SUR LES AFFECTIONS C ATARRII\LES. I
ces maladies sont le plus dangereuses. Dans la jeunesse, la phthisie pulmonaire, c'est-à-dire, plusieurs de ses variétés, sont bien plus menaçantes, et leur cours est bien plus rapide qu'à aucune autre époque de la vie.
D'un antre côté , le système lymphatique exerce sur le système pulmonaire une action très-étendue et très -marquée. Les affections des glandes influent toujours plus ou moins sur celles du poumon; et daus les derniers temps de la phthisie, l'état de fonte du poumon se fait ressentir au système glandulaire, jusqu'au point d'occasioner quelquefois de vrais bubons, sans qu'il y ait eu précédemment aucun symptôme vénérien.
Ainsi donc, c'est dans la jeunesse; c'est aussi lorsque le système lymphatique ou glandulaire présente des signes d'affaiblissement dans ses fonctions; c'est surtout lorsque cet affaiblissement se manifeste par des éruptions susceptibles d'être facilement répercutées , qu'il faut surveiller attentivement les dispositions catarrhales chroniques : car si leur durée et la répétition des rhumes altèrent infailliblement les forces du poumon et précipitent la mort chez les vieillards, elles peuvent, à chaque instant, et d'une manière trèsrapide, se transformer en phthisie chez les jeunes gens. L'usage des eaux sulfureuses et l'exercice du cheval sont les moyens les plus efficaces de prévenir ce funeste changement. On peut aussi quelquefois employer des fondants doux , i)our
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évacuer les glaires de l'estomac, ranimer la transpiration, et hâter la coction des rhumes légers; mais, je le répète, la sobriété, dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, est une précaution qui remplit souvent toutes les vues, et sans laquelle on emploierait en vain les remèdes les plus puissants.
Les praticiens observent que la phthisie laryngée ou trachéale , si rare autrefois que la première description exacte en a été faite par Morgagni (i), est maintenant très- commune, et le devient chaque jour de plus en plus. Je ne fais pas difficulté de l'attribuer à l'audacieuse imprudence avec laquelle les charlatans et les médicastres emploient les préparations mercurielles salines , surtout celle qui porte le nom de sublimé corrosif {^mwx:'\2Xç, suroxigéné de mercure). D'ailleurs, cette maladie étant contagieuse, même dans les premiers temps , elle doit se propager avec une promptitude et une facilité funestes, dont il est inutile d'expliquer les raisons.
Bien loin que la phthisie trachéale soit particulièrement propre à la jeunesse, comme plusieurs autres espèces de consomption pulmonaire, il paraît au contraire qu'elle attaque plus fréquemment les personnes d'un âge mûr; et qu'elle est d'autant plus dangereuse, qu'elle parcourt d'au-
(i) Il paraît ncanmoins qu'elle a été connue des anciens , notamment d'Hippocrate et d'Aeliiis.