XV
Enseignement analytique de la Médecine.
- Sans doute, les viles d’après lesquelles la médecine doit être réformée, sont les mêmes qui doivent diriger son enseignement : elles seules peuvent fournir un bon plan d’écoles et un bon système de leçons dans chaque partie. Un des points les plus importants est de présenter toujours, aux élèves, les objets dans l’ordre le plus naturel; c’est-à-dire, de commencer par les premiers connus , où par les plus faciles à connaître , et de ne passer que successivement et graduellement , par leur secours, à ceux qui demandent une observation plus profonde, des sens plus exercés, ou même quelquefois de nouveaux instruments. Il faut s’attacher à développer les idées dans l’ordre • de leur génération : or , cet ordre est le même que çelui dans lequel les objets en masse, et leur parties en détail, se présentent à nous. Il faut surtout, après avoir saisi la chaîne qui les lie, la parcourir depuis le premier anneau jusqu’au dernier, en évitant de franchir tout intermédiaire que l’esprit ne supplée pas aussitôt, et, pour ainsi dire , nécessairement^ J 4
Comme la véritable instruction des jeunes mé-
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decins est celle qu’ils reçoivent, non dans les livres, mais au lit des malades; non dans une froide école, mais en présence de la nature ellemême, c’est-à-dire à l’aspect des divers sujets de leurs travaux : la grande influence du maître est tout entière dans la méthode d’observation qu’il leur trace, dans la manière dont il considère luimème les sujets avec eux , dont il leur fait interroger la nature, dont il dirige leur attention et leurs essais. Du haut d’une chaire, le professeur développe souvent en vain , dans les meilleurs termes, les plus intéressantes vérités : l’esprit des auditeurs, engourdi dans une attention passive, n’en garde que des traces légères. Mais celles qu'ils ont cherchées eux -mêmes sous sa direction, qu’ils ont trouvées et reconnues par une suite de combinaisons actives , resteront éternellement , dans leur mémoire. Par ce moyen, les connaissances ne sont pas seulement plus nettes et plus solides ; elles ont aussi quelque chose de plus original, de plus analogue à la tournure particulière de chaque individu : et l’habitude de les tirer tou-' , jours des objets eux-mèmes, dégoûte l’esprit de toute autre manière de les acquérir.