‹ Œuvres complètes de Cabanis, membre du senat, de l'institut, de l'école et société de médecine de Paris, ... Tome premier cinquieme Révolutions et réforme de la médecineChapitre 23 sur 67 · XII · texte numérisé non relu

XII

Sydenham

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périence. Il connaissait imparfaitement les tliéo-

ries qui régnaient alors. Cette circonstance fut peut-être plus utile à ses travaux qu’elle ne put

jamais être embarrassante pour son amour-propre. s •

11 en eut d’autant moins de peine à se frayer une route sur les pas de la nature. L’illustre Locke ,

à qui nous devons, sinon les premiers principes ?» de la méthode philosophique, du moins la première démonstration des vérités fondamentales

sur lesquelles ils reposent, Locke était son ami. L’amitié d’un tel homme indique suffisamment la

tournnre d’esprit de celui qui la cultive; elle * 1

donne, pour ainsi dire, sa mesure. Nous ne pouvons douter que les conseils du philosophe

n’aient contribué beaucoup aux succès du médecin, qui le recounait lui-même avec candeur (i).

Sydenham attaqua par l’arme invincible de l’expérience plusieurs préjugés funestes qui régnaient ' '

alors. Les chimistes avaient introduit dans la médecine l’usage inconsidéré des cordiaux et des esprits ardents ou volatils. On abusait surtout de .► ces remèdes dans le traitement des maladies ai- *

gués. Sydenham lit voir qu’ils étaient dans ces cas presque toujours nuisibles, particulièrement 'Jau début des maladies. On traitait la petite vérole ei les autres éruptions cutanées aigues parles su-

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(i) Hans son Traite des Maladies aigues, il donne pour preuve de la bonté de sa méthode , l'approbation qu’elle a « orne de son illustre ami.

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doritiques seuls. Sydenham prouva que cette méthode avait été plus fatale à l’humanité qu’une suite de guerres sanglantes. On s’accorde généralement à regarder son Traité de la Goutte comme un chef-d’œuvre de description : c’est encore, en effet, ce que nous avons dé plus parfait sur cette maladie; non qu’elle se présente toujours telle qu’il la peint, mais parce qu’on ne peut rien imaginer de plus ingénieux que le plan d’observation qu’il y trace.

Hippocrate avait esquissé dans ses Épidémies les premiers traits d’une médecine aussi vaste que neuve ( celle des épidémies ). Pendant plusieurs siècles, ses idées étaient restées, en quelque sorte, endormies dans leur germe. Baillou, professeur à Paris dans le seizième siècle, s’en était emparé, et les avait étendues, non point en homme de génie, car il ne l’était pas, mais du moins en observateur attentif,' en sage praticien. Il avait même été conduit à les considérer sous quelques points dé vue 'nouveaux.

Sydenham, sans connaître Baillou, peut-être même sans avoir bien lu Hippocrate , fut ramené dans cette même route, par la seule observation. Il la suivit avec plus de succès encore : c’est la la plus belle partie de sa gloire. On ne connaît bien que depuis lui ces variations générales auxquelles sont assujetties, chaque année, les constitutions épidémiques ; leurs rapports et leur enchaînement avec les divers états apparents de IVit-

mosphère, ou leur indépendance souvent trèsévidente de ces mêmes états ; l’espèce d’empire qu’elles exercent sur les maladies sporadiques , ou particulières ; enfin la manière dont elles se balancent dans leur succession , quoique cependant l’ordre n’en soit pas encore soumis à des règles fixes, sur lesquelles on* puisse entièrement compter.

La pratique de Sydenham fit une véritable révolution dans la médecine. Ce fut le triomphe , >

non d’un génie transcendant qui renouvelle tout par des vues générales et hardies , mais d’un observateur qui pénètre avec sagacité, fouille avec sagesse, et s’appuie toujours sur une méthode sûre. Les théories de Sydenham étaient, il faut * l’avouer, mesquines, ou mêmes fausses; et hors de son empirisme, dans lequel un instinct précieux lui tenait lieu de tout, ses idées étaient en général étroites : cependant aucun médecin n’eut jamais une plus utile influence sur la partie de l’art qui est le but de toutes les autres, sur la pratique; aucun ne mérita mieux, à cet égard, le titre de régénérateur.

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Découverte de lu circulation du sang.

Le génie de Bacon et celui de Descartes , avaient imprimé un grand mouvement à l’esprit humain :

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