SUR LES AFFECTIONS CA TAUIUIALES
inières comme physicien ne lui permeltaienl pas d'ignorer les lois et le jeu de l'économie animale, dont il avait appris ce qui pouvait être utile à la direction de sa propre santé : c'était Franklin. Je dois à la vérité de déclarer que je l'ai vu traiter ainsi toutes les personnes (le sa famille et plusieurs de ses amis, et les gnérir constamment en peu de jours. Cependant j'ai trouvé dans une pratique plus étendue , que l'emploi du quinquina demandait souvent beaucoup de précautions; qu'il n'était utile chez un assez grand nombre de sujets que moyennant des modifications de différents genres; et qu'enfin, dans certains cas, il était absolument contre - indiqué. Chez les personnes sujettes à des concentrations intestinales , il est souvent suspect , et doit être associé à des opiatiques : dans ces circonstances, la thériaque réussit mieux. Lorsqu'il y a des obstructions au mésentère, au foie, et des dispositions bilieuses habituelles, les baumes, associés aux gommes fétides et à de petites doses d'extrait de pavot, sont préférables au quinquina : quelquefois même alors il produit de très - mauvais effets. Ainsi donc , quoique ce remède ne soit guère moins précieux dans le traitement des affections catarrhales que dans celui des fièvres intermittentes et de toutes les auJres maladies périodiques, il faut des mains habiles et légères pour le manier avec succès; et il doit toujour3 être employé méthodiquement , et non d'une ma-
nière empirique; mais j'affirme en même temps que lorsque nuile considération de la nature de celles dont je viens de parler ne le contre- indique , et lorsque l'estomac et les intestins sont bien nettoyés , il emporte presque toujours , comme par enchantement (i), les rhumes les plus opiniâtres , dont il ne reste , après son usage, qu'un léger enrouement qui se dissipe bientôt de lui-même.
Le bon effet du quinquina et de tous les autres toniques directs doit être souvent préparé par de petites doses d'ipécacuanha , qui stimulent tout le canal alimentaire , et le débarrassent des matières corrompues ou nuisibles qu'il peut contenir. Chez les personnes délicates et mobiles , l'extrait dépouillé de sa résine , dit ipécacuanha corrigé d Hehétius , est préférable à Fipécacuanha en nature : il est moins sujet à pincer l'estomac et les intestins.
Je dois ajouter ici que les premières doses de quinquina purgent assez souvent : alors il prépare lui-même et assure l'utilité sans mélange de son action ; il faut en donner deux scrupules ou
(x) Il est vraisemblable que les phthisies dans lesquelles Morton et plusieurs autres médecins illustres ont obtenu de si grands effets du quinquina étaient du genre des catarrhales, des scrophuleuses , ou dépendantes de la simple débilité du poumon, et qu'elles étaient peu avancées : car dans le dernier période de cette maladie , il est presque toujours nuisible.
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un gros plusieurs fois dans la journée : à close plus faible, il agit plutôt comme excitant que comme tonique. C'est une particularité de ce puissant remède , qui pourtant ne lui est pas exclusivement propre, d'exciter les mouvements à dose faible , et de les fixer , de les régler à dose plus forte. Pendant son usage , il faut garder un régime sévère , et faire de l'exercice. C'est encore une chose remarquée par les^ meilleurs observateurs , que le quinquina , dans toutes les circonstances auxquels il est approprié , produit des effets d'autant plus sûrs , qu'un exercice modéré seconde son action : car , alors , bien loin de concentrer les mouvements à l'intérieur ( ce qu'il peut faire quelquefois lorsque cette direction leur est antérieurement imprimée ) , il les distribue d'une manière plus égale , les rend critiques, et produit souvent des évacuations par les sueurs , les urines ou les selles , qui complètent et constatent ses utiles effets.
On sait combien sont étendues les sympathies qui unissent la poitrine et tout l'appareil urinaire , y compris les organes de la génération liés avec lui par des rapports bien plus importants que ceux du voisinage. C'est peut-être parce que les balsamiques exercent une influence particulière sur les reins et sur la vessie, qu'ils produisent indirectement des effets si marqués sur le poumon. Dans plusieurs maladies de la poitrine ils sont d'une efficacité et d'une utilité re^
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marqnables : ils exigent seulement dans leur administration beaucoup de prudence et de sagacité ; car ils devieiment toujours nuisibles dans les états inflammatoires , et presque toujours dans les derniers temps des consomptions idiopalhiques. 11 est certain qu'à différentes époques de la médecincon lésa trop indiscrètement employés ; les auteurs n'ont pas distingué assez nettepient les cas où leur utilité est incontestable , de ceiix où ils doivent nuire d'autant plus qu'ils ont produit des effets plus avantageux dans les premiers. Leur utilité se manifeste particulièrement dans les affections catarrhales dépendantes de la faiblesse du poumon, dans les rhumes prolongés , dans ceux qui tiennent à l'imperfection de la digestion stomachique, à l'irrégularité des fonctions de l'organe extérieur; en un mot, toutes les fois qu'il s'agit de relever le ton général , et surtout celui de l'organe puhnonaire, vers lequel ils ne manquent jamais de diriger leur action. Je les combine avec les savonneux , à la manière de
Boërh^ave , avec la gomme ammoniaque (i), avec l'extrait ac[ueux d'opium. Je n'ai jamais eu l'occasion d'observer les heureux pffets qu'on attribue à leur combinaison avec le soufre; et j'avoue franchement que les guérisons de phthisies
(i) Quand on ne peut pas se procurer du véritable baume de la Mecque , devenu très-rare , il faut employer le baumtsec du Pérou.
