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MÉDECIN K. ‘ a3g
idée étrangère aux faits eux-mêmes qu’on a sous les yeux. Il faut voir ce qui est, et non ce qu’on imagine. En reproduisant ce tableau , il faut peindre ce qu'on a vu , saus mêler dans le corps même du récit aucuue des conséquences ou des présomptions qu’on a cru pouvoir en déduire : et plus le récit sera simple et fidèle, plus l’ordre, l’intensité, là durée et les autres carac» tères des phénomènes y seront retracés avec at- • teution; plus aussi l’analyse sera parfaite r plus ' *(
seront solides et purs les résultats ou; les indue- * . * tions quelle pourra fournir , soit directement et - . . par elle - même , soit indirectement et dans sa . * comparaison avec d’autres analyses tracées sur le’ ,1 *
même modèle. ,. - .*«
Telles sont, en effet, ces admirables histoires *
«le maladies individuelles que nous a laissées Hippocrate, et que les anciens appelaient , avec raison , la plus, chaste contemplation de la nature. Aussi, de ces tableaux particuliers si vrais;,, et dont toutes les circonstances se ‘retracent sr nettement aux yeux du lecteur, le génie d’Hip- v
pocrate n’a pas eu de peine à tirer ces généralités si vastes et si belles sur l’influence des saisons, sur les variations de l’atmosphère , sur leurs effets , sur, les différentes constitutions épid ériÿt-A ^ ques, .enfin sur certaines lois qui règlent le cours*des maladies particulières , toutes rangées sous 1 . ..
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des genres, ou sous des* espèces; comme nous. * ^\ observons certains caractèrès extérieurs, ou cer-. s , •jï v*
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taines suites de phénomènes constants, dans les
• / différentes espèces d’animaux et de végétaux.
Telles sont encore quelques histoires de maladies, tracées par les modernes avec moins de perfection , selon moi , quant à leur exactitude , et surtout quant à cette manière de. saisir, dans la nature , les traits tout à la fois les plus caractéristiques et les plus fins; mais dont la lecture est » * cependant plus instructive, sous quelques rapports, à cause des savants détails -de traitements *,• quelles contiennent. Reconnaissons, au reste (et .personne ne peut le contester), que celles de ’ * . ces histoires , où les élèves puisent la plus soiide
* tf* L instruction, sont celles-là même dont les auteurs
. . - se sont le plus rapprochés de la méthode d’Hippocrate , dans l’exacte et fidèle peinture des phénomènes observés.: et pour peu qu’on joigne à l’habitude de voir des malades, celle de lire ■ avec réflexion , on reconnaît bientôt que les tableaux de la nature ne sont pas toujours, à béau-
l’exactitude et la fidélité peuvent le moins être révoquées en doute, offrent tous certaines lacunés ‘lans l’enchaînement des objets ou .des phé- . Homélies; qu’eufin, peut-être n’en est-il aucun
. • • ’ dont l’harmonie, suivant la manière de voir propre • " * 'f *, I esprit humain, ne sdit troublée par quelque
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L’analyse chimique petit s’appliquer à tous les corps de la nature. Quels que soient leurs caractères et leurs propriétés, sous quelque point de vue qu’on les considère d’ailleurs, on peut vouloir connaître les éléments dont la combinaison plus ou moins intime les a formés. Quand cette analyse, après avoir décomposé un corps, petit le recomposer de toutes pièces, en réunissant ses produits, et les plaçant dans des circonstances favorables à sa recomposition, nous pouvons affirmer que l’analyse est complète : nous savons quels sont les corps non décomposés jusqu’à ce jour, dont lui-même est une combinaison. La vive lumière que ce puissant instrurment, manié d’une manière si sûre et si délicate par les chimistes français, a déjà jetée sur les opérations de la nature,' et celle plus brillante encore , que tout semble promettre dans nu avenir peu éloigné, seront plus redoutables pour les charlatans, que toutes les discussions des penseurs, et toutes les plaisanteries des observateurs malins.
