DES PREMIÈRES DÉTERMINATIONS
tions, elle est encore aujourd'hui couverte d'un voile épais. Les hypothèses mécaniques, physiques ou chimiques, sont toutes insuffisantes pour expliquer ces premières opérations de la vie ; il faut du moins que ce soit une chimie, une physique, une mécanique animales qui fournissent les explications. Ce sont les corps vivants qu'il faut observer; c'est sur eux que doivent porter directement les expériences ; et ce ne sera que par la considération des faits puisés à cette source qu'on pourra se procurer des notions exactes touchant la force dont ils sont les produits.
Il est sans doute très -difficile d'arracher, sur ce point, son secret à la nature : on ne doit pourtant pas désespérer d'y parvenir. La cause même de la sensibilité, se confondant avec les causes premières, ne saurait être pour nous un objet de recherches mais la manière dont les organes entrent en action , et dont les impressions reçues se communiquent de l'une à l'autre, peut devenir manifeste par l'étude plus circonstanciée des phénomènes , soit qu'ils aient lieu suivant l'ordre établi, soit que la nature, interrogée par l'art, les reproduise au gré de l'observateur. Les dernières expériences de l'École de Médecine de Pans, celles qui depuis encore ont été faites en Angleterre, et surtout celles de l'illustre Volta sur le galvanisme , paraissent démontrer, sans réplique, l'identité parfaite du fluide auquel on a donné ce nom avec celui qui produit les phéno-
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menés de l'électricité. J'ai toujours été , je l'avoue , liès-porté à penser que l'électricité, modifiée par l'action vitale, est l'agent invisible qui, parcourant sans cesse le système nerveux, porte les impressions des extrémités sensibles aux divers centres , et de là rapporte vers les parties motrices l'impulsion qui doit y détermineras mouvements. Il est infiniment vraisemblable, du moins à mes yeux, que plus on poursuivra les expériences du même genre, plus aussi cette identité deviendra manifeste. Il semble qu'on ne peut manquer par là de reconnaître , avec exactitude , la nature et l'étendue des modifications que l'électricité subit dans sa combinaison animale; et peut-être cela seul est -il capable de dissiper tous les doutes que l'incertitude de quelques observations et les conjectures de quelques savants laissent encore dans certains esprits. Il est même possible qu'après avoir sagement circonscrit les faits relatifs à l'influence du magnétisme sur l'économie vivante, on parvienne, en les comparant avec ceux du galvanisme et de l'électricité proprement dite, à déterminer avec précision le degré d'analogie qui rapproche ces deux fluides, ou de dissemblance qui peut les faire considérer encore comme essentiellement distincts dans l'univers.
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§ VII
Nous avons dit que les parties du corps ne se forment point toutes à la fois : toutes surtout ne se développent pas en même temps. Leurs fonctions commencent à différentes époques; elles ont différents degrés d'importance : leur retour est plus ou moins fréquent ; et le temps de leur exercice respectif, plus ou moins long.
Tout semble prouver que le système nerveux et le système sanguin se forment d'abord et au même moment. En effet, aussitôt que le point pulsatile, qui marque le premier linéament du cœur, commence à devenir sensible, le microscope distingue également à côté de lui ce filament blanchâtre dont le développement produit tout l'appareil cérébral.
^ Comme dans ces premiers instants la nutrition s'opère par la succion directe des vaisseaux sanguins, on voit que les organes de la digestion, le système chylifère, le système absorbant dont il fait partie, et le foie, la rate, le pancréas, etc., qui, concourant à leurs opérations, ont avec eux des rapports de dépendance ou de sympathie plus ou moins étendus; on voit, dis-je, que ces différents organes et systèmes doivent se développer postérieurement, et dans un ordre successif, à raison de l'époque où l'action de chacun d'eux devient nécessaire aux mouvements conservateurs.
Les organes de la respiration qui, dans la suite,
joueront un si grand rôle soit pour la préparation, soit pour la circulation du sang, ne sont, dans' les premiers moments de la vie, qu'un appendice presque inutile du système sanguin. Mais ils existent déjà tout formés; ils semblent même déjà capables, à un certain point, de remplir leurs fonctions; car, s'ils ont absolument besoin j de l'action de l'air pour recevoir et communiquer à toute l'économie animale les impressions dont elles sont accompagnées, il paraît démontré par ks faits qu'ils seraient en état de supporter cette action long-temps avant l'époque ordinaire où le fœtus doit respirer.
A mesure que les membres croissent dans l'enveloppe primitive qui les renferme, les fibres musculaires se marquent et se raffermissent de plus en plus. Douées d'une propriété qui paraît inhérente à leur nature , déjà leurs contractions et leurs extensions successives produisent des mouvements dont la vivacité et la fréquence sont d'autant plus grandes , que l'animal est plus près de sortir de la matrice ou de l'œuf.
Enfin, les organes des sens proprement dits ont sans doute acquis, à cette époque, presque tout leur développement matériel ; mais ceux mêmes d'entre eux qui peuvent avoir déjà reçu quelques impressions sont encore dans un état d'engourdissement ; les autres ont besoin de l'action des objets extérieurs qui leur sont analogues pour perfectionner et compléter leur organisation.