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à leur dernier terme, opérées, dit -ou, par le baume de Lucatel , ne me sont pas moins suspectes que celles dont on fait honneur à l'antihectique de Potérius.
Mais le soufre lui-même , épuré par la sublimation , et privé par le lavage de tout reste d'acide , est un des plus grands remèdes qui puissent être employés dans le traitement des maladies de poitrine, Est-ce en stimulant sans irritation l'estomac et les intèstins, et en augmentant la transpiration cutanée? est-ce par une action directe sur l'organe pulmonaire qu'il le fortijfie et lui imprime un sentiment, pour ainsi dire immédiat, de plus grande aisance? Il est peu nécessaire de se décider en faveur de l'une de ces deux ppinions, ou de toute autre que la théorie pourrait suggérer. Mais , quoi qu'il en soit de la cause ou du moyen , les effets sont constants ; et je ne balance pas à regarder le soufre comme le toniqup spécial du poumon. Ce qui me ferait penser qu'il agit sur lui d'une manière directe, c'est qu'employé en fumigation , il m'a paru conserver presque toute son efficacité. Je le fais fondre sans inflammation , et le malade en respire la vapeur. Le vase de fer qui le contient doit être d'autant moins échauffé que la sensibilité du poumon est plus grande, remploie aussi de la même manière les baumes naturels, et (Je préférence le benjoin. On les fait fondre de la même manière sur une pelle chauffée médiocrement : avec cette précaution l'odeur
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en est agréable et n'irrite point la gorge. On renouvelle l'opération de temps en temps ; et le malade peut , autant que le médecin le juge à propos, vivre dans une atmosphère parfumée de cette bienfaisante vapeur.
Combiné avec l'hydrogène , le soufre' est entraîné par ce gaz dans une transformation en fluide élastique aérien; et, sous cette forme, il se mêle facilement à l'eau. Les eaux hydrosulfurées, naturelles ou artificielles, manifestent une partie des propriétés du soufre : elles raniment les fonctions de l'organe cutané ; les sels que tiennent en dissolution celles que prépare la nature augmentent leur action sur tout le système abdominal ; et la petite quantité de fer que quelques-unes contiennent en outre rend leurs effets toniques plus durables et plus marqués ; mais c'est dans les dispositions catarrhales chroniques et dans l'état habituel de faiblesse du poumon, soit idiopathique , soit secondaire et dépendant de celui des viscères du bas-ventre , qu'elles fournissent les plus puissants et les plus utiles secours.
On abuse étrangement aujourd'hui de l'opium , dans plusieurs parties de l'Europe, pour le traitement d'une grande quantité de maladies. Un système qui les ramène toutes à deux chefs , dont les caractères sont ou paraissent si faciles à saisir, ne pouvait manquer, indépendamment de ses vices fondamentaux comme théorie , d'intro-
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\ duire dans la pratique les plus funestes abus , en dispensant les médecins de presque toute observation (i). Mais il ne faut pas faire rejaillir sur ce remède le blâme mérité par quelques-uns de ceux qui l'emploient. L'opium est assurément un des plus efficaces et des plus utiles moyens que la nature ait fournis à la médecine : on produit par lui des effets qu'on ne pourrait obtenir d'aucune autre manière. Il est particulièrement utile dans les catarrhes aigus ou chroniques; mais il a besoin d'être employé par un médecin prudent. Sydenham lui-même y fut trompé dans le traitement d'une fièvre catarrhale : cet immortel praticien avoue, avec sa candeur ordinaire, qu'il le donna trop tôt, ainsi que les toniques excitants, auxquels il l'associait ordinairement dans les cas analogues avec beaucoup de jugement et de tact.
Peut-être cette heureuse association est-elle la véritable cause des étonnantes propriétés de la thériaque , qui , dans plusieurs maladies de la
(i) Tant que les praticiens observent attentivement, il importe peu qu'ils adoptent tel ou tel système. Tous les systèmes ont eu de bons praticiens; mais ceux qui favorisent la paresse, trop naturelle à l'homme, et qui nourrissent cette présomption opiniâtre, que les idées générales , faciles à saisir , inspirent toujours à lems adeptes ; ceux-là sont trèsdangereux, surtout dans un art qui ne se perfectionne que par l'étude attentive, et reprise cent fois , d'une foule d'objets particidiers.
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poitrine, et dans un plus grand iiornbre encore maladies de l'estomac, ne peut être remplacée par aucun autre remède. En voyant la liste des drogues qui entrent dans la composition et la préparation sans méthode de ce remède , on ne peut que sourire de l'ignorance pharmaceutique qu'il suppose dans son premier auteur; et la théorie seule nous inspirerait pour son emploi le (lédain le plus juste en apparence : mais, au lit des malades, on ne tarde pas à changer d'opinion ; et l'on est bien plus étonné des effets véritablement admirables que peuvent lui faire produire des mains habiles et expérimentées.
La thériaque est particulièrement utile à la fin des rhumes, quand l'appétit ne se réveille point et que le sommeil est troublé par la toux ; elle convient également toutes les fois que la durée des évacuations catarrhales tient à l'imperfection de la digestion stomachique, et qu'il s'agit tout ensemble d'achever la coction des crachats, d'en diminuer la quantité, et de ranimer la transpiration insensible.
Nous avons dit que les rhumes légers se guérissent ordinairement d'eux-mêmes, et qu'ils n'exigent que quelques petites précautions et beaucoup de sobriété. Quoique je sois très-éloigné de partager l'opinion des médecins qui regardent le vin comme une espèce de poison, j'ai constaté, par une suite nombreuse d'observations, qu'il est presque toujours nuisible dans les rhumes ; les