‹ Œuvres complètes de Cabanis [electronic resource]Chapitre 63 sur 65 · D'APOPLEXIE · texte numérisé non relu

D'APOPLEXIE

Ije mauvais succès des vomitifs dans c[uelques apoplexies humorales, ou qu'on prend pour telles, est toujours attribué à l'insuffisance de ce moyen, ou à la gravité de l'accident. Nous pouvons cependant affirmer que c'est souvent à tort.

Il n'est pas rare de rencontrer, dans la pratique de la médecine, un cas particulier d'apoplexie sanguine mal caractérisée , qui ne se trouve décrit par aucun observateur , et dont les signes incertains occasionent une foule de méprises funestes. La véritable maladie s'y trouve masquée par les apparences d'un état syncopal ; le visage est pâle, le pouls faible, ou même tout-à-fait insensible: et, pour peu qu'il se joigne à ces premiers symptômes des indices de sabure dans les premières voies, le médecin se croit suffisamment autorisé à prescrire les émétiques à hautes doses; et, souvent même , il choisit les plus violents. Or , on n'a pas de peine à sentir combien ces remèdes sont alors mal indiqués. Ils ne peuvent, en effet, que com-

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pléter la maladie : ils la rendent grave, lorsqu'elle est légère, et mortelle, lorsqu'elle est grave. Car, bien qu'on ait porté beaucoup trop loin l'idée que les vomitifs poussent avec violence le sang vers la téte, et qu'ils sont toujours nuisibles dans les affections du cerveau, cependant, lorsque le sang a une véritable et forte tendance vers cet organe, ils peuvent l'augmenter encore; et les secousses qu'ils occasionent dans toute la machine suivent pour l'ordinaire la direction des mouvements antérieurement imprimés.

Ainsi, lorsqu'on est appelé pour un homme frappé d'apoplexie, si les signes de la maladie sont équivoques , surtout si le malade est d'une habitude de corps pléthorique, ou qu'il ait été sujet à» des évacuations sanguines, avant d'employer des remèdes aussi décisifs que le sont, dans ce Cas, les émétiques, il est absolument indispensable de faire expliquer plus clairement la natiu'e, par l'application préliminaire de quelques excitants sans danger. Les lavements acres et fortement purgatifs remplissent d'autant mieux cette indication, qu'en sollicitant la vive contraction et les mouvements expulsifs tlu Uibe intestinal , et chassant au-dehqrs les matières corrompues qui peuvent s'y rencontrer, ils opèrent une forte révulsion du sang vers tout le système de l'aorte inférieure. A peine leur impression se fait -elle ressentir dans les intestins, que le pouls renaît, se développe, et prend le caractère rebondissant

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propre à la maladie; les carotides commencent à battre avec violence; le visage devient haut en couleur; la respiration, plus élevée en même temps que plus rare : il ne peut plus alors rester de doute sur le traitement indiqué.

Quand l'état du malade est mixte, ce qui me paraît être le cas le plus commun , la conduite du médecin doit être encore absolument la même : c'est ainsi qu'on force le symptôme dominant à se montrer avec plus d'évidence, et à tracer la marche qu'il convient de tenir.

Mais , il se présente assez souvent dans l'apoplexie une complication qui mérite l'attention la plus sérieuse, parce qu'elle demande des remèdes particuliers, qu, du moins, des modifications de traitement. Je veux parler de l'état spasmodique , qui vient s'associer si fréquemment à toutes les affections dans lesquelles le système nerveux est intéressé. CuUen a très -bien vu que l'apoplexie peut dépendre uniquement du spasme du cerveau; il semble même porté à croire que la véritable apoplexie ne reconnaît pas d'autre cause directe. Cependant, cet état du cerveau, quoique réellement existant, ne doit pas être toujours considéré comme cause. Il paraît être souvent le résultat du spasme des extrémités et des viscères du bas - ventre , ou celui de l'irruption, soit dir fluide artériel , soit des autres humeurs : il est même produit quelquefois par des irritations immédiates , que différentes causes étrangères peu-

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