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les os des bras et des jambes (i) : on se contente de les enfermer dans un gilet étroit de coutil ou de toile forte , qui serre et contient les bras. . L'expérience a prouvé que nul moyen coercitif n'est plus efficace. Après s'être débattus en vain pendant quelque temps , ces malades restent bientôt calmes. Cette pratique prévient tous les inconvénients, tous les dangers; et l'administration des autres remèdes en devient à la fois plus commode et plits utile (2).
Dans nos hôpitaux , et même dans les hôpitaux anglais beaucoup mieux tenus , les fous sont placés trop près les uns des autres. Il y en a toujours plusieurs qui ne dorment pas , et qui, troublant le sommeil de leurs voisins , mettent le plus grand obstacle à la guérison de ces derniers.
(1) Dans les loges de Bicêtre, on a vu souvent les fous furieux s'arracher les testicules; et, ce qui est digne de remarque , on a vu qu'il ne survenait ni hémorragie , ni aucun autre accident grave. Au bout de quelques jours, cette plaie violente est guérie; il n'y paraît plus. Cette circonstance n'influe d'ailleurs en rien sur la marche de la maladie. Ainsi donc, on peut assurer, d'une part, que la castration, quand les testicules et le cordon spermatique sont sains, est en soi peu dangereuse pour l'ordinaire ; et de l'autre , que certains praticiens, en la conseillant comme un moyen cui'atif dans le traitement de la folie , ne se sont appuyés que sur de vainès hypothèses.
(2) La commission des hôpitaux a fait introduire cet usage dans ceux de Paris.
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D'ailleurs , quoique les maladies des nerfs ne soient pas contagieuses, dans le sens qu'on attache ordinairement à ce mot , il est sûr que rien kii'est plus dangereux pour tous les sujets dont le système cérébral est faible , que l'aspect des personnes en démence ; à plus forte raison cet aspect l'est-il infiniment pour des malades dont la moindre secousse peut réveiller les maux, et qui, particulièrement enclins aux excitations vicieuses , se livrent d'autant plus facilement à celle des états convulsifs dont ils sont témoins, que ces états ont toujours quelques traits d'analogie avec leurs propres accidents. Les cris , le voisinage d'un fou , son idée seule que ce voisinage rappelle , empêche ou retarde beaucoup leur rétablissement: et rien n'est plus nécessaire que de dérober ces tableaux aux regards d'un infortuné qui peut y reconnaître sa propre image, et qui, dans ses premiers intervalles lucides, en gémira doublement sur son malheur.
Nous avons observé qu'une constitution poli- • tique fondée sur la nature de l'homme et sur les règles éternelles de la justice , doit à la longue effacer presque entièrement les traces de la misère, et distribuer sans secousses, d'une manière plus égale, tous les moyens de jouissances. Faisant disparaître et les richesses colossales, et l'ex-
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tréme pauvreté , cette constitution peut beaucoup diminuer le nombre des crimes qui se commettent. Dans un régime véritablement libre , le nombre des pauvres auxquels il faut fournir du travail , des pauvres à nourrir , des malfaiteurs qu'il faut châtier , des enfants orphelins qu'il faut élever aux frais du public , doit nécessairement aussi diminuer d'année en année : et le nouvel ordre de choses , en supposant la législation tout entière digne des grands principes établis parmi nous , doit rendre par degrés l'aumône publique moins indispensable , et même laisser moins de choses à faire à la bienfaisance des particuliers.
J'oserai ajouter que, par l'effet des institutions sages qui constituent une véritable république, la démence et tous les désordres de l'esprit doivent également devenir plus rares. La société n'y dégrade plus l'homme ; elle n'enchaîne plus son activité; elle n'étouffe plus en lui les passions de la nature, pour y substituer des passions factices et misérables , propres seulement à corrompre la raison et les habitudes , à produire des désordres et des malheurs. Les autorités révoltantes, les préjugés tyranniques, cessent de lui faire la guerre; les mœurs de l'ignorance, de la déraison, de la misère, ne l'environnent plus de leur contagion dès le berceau. Soumis aux seules douleurs qui sont inséparables de sa nature , il ignorera toutes les altérations de l'esprit que produisent directement les désordres d'un mauvais
état social, et par suite, les funestes penchants que développe son influence. Enfin, le moment viendra peut-être où la folie n'aura d'autre source que le dérangement primitif de l'organisation, ou ces accidents singuliers de la vie humaine qu'aucune sagesse ne peut prévenir.