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commençait à jouir l’art renaissant , avait exhalé contre lui, et contre ceux qui le cultivent, les in» vectives les plus passionnées : le besoin , plus puissant que toutes les haines , avait bientôt étouffé les cris de ce poète et de quelques autres beaux-esprits qui s’étaient attachés à recueillir, dans les auteurs sacrés et profanes , tout ce qui pouvait être injurieux à la médecine , et la dégrader atix yeux du public. L’explosion soudaine du mal vénérien , dont les ravagés avaient commencé au siège de Naples en 1 494 ? et qui se répandit bientôt dans toute l’Italie , en France , en Espagne , etc. , avait rendu les secours de l’art encore plus indispensables, et par conséquent lui avait donné plus d’importance à lui -même. Les découvertes anatomiques de Vesale et de Colombus, les succès de pratique de Carpi, les travaux classiques de Mercurialis , de Capivaccius , de Calvus, de Prosper Martian, lui donnaient en Italie un éclat, en quelque sorte, égal à celui de ses plus beaux jours chez les Grecs ; et l’esprit humain, débarrassé de ses langes, après avoir, pour ainsi dire , épuisé son premier intérêt sur l’éloquence, la poésie et les beaux-arts, commençait à chercher dans les différentes branches des sciences naturelles et de la philosophie, une nouvelle pâture à son activité.
Tandis que la langue italienne prenait un vol si hardi , le français et les autres idiomes de l’Europe se traînaient languissamment, ou même
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se défiguraient , pour ainsi dire , de plus en plus , en cherchant à couvrir leur pauvreté de lambeaux grecs et latins.
La médecine marcha d’un pas plus égal. En Italie, en France , en Allemagne , ses progrès furent à peu près simultanés. Les écoles commencèrent à prendre une forme nouvelle. Celle de Paris surtout se distingua par le retour le plus complet et le plus heureux à la doctrine d’Hippocrate. Peut-être les meilleurs commentateurs de ce grand homme sont-ils sortis de cette école. Je me contente de citer ici Jacot, Duret, Houiller et Baillou, dont la lecture sera toujours instructive pour les praticiens. Cette même école s’honore aussi d’avoir produit et possédé Fernel , génie capable de systématiser les connaissances les plus vastes , et de les présenter dans un style tout à la fois très-philosophique et très-brillant. A peu près vers la même époque , Fabrice d’Aquapendente chez les Italiens , Fabrice de Hilden chez les Allemands, Ambroise Paré chez les Français , refaisaient , en quelque sorte , la chirurgie. Les deux derniers l’enrichissaient d’histoires trèsexactes et très - circonstanciées de maladies el de traitements. Le premier, rassemblant celles qui existaient avant lui , les liait pour en former un corps de doctrine ; il leur donnait une forme classique : tandis que , de son côté , Guy de Chauliac traçait le tableau fidèle de la chirurgie de soir temps, et particulièrement des quatre sectes
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