‹ Œuvres complètes de Cabanis [electronic resource]Chapitre 19 sur 65 · SUR LES AFFECTIONS GATA HRHALF. S · texte numérisé non relu

SUR LES AFFECTIONS GATA HRHALF. S

des cantharides, une quantité considérable de flocons glaireux, semblables à ceux que présente le pus incomplet fourni par les glandes en fonte et par les ulcères des scrofuleux : il est alors convenable d'entretenir la sujppuration pendant deux ou trois jours ; mais , hors ce cas , du moment que les cantharides ont produit leur effet, on peut panser la plaie superficielle avec le cérat, et hâter immédiatement sa guérison.

Lorsque, dans le traitement des affections catarrhales de la poitrine, on a lieu de croire qu'un rhumatisme déplacé les complique et les aggrave, il faut, si l'on ne juge pas la saignée nécessaire , se hâter d'appliquer le vésicatoire sur le point qu'occupe particulièrement la douleur l ou l'oppression. Il est d'autant plus pressant de \ recourir à ce remède, que le malade est plus \ âgé ou d'une constitution plus faible : car s'il est ; jeune et fort, rarement peut-on se dispenser de i la saignée; et les applications révulsives, telles ' que celles de la moutarde et des autres irritants, aux pieds, doivent presque toujours alors précéder l'emploi des moyens de dérivation. Je vais citer un exemple du premier cas, parce qu'il présente une observation curieuse, également digne de l'attention des physiologistes et des praticiens.

Dans l'hiver de i8o3 à i8o4, pendant l'épidémie catarrhale qui le termina, je fus appelé pour un respectable vieillard , mon voisin à Auleuil. On me dit qu'il était dans le plus pressant

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(langer: quoique je fusse malade moi-même, je me rendis chez lui sur-le-champ. Il avait eu , dans le précédent automne, une vive attaque de rhumatisme, et il en était incomplètement guéri. Je savais cette circonstance. En approchant de son lit, je le trouvai dans un état d'oppression extrême : il pouvait à peine articuler; son visage était abattu ; et le calme mélancolique et recueilli de ses yeux m'annonça qu'il attendait tranquillement sa fin. Il me dit d'une voix entrecoupée qu'il avait un poids de mille livres sur la poitrine; qu'il la sentait pressée comme dans un étau. Son pouls était intermittent, sa respiration devenait stertoreuse, et faisait en sortant battre les ailes du nez. Je lui fis appliquer un immense vésicatoire sur la poitrine, et donner de petites doses de kermès dans une infusion de bouillon blanc. Le lendemain matin on me fit dire qu'il était beaucoup mieux, et qu'il avait dormi pour la première fois depuis plusieurs jours. Je n'en fus point étonné ; mais voici ce qui parut remarquable au chirurgien qui le soignait conjointement avec moi : en ouvrant la cloche du vésicatoire, qui occupait presque toutelapartie antérieure de la poitrine, il la trouva remplie d'une gelée tremblante , de la consistance et de la couleur de celle de corne de cerf, et parfaitement semblable à celle que les vésicatoires font transsuder quelquefois des articulations attaquées de rhumatisme . ou de la cuisse et de la jambe dans ïischias ner^

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vosa, traitée suivant la méthode de Cotumniiis.

