SUR LES AFFECTIONS CATARRHALES. QI
Ainsi, j'ai connu et traité une femme âgée de quarante ans , chez laquelle une petite dartre répercutée avait produit de violents et fréquents accès de fonte catarrhale. Ces accès commençaient par un gonflement subit de la membrane du nez et de l'arrière -bouche, et par des picotements aigus aux points lacrymaux : bientôt après, il s'établissait par le nez un écoulement d'une humeur limpide presque corrosive, et par les yeux de larmes brûlantes qui laissaient sur les joues, en les sillonnant, des gerçures d'un rouge vif. Elle fut guérie par l'usage des sucs d'herbes, des savonneux et des eaux de Vichy : ces moyens firent disparaître complètement une obstruction du foie qu'on avait négligée, et que je regardai comme la cause primitive de la dartre et de l'affection catarrhale, produite par sa rétrocession.
J'ai soigné également une autre femme , âgée de cinquante-cinq ans, qui se trouvait dans des circonstances très-analogues. Une dartre, qu'elle avait gardée assez long-temps sur la joue droite, disparut un jour, d'elle-même. Elle fut aussitôt remplacée par un vif sentiment de froid dans toute la mâchoire supérieure du même côté; et bientôt il s'y établit , dans l'intérieur de la première grande molaire, qui était cariée, un écoulement d'une eau claire et glaciale (i), que la
(i) J'ai sons les yeux, dans le moment même où j'écris ceci, un autre exemple de cet écoulement d'eaux glacées , qui
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malade rejetait par gorgées de moment en moment. Cette excrétion, toujours précédée du même sentiment de froid, revenait presque tous les matins , et durait une demi-heure ou trois quarts d'heure. La malade fut guérie par un vésicatoire que je lui fis appliquer d'abord derrière l'oreille, et ensuite au bras, et par l'usage prolongé des sucs d'herbes appelées dépurantes. Mais au bout de dix-huit mois ou deux ans, elle eut l'imprudence de supprimer son vésicatoire , que je lui proposais de changer en cautère. Bientôt après , elle commença à ressentir dans le bas-ventre une douleur sourde , ou plutôt un poids incommode. C'était un squirrhe de l'ovaire droit , qui , ayant acquis rapidement un volume considérable, dégénéra avec la même vitesse, et fit périr la malade dans les plus affreuses douleurs.
Un homme de cinquante ans venait d'éprouver un long et douloureux accès de rhumatisme goutteux. Après avoir gardé le lit ou sa chambre pendant plusieurs mois de l'hiver, il s'était rétabli lentement et péniblement au retour de la belle saison ; enfin , ses douleurs rhumatismales , après avoir attaqué successivement différentes parties, se terminèrent par un rhume de cerveau,
dislillent de la mâchoire dans l'intérieur de la bouche. Ces cas ne sont pas rares ; ils doivent être connus de tous les praticiens.