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mènes périlleux propres à la maladie avec laquelle il se trouve compliqué. Les soins particuliers qu'il exige sont d'ailleurs si simples en eux-mêmes, que pour en prévoir et tracer toutes les indications, il suffit d'avoir bien saisi l'esprit de celles qui se présentent dans tout rhume un peu sérieux.
Je reviens donc aux rhumes proprement dits, dont je m'occupe ici plus spécialement.
Quelques rhumes graves sont annoncés d'avance par des alternatives vives et continuelles de frissons courant le long de l'épine du dos, et de chaleur générale sèche et brûlante ; un plus grand nombre, par de légères lassitudes, la pesanteur de téte , et une impression habituelle de froid; presque tous, par la pesanteur de tête, la crispation de la peau , une plus grande sensibilité au froid, particulièrement au froid humide, un sentiment d'embarras et de gonflement, soit du nez et de l'arrière-bouche , avec éternuements fréquents; soit des bronches et de tout le poumon , avec toux vive et sèche. Quelquefois le rhume s'annonce ou commence par une légère douleur de gorge, ou par l'écoulement d'une humeur acre et tenue qui distille du voile du palais , de la luette , et de toutes les parties supérieures de l'arrière-bouche. Dans ce dernier cas, la toux se manifeste sur-le-champ avec une impression d'Acreté qui se répand dans la poitrine, le long des divisions bronchiales , et l'enchiffrènement ne
tarde pas à s'établir. Dans le premier , l'enchifrènement et l'embarras de la poitrine peuvent tarder quelque temps à paraître, et laisser croire que le malade n'a qu'un simple et léger mal de gorge : mais ils paraissent enfin , soit ensemble , soit successivement ; et la durée du rhume semble presque toujours proportionnelle à l'intervalle de temps qui sépare l'établissement complet, et en quelque sorte coordonné, de ses divers symptômes. Il n'est pas rare de le voir commencer par un vif picotement dans les sinus frontaux, dans le nez, ou dans quelque point particulier de la poitrine : mais quelle que soit la manière dont il débute, l'observateur attentif ne tarde pas à remarquer un certain éclat humide des yeux, même lorsque le reste du visage est abattu ; et , si la poitrine est fortement prise, la rougeur circonscrite des joues ; deux signes qui , pour l'ordinaire , accompagnent et caractérisent les dispositions et les affections consomptives de cet organe.
L'enchifrènemant est suivi d'une abondante distillation, pour parler comme les anciens , d'une humenr limpide , tenue , et souvent fort acre. L'engorgement du voile du palais, du fond de la bouche, du larynx et des bronches, détermine également des crachats écumeux et liquides, mais plus filants que l'humeur qui coule du nez, et que fournit la membrane dite pituitaire. Plus la matière de ces excrétions est abondante et tenue, plus elle est acre et corrosive : elle l'est
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quelquefois au point d'excorier non-seulement la memlDrane muqueuse qui la verse, mais aussi la peau des lèvres ; comme les larmes , dans certains cas, entament en les sillonnant les paupières inférieures et la peau des joues. Son abondance et son degré d'âcreté dépendent de la nature et du degré de l'irritation ; ils en sont l'exacte mesure. Il paraît même que cette propriété corrosive des humeurs sécrétées par les membranes muqueuses peut tenir uniquemenl à l'action de ces dernières, vicieusement augmentée, ou à leur irritation, puisqu'on la produit, pour ainsi dire, à volonté , par l'application des irritants artificiels. La matière des crachats , presque toujours plus muqueuse et moins tenue, est aussi, pour l'ordinaire , moins acre et moins caustique ; il n'est pourtant pas extrêmement rare de voir la langue, le palais et le fond de la gorge excoriés , ou couverts d'aphtes , par l'impression qu'elle fait en suintant, ou lors de son passage; on a même vu les crachats entraîner des lambeanx (i) de la membrane intérieure des bronches ; et l'inspection an atomique a plus d'une fois offert dans leurs divisions , et à l'entrée du larynx , ou sur l'épiglote , des délabrements notables, qu'on a rapportés avec fondement à la même cause. Quant aux aphtes, qui paraissent être des pustules de la
(i) Ces lambeaux me paraissent avoir , eu géiicial, le r.iractôj-e aphteux.
I02 COURTKS OBSERVATIONS
membrane muqueuse, ou des dégénérations de sou tissu, ils sont si communs dans les rhumes, qu'il n'est pas de médecin qui n'ait eu cent fois l'occasion de les observer et d'en suivre le cours.
Toutes les maladies aiguës, qui ne sont pas directement mortelles, présentent dans leur cours trois périodes bien distincts : celui d'irritation, celui de coction, et celui de crise. Les rhumes simples, qui ne deviennent mortels que par leur complication avec des fièvres dangereuses, ou par leur changement en certaines maladies fatales, comme la phthisie , l'hydropisie , l'œdème du poumon ; les rhumes simples , dis-je , suivent la même marche, se divisent également en trois temps bien caractérisés, et se terminent par une crise , avec ou sans évacuation sensible , qui rétablit et quelquefois améliore l'ordre antérieur des fonctions. La durée totale des rhumes , et la durée respective de leurs différents temps, ne sont point toujours les mêmes , à beaucoup près. Quelques rhumes sont si légers que la chaleur du lit peut, du soir au matin , les faire passer à l'état de coction ; et qu'au bout de deux ou trois jours , le malade n'y pense déjà plus. D'autres fois, au contraire , les temps d'irritation et de coction se prolongent ; et la maladie , sans passer même à l'état de catarrhe chronique, n'est pas encore terminée au bout de plusieurs mois. Il arrive aussi qu'à une courte période d'irritation, succède une coction très-lente, et des évacuations
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du nez, de la gorge ou de la poitrine, qui tantôt semblent ne pouvoir trouver de fin, et tantôt paraissent répondre bien mieux à la rapidité du premier temps , qu'à la marche tardive du second. Enfin , une longue irritation n'annonce point infailliblement une coçtion pénible , des crises incertaines, ou des évacuations prolongées : et l'observation nous montre, quelquefois, que le retour à la santé peut alors avoir lieu sans coction, comme sans évacuation sensible.
