité de Ja fonte des.mines de Schlutter, tom. 1 , pages 207 Lt re mines de plomb exigent la torréfaction à cause du soufre qu'elles contiennent ; on ajoute de la limaille de fer dans l’essai pour lesen dépouiller plus sûrement : quand la mine tient de l'argent » ce qui arrive fréquemment , on appelle plomb d'œuvre le produit de la première fonte qui se fait à iravers les charbons ou au feu de réverbère, sur de la brasque,
On retire de l'argent du plomb dœnves Far une espèce de coupellaiion en grand , c'est-à-dire , en
convertissant le plomb en litharge, sur un foyer fait de cendres lessivées; on lui donne un second affinage dans de vraies coupelles ; et les débris de ces vuisseaux, ainsi que ceux des fourneaux, el méme la litharge qui ne serait pas reçue dans le commerce, sont remis au fourneau pour revivifier le plomb.
(Éléments de Chimie, par M. de Morveau, lom. 1,
ag. 231.
ch 4 DE LA TERRE. Z'ome III.
tité de plomb assez juste , l'essai par la voie
humide est encore plus fidèle ; voici le pro-
cédé de M. Bergman (4) : on pulvérise la ga-
lène , ou la fait digérer dans l'acide nitreux
ou dans l'acide marin, jusqu'à ce que tout le plomb soit dissous, et alors le soufre minéral se précipile ; on s'assure que ce soufre est pur en le faisant dissoudre dans Palkali caustique , on précipite le plomb par l'alkali cristallisé , et cent trente-deux parties de précipité indiquent cent parties de plomb :
si le plomb tient argent , on le sépare du précipité par l’alkali volatil, et s’il y a de l'antimoine , on le calcine par l'acide nitreux concentré: si la galène tient du fer, on précipite le plomb et l'argent qui peuvent y étreunis, ainsi que la quantité de fer qui se trouve dans l'acide, enmettant une lame de fer dans la dissolution ; celle que la lame de fer a produite indique exactement la quantité de ce métal contenue dans la galène.
Le plomb extrait de sa ming par la fonte demande encore des soins tant qu'il est en métal coulant; car si on le hisse exposé à l’aciion de l'air, sa surface se couvre d’une poudre grise, dont la quantité augmente à mesure que le feu continue , en sorte que tout le métal se convertit en chaux, et acquiert par cette conversion, une augmentation de volume très-considérable (5) : cette chaux grise , exposée de nouveau à l'action du feu, y prend bientôt , en la remuant avec une spatule de fer , une assez belle couleur jaune , et dans cet état on lui donne le nom da massicot; et si l’on continue de la remuer en la tenant toujours exposée à l'air, à un certain degré de feu, elle prend une belle couleur rouge, et dans cet état on lui donne le nom de minium ; je dis à un certain degré de feu, car un feu plus fort ou Plus faible ne changerait pas le massicot en minium, et ce feu constant et nécessaire pour lui donner une belle couleur rouge , est de cent vingt degrés (6); car si l'on donne à ce même minium une chaleur plus grande ou moindre , il perd également son beau rouge, redevient jaune, et ne reprend cette couleur rouge qu'au feu de cent vingt degrés de chaleur. C’est à M. Gcoffroi qu'est due cette intéressante observation, et c'est à M. Jars (7)
(4) Opscules , tom. 2 , dissertation 24.
(5)Nota. M. Demeste dit que celle augmentation de volume ou de pésanteur est comme de 113 à 100.
(6) Division du thermomètre de Réaumur.
(7) 1 y a deux fabriques de minium dans le comté
que nous devons la connaissance des pratiques usitées en Angleterre pour faire le minium en grande quantité, et par conséquent à moindres frais qu’on ne le fait ordinairement. 7 Les Anglais ne se servent que de charbo de terre pour faire le minium , et ils prétendent même qu'on ne réussirait pas avec le charbon de bois ; cependant, dit M. Jars, il n'y aurait d'autre inconvénient que celui des éclats de ce charbon qui pourraient revivifier quelques parties de la chaux de plomb , ce qu'il est très-aisé d'éviter. Je ne pense pas , avec M. Jars , que ce soit là le seul inconvénient. Le charbon de bois ne donne pas une chaleur aussi forte ni aussi constante que le charbon de terre , et d'ailleurs l'acide sulfureux qui s’en exhale, et la fumée de bitume qu'il contient, peuvent contribuér à donner à la chaux de plomb la belle couleur rouge.
de Derby, l'une auprès de Chesterfeld, et l'autre aux euvirons de la fille de Wisksworth. Le fourneau pour cette opération est un réverbère à deux chauffes, renfermées sous une seule et même voûte.... On y fait usage de charbon de terre... On emploie communément quinze quinlaux ou dix lingots de plomb dans une opération...
On commence par meltre en dedans et devant l’embouchure du fourneau le grossier de la matière jaune qui a resté au fond de la bassine tlans le lavage, ce qui empêche le plomb de couler au dehors du fournesu. On introduit le plomb dans le fourneau , et dès qu'il est fondu on l'agite continuellement ; à mesure qu'il se réduit en chaux on le tire de côté , el on continue jusqu'à ce que le tout soit converti en poudre, ce qui arrive ordinairement au bout de quatre ou cinq heures. S'il reste encore quelques morceaux de plomb, on les conserve pour une autre opéralion. On donne une chaleur vive pendant tout le temps de cette conversion, cependant elle ne donne qu'un rouge de cerise très-foncé ; car les deux ouvertures des chauffes et l'embouchure du fourneau sont toujours ouvertes ; afin que le contact de l'air accéière la calcination..….