On rencontre quelquefois dans la pratique une espèce de dispositiou catarrhale de l'estomac qui mérite d'être observée et traitée avec beaucoup d'attention : elle est caractérisée par le vomissement d'une matière limpide et tenace, analogue à celle que les anciens ont décrite sous le nom de pituite vitrée. Cette matière est plus pesante que les simples glaires , mais elle est plongée dans un fluide écuraeux et léger. L'un et l'autre sont à peu près sans goût et sans odeur pour le malade ; ils n'ont pour l'observateur que l'odeur du suc gastrique, qui sans doute s'y trouve mêlé en quantité plus ou moins considérable. La présence de cette humeur dans l'estomac y produit, non des douleurs vives , mais un pénible sentiment de pesanteur et de froid; il est accompagné d'une toux sèche et légère, qui, par sa persistance, altère à la longue le poumon, et se termine par une véritable phthisie. Parvenue à ce terme, mon maître Dubrueil la traitait par des remèdes appropriés à son caractère primitif : il tenait le malade dans un état de nausée continuelle pendant plusieurs jours, au moyen de petites doses d'ipécacuanha fréquemment répétées ; il le faisait ensuite vomir à plusieurs reprises , et complétait la curation par l'usage long-temps prolongé des eaux sulfureuses, et par l'exercice du cheval. Tel est le traitement par lequel il avait guéri plusieurs fois cette espèce particulière de phthisie, déjà

f COURTOS OBSERVATIONS

parvenue à son troisième période. Vraisemblablement c'est la même que le charlatan, cité par Cullen , guérissait en Ecosse par l'emploi réitéré des vomitifs.

Pour moi, je n'ai eu l'occasion de traiter que la disposition catarrhaie qui la prépare et la détermine, et je l'ai fait par la même méthode, avec un entier succès. Mais, comme cette disposition est ordinairement très - opiniâtre , les malades ont été obligés de faire un long usage de bols où entrent l'ipécacuanha, la gomme ammoniaque, le baume sec du Pérou , et une petite quantité d'opium.

Mon désir et mon intention formelle de rendre cet écrit très - court , comme l'annonce son titre , m'a forcé d'en présenter les vues d'une manière sommaire, et d'écarter, avec le même soin qu'on pourrait mettre à les saisir, les développements qui s'y présentent à chaque pas : je n'ai surtout fait qu'indiquer l'esprit des traitements, et les remèdes particuliers qui m'ont paru y produire les effets les plus utiles et les plus sûrs, sans m'arrêter à tracer aucune de ces formules auxquelles le charlatanisme d'un côté et l'ignorance de l'autre attachent tant de prix. L'application de ces remèdes doit être toujours déterminée- «t dirigée par un médecin prudent. Selon moi , les ouvrages de pratique ne doivent être faits que pour les praticiens ; cetix qui ont pour objet de la mettre à la portée de itous les lecteurs ont causé

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des maux infinis; je n'en excepte pas même celui de Tissot. Les personnes qui n'ont aucune connaissance de la médecine, et qui veulent se traiter elles-mêmes ou traiter les autres d'après des livres, auraient souvent sujet de déplorer leur dangereuse présomption, si elles savaient toujours en reconnaître les effets. Ce sont particulièrement les dames charitables qui devraient bien se dispenser d'administrer aux pauvres et aux malades d'autres secours que ceux d'un meilleur bouillon, d'une meilleure chambre , d'un meilleur lit. Le pauvre sain a besoin de travail; malade, il a besoin d'être tenu plus chaudement, plus proprement, et soutenu par une nourriture plus restaurante et plus saine. Quand on ne peut pas leur procurer un médecin habile, on doit, comme le dit Sydènham avec toute l'autorité de son nom, se borner à les alimenter, et non prendre sur soi de les médicamenter.

Je n'entrerai donc point dans de plus grands détails sur le traitement des différents cas dont j'ai parlé ci - dessus : ce ne sont pas les formules qui manquent au praticien judicieux; ce sont les indications justes pour leur application dont il a souvent besoin.

Voulant é'viter la répétition de ce qui se trouve partout dans les livres, il ne me reste maintenant qu'à indiquer le régime préservatif, qui me paraît convenir le mieux dans les dispositions catar^

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rhales : c'est ce que je vais faire encore en ped de mots.

