‹ Œuvres complètes de Cabanis [electronic resource]Chapitre 13 sur 65 · SUR LES AFFECTIONS C ATARRH A.LES. I 1 I · texte numérisé non relu

SUR LES AFFECTIONS C ATARRH A.LES. I 1 I

ainsi; mais cette théorie (i) ne me paraît pas admissible clans l'état actuel de nos lumières; elle est d'ailleurs inutile à l'explication d'un phénomène que la prévention a pu seule empêcher de reconnaître et d'observer bien plus souvent.

Quoique je ne doive énoncer qu'avec beaucoup de réserve une opinion qui contrarie, au moins en quelques points, celle de tant d'hommes éclairés, j'ose néanmoins, d'après les observations les plus nombreuses et les plus attentives, avancer qu'il n'y a que très - rarement du pus véritable dans les crachats des phthisiques, et que la matière qui les compose est dans le commencement la matière nutritive, pure ou mêlée avec d'autres humeurs qui l'altèrent; et, dans les derniers temps, cette même matière mêlée avec la substance du poumon , que la maladie met dans un état de fonte (2) particulière (^«/^e/zem) : et j'ajoute que cette fonte ou consomption de l'organe respiratoire, présente différents aspects et différentes indications au médecin, suivant la

(1) Je ne nie pas que des résorptions purulentes puissent avoir lieu; mais la manière dont elles s'opèrent est encore irop mal connue; et, d'ailleurs , elles n'ont aucun rapport avec les altérations des différentes humeurs produites par la consomption du poumon , çt avec les sédiments puriformes que les urines déposent quelquefois alors.

(2) Il en est de la fonte du poumon comme de celle du fnie : les crachats des j)hthisiques ne sont pas plus du pus vérifable que la matière du flux liépatique.

112 COIIIITES OBSERVATIONS

nature (le la cause qui l'a déterminée, et suivant le caractère de toutes les circonstances qui peuvent influer sur sa marche et précipiter ou retarder son cours. Assurément la matière de l'expectoration n'a point toujours le même aspect et les mêmes qualités; les crachats de la phthisie catarrhale ne ressemblent point à ceux de l'hépatique, ni ceux de la mésentérique à ceux de la scorbutique (i); mais dans certains cas, dont l'œil ne distingue point tout seul la différence, il est facile de reconnaître que celle des causes et des circonstances leur fait annoncer des degrés de danger, et demander des secours très- différents.

Mon intention n'est point de traiter ici des maladies consomptives du poumon : elles exigeraient elles seules un ouvrage bien plus étendu que ne doit l'être ce mémoire; et, quoiqu'elles aient été l'objet unique ou principal d'un grand nombre de recherches et d'observations, je ne craindrai pas de dire que, malgré les travaux des hommes les plus éminents qui s'en sont occupés, elles n'ont peut-être encore été considérées que

(i) Je pourrais parler aussi des crachats rares , propres à la phthisie nerveuse , et les opposer à l'abondance extrême de ceux qui caractérisent la phthisie aiguë , dont Piquer a , je crois, fait mention le premier; maladie peu commune, mais qui l'était devenue en Angleterre, il y a vingt-cinq ou trente ans, et qui, depuis la fin du siècle, paraît aussi vouloir s'établir parmi nous.

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