Mais l’analyse chimique n’arrive pas toujours jusqu’à ce dernier degré de démonstration. Souvent après avoir opéré la décomposition d’un corps, quelque soin quelle prenne d’en recueillir et d’en observer tous les produits, elle tait de vains efforts pour le recomposer : ce qui n’a pas lieu seulement quand elle opère sur des êtres organiques et sur des substances animales ou • îG
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végétales ; mais ce qu’on observe également quand elle opère sur des corps ou sur des matières auxquelles la vie n’a pas imprimé ses caractères particuliers. Dans ces diverses circonstances moins favorables, les conclusions de l’analyse n’ont pour appui que des probabilités plus ou moins fortes; et quoique, dans plusieurs cas, ces probabilités puissent équivaloir, pour ainsi dire, à la certitude, il faut, dans la plupart des autres, que le temps et des expériences multipliées aient confirmé la solidité des inductions. Ceci est vrai, sui'tout lorsque ces inductions s’appliquent aux phénomènes de la vie dans tous ses degrés, et qu’elles suggèrent l’emploi de certains moyens pour agir sur les corps ou sur les organes vivants.
L’analyse de décomposition et de recomposition est souvent dirigée par l’analyse de description, ou du moins elle lui emprunte souvent ses matériaux. Elle peut être éclairée et mise sur la voie de nouvelles découvertes, par l’analyse historique; mais, à son tour, elle est souvent un guide indispensable pour cette dernière. Elle offre enfin à l’analyse de déduction , des points de départ mieux déterminés, et des objets de raisonnement qu’il est plus facile de représenter par des signes clairs, simples et précis.
L’analyse de déduction peut emprunter les objets sur lesquels elle opère, de chacune des autres espèces d’analyse : elle-même, de son côté,' se mêle à leurs diverses opérations. Comme elle
s'exerce sur les idées, ou plutôt sur les signes qui les représentent, toutes les fois que ces signes * sont bien faits, et qu’elle ne tire que des conséquences théoriques, elle marche avec une entière certitude; et cela doit être nécessairement : car les signes des idées ne représentent que celles qu’on y a mises; et quand ils sont exacts et réguliers, ils les retracent clairement, et les circonscrivent avec précision. •
Cette analyse a pour but de découvrir si une idée est renfermée dans une autre, et d’arriver, par une suite de transformations ou de raison- ' nements, jusqu’à des conclusions, dont la première idée ou sa première forme ne permettait pas de vérifier la certitude, ou que même elle ne laissait pas soupçonner. Les idéologistes comparent , avec raison , cette suite d’évolutions des idées, au jeu des petites boîtes renfermées les unes dans les autres, et le premier anneau des raisonnements, à la boîte principale qui les renferme toutes. Ouvrez celle-là, vous en tirez la seconde; de la-secônde, la troisième, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la petitesse des dernières ne permette plus de les bien saisir. Condillac s était déjà servi de la même comparaison; ce qui prouve qu’en regardant l’analyse comme une seule et même méthode , il se la peignait sous diverses images, suivant les objets auxquels elle s’applique, ou suivant les points de vue par lesquels on se propose .de les considérer.
Nous venons de dire que l’analyse de dédù<* tion, quand son langage est exact et régulier, et qu’elle ne sort point de la théorie , peut marcher par des routes parfaitement sûres, et donner une certitude entière à ses conclusions. Au reste , cette certitude n’est relative qu’à l’acception convenue de l’idée première qui sert de point de départ, ou des signes qui la représentent, et qui forment le premier fftineau des raisonnements : car si le sujet de cette idée s’y trouve incomplètement ou vaguement représenté , la suite des raisonneûients peut être parfaite, et les conclusions très-illusoires par rapport à lui. Voilà pourquoi les analyses de déduction qui s’exercent sur dés quantités ou sur des grandeurs toujours susceptibles d’être réduites en quantités , sont absolument exemptes d’erreurs. Les signes qu’elles emploient ont une précision telle , que toute confusion de termes y devient impossible. Les idées que ces signes représentent se rapportent à des objets simples, qui n’offrent qu’un seul point de vue; et par conséquent , il faut s’en faire un tableau juste, ou ne s’en point faire du tout. Enfin, les objets de ces idées sont uniquement l’ouvrage de l’esprit ; et ils se confondent avec les- idées , et avec les signes qui les retracent et qui fixent leurs rapports. Quand on peut circonscrire avec la même exactitude les autres objets de nos recherches, et donner au langage employé dans cette étude, ou dans l'exposition «les idées qu’elle
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a fournies, le même degré de précision et de clarté, la certitude des conclusions est la même que dans les analyses qui portent sur les propriétés des nombres, ou des graudeurs.