Les dispositions catarrhales sont quelquefois iiéréditaires : on les voit se reproduire dans la même famille, et se caractériser par les mêmes phénomènes , jusqu'à la troisième et à la quatrième génération. Elles semblent, en quelque sorte, naturelles aux enfants : des digestions incomplètes engendrent cette grande quantité d'humeurs muqueuses dont tous leurs organes sont comme imbibés. Les vieillards sont tourmentés de pituites gutturales , de rhumes et de fluxions : ils meurent souvent étouffés par des catarrhes aigus ou chroniques, dont le principe vivant n'a pas chez eux la force de cuire et d'évacuer la matière. Dans l'âge consistant, les dispositions catarrhales dépendent ordinairement de la faiblesse des digestions, de l'inertie de la bile, du défaut d'énergie, ou de l'irrégularité qui s'est introduite dans les fonctions de l'organe extérieur. Rien ne les produit aussi directement et ne les entretient d'une manière aussi efficace que la répercussion fréquente de la transpiration insensible. , Les dispositions catarrhales sont plus ou moins graves, suivant l'âge de l'individu, son tempéra-ment et l'état de ses organes , surtout de ceux de la poitrine. Chez les enfants, la propreté, l'attention à tenir leurs berceaux et leurs lits bien secs, à ne point leur donner d'aliments visqueux,

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et de temps en temps quelques petites doses de sirop d'ipécacuanha et de quinquina, suffisent pour remédier à cette inertie glaireuse qui se manifeste dans leurs humeurs. Les rhumes les plus simples des vieillards ont toujours besoin d'être attentivement surveillés. Dans l'âge consistant, les catarrhes, même les plus violents, ne deviennent guère immédiatement dangereux que par leur complication avec des fièvres graves; mais leurs suites n'en sont pas moins souvent funestes par la nature des maladies qu'ils déterminent et laissent après eux.

Pour combattre utilement les di|)^jositions catarrhales, il faut, avant tout, maintenir dans leur action naturelle les forces de l'estomac , et corriger les vices des digestions par les moyens appropriés aux diverses circonstances; il faut soutenir la transpiration insensible, et solliciter presque habituellement l'action de l'organe cutané, soit par les gilets de flanelle, soit par des fi:'ictions sèches faites sur tout le corps, soit enfin par un exercice doux , ce qui vaut encore bien mieux. Les sujets faibles doivent avoir soin d'être suffisamment vêtus , surtout aux approches et à la fin de l'hiver. Ils doivent se garantir particulièrement des froids humides. Sydenham avait bien raison de regarder les froids de l'automne et du printemps comme très-pernicieux , et d'assurer que le glaive faisait périr moins de monde que la paresse à prendre, et surtout la précipitation à

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quitter, les habits (riiiver.il est indispeiisahic , malgré l'opinion de Jean- Jacques , de bien couvrir les enfants : on n'habitue jamais au froid ceux qui sont nés faibles, en les y exposant presque nus, comme je l'ai vu faire par quelques parents à idées systématiques; et les enfants les plus forts ont eux-mêmes besoin d'être suffisamment couverts quand ils ne sont pas en mouvement. Dans l'éducation physique d'Emile, il y a d'excellentes choses : mais il y a des erreurs dangereuses que le respect justement attaché au nom de l'auteur ne doit pas nous empêcher de relever. Je mettrais encore de ce nombre son opinion sur l'usage de la viande et du vin, dont sans doute les enfants vigoureux peuvent se passer; mais qui le plus souvent, et je l'atteste après un nombre infini d'observations, tient lieu de tous les toniques les mieux indiqués. Il est particulièrement utile chez la plupart des enfants plus faibles, soit pour hâter le développement de leurs forces naissantes et modérer leur excessive mobilité, soit pour retarder l'explosion précoce et funeste de leurs facultés intellectuelles et morales, qu'il faut s'efforcer de retenir dans l'enfance, jusqu'au temps de leur véritable maturité.

On connaît l'influence qu'exercent les uns sur les autres les organes de la génération et ceux de la poitrine; c'est dans le temps de la plus grande activité des uns, que les autres sont le plus exposés à certaines maladies particulières, el qii*

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