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veries des platoniciens: et, comme dans la supposition de son immatérialité, l’on admet toujours son action sur le corps pour tous les mouvements que la pensée et la volonté déterminent, il n’est pas plus difficile de concevoir qu’elle agit également sur lui pour toutes les fonctions où la pensée et la volonté n’ont aucune part ; et cela d’après des lois essentielles, comme l’entendait saint Augustin , à l’union de la matière et de l’esprit, qui, selon lui, constitue l’homme vivant. Mais l’ignorance et la mauvaise foi des scolastiques modernes ne pouvaient consentir à discuter leurs propres opinions qu'ils n’entendaient pas : il leur était, et malheureusement peut-être il leur sera long-temps encore plus commode de prononcer des anathèmes et de persécuter.
Si Staalh se fût donc servi d’un autre terme <pie celui d 'ame, auquel il évitait avec soin d’attacher un sens trop précis, difficilement eût -il échappé aux reproches d’impiété de matérialisme, et, qui pis est, à la poursuite implacable des persécuteurs alors très -puissants. Un mot suffit pour lui conserver l’orthodoxie et le repos. C’en est assez pour excuser cette ambiguité d’expression, quoiqu’elle soit devenue la cause de beaucoup de mal-entendus par rapport à la théorie, et même de quelques erreurs de pratique oû sont tombés certains staalhiens enthousiastes : et, quoiqu’il fût très-facile de prouver que l’unité du principe vital s’accorde également avec toutes les
idées qu’on peut se faire de sa nature , il paraît que Staalh né comptait pas beaucoup sur la saine logique et sur la bonne foi des théologiens de son temps. , * . ? "
Pour bien faire connaître les vues de ce médecin , le plus grand , à notre avis , qui ait paru depuis Hippocrate , il faudrait, je le répète, entrer dans l’exposition détaillée , non-seulement de ses principes généraux, mais encore d’une grande quantité de vues particulières qui les éclaircissent et les confirment. Des gens qui jugent souvent sur parole, sans lire eux-mêmes ; èt d’autres qui jugent aussi sur parole, même après avoir lu , le regardent seulement comme un auteur de théories brillantes, dont on ne peut emprunter aucune vraie lumière pour la pratique. Je suis, au contraire , convaincu par mon expérience , que nul écrivain 11’est plus capable d’apprendre à bien voir la nature, et de suggérer d’heureuses
ressources au lit des malades. Sa théorie des af- • • • * '• fections chroniques abdominales, renfermée dans
les limites au -delà desquelles il n’a pas assurément voulu l’étendre, est d’une application journalière et féconde; et son traité des flux hémorragiques est, sans exception, le morceau le plus précieux de la médecine-pratique moderne. - Après avoir parlé de Staalh , nous devons dire un mot de Vanhelmont. Yanhelmont ne mérité point sans doute d’être placé sur la même ligne que Staalh ; il ne lui est comparable sous aucun
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rapport : mais l’un et l’autre , avec des forces inégales , et par des routes différentes , sont arrivés à des résultats qui se rapprochent , et qui même ne diffèrent peut-être que par le langage dans lequel ils sont énoncés. Leurs opinions ont d’ailleurs été développées et fondues ensemble par des hommes de génie, dont le jugement, assez ferme pour résister à la tyrannie des opinions dominantes , a sauvé ces deux médecins originaux de l’oubli qui semblait les menacer. C’est dans cet état, pour ainsi dire, d’association que leurs théories ont reparu dans nos écoles ; c’est sous la plume de ces écrivains distingués qu’elles ont obtenu, du moins parmi nous, une gloire qui n’a pas été inutile aux véritables progrès de l’art.
Yanhelmont était nourri de la lecture des adeptes. Doué d’une imagination ardente, il l’avait encore exaltée dans leur commerce assidu. Le feu de leurs fourneaux avait achevé d’enflammer sa tête. Cependant, du milieu de cette fumée alchimique et superstitieuse où trop souvent ses idées sont comme perdues, .jaillissent par intervalles des traits d’une vive lumière. C’est sur la route de l’erreur qu’il a fait d’heureuses découvertes; c’est dans la langue des charlatans qu’il annonce de brillantes vérités.
Vanhclmont fut un des plus implacables ennemis du galénisme et des écoles de son temps. (I ne laisse échapper aucune occasion d’attaquer ces écoles ; et il le fait souvent avec beaucoup de
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justesse et de sagacité. Rien sans doute ne ressemble moins à sa médecine que celle qui s’enseignait alors : mais le besoin de penser toujours différemment du reste des hommes n’est pas un moyen sûr d’avoir toujours raison.