Mais par la nature même de notre intelligence, par celle de nos besoins et des rapports que notre manière de sentir établit entre nous et les choses extérieures , cette entière certitude ne peut exister pour nous, dans' quelque genre que ce soit, que relativement aux vues de pure théorie. Du moment qu’on entre dans les applications pratiques, on ne se dirige plus que d’après certaines conjectures, fondées sur des motifs plus ou moins solides; on ne fait que des calculs de probabilités. ‘ • ;*
Les calculs de probabilités sont en général, de deux espèces différentes. Tantôt la vérité flotte entre deux limites connues; elle peut être placée' à tous les points de l’intervalle qui sépare ces limites : mais elle s’y trouve nécessairement renfermée ; et l’on peut souvent se rapprocher encore d’elle, par certaines méthodes qui resserrent de plus en plus le champ de l’incertitude, quoique, d’ailleurs, il soit alors impossible d’arriver à des résultats entièrement précis. Tantôt le calcul rassemble en faveur d’une opinion, ou d’une conclusion, des motifs plus ou moins nombreux, plus ou moins graves; et l’on est plus ou moins fondé, d’après leur évaluation rigou-
rense, à croire que cette conclusion, ou cette opinion est la vérité.
Lorsqu’ Archimède , voulant déterminer le rapport du diamètre du cercle à sa circonférence, donna la raison de sept à vingt-deux, il savait bien lui-même que cette raison n’était qu’approchée. Métius, fen donnant celle de cent treize à trois cent cinquante-cinq, a diminué considérablement encore l’intervalle dans lequel la proportion flottait incertaine. Enfin , Wolff et Rudolphe de Ceulen se sont rapprochés encore du terme rigoureux, et d’autres pourront s’en rapprocher davantage, sans que personne l’atteigne jamais. Voilà un exemple de la première espèce de calcul.
En vôici un de la seconde. Nous n’avons point de certitude de démonstration que le soleil se lèvera demain, et que la nuit prochaine sera comme les précédentes, remplacée par le jour : cependant personne ne peut avoir de doute à cet égard; nous attendons le jour de demain avec une cer-. titiide si complète, que tous les arrangements de la vie se règlent d’après cette attente. Sur quoi se fonde cette certitude, si ferme dans notre esprit? N’est -ce pas uniquement sur l’expérience? sur cette multitude de faits qui nous attestent qu’un certain ordre règne dans le cours des astres, et que les phénomènes qu’il a si long-temps reproduits dans le passé, ne peuvent manquer de se reproduire encore à l’avenir? Chaque an-
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née, chaque mois, chaque jour nouveau ajoute à cette certitude de probabilité. Sans doute, l’homme qui verrait le soleil se lever pour la première fois, s’il n’avait d’ailleurs aucune notion particulière de la marche de cet astre , aurait bien peu de raisons de penser qu’il va s’élever jusqu’au haut des cieux ; et lorsqu’il le verrait le soir disparaître dans les mers, il n’en aurait pas davantage d’attendre son retour pour le lendemain. Mais quand l’expérience des siècles nous a prouvé que cet ordre est constant ; quand tous les monuments et tous les récits nous attestent qu’il n’a jamais été troublé, nous ne formons plus aucun doute sur sa continuation future : et plus les faits qui forment les preuves de cet ordre se multiplient; plus aussi l’expérience a de poids, plus les conclusions qui s’en déduisent acquièrent de certitude à nos yeux.
Le premier de ces calculs porte sur des objets très-simples ; les données en sont fixes et précises : il appartient à la pure théorie. Le second porte sur un événement facile à observer , environné d’un petit nombre de circonstances peu variables, et relativement auquel les conclusions ne présentent aucune ambiguité dans leurs motifs. Mais souvent, surtout lorsqu’il s’agit d’appli- • cations pratiques, les données du calcul sont très-multiplées , ou très-mobiles. On a beaucoup de peine à les rassembler toutes, à les fixer ; c’estià-dire, à les exprimer en valeurs fixes : on a priu-
cipaletnent beaucoup de peine à s’assurer qu’on a véritablement rempli cette condition ; et l’intervalle qui peut nous séparer de la vérité devient alors plus considérable, ou la probabilité que nous l’avons saisie devient plus faible.