Il faut plus que les quatre ou cinq heures qui convertissent le plomb en chaux pour qu'il soit réduit en poudre jaune; ainsi on le laisse encore près de vingt-quatre heures dans le fourneau ; mais on ne le remue pas souvent dès qu'ilest une fois en poudre , seulement autant qu'il le faut pour empécher qu'il nese melle en grumeaux Ou ue se fonde en masse. Quand on juge la chaux de plomb assez calcinée, on
la tire hors du fourneau avec un râble de fer, et on la fait tomber sur un pavé uni; on fait couler de l'eau fraîche par-dessus pour diviser la chaux qui peut être gramelée, et la rendre assez friable pour passer au moulin , et on continue jusqu’à ce qu'elle
Toutes ces chaux de plomb, blanches, grises, jaunes et rouges, sont non-seulement très-aisées à vitrifier, mais même elles déterminent promptement et puissamment la vitrification de plusieurs autres matières ; seules , elles ne donnent que de la litharge ou du verre jaune très-peu solide; mais fondues avec le quartz, elles forment un verre très-solide, assez transparent, et d'une belle couleur jaune.
Considérant maintenant les propriétés particulières du plomb dans son état de métal, nous verrons qu'il est le moins dur et le moins élastique de tous les métaux; que; quoiqu'il soit très-mou , il est aussi le moins ductile ; qu'il est encore le moins tenace, puisqu’un fil d’un dixième de pouce de diamétre ne peut soutenir un poids de 30 livres sans se rompre ; mais ilest, après l'or, le plus pesant ; car je ne mets pas le mercure
met
soit imbibée et bien refroidie : cette matière étant encore chaude ressemble beaucoup à la litharge , et lorsqu'elle est froide , elle est d'une couleur jaune sale. Cette matière jaune est mise dans un moulin pour y être broyée en y versant de l'eau, et à mesure qu'elle se broie elle tombe dans une cuve placée pour la recevoir au bas du moulin; mais comme cette matière n’est pas également broyée , on la passe dans pr tonneau plein d'eau pour y être lavée à l'aide d'une bassine de cuivre qu'on remplit à moitié de chaux de plomb , et qu'on agite de manière que la malière broyée la plus fine se mêle À toute l'eau du tonnean et se précipite au fond , tandis que celle qui nest pas divisée suffisamment reste dans la bassine et sert pour être placée , comme on l'a déja dit, devant l'embouchure intérieure du fourneau pour être calcinés de nouveau avec le plomb... On continue de procéder de la même manière pour le moulin et pour le lavage, jusqu’à ce que toute la matière jaune provenue de la première calcinalion ait été entière= ‘ent passée. Lorsque le lavage est fait on laissé pré Cipiter au fond du tonneau la matière qui est susrendue dans l'eau par sa grande division , ensuite on verse l'eau pour retirer le précipité, auquel on donne la couleur rouge par l'opération suivante. Ou introduit cette matière précipitée où chaux de plomb dans le milieu du fourneau, on en forme un seul tas que l'on aplatit , et sur cet aplatissement on fait des n ou sillons, et on ne remue Ja matière que pour l'empêcher de s'aglutiner ; et c'est par cette dernière Opération qu'on lui donne la couleur rouge. Il faut trente-six ou quarante-huit heures de feu avec dn charbon de terre, comme dans la première calcination, et on retire ensuite la matière toute chaude ; elle paraît alors d'un rouge .très-foncé; mais elle prend, én se refroidissant, le beau rouge du minium. (M. Jars, Mémoires de l'Académie des sciences , année 1770, pag. 68 et suiv. )
ni la platine au nombre des vrais métaux ; son poids spécifique est à celui de l’eau distillée comme 113523 sont à 10000, et le pie:
cube de plomb pur pèse 794 livres 10 onces 4 gros 44 graîns (1). Son odeur est moins forte que celle du cuivre , cependant elle se fait sentir désagréablement lorsqu'on le frotte : il est d’un asséz beau blanc quand il vient d’être fondu ou lorsqu'on l'entame et lé coupe ; mais l'impression de l'air ternit en peu de temps sa surface , qui se décomse en une rouille légère de couleur obscure et bleuître ; cette rouille est assez adhérente au métal , elle ne s’en détache pas aussi facilement que le vert-de-gris se détache du cuivre , c'est uné espèce de chaux qui se revivifie aussi aisément que les autres chaux de plomb; c'est une céruse commencée ; cette décomposition par les éléments humides se fait plus promptement lorsque ce mé- - tal est exposé à de fréquentes alternatives de sécheresse et d'humidité.
Le plomb , comme l’on sait, se fond trèsfacilement , et lorsqu'on Île laisse refroidir lentement , il forme des cristaux qu'on peut rendre très-apparents par un procédé qu'indique M. l'abbé Mongez; c’est en formant une géode dans un creuset , dont le fond est environné de charbon, et qu'on perce dès que la surface du métal fondu a pris de Ja consistance : on obtient de cette manière des cristaux bien formés en pyramides trièdres isolées , et de trois à quatre lignes de longueur. Je me suis servi du même moyen pour cristalliser la fonte de fer.
Le plomb , exposé à l’air dans son état de de fusion , se combine avec cet élément, qui non-seulement s'attache à sa surface, mais se fixe dans sa substance , la convertit en chaux, et en augmente le volume et le poids (2); cet air fixé dans le métal est la seule cause de sa conversion en chaux; le phlogistique ne fait rien ici, et il est étonnant que nos chimistes s’obstinent à vouloir expliquer par l'absence et la présence de ce phlogistique , les phénomènes de la calcination et de la revivification des métaux ; tandis qu'on peut démontrer que le change-