‹ Œuvres complètes de Cabanis [electronic resource]Chapitre 26 sur 65 · VII · texte numérisé non relu

VII

Quand tous les faits essentiels auront été recueillis et discutés, on devra vraisemblablement

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soumettre à un nouvel examen quelques principes établis par les écrivains les plus estimables dans ce genre. Quoique ces principes soient , en quelque sorte , convenus en théorie , pour les admettre comme évidents et sûrs dans la pratique, il faut que la pratique elle-même en ait suffisamment confirmé la certitude (i). Lorsqu'on aura sous les yeux et le tableau complet des faits rassemblés dans les divers pays , et le résultat des tentatives faites jusqu'à présent par les hommes les plus bienfaisants et les plus sages , on pourra, sans doute, former des plans de secours publics mieux entendus : peut-être aussi verrat-on plus clairement quelles sont les causes des <lésordres qui s'introduisent partout dans la distribution des richesses.

Pour indiquer toutes ces causes dont dépend la mendicité, nous voyons déjà maintenant qu'il faudrait parcourir presque toutes les mauvaises lois, qu'il faudrait noter presque toutes les erreurs des gouverneménts. La nature produit des inégalités; mais celles-là, contenues dans des bornes constantes, se réparent d'elles-mêmes : le législateur ne doit point s'en inquiéter; il doit même les respecter à tous égards.

(i) Voilà ce qui donne un grand but d'utilité au recueil composé par les soins du ci -devant ministre de l'intérieur, François - Ho - NeufcliAteau , aujourd'hui mon collègue a«i -sénat.

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Ce sont les inégalités factices de l'état social qui, seules, sont cruelles, tyranniques, désastreuses: or, comme elles dépendent uniquement des mauvaises institutions , elles disparaissent avec elles; et, par là, les inégalités de la nature se trouvent ramenées à ce qu'elles doivent être; elles devienneut utiles et justes: et la société, plus équitable alors que la nature elle-même , en efface sans secousses tout ce qui pourrait établir des relations fixes de pouvoir et de dépendance.

§ VIIT.

Les lois qui gênent l'industrie, ou qui la rendent tributaire de l'avarice et du despotisme ; celles qui dénaturent la ti'ansmission des propriétés, c'est-à-dire, qui tendent à les concentrer vicieusement dans un petit nombre de mains; celles qui favorisent , par des préférences injustes, les travaux de quelques citoyens aux dépens des travaux de tous; celles, plus absurdes encore, qui consacrent les privilèges de naissance ; enfin toutes- les formes d'administration qui se prêtent aux déprédations, aux gaspillages : telles sont les principales sources de l'inégalité , considérée sous le rapport des fortunes, laquelle, par conséquent, peut avec raison s'appeler sociale , puisqu'elle tient immédiatement aux vices de la société.

Les lois qui d'une manière plus ou moins directe avilissent la classe manouvrière , qui l'en-

vironiient de pièges, qui corrompent ses mœurs, qui la découragent dans ses habitudes vertueuses de travail , et lui font prendre celles de la paresse et du vagabondage; toutes ces lois, dis-je, ont encore une part plus ou moins considérable dans l'accroissement progressif de la mendicité : leur abolition est Tune des premières aumônes dues aux indigents par le législateur.

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