C’est Vanhelmont, qui le premier a fait connaître le système des forces épigastriques. On en trouvait déjà quelques faibles vestiges dans Hippocrate : mais le père de la médecine n’en a parlé que pour resserrer l’influence de ces forces dans les bornes les plus étroites. Depuis lui , personne ne s’en était spécialement occupé. Vanhelmont reconnut l’action puissante de l’estomac sur les autres organes , et celle de la digestion sur leurs fonctions particulières et respectives. Il vit également que le diaphragme , placé , tout à la fois comme point de séparalion et comme moyen de communication, entre la poitrine et le bas-ventre, devient, par ses relations et par le voisinage des viscères les plus importants, un centre principal dans l’économie du corps vivant.
Des faits sans nombre viennent à l’appui de cette opinion. Les médecins de l’école de Montpellier ont recueilli les plus frappants, et les ont présentés dans différents écrits, avec bien plus de méthode et de clarté que n’eût jamais pu le faire Vanhelmont. «■àèîàydfrt» v-
Chaque organe a son genre de sensibilité propre, quoique tenant et subordonné d’une manière étroite à l’ensemble du système : des qua-
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lités et des fonctions particulières le distinguent de chacun des autres organes : certaines fonctions lui sont exclusivement attribuées. Vanhelmont suppose que les différences caractéristiques des diverses parties dépendent des causes qui les animent. Il prétend que, dans chacune, réside un principe, chargé de son gouvernement; qu’un principe suprême, auquel l’auteur donne le nom d’ archée, a la surintendance de tous les autres; et que de leur concert, de leur conspiration systématique résulte le principe général des forces vitales, comme le corps lui -même résulte de la réunion de tous les membres. Le grand archée réside à l’orifice supérieur de l’estoqiac. De là , comme de son trône, il envoie ses ordres aux petits archées, établis dans leurs diverses juridic-i, lions. Ceux-ci j tenus d’exécqter même ses caprices, y mettent toujours «lu leur, soit en bien, soit en mal ; et c'est <Jte tyutçs ces opérations combinées que se composent les fonctions rég-qr, lières de l’état sarin , et les phénomènes anomals «le l’état maladif.
L’art du médecin consiste donc à bien étudier le caractère du principe central commun , et celui des autres divers principes inférieurs; de savoir quand il faut exciter leur uégligeuce, quand il faut réprimer leur fougue, et quels sont les moyens de maîtriser leurs passions, ou de corriger leurs écarts.
Tout cela, traduit en langage plus vulgaire
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veut dire qu’il existe dans les corps animés une cause générale des mouvements vitaux; que les différents organes , quoiqu’ils en dépendent toujours, ont cependant des manières d’être affectés et d’agir qui leur sont propres; et qui sont une suite de leur structure particulière; que la médecine est la science des lois par lesquelles cette cause exerce son action, des modifications dont est susceptible son influence sur les différentes parties ou dans les diverses circonstances, et des moyens d’agir, soit suf le système entier des forces, séit sur celles d’un organe particulier, pour maintenir ou pour rétablir la régularité de ses fonctions.
Gette doctrine est confirmée par l’observation de la nature. C’est sur elle que Vanhelmont .fonda ses vties dè pratique. Malheureusement , il s’imagina que le génie pouvait suppléer aux faits; et, dédaignant les observations recueillies par ses devanciers , il adopta hardiment des plans de curation entièrement nouveaux. Il osa même, à l’exemple de Paracelse, aspirer à prolonger la vie humaine : il se flatta d’en avoir trouvé le secret ; il l’annonça avec la plus grande confiance; et, comme son maître, il abrégea ses jours par ces belles découvertes qui devaient rendre les hommes immortels.
Parmi ses ouvrages de pure et véritable pratique, .ses adversaires eux-mêmes distinguent avec raison le Traité de la Pierre. Là , sa théorie de-
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vient en effet beaucoup plus lumineuse ; et l’on peut encore lire avec fruit cet écrit original. On trouve également dans divers endroits de ses autres ouvrages plusieurs vues utiles sur les fièvres, sur les affections catharrales, et particulièrement sur les rapports de l’asthme avec l’épilepsie; rapports dont l’auteur déduit un plan de curation mieux entendu.
Comme chimiste, Vanhelmont mérite une place très - distinguée. Plusieurs expériences curieuses, et même plusieurs découvertes qui ont contribué aux progrès ultérieurs de la science, lui mériteront à jamais l’estime et la reconnaissance des justes appréciateurs de ses travaux. C’est à lui qu’on doit la première connaissance des fluides aériformes; et c’est lui qui leur a donné le nom de gaz, sous lequel ils sont désignés encore aujourd’hui. •
Quand Sydenham parut en Angleterre, la médecine était toute scolastique. Les progrès des autres sciences n’avaient encore eu sur elle qu’une influence erronée. Le véritable esprit d’observation était presque entièrement inconnu. Sydenham, après des études médiocres, aidé de peu de lecture, mais guidé par l’impulsion d’un génie heureux , entreprit de ramener la pratique à l’ex-
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