Ces diverses circonstances , qui tiennent à celles de la maladie, c'est-à-dire aux causes qui l'ont déterminée , à la constitution de l'air , à la nature de l'épidémie régnante , aux habitudes et à la disposition des individus , méritent d'être soigneusement pesées ; car il ne faut pas , dam tous les temps et chez tous les malades, traiter les rhumes de la même manière , même quand ils présenteraient ces faux caractères d'uniformité qui, dans tous les genres, trompent si souvent les observateurs superficiels. Il est d'autant plus nécessaire d'y donner une sérieuse attention , que les règles de conduite qui en résultent sont également applicables à beaucoup d'autres maladies aiguës et chroniques , dont le cours ne peut être bien saisi, et dont les conversions en d'autres maladies ne sauraient être prévues d'avance, ou même simplement remarquées à propos, si l'on ne s'est fait un fidèle tableau des rapports que peuvent avoir entre elles les diverses périodes de-
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la maladie primitive, et des lois suivant lesquelles se font les passages d'un état du corps à un autre état plus ou moins différent.
Dans les rhumes, qui font l'objet particulier de cet écrit , le temps d'irritation se marque par la ténuité et l'âcreté des humeurs qui suintent de la membrane muqueuse : à mesure que l'irritation diminue, les crachats et les mucosités du nez s'épaississent. Lorsqu'ils ont atteint ce degré de consistance qui demande un certain effort pour leur excrétion , on peut regarder la coction comme achevée; et le rhume se termine alors quelquefois par une diarrhée légère, par un flux d'urines chargées d'un sédiment tantôt blanchâtre et furfuracé , tantôt présentant l'aspect d'un nuage muqueux, d'où tombe, au fond du vase, comme une poussière briquetée ; mais plus souvent la terminaison s'opère par l'évacuation de crachats tenaces , et de mucosités du nez et des sinus , plus tenaces encore, et qui ne sortent que difficilement. A cette éjDoque, les éternuements, qui étaient devenus rares du moment où la coction avait commencé, n'existent déjà plus; la toux, qui d'abord avait été vive et sèche, est molle et grasse ; quelque direction que prenne la crise, la peau reprend sa souplesse; et une véritable sueur, ou une transpiration plus abondante, annonce que l'ordre de ses fonctions est rétabli.
On sait que dans les premiers temps des maladies aiguës de poitrnie, désignées par le nom
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(le pleurésie et de péripneiunonie ^ les crachais rayés de filets sanglants sont de bon augure, et qu'au moment qu'ils deviennent rouilles ( c'est-àdire ressemblants par leur couleur à de la rouille de fer), et qu'ils sont facilement expectorés au milieu d'une moiteur halitueuse , ils annoncent la coction, la crise et une prompte guérison. Ces crachats rouillés se montrent quelquefois dans les gros rhumes, surtout lorsqu'au début ils ont été sanglants : mais, pour l'ordinaire , ils sont simplement jaunâtres, ainsi que les mucosités du nez; et leur évacuation ^ pourvu qu'elle ne soit pas trop difficile, n'en termine pas moins avantageusement la crise. Ceux qui sont blanchâtres indiquent une coction pénible et lente; ceux qui ressemblent à du lait caillé dont les grumeaux seraient liés entre eux par une mucosité tenace, ne laissent aucun doute sur la prolongation du mouvement critique; et ils annoncent l'incertitude ou la faiblesse de son impulsion. On en voit un exemple frappant dans les coqueluches, où l'état convulsif trouble toutes les opérations de la nature, et retarde presque indéfiniment la terminaison de la maladie. Tout le monde sait que les crachat.» y présentent ce dernier aspect ; et les obser vateurs attentifs doivent avoir reconnu qu'ils sont d'une blancheur d'autant plus remarquable que l'état convulsif est plus violent.
Dans les catarrhes invétérés , l'expectoration , après avoir été long -temps blanchâtre, devient
quelquefois plus foncée, prend un aspect comme sanglant, et présente une multitude de points briquetés répandus sur une mucosité tenace, mais sans aucune apparence de coction. Quelques médecins croient voir dans ces crachats des signes d'inflammation lente et secrète du poumon : mais cet organe est alors dans un état de fonte particulière, auquel il faut opposer de bonne heure un sage traitement. Le régime antiphlogistique, et surtout les évacuations de sang, y précipitent la fin des malades , qui périssent œdématiés.
Quand on a l'habitude de voir et de traiter des phthisiques , on ne peut guère se tromper ni sur le caractère ni sur l'odeur de leurs crachats : l'odeur des sueurs est surtout remarquable dans les phthisies essentielles, qu'elle sert particulièrement à distinguer de celles qui ne sont que le symptôme ou la suite de certaines affections stomacales, ou des obstructions du foie, du mésentère , etc. Dans les rhumes forts et prolongés, il survient souvent des crachats et des sueurs qui peuvent être ou n'être pas l'annonce d'une phthisie menaçante , mais dont le caractère est plus difficile à reconnaître : car, quoique leur odeur soit peu marquée d'abord, ils peuvent être le premier indice d'un danger imminent; et quelquefois, quoique très- suspects , ils sont uniquement le; résultat de la longue durée du catarrhe et de l'aifaiblissement des fonctions de l'estomac et de celles du poumon. Dans plusieurs circonstances.