Prenons des exemples dans la médecine ellemême : prenons-les dans sa partie pratique, où les objets sont à la fois plus multipliés et plus variables; où, par conséquent, l’on éprouve les plus grandes difficultés à recueilli* et à déterminer avec précision les différentes données du calcul.
Quand on observa, pour la première fois, que le quinquina guérissait la fièvre intermittente, cet effet bien constaté sur un certain nombre d’individus fut sans doute un trait de lumière ; et l’on eut des raisons de penser que la médecine venait de faire une utile acquisition. Mais, dans chaque cas nouveau qui paraissait en indiquer l’usage, un médecin prudent avait à peser bien des circonstances qui pouvaient le contre-indiquer, ou dont l’influence pouvait du moins modifier beaur coup son acliou. L’âge , le tempérament , les dispositions antérieures des malades, la saison de l’année, le caractère de la constitution régnante, •rendaient plus incertains les motifs d’après lesquels on se déterminait à donner ce remède, et l’espoir qu’on pouvait établir sur sa puissante eft ficacité, 11 a fallu des observations et des exemples sans nombre, pour reconnaître avec une s
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certitude, dans quelles circonstances il est constamment utile; dans quelles autres circonstances il peut être nuisible; quelles sont les combinaisons avec d’autres remèdes , ou les modifications que sou usage demaude quelquefois : et, quand toutes ces questions sont éclaircies, toutes ces difficultés résolues, l’emploi du quinquina, dans chaque cas particulier, doit être dirigé par un calcul sa- •vaut ét rapide ; ce calcul doit retracer à l’esprit tous les résultats importants des observations et des essais antérieurs, et de leur comparaison avec toutes les circonstances que présente l’état du malade tirer la juste indication du remede , et la méthode de son application.
L’ipécacuanha fait vomir, et le jalap purge. On a d’autant plus de raison de leur attribuer cette vertu , qu’on a plus souvent eu l’occasion d’en observer les effets ; et l’on a d’autant moins de motifs de douter que l’un purge et que l’autre fasse vomir, dans les cas nouveaux où l’on en fait* usage, que ces. cas offrent moins de particularités, analogues ou semblables à celles qui, d’après un certain nombre d’exemples antérieurs bien constatés, doivent être reconnues comme capables d’empècher l’action de ces deux remèdes.
Quand il s’agit de déterminer la dose de ceux qui se trouvent indiqués par le caractère de la maladie; quand il s’agit, par exemple, de déterminer la quantité de sang qu'il convient de tirer dans une affection inllammatoire , l’âge, le tem-
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pérament, les forces du malade, le siège ou le . degré de l'inflammation, la saison de l’année, la tendance générale des maladies qui régnent en même temps, à se terminer par tel ou tel genre de crise ; toutes ces circonstances , pesées et comparées, doivent donner pour résultat, cette quantité cherchée, à laquelle on n’arrive pourtant encore que par approximation. Quand il s’agit de fixer la dose d’un vomitif ou d’un purgatif, c’est entre deux limites extrêmes, en plus et en moins, que cette dose doit se trouver. La limite en moins exprimera le terme , au-dessous duquel le remède n’a point d’action; et la limite en plus, celui passé lequel on ne l’a jamais employé sans inconvénient. Dans cette latitude, est nécessairement le terme cherché ; et l’on s’eu rapprochera d’autant plus, que toutes les causes particulières qui peuvent les faire varier dans le cas actuel, auront été évaluées avec plus de soin et de rigueur.
Je ne pousserai pas plus loin l’examen de ces questions importantes : j’indique des principes généraux; je n’ai point en vue de tracer une méthode complète pour l’étude de la médecine. Ce sujet serait digne, sans doute, des méditations de nos plus grands maîtres : mais personne ne peut le traiter en passant et comme par occasion. Surtout il faut bien se garder de croire l’avoir embrassé, ou même avoir compris toute son importance et son étendue, quand on donne, pour cette méthode, un catalogue raisonné de livres, comme
celui que nous devons à l’érudition de Boerhaave et de son continuateur Haller.
.